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Line-up sur cet Album


  • Tim Fromont Placenti : guitares, clavier, chant
  • François Haverland : guitares, chant (back)
  • Colin Fromont Placenti : batterie
  • Thomas Suing : bass
  • + guests

Style:

Black Progressif, Rock, Folk...

Date de sortie:

Mai 2010

Label:

Music in Stone

Note du Soil Chroniqueur (Lusaimoi) : 8,5/10

 

La vie n’est qu’une succession d’événements hasardeux qui viennent façonner notre existence, nous faire prendre un chemin, en obstruer un autre, pour finalement aboutir à son terme, à la fois triste et inévitable. Certains disent que tout est écrit, que tout à un sens qui nous échappe parce qu’on manque simplement de recul. D’autres affirment que tout n’est qu’histoire de chance. Mais la plupart s’accorde à dire que l’Homme, dans tout ça, est plus spectateur, marionnette, qu’acteur de sa vie. Et ce, même si certains choix, certaines décisions viennent lui faire croire que c’est lui qui la dirige.
Ainsi, tout était parti pour que je ne connaisse jamais Averse.
Déjà le premier album des Lillois, « The Endesque Chants », est sorti il y a trois ans, en 2010, chez Music in Stone (label de Mick Moss, le chanteur des Anglais d’Antimatter). J’étais passé à côté. Je ne n’en avais jamais entendu parler.
Faut pas oublier aussi qu’on est en France, pays où le Metal est considéré comme une musique de tarés satanistes nazis mangeurs de bébés violeurs de vierges. Et donc que la promotion de groupes du style est réduite à son minimum, pour ne pas dire inexistante, si on exclut les quelques médias spécialisés et les passionnés qui contribuent à faire vivre cette scène on ne peut plus active. Pas de radio, pas de télé. Alors même si le groupe a multiplié les concerts avec du beau monde, a bénéficié de chroniques très positives, d’une bonne distribution aussi bien en France qu’à l’étranger, les chances tomber par hasard sur Averse, au moins avant la sortie de leur deuxième album, étaient presque nulles.
Surtout si on ajoute à tout ça le fait que le groupe n’a pas choisi la facilité en débutant son premier album par un morceau fleuve flirtant avec les vingt minutes.

Heureusement, mon activité de chroniqueur, là aussi due à un sacré hasard si on y pense, m’a permis il y a quelques semaines de découvrir ce quintet formé autour des frères Fromont Placenti.
Alors je m’en vais vous faire partager cette découverte en commençant par une présentation.

Averse s’est formé en 2002 et a sorti une première démo en 2006, puis un EP « Scolopendrian Perception Haze » un an après, et « The Endesque Chants », dont je vais vous parler, il y a maintenant trois ans. Le groupe évolue dans un Dark/Black Metal Progressif, mais ne le réduire qu’à ça serait occulter de nombreuses facettes des Lillois, qui n’hésitent pas à piocher dans du Rock Progressif des 70’s à la King Crimson, ou dans une Folk proche d’un Agalloch, en utilisant de nombreux instruments peu commun dans le Metal, comme un banjo, une clarinette, un violon ou encore une harpe. Averse ne cache d’ailleurs pas ses influences, en citant Solefald, Emperor, Porcupine Tree, Borknagar ou Opeth.

Ça semble aguicheur, mais de telles influences peuvent aussi être synonyme de déception, de folie des grandeurs difficilement accessible, pour un groupe encore jeune aux épaules fragiles. Et bien je vous le dit tout de suite, et de toute façon, vous le savez déjà à ma note, ce n’est pas le cas.

Mais avant de pouvoir apprécier cette œuvre à sa juste valeur, le chemin sera long et tortueux. Car comme je le disais, Averse n’a pas choisi la facilité en accouchant des compositions complexes, amenées à maturation pendant des mois, voire un ou deux ans, s’étalant souvent sur près de vingt minutes, et passant d’un extrême à l’autre, du calme à la tempête.
En cela, il se rapprocherait plus d’un Opeth de la première époque, celle de « Orchid », de ses ruptures parfois brusques entre la rage et la quiétude, et surtout de « Morningrise », album le plus long et qui contient pourtant le moins de pistes de la carrière du groupe. Pas l’époque la plus facile d’accès des Suédois.

C’est ainsi que les premières écoutes de « The Endesque Chants » ne pourront qu’être contemplatives. On écoute ces morceaux longs et labyrinthiques (« Translating Your Name into Numbers »), on ne comprend pas vraiment, on se perd, on est comme emporté par un courant trop fort, parfois on boit la tasse, parfois on réussit, le temps d’un passage magnifique de quelques notes à l’apparente et somptueuse simplicité (« Breathing Eyelids », titre le plus court, en est un simple exemple parmi tant d’autres), à revenir prendre notre respiration, avant de couler à nouveau. Mais on aime ça.

