Satan Jokers – Sex Opéra

Le 11 décembre 2014 posté par Katar

Line-up sur cet Album


Renaud Hantson : chant Pascal Mulot : basse Michael Zurita : guitare Aurélien Ouzoulias : batterie

Style:

Metal

Date de sortie:

02/12/2014

Label:

Brennus

Note du SoilChronqueur (Katar) : 10/10

Satan Jokers, ce n’est pas que l’histoire d’un des plus grands groupes de Hard Rock made in France des années 80.

Satan Jokers se conjugue aussi au présent, et aujourd’hui, le groupe écrit une nouvelle page de son histoire, une page qui clôture une trilogie à la saveur douce amer.
Points d’effets spéciaux, de trolls ou autres créatures farfelues, et encore moins de happy end ici. Ce n’est pas du cinéma grand spectacle à consommer avec son pop corn dans une main et son coca dans l’autre. Personne ne sauvera le monde aujourd’hui, et personne ne viendra vous sauver à l’écoute de ce troisième opus consacré aux addictions.

Après les substances illicites (AddictionS), après les troubles psychiatriques (Psychiatric) , voici venu l’opus dédié à la dépendance sexuelle ! Oh j’en vois déjà sourire dans leur coin et qui se disent que la dépendance sexuelle ne peut pas être si terrible que cela ! A ceux là, je ne dirai qu’une seule chose. Prenez le temps d’écouter Sex Opéra et on en reparle après.
Quand aux autres lecteurs, êtes vous prêts pour une descente en enfer ?
Si oui, alors suivez le guide et préparez vous à faire quelques rencontres surprenantes et… déroutantes dans l’univers singulier d’un Sexaholic. Et qui de mieux qu’une des plus grandes stars du X hexagonal pour l’accompagner dans sa descente aux enfers !

Sous forme de courtes pauses narratives, Brigitte Lahaie nous honore de sa présence tout au long de cet album pour nous décrire le chemin parcouru par le Sexaholic, telle l’éternelle témoin qui ne se meurt jamais.
Et elle n’est pas la seule à nous accompagner dans cette descente infernale. Nombre de « voyeurs » se joignent à cet étrange cortège pour observer la déchéance annoncée de notre héros. Ils nous distillent tout au long de cet album de savoureux solos de guitares qui semblent illustrer à merveille les errements de notre « héros ».

Sex Opéra, c’est une forme de chemin de croix. De la découverte à la chute, en passant par la déchéance. Du virtuel au réel. Le sursaut de conscience et l’envie d’en sortir, de se sevrer… L’amer constat qu’il est trop tard et que l’unique solution est de s’enfoncer encore plus profond dans les méandres de la dépendance. Pour finir par en crever ?

Vous en voulez encore plus ? Vraiment ? Seriez vous un brin voyeur vous aussi ?

Ok, let’s go pour un track by track des plus dérangeants.

Intro (Renaud Hantson)
Cela commence en douceur avec quelques notes au clavier qui vont de suite contraster avec la profession de foi de notre Sexaholic. Le ton est donné, ainsi que la conclusion. Mais quel est donc ce chemin tortureux ?

Préliminaires à l’infini (Renaud Hantson)
En guise de préliminaires, Aurel nous gratifie d’un petit rappel psychiatrique… pour les adeptes de la trilogie. Mais fin de l’aparté, voici la première confession de cette déchéance, une forme de condensé de quelques années de vie séparant l’enfance du début de la chute. C’est le début de la spirale infernale qui s’annonce. Les paroles s’inscrivent en lettres de feu et brûlent ma chair à vif.

Sexaholic (Renaud Hantson)
De Tiger Woods au pic à glace, il n’y a qu’un pas qui se franchit facilement.
Le sexe, juste une dépendance comme une autre pour la recherche d’un plaisir, de sensations…ou pour soulager ses tensions. Mais le point commun dans tout cela, c’est cette part de ténèbres qui reste cachée… et qui est susceptible d’être alimentée à coups de dollars, d’euros ou de biens matériels. Le titre est surprenant de part sa légèreté musicale. Les solos viennent souligner une voix chargée de « joie ». C’est comme si être Sexaholic n’était pas si grave que ça en soit. C’est ma petite dépendance et je le vis bien ? D’ailleurs, elle n’est pas si dérangeante que ça…puisque je suis bien ancré dans la société de consommation ! Il y a quelque chose de dérangeant dans ce contraste entre les paroles et les partitions instrumentales. Je suis Sexaholic et je le vis bien ?

