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Entropy zero – Mind Machine

Le 19 juin 2018 posté par Willhelm von Graffenberg

Line-up sur cet Album


  • F-2301 : synthetizers, keyboards, keytar and music arrangements
  • C-273 : guitars and studio arrangements
  • K-74 : bass guitar (live)
  • J-808 : drums (live)

Style:

Metal Industriel

Date de sortie:

23 Février 2018

Label:

Autoproduction

Note du SoilChroniqueur (Quantum) : 9/10

Il y a des moments dans la vie où on ne peut expliquer nos choix. « Le cœur a ses raisons que la raison ignore » dit le proverbe, et il s’applique à n’importe quelle circonstance. Dans ma courte expérience de chroniqueur, c’est la première fois qu’un CD que je destinais à mes collègues a suscité en moi tant de curiosité, au point de finir par craquer et de l’écouter. Pourtant, Entropy zero n’est pas un mécène du Metal, ce serait même plutôt le contraire ! Jeune groupe d’Angers mêlant, selon leur description, de la Cyber Music et du Rock/Metal, Mind Machine constitue leur premier ouvrage. Donc on ne peut pas dire que les références de ce groupe soient suffisantes pour piquer ma curiosité au point de flancher. Ce n’est pas non plus mon attirance naturelle pour le Metal industriel qui pourrait expliquer pourquoi je me suis mis à éprouver le besoin presque insurmontable (j’exagère à peine) de jeter une oreille motivée à ce CD. Et puis le prodrome m’est apparu comme une évidence…

Il s’agit tout simplement de la pochette. Elle me rappelle mes années où je chantais dans un groupe de Death technique avec des incorporations industrielles nommé Necrontyr. Nos pochettes étaient proches d’un point de vue esthétique et contextuel : Necrontyr avait pour vocation de parler de la race Nécron dans Warhammer, une race futuriste de robots « morts-vivants ». Avec la pochette de Mind Machine, on plonge dans un univers futuriste et robotique avec cette apparition sphérique noirâtre qui rappelle un peu le vaisseau dans le film Le jour où la terre s’arrêta. De plus, le décor général est dans les tons verts, comme les Nécrons. Enfin, même le logo me fait penser de très près à mon ancien groupe. Inutile de préciser davantage le sentiment qui m’anime quand je contemple cet artwork. En plus d’être un des plus beaux que j’ai vus jusqu’à aujourd’hui (dimension sentimentale mise de côté), il ne laisse guère de place au doute concernant les intentions musicales d’Entropy zero. Nous allons partir vers des horizons futuristes et robotiques !

Et effectivement, la musique est entièrement tournée vers une cause rock/metal indus. On trouve guitares, batterie ou boite à rythme et un gros travail sur les synthétiseurs qui ont même la place centrale. On pourrait s’étonner de l’absence de chant dans le groupe Entropy Zero, mais lorsque l’on se rappelle qu’il y a rarement du chant dans un morceau électro (surtout extrême comme la makina ou la transe), ce n’est pas incohérent ! Et puis, le chant peut étouffer les compositions déjà bien étoffées du Metal indus’, donc finalement rien d’étonnant. C’est un choix judicieux quand on se penche sur les compositions. De plus, il n’y a pas non plus de basse sur les morceaux, me semble-t-il et, là encore, le choix, s’il est surprenant, n’est pas dénué de sens. Mettre de la basse en plus des basses fréquences serait probablement trop lourd. En fait, nous avons affaire à un groupe qui brille grâce à son line up par son originalité. Voyons la suite…

Le concept du CD est un peu difficile à cerner. Il a l’air d’être question de l’esprit humain qui serait ou deviendrait machine, si l’on se réfère aux noms des chansons.

Curieusement, le premier morceau est celui qui me laisse le moins d’impressions positives. Je trouve qu’il tourne trop en rond, les riffs sont trop répétitifs et il n’y a guère de place accordée à l’investissement. On pourrait penser qu’il s’agit d’une introduction déguisée en morceau lambda mais, si c’est le cas, l’effet escompté n’est pas au rendez-vous. La lenteur du tempo et le manque de « corps » m’inquièteront beaucoup pour la suite des réjouissances. Je vous conseille de passer directement aux suivants.

Le deuxième morceau nous propulse vers une ambiance qui me fait penser au générique de la série Strangers Things avec l’utilisation de sons qui ressemblent aux claviers analogiques. Puis, petit à petit, ce dernier gagne en intensité pour faire apparaitre les guitares et une batterie (boite à rythme ?) d’une précision d’orfèvre. Il est extrêmement difficile de caler une batterie sur des samples tant ceux-ci demeurent carrés, et le résultat va au-delà de mes espérances ! Pas de rythme défaillant, tout est synchronisé. Le morceau est très bien composé, entrainant et envoutant même. Cependant, j’ai une toute petite déception car j’aurais bien vu le dernier couplet un peu plus puissant sur les basses fréquences et les kicks. On reste un peu sur notre faim une fois la chanson terminée. Mais malgré tout… reste un de mes morceaux préférés tant les riffs sont efficaces.
Le troisième est celui qui me surprendra le plus de tous car il sonne résolument jazz ! Et en tant que saxophoniste non seulement je suis piqué jusqu’à la fontanelle par ce curieux changement opéré dans un même CD mais, aussi, je suis complètement transporté ! Les deux riffs principaux sont rigoureusement différents mais se marient tellement bien que cela relève du miracle musical. Mais le genre de miracle que vous voulez voir se reproduire plus souvent. L’osmose est adéquate, on est vite dans une dimension parallèle et planante. Mais ce n’est pas fini car plus on avance dans l’EP, plus on atteint la beauté suprême !

En effet, les deux derniers valent clairement le détour ! Le quatrième morceau amène justement ce qu’il manquait au second, à savoir une rythmique beaucoup plus puissante, un tempo plus rapide et une utilisation des guitares moins mélodique pour apporter plus de basses à un line up qui en manque. C’est le morceau qui sonne le plus metal de tous!
Et alors, le dernier est tout simplement… exceptionnel. Il concentre tout ce que j’aime dans la fabrication des samples ! On a une introduction ambiante avec un son qui rappelle un décor naturel enchantant, des instruments à cordes mélangés à des sons plus électriques, des interludes avec cette fois des parties purement industrielles (comme on peut trouver quand on veut mettre une « atmosphère » plus qu’une musique), de courts samples de voix travaillées et surtout, une partie solo finale incroyablement belle. La guitare mérite toutes mes louanges pour cette apparition inattendue et dramatique ! Sans compter les chœurs féminins opportuns qui rajoutent une touche tragique à un morceau qui résonne comme un déclenchement apocalyptique. Sur le dernier il n’y a rien à redire, c’est presque un chef d’œuvre et c’est surtout une des rares fois où ma pensée s’est arrêtée pour laisser place à un côté hypnotique.

C’est avec un grand enthousiasme que je conclue cette chronique car je suis convaincu que l’on tient avec cet EP les prémices de la grandeur. Certes, la perfection n’existant pas, il y aurait toujours quelques retouches à effectuer mais être capable de jeter des bases aussi solides dès un premier CD ne peut que présager du bon, voire du très très bon pour l’avenir. Il vaut non seulement le coup d’être acheté mais aussi d’être écouté, réécouté et encore écouté !

Tracklist :

1. Memory Process
2. Behind the disrupted Pulsar
3. Exo
4. Brain Control Factory
5. Pretty little dead Thing

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