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A Time To Hope – Full of doubts

Le 7 mai 2016 posté par Lusaimoi

Line-up sur cet Album


  • Guillaume B  - Batterie
  • Vincent P - Guitares
  • Anthony C - Guitares
  • Shango W - Basse
  • Franck F.D - Chant.

Style:

Post-Hardcore / Emocore

Date de sortie:

12 novembre 2015

Label:

Autoproduction / Dooweet
Note du Soilchroniqueur (Lusaimoi) : 7/10

 

Si je parle souvent des artworks en début de chronique, c’est parce que c’est le premier contact que l’on a avec un CD. C’est souvent lui qui peut nous attirer ou faire qu’on va laisser de côté un album. C’est un peu aussi comme une promesse. En le voyant, quand on ne se jette pas de suite sur la musique, on peut commencer à le savourer en tentant de deviner à quoi on va avoir affaire lorsque la galette sera dans la chaîne.
Alors quand j’ai vu celui de Full of Doubts, le premier EP de A Time to Hope, son atmosphère éthérée, nuageuse, cette silhouette d’enfant qui se mêle à des plumes d’oiseau, je me suis mis à songer à quelque chose de poétique et planant. Surtout lorsque j’ai vu les tags sur le Bandcamp du groupe : Post-Hardcore et Post-Rock. Mon esprit s’est alors imaginé un mix entre un Cult of Luna et un Sigur Rós.
Et, c’est ce qui peut se passer lorsqu’on attend d’avoir le CD entre les mains pour entamer la première écoute, la surprise fut de taille.

 

Parce qu’après une intro assez convenue, le premier titre démarre et on se rend compte qu’A Time to Hope évolue dans un autre genre de Post-Hardcore. Celui de Funeral For a Friend (les débuts en tout cas) ou Underoath, celui qu’on nomme aussi Screamo ou Emocore.
Vous savez, ce genre de musique juste assez agressive pour faire office de défouloir, énergique à souhait, souvent positive (le genre est beaucoup rattaché des thèmes chrétiens), avec un chant clair très présent.
Et c’est là que le monde se divise en plusieurs catégories. Ceux qui adoreront et se reconnaîtront parfaitement dans ce mélange ce cris du cœur, de déception et de rage. Ceux qui pesteront devant ce timbre adolescent, niais, fait pour humidifier les fonds de culottes des jeunes filles en fleur. Et ceux qui, c’est mon cas, s’y font, sans pour autant y vouer un amour sans bornes.
Parce qu’il faut préciser que Franck, au micro, fait son taf de fort belle manière, apportant à la musique tout ce qu’il faut d’émotions exacerbées et de fragilité, à l’instar de la fin de « RosaRosa », où le tout ralentit pour le laisser s’exprimer. Il n’y a pas de fausse note désagréable (contrairement à Flashy Entrance, qui se révélait vite désagréable, malgré de bonnes idées). Et puis, ses hurlements, quand ils ne sont pas doublés par du chant clair, ont quelque-chose de réellement prenant : écorchés, rauques, semblant être à la limite de ce que le gars peut donner, comme s’il s’en foutait de se déchirer les cordes vocales, du moment qu’il peut exprimer tout son mal-être. Mis à part quelques petites fautes de goût, comme ces « Buark buark » qui font un peu tâche sur « Lemon Cupcake » à 2’15 environ notamment, ce chant est vraiment réussi, pour peu qu’on n’y soit pas allergique.

Ces deux types de voix viennent se poser sur une musique bien ancrée dans le style, tout en affichant une certaine originalité, avec un duo de guitare à la fois plus fougueuse et plus aérienne qu’à l’accoutumée, et un certain sens de la composition qui donne l’impression que la guitare lead suit une voie, plutôt qu’une boucle de riffs qui se répète. Alors oui, il y a des couplets, des refrains, il y a bel et bien des moments plus classiques, comme le début plus agressif puis plus massif de « Sweet T », ou le riff étrange – avec ce petit élément qui fait tiquer l’auditeur – au début de « RosaRosa », mais le tout semble progresser à toute allure sur un chemin sinueux et accidenté.
En fait, A Time to Hope me fait penser à des montagnes russes qui partiraient direct à 150 à l’heure, avec une simple petite mise en bouche au début. Ça monte, ça descend, ça prend des virages serrés, ça part dans l’autre sens. Vous savez, un truc où même les ralentissements sont là pour relancer la machine de plus belle. « Catfish » en est le parfait exemple : la pointe d’émotion que l’on distinguait dans son entrée en matière – par ailleurs redoutable – prend de plus en plus de place jusqu’à amener à une courte pause… qui entraîne le tout dans un déferlement de fougue avec une guitare un brin saccadée qui gagne en fluidité pour une envolée impressionnante, prenant un peu plus d’ampleur à chaque seconde, avant de redescendre pour un final serein.
Final dont on avait déjà aperçu les prémices sur « VII », en plein centre de l’EP. Transition Electro instrumentale, calme, contemplative, poétique, elle révèle enfin toutes les émotions que l’on avait ressenties à la vue de l’artwork. On sent petit à petit poindre des éléments Post-Rock – voire -core à la Cult of Luna dans leurs moments les plus doux –, alors que l’Electro cède peu à peu sa place aux instruments, sans dénaturer le moins du monde le titre.

« VII » – ainsi que le début de « Lemon Cupcake », qui poursuit dans cette lancée avant de revenir aux premiers amours du groupe – représente une véritable respiration dans un EP qui, par ailleurs possède un aspect étouffant, malgré son côté aérien. Oui, il y a bien des pauses, des moments plus émotionnels, tire-larmes (sans aller jusqu’à la caricature), mais ils sont souvent assez courts et servent, comme je l’ai dit plus haut, à donner de l’élan aux compos, qui repartent alors de plus belle.

 

Ainsi, comme pour des montagnes russes, on laisse passer un peu de temps avant de refaire un tour. Néanmoins, il s’agit là d’un défaut pas si important. Déjà parce qu’avec 21 minutes, cet EP n’a pas le temps de lasser, et ensuite parce qu’il est la conséquence d’une énergie peut-être pas encore bien maîtrisée, mais bien présente. Alors que certains groupes du genre ont eu tendance à calmer leurs ardeurs pour satisfaire un public de plus en plus large et de moins en moins exigeant, voir ces petits nouveaux afficher une telle envie a quelque-chose de rafraîchissant. Et, en dépit de cet aspect un brin étouffant, ainsi que d’une production un peu sèche – bien qu’adaptée au style – d’un chant clair (à mon goût) tout de même trop présent et d’un léger manque de poésie (en dehors des passages Electro), Full of Doubts est un premier effort qui n’a pas à rougir face à ses modèles.
A Time to Hope
transpire la jeunesse, mais pas l’amateurisme.

 

Tracklist:
1. RosaRosa
2. Sweet T
3. VII
4. Lemon Cupcake
5. Catfish

 

Facebook : www.facebook.com/atimetohope
Bandcamp : atimetohope.bandcamp.com

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