King Sodom (avec Renaud Hantson et Stephane Buriez)
Attention, titre puissant en perspective avec ce premier duo de l’album en compagnie de Stephane Buriez de Loudblast. King Sodom, prêtre du sexe, ou gourou du 6 Sex 6. Et quelle solution pour notre héros qui va immanquablement tomber entre ses mains ? Point d’échappatoire en vue. Seule la consommation est envisageable… ce qui n’est pas sans rappeler l’effet produit par certaines substances illicites et addictives. D’un point de vue musical, ça sonne Heavy Metal sans contestation possible. Rythme lourd et martelant qui donne encore plus de poids aux paroles de King Sodom qui ne peuvent qu’étouffer toute volonté de rébellion chez le Sexaholic.

666 (narration Brigitte Lahaie)
Décors plantés pour le Club 6 Sex 6 avec King Sodom et Cassandra. Factice, vous avez dit factice ?

Club 6 Sex 6 (Renaud Hantson)
L’antre des sévices, le plaisir compulsif annonciateur de la spirale infernale.
Cette vérité est efficacement martelée par la section rythmique pour s’imprimer dans l’esprit du Sexaholic comme étant l’unique voie possible. Tout n’est que poudre aux yeux, du factice fictif pour te déconnecter de ton ressenti et des tes émotions.
La section rythmique est toujours aussi lourde et percutante, elle cimente les paroles et permet ainsi à la guitare de venir électrifier tout l’édifice. Visuellement, c’est comme des éclairs successifs qui viennent illuminer une montagne rocailleuse et sombre. La compulsion n’est jamais annonciatrice de bien-être… Bienvenu dans l’antre du 6 Sex 6 !

Asphixie érotique (avec Renaud Hantson et Virginie Goncalves)
Outch, la claque avec ce premier duo qui se conjugue au féminin. Tant les paroles que l’interprétation conjuguée de Renaud et Virginie (du groupe Kells) sont un douloureux délice/supplice pour les oreilles et pour les sens. C’est visuellement très parlant. Cassandra, ou la bien nommée Domina ! Prenez garde à ne pas tomber sous son charme, sous ses coups… Conjugaison du bien et du mal, mais dans quel sens ? Douleur et plaisir intimement liés lorsque ces deux mots sont dans la bouche de Domina.
L’équilibre est parfait entre les voix et les parties instrumentales. Elles se croisent, s’entrelacent, se soulignent et se mettent en valeur.

Charnel Déclic (avec Renaud Hantson, Olivier Del Valle, Fred le Tazz, Boban Milojevic)
Clic et déclic sur la toile tissée par les hôtesses du X virtuel ! De la recherche de l’image au jeu scénaristique, c’est toujours la même recherche orgasmique qui conduit le Sexaholic à explorer plus encore ses fantasmes les plus inavoués et les plus répréhensibles.
Un des titres les plus insaisissables sur cet album, et non moins dérangeant que les autres. C’est subtile et fugace…

Professionnelle (avec Renaud Hantson et Céline Lacroix)
Ce titre vous rappelle quelque chose ? Comment oublier ce morceau illustrant à merveille le sexe virtuel à travers les prestations « exotiques » de ces dames pleines de charmes qui sont juste là pour vous faire cracher votre fric…car le reste, elles s’en foutent royalement !
Comme quoi, l’album SJ 2009 était une amorce du triptyque qui allait marquer l’histoire de ce groupe mythique. Pour cette reprise de  Professionnelle, c’est Céline Lacroix de Sainte Ombre qui vient officier aux côtés de Renaud. Un Sexaholic et une Transex ! Quel drôle d’association… Et pourtant, les paroles prennent une force qu’elles n’avaient pas jusqu’à présent grâce à la force de ce duo.

Mothers I’d Like to Fuck (narration Brigitte Lahaie)
Du réel au virtuel, quand ce premier n’est plus suffisant pour assouvir la soif de plaisir et d’orgasmes.

MILFS (Renaud Hantson)
Oh que ce titre démarre fort à travers la basse de Pascal. On reconnaît indéniablement sa griffe sur cette partition musicale.
« Mothers I’d like to fuck », une facette de ce que l’on peut trouver du côté du virtuel…et ce n’est pas la pire, loin de là ! Quand vie sociale et vie professionnelle se voient toutes deux parasitées et gangrénées par un désir plus fort et compulsif… c’est qu’il est (presque) déjà trop tard.
Chacun bâtit les murs de sa propre prison virtuelle. Un morceau qui martèle son refrain à m’en faire tourner la tête jusqu’à l’étourdissement… Et pour peu que je daigne vouloir me relever, les partitions de guitares sont là pour m’achever !

