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The Agonist – Five

Le 4 octobre 2016 posté par Bloodybarbie

Line-up sur cet Album


• Vicky Psarakis : Chant • Danny Marino : Guitare • Pascal "Paco" Jobin : Guitare • Chris Kells : Basse • Simon McKay : Batterie

Style:

Death metal mélodique

Date de sortie:

30 septembre 2016

Label:

Napalm Records

Note du Soilchroniqueur (Willhelm von Graffenberg) : 9.9/10

Chroniquer un album de The Agonist, c’est comme chroniquer un album d’Arch Enemy : y a un avant et un après. Et ici, c’est d’autant plus intéressant que leurs généalogies se recoupent. Pour faire simple et à peu près compréhensible dans cette embrouille digne d’un épisode des Feux de l’amour, Vicky Psarakis, actuelle chanteuse de The Agonist, remplace Alissa White-Gluz depuis leur 3ème album, Eye of Providence (février 2015) ; Alissa White-Gluz, actuelle chanteuse d’Arch Enemy, remplace elle-même Angela Gossow depuis War eternal (juin 2014) – NB : faudra que je le chronique un de ces jours –, qui elle est irremplaçable depuis Wages of Sin (avril 2001) mais ne s’occupe plus que du management d’Arch Enemy. Les comparaisons entre les belles – ce qui ne gâche rien – et talentueuses Alissa et Vicky vont donc immanquablement arriver sur le tapis et, moi-même, j’avoue que je ne m’étais pas encore penché sur le sujet en profondeur, même si me pencher sur chacune, sur un tapis ou autre part et en profondeur ne serait sans me déplaire. L’exubérante brune-bleue Alissa contre la blonde d’apparence sage Vicky, ça, c’est du clash intéressant. On s’y colle donc pour Five qui, comme vous pouvez intelligemment le présumer, est le… le combientième ? Ouiiii, le 5ème album de The Agonist ! (Toute mon estime tardive ira quand même à celui qui n’a pas su trouver la bonne réponse…)

En écoutant plus en détail, j’ai compris quelle était la différence fondamentale entre les deux chanteuses. Ça ne veut pas dire que le départ d’Alissa a été une perte – le groupe y a limite gagné au change – mais que le groove est différent, et tout est question de groove dans cet album. Avec 13 morceaux dont le titre commence pour chacun par « The » (va savoir pourquoi… une référence à The Agony de Fleshgod Apocalypse ou aux noms de groupes de pop et rock ?), Vicky fait un étalage de toute sa palette vocale, franchement impressionnante, sur des riffs qui la mettent en valeur et savent exploiter un potentiel qu’elle expose généreusement.

Et c’est d’ailleurs là qu’on peut faire une comparaison : les grooves différents des deux chanteuses susnommées : Alissa est d’une école classico-lyrique – oui je sais, ça parait antithétique quand on sait qu’elle fait du growl, mais en fait absolument pas, vu qu’un bon growl nécessite de bien chanter et avoir les bonnes techniques vocales, souvent liées au chant lyrique – et extrême (cf. le growl ci avant), avec une voix de mezzo-soprano affolante pouvant aller jusqu’à soprano colorature (dans « Swan Lake », reprise du Lac des Cygnes de Tchaikovsky, mais version totalement a cappella sur Lullabies for the dormant Mind) mais possédant également la capacité de produire un growl profond. Vicky quant à elle a un timbre de voix plutôt mezzo-soprano tendant vers l’alto, donc moins aigu et à l’ambitus moins époustouflant, et paradoxalement, propose un growl tendant vers les aigus, sans grosse profondeur… Mais surtout, elle est d’une école blues-soul et ça s’en ressent dans les divers grains vocaux, bien plus portés sur la culture musicale populaire que savante, ce qui fait qu’elle ajoute encore davantage de cordes (vocales) à l’arc que tend The Agonist pour nous envoyer ses morceaux qui font mouche sur la cible d’auditeurs metalleux de woman-fronted-bands que vous êtes. L’album est donc bandant, pour rester dans la métaphore d’archers, voire d’archet sur certains moments symphoniques de l’album.