C’est un peu comme ça que je vois « Translating Your Name into Numbers ». Certaines références à Opeth paraissent d’ailleurs évidentes, comme l’intro de ce titre ou le solo et son amorce à la treizième minute. Bien sûr, je parle d’Opeth, parce que c’est sans doute l’un des groupes qui m’a le plus marqué, « Ghost Reveries » étant le premier album de Death que j’ai eu entre les mains – simplement parce que j’étais attiré par son artwork. Mais je pense que chacun trouvera des références insérées ici et là, sans jamais que ça puisse être considéré comme du plagiat. Ce sont, par exemple, les Allemands de Dark Suns, qui m’ont traversé l’esprit durant « The Endesque Chants » puis pendant la partie acoustique de « Fleetingness of Solar Happiness ». J’ai aussi songé à Seeds from the Geisha à un moment du titre éponyme, et, même si ce n’est dû qu’à un pur hasard, ça me permet de faire encore une fois remarquer la variété des registres d’Averse.

« Translating Your Name into Numbers » est un titre labyrinthique, certainement le plus complexe de l’album, le premier acte d’un voyage qui en compte six. Car les morceaux sont bien distincts, composés à des années d’intervalles, mais tous dégagent une même atmosphère nostalgique et contemplative du monde. Ainsi, si « The Endesque Chants » évoque une rupture par rapport à la fin rageuse de son prédécesseur, celle-ci ne choque pas. Elle s’intègre à la musique.
Mais les transitions entre les titres ne se sentent même pas. D’ailleurs, à l’instar d’un « Ashes Against the Grain » d’Agalloch, chaque morceau déborde sur le suivant, amorçant chacun d’entre eux avec fluidité, pour un périple mouvementé qui se conclut dans un premier temps sur le très Black, sombre et épique « Fleetingness of Solar Happiness », où la voix se rapproche vraiment de celle de Haughm d’Agalloch, avant un retour auprès de Niko Knappe de Dark Suns. Le titre part ensuite dans des ambiances très psychédéliques, car la lumière n’est jamais loin chez Averse, avant une accélération qui nous enfonce à nouveau dans la folie de l’Art Noir, sans jamais oublier de nous montrer une clarté rassurante.
Mais la vrai fin de ce voyage, c’est « Aubes cendrées », le point d’orgue de l’album, titre le plus long, dépassant les vingt-et-unes minutes. Il débute sur des notes très simples, avec une guitare sèche seule, sur laquelle on entend le glissement des doigts sur les cordes. Le titre prend son temps pour s’installer, la mélodie change, mais reste dans une atmosphère de douceur. Et puis le titre démarre sur un chant, pour la première fois sur le CD, en français.
Et là, je dois dire qu’Averse me fait rendre compte à quel point je m’étais trompé sur le sujet. Parce que j’ai toujours trouvé la langue de Molière inélégante, lorsqu’elle est chantée. Ou du moins quand on la comprend. Ça ne m’a jamais dérangé, quand c’est hurlé et incompréhensible sur du BM (comme dans Asmodée), mais en clair, je ne peux m’empêcher de grincer quelquefois les dents.
Ici, tout est parfait. Juste parfait. Pas une rime facile, par un défaut de contraction (les « j’veux » « ch’suis » tout ça, insupportables quand c’est chanté). Juste une maitrise élégante de la langue, surtout que la majeure partie de ce titre est en voix claire.
Ensuite, le morceau passe des ambiances éthérées de l’acoustique à un BM de plus en plus infernal, le tout parsemé d’un solo psychédélique (élément que l’on retrouve à plusieurs endroits sur le CD), d’un autre qui me fait penser à du Pink Floyd, puis à du Dire Strait, d’un passage expérimental… Le morceau s’intensifie, amorce son chant du signe, devient de plus en plus épique, la guitare électrique gagne en puissance, pour une dernière partie qui ne se montre jamais totalement Black, même si elle s’en rapproche par certains aspects (la batterie rapide, mais qui complexifie rapidement son jeu). Un passage parfait pour terminer l’album.

C’était une chronique longue et qui part un peu dans tous les sens, mais « The Endesque Chants » n’est pas un album facile à chroniquer. Je suis certainement passé à côté de pas mal d’éléments. Mais vous, qui l’avez lue jusqu’au bout, vous avez, là, la chance de découvrir Averse – groupe on ne peut plus prometteur, et dont le seul petit défaut, c’est quelques références encore un peu visibles et quelques passages un chouille bordéliques, les premières écoutes –, alors profitez-en, si rien qu’une référence vous a parlé, allez faire un tour sur leur site écouter les deux titres en écoute, laissez le temps à la musique de s’installer, ne soyez pas pressés, car elle ne se dompte pas comme ça. Mais, en tout cas, ne la laissez pas passer.

 

Site officiel: www.aversemusic.webs.com
Facebook : www.facebook.com/averseofficial
Bandcamp : http://averse.bandcamp.com/

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