Promis (Renaud Hantson)
Promis demain j’arrête, enfin un jour peut être…
Vaine promesse digne d’un politicien et manque de réelle envie de sortir de cette spirale infernale. Malgré l’amer constat de la dépendance et de ce qu’elle implique, ce n’est que remettre à plus tard ce qu’il est urgent de faire…
Le solo guitare me fait l’effet d’un scalpel qui vient tailler ma chair à vif ! Le refrain est lancinant, envoûtant et s’inscrit en lettres indélébiles sur cette partition à la saveur emplie d’amertume, tel un désolant constat d’échec.
Promis demain j’arrête… le sexe est ma défaite.

Voyeurs (narration Brigitte Lahaie)
Victoire des obsessions… Comme une envie suicidaire.

Exhibition (avec Renaud Hantson et Virginie Goncalves)
Magnifique duo empli de tristesse. Et amer constat de cette douloureuse réalité. L’amour est il possible dans ce milieu, entre plaisir et douleur ?
Les voix de Renaud et de Virginie se mélangent et se mettent mutuellement en valeur. Il y a de la magie dans l’air. Une fin heureuse est-elle possible ? Est-elle seulement envisageable et souhaitable ?

TranseX (avec Renaud Hantson et Céline Lacroix)
Un titre vif, saignant et forcément dérangeant ! « Il est blonde ou brune, tapine pour la tune » !
La voix de Céline illustre à merveille les propos de cette chanson. Je vous laisse écouter et juger de vous même.
En live, ça devrait être une tuerie annoncée entre ces deux chanteurs au magnétisme subjuguant.

Royaume décadence (avec Renud Hantson, Walther Gallay et Jo Amore)
Quand le sexe n’est plus qu’une occupation sans amour ni respect, il se transforme en un acte machinal, mécanique… qu’il faut nourrir et entretenir avec des substances et à travers des fantasmes de plus en plus hard, de moins en moins avouables.
Le lien avec l’addiction aux substances illicites est évident et incontournable afin de pouvoir assouvir ce besoin compulsif…
Doux et pénétrant titre aux voix masculines. Comme un aveu partagé à plusieurs, façon cercle des alcooliques anonymes… Poser des mots sur cette souffrance, mais est-ce suffisant en soit ?

Outro (narration avec Brigitte Lahaie et Renaud Hantson)
« Honte, culpabilité, désespoir …, le néant émotionnel. »

VIP-HIV (avec Renaud Hantson et Stephane Buriez)
Ça démarre comme un blues… Blues de la vie annonciateur d’une fin proche, trop proche.
Constat de cette déchéance et des dérives engendrées par cette addiction qui conduit le Sexaholic dans un labyrinthe sans sortie. La seule issue semble n’être que celle qui conduit six pieds sous terre…
King Sodom, seul vainqueur de ce triste jeu ? Rien n’est moins sûr que cette illusoire croyance. Les apparences sont parfois plus que trompeuses.

Vous l’aurez compris, Sex Opéra n’est pas un simple album de Hard Rock. Ce n’est pas non plus un énième album d’un des plus grands groupes de Hard Rock made in France.
Sex Opéra, c’est une aventure et une descente dans les tréfonds de la nature humaine.
Cet opus conclue un état des lieux des dépendances et perversions existantes en ce bas monde. Elles sont la lie de la société, pointées du doigt par la morale judéo-chrétienne (et pas que)… Mais elles sont avant tout le reflet d’une société décadente incapable de prendre soin de sa jeunesse, de ses enfants…

 

Line Up

Renaud Hantson : chant

Pascal Mulot : basse

Michael Zurita : guitare

Aurélien Ouzoulias : batterie

 

Casting

Renaud Hantson : le Sexaholic

Stéphane Buriez : King Sodom

Virginie Goncalves : Cassandra Domina

Céline Lacroix : la Transex

Brigitte Lahaie : la Narratrice

Olivier Del Valle : Voyeur

Fred Le Tazz : Voyeur

Boban Milojevic : Voyeur

Jo Amore : Sex addict

Walther Gallay : Sex addict

Gildas Arzel : Voyeur

Sébastien Bizeul : Voyeur

Christophe Godin : Voyeur

Patrick Rondat : Voyeur

Flory Ann : Exhibitionniste

 

 

 

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2 commentaires sur “Satan Jokers – Sex Opéra”

  1. 1

    Très belle chronique bien détaillé pour un album qui le mérite. SATAN JOKERS au sommet de son art. Un groupe de légende (si si moi ils me font vibrer depuis des années) A découvrir pour les plus jeunes et les autres aussi.

  2. pingback pingback:
    Posté: 27th Avr 2015 vers 13 h 46 min
    2
    Vidéos, sélections d’avril 3 | Soil Chronicles

    […] Satan Jokers « VIP HIV« , tiré de l’album « Sex Opera« , chroniqué ici : http://www.soilchronicles.fr/chroniques/satan-jokers-sex-opera […]

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