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Line-up sur cet Album


  • Régis : Chant
  • Etienne Arrivé : Guitares/Choeurs
  • Quentin Cacault : Guitares/Choeurs
  • François Arrivé : Basse/Choeurs
  • Romain Fiak Fiakaïfonu : Batterie/Choeurs

Style:

Post-Hardcore/Mathcore

Date de sortie:

4 septembre 2012

Label:

Blue Wave Production

Note du Soilchroniqueur (Lusaimoi) : 9/10

Zapruder. Derrière ce nom qui ne m’évoquait rien, avant que je sache la référence à l’homme qui filma, sans le savoir, l’assassinat de John F. Kennedy, se cache un tout jeune groupe nous venant de Poitiers. Un tout jeune groupe qui sort sa première offrande : « Straight from the Horse’s Mouth ». Un nom étrange. Tout autant que le sombre artwork qui l’accompagne et que l’étrange et envoutant cinéma de David Lynch n’aurait pas renié. Des petits gars qui semblent aimer la pellicule de 8mm, mais ce qui nous intéresse sur Soil, c’est la musique. Alors parlons-en.

Zapruder joue, pour les citer, du Post-Hardcore/Mathcore. Moi, quand je lis ça, je m’attend à une musique pesante, avec des ambiances oniriques ou insalubres selon les cas, et très technique, si bien qu’elle en devient difficile à suivre. Et bien je n’ai pas été déçu ! Loin de là ! Et même, je peux le dire, Zapruder a explosé toutes mes espérances !

C’est sans fioritures que cet EP s’entame avec « Gun, Speech & Madness ». Un déluge de violence nous assène en quelques secondes. C’est le côté Mathcore qui montre en premier son visage, donc. Un jeu à la fois incisif, précis et barge. Des changements brusques arrivent, sans être trop fréquents, sans changer la donne. C’est toujours rapide et pesant. La guitare est coupante comme la lame d’un rasoir. Même le solo qui arrive en fin de morceau est tordu et hypnotique. C’est aussi complexe à jouer qu’à suivre. C’est déjà pas facile à comprendre, mais en plus, les gaillards s’amusent à cumuler souvent deux couches. Pourtant la cohérence est bien présente. C’est puissant, c’est fou, c’est vraiment bon.

Et là où les musiciens sont forts, c’est que parmi tout ce bordel technique jubilatoire, ils placent des éléments beaucoup plus accrocheurs. Comme la fin de 1 qui se rapproche plus d’un Death Metal lourd et pesant dans lequel la voix hurlée, désespéré laisse place à une autre plus rauque, gutturale. Y a aussi le début de « Falling like Dead Snakes », avec sa batterie tout en rondeur, où la lourdeur s’accouple avec des riffs criards et dissonants. La fin de ce même titre aussi, après un passage atmo où le Post fait une première apparition – j’ai pensé à Revok, en plus lourd –, la musique redémarre sur une sacrée envolée. Une vraie claque qui n’en oublie pas pour autant la dissonance.

Déjà là, je me disais « Zapruder, ça défonce ». Mais rien, rien ne me préparait à la suite. Cette fameuse suite qui provoqua en moi toute une gamme de sentiments et qui porte le nom de « Mt Fuji in Red ». Un morceau calme, presque Post-Rock, qui prend tout son temps pour démarrer. Serein. Sur plusieurs minutes. Une batterie et une guitare au son pur viennent nous caresser les oreilles. C’est calme, loin de la violence des débuts, mais tout aussi prenant. Et puis, l’ambiant s’électrise, le son s’alourdi, le scream arrive, tout comme le Core reprend la place du Rock. On s’attend au retour d’un déchainement, mais il n’en est rien. Même le solo est mélodique, cette fois. Le titre continue ainsi avant de s’apaiser de nouveau pour que la voix claire vienne nous bercer. Et quelle voix ! Affichant une fausse fragilité, mêlée à une puissante mélancolie, c’est le genre qui pourrait enterrer de nombreux « professionnels ». Le nom de Sigur Ros m’a même traversé l’esprit. Pas au niveau de ces deux chants qui se révèlent très différents, mais par rapport aux émotions dégagées. Les 12 minutes que durent ce morceau sont absolument magiques et c’est sur un sentiment d’une grande paix qu’il se termine. En douceur…

… Pour nous foudroyer avec un nouveau déluge de violence dès l’intro de « Lost in Vegas ». Zapruder reprend ses premiers amours, avec peut-être encore plus de fièvre. Encore plus tranchant, plus rapide, plus torturé aussi. Crasseux et hypnotique à la fois. Même le solo de « Gun, Speech & Madness » a l’air normal à côté de celui qu’ils nous pondent ici. Mais le groupe n’a pas fini de nous surprendre, comme en témoigne l’apparition d’un passage proche du (Free) Jazz, où un saxo vient poser ses notes pour s’accoupler aux guitares et nous livrer un moment épique et teinté d’une certaine mélancolie, qui pourrait militer en faveur de l’obligation d’ajouter cet instrument dans tous les groupes de Metal. Moins speed, « We Carry just Enough to Play » apparaît comme la conclusion du chemin parcouru jusqu’ici. Malsain, barge et encore plus acéré. Sale mais qui sait aussi offrir ses moments d’anthologie et une sacrée montée en puissance, les dernières minutes électrisantes à souhait, pour terminer ce « Straight from the Horse’s Mouth » de fort belle manière.

Voilà. Maintenant, le CD se termine et c’est le moment de la conclusion, et de la note. C’est toujours assez difficile pour moi, de mettre une note qui refléterait ce que je viens d’écrire. Trouver le juste milieu, prendre en compte ce qu’on a déjà fait, ce qu’on fera… Pas là. Là, elle m’est venue presque instantanément. Et peut-être certains la trouveront trop élevée, et lâcheront un « Tu vas leur mettre quoi pour leur album ? 12/10 ? ». Mais il faut savoir qu’on ne juge pas une première offrande comme le énième album d’un groupe. Et cet EP, de 33 minutes quand même, est impressionnant de maitrise, à la fois pour la technique et la composition. Et que dire de la prod, travail d’Amaury Sauvé, absolument extraordinaire, trouvant le juste milieu entre crasse et violence. Mieux, elle permet même de distinguer proprement les instruments, chose vraiment indispensable pour une musique complexe. On est loin de n’être que devant une simple bande de potes qui a voulu monter un groupe pour se taper les groupies. Zapruder est ambitieux, fou et sait comment honorer ses promesses. Un groupe à suivre, vite (cet EP est limité à 100 physiques), car, si tout va bien pour eux, un jour, en voyant un de leurs albums dans les bac, on pourra dire ou penser, sourire aux lèvres : « J’y étais ».

 

Site Officiel (Bandcamp) : zaprudertheband.bandcamp.com

Facebook : www.facebook.com/zaprudertheband

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