Sorti de ce que faisait déjà Alissa, c’est-à-dire voix claire, voix lyrique (occasionnellement), chant death et chant black, Vicky fait moins – voire pas – dans le lyrique mais rend rauque son grain de voix à de nombreuses occasions et utilise diverses techniques vocales liées à la soul (les glissendi, les passages en cassure de voix de tête). Ses capacités tous-terrains sont évidemment le point (très) fort de l’album, mais un(e) bon(ne) chanteur(se) ne saurait être un atout si il(elle) était desservi(e) par un accompagnement instrumental pauvre en idées… Et c’est loin d’être le cas ici : on est également dans la variété avec pour trame de fond du Death mélo, ultra carrée et au son impeccable, qui pioche dans divers courants musicaux, au final assez coutumière de The Agonist, mais également augmentée de références au blues et à la soul : tant qu’a faire, quand on a en son sein une chanteuse de cet acabit, autant exploiter son potentiel au maximum pour en tirer le meilleur – et comme j’ai déjà fait une allusion graveleuse ci-avant, je ne vais pas m’éterniser sur des jeux de mots à base de « sein » et de « tirer ». Par conséquent, on navigue dans divers univers musicaux tout au long de l’album, avec une construction d’album assez étrange puisqu’on retrouve une intro symphonique, « The Wake »… au milieu de celui-ci, devenant subséquemment un interlude, quand le morceau qui le précède, l’excellent « The Raven Eyes » sonne comme un morceau de fin d’album et évolue dans une esthétique soul. A contrario, « The Resurrection » qui s’y enchaine est probablement un des morceaux les plus agressifs de l’album (malgré le fait que je trouve son pont un peu faible), même si « The Villain » qui s’ensuit remporte cette palme. Et dans cet « illogisme », l’album commence par un morceau pas franchement in da face, mais efficace quand même dans sa lourdeur, « The Moment ».

« The Trial », morceau original final (avant la reprise, bien sur, sauf si vous choppez une édition avec la version acoustique de « The Raven Eyes » qui sera donc une autre piste bonus) est un de mes préférés.

Le changement de façon de composer et de concevoir la place et les capacités de la voix de la nouvelle recrue est d’autant plus évident avec la « cerise sur le gâteau » qu’est la reprise du très soul « Take me to Church » de Hozier, dans une version Death mélo avec la voix teintée soul de Vicky qui passe en grunt avant le dernier refrain. Superbe, donc.

Five est un pari éminemment gagnant pour The Agonist, un excellent album car de qualité et varié (même si un peu moins « dans l’urgence » que les précédents albums), avec malgré tout une identité propre dans l’écriture (ces fins de morceaux improbables en suspens) et un atout majeur en la multi-personnalité vocale de Vicky Psarakis, qui m’évoque un Devin Townsend au féminin (et en forcément plus sexy), avec une large palette de couleurs allant de la tendresse à la violence en passant par le charme et l’agressivité. Et c’est ici que je vais terminer ma comparaison entre les deux déesses du chant : Alissa participe a de nombreux projets (Arch Enemy, Kamelot, Delain, bientôt ALISSA, son projet solo que je suis impatient de découvrir) mais sa voix est sous-exploitée et réduite à sa simple capacité à faire un growl de qualité quand elle-même est tous-terrains au niveau vocal.

A écouter pendant un trail 4×4 qui mène au sommet de la montagne.

Tracklist:
1. The Moment (4:14)
2. The Chain (3:12)
3. The Anchor and the Sail (3:49)
4. The Game (2:50)
5. The Ocean (4:27)
6. The Hunt (3:35)
7. The Raven Eyes (5:34)
8. The Wake (2:44)
9. The Resurrection (5:22)
10. The Villain (5:00)
11. The Pursuit of Emptiness (4:03)
12. The Man who fell to Earth (3:53)
13. The Trial (4:33)
14. Take me to Church [Hozier cover] (3:46)

Facebook: https://www.facebook.com/TheAgonistOfficial
Site officiel: http://theagonistband.com/home/
Spotify: https://play.spotify.com/artist/3NrGqWwh6dKk99v1UFqQak

Deezer: http://www.deezer.com/artist/168263?autoplay=true
Youtube: https://www.youtube.com/user/theagonistofficial

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