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Oruga – Oruga

Le 8 mai 2014 posté par Lusaimoi

Line-up sur cet Album


  • C. : chant
  • B.J. : guitares
  • F. : guitares
  • B. : batterie
  • P. : basse

Style:

Sludge/Doom/Stoner massif

Date de sortie:

Novembre 2013 (réédition)

Label:

Apathia Records

Note du Soilchroniqueur (Lusaimoi) : 8/10

 

Vous vous êtes déjà reçu un pain dans la gueule ? Pas la gifle soudaine d’une jeune femme qui vous a surpris en train de lui reluquer le décolleté ou la jupe, non. Là, je parle du genre de pain foutu par un bon bûcheron de 120kg à la barbe hirsute qui mange un poulet entier au petit dèj’ – os compris – et qui vous dépasse de trois ou quatre têtes. Le truc qui vous arrive comme un coup de massue et qui vous refait à jamais le relief de votre visage. Vous voyez ?
Bah c’est un peu le truc que j’ai ressenti à l’écoute du premier EP éponyme d’Oruga.
Ce quintet cambrésien, formé en 2010, pratique un mélange entre Sludge, Stoner et Doom. Voilà. Pas besoin d’en savoir plus pour comprendre le coup de brique pris dans la face. L’annonce du mélange des genres a de quoi faire rêver les amateur de musique écrasante et crasseuse. Et c’est exactement ce à quoi on a droit avec cet EP initialement sorti en 2011 – EP de 39 minutes quand même.

Je ne sais pas si c’est le rude climat du Nord, mais aucun doute que les gaillards sont endurcis. Une intro grinçante renvoyant à une scène mythique d’Il Était une fois dans l’Ouest, et le premier riff vient nous labourer savamment les tympans à force de vibrations. Le genre de truc massif, lent, puissant et plombant, qui nous prend aux tripes pour nous les triturer un bon coup et qui nous donne envie de secouer la tête comme jamais. Pas frénétiquement, car on serait bien en dehors du rythme, mais intensément. Puis vient alors le chant, chant qui sent le whisky, à la fois hurlé et nonchalant, mixé en arrière plan pour mieux faire parler les guitares. La rythmique est lourde et appuyée, mais pas seulement. Elle sait aussi se montrer plus variée et décalée. Du coup, jusqu’au solo qui vient éclaircir la chose (et encore), les gars arrivent à nous tenir en haleine avec un seul riff sans jamais se montrer chiant. Mieux encore : celui-ci prend un peu plus d’ampleur à chaque fois qu’il est répété.
Ce premier coup de parpaing reflète ainsi parfaitement l’artwork de cet EP. Sombre et dévastateur.

À vrai dire, tout le CD est sur cette lancée implacable. La fin de « Kissing the Void », Doom au possible, avec toutes ces distorsions, ne me dément pas. Tout comme « Crimson Dawn » qui, lorsqu’on croit qu’on ne peut pas être plus plaqué au sol, arrive à nous enfoncer encore un peu plus avec des éléments à la limite du Drone. Pourtant Orgua n’arrive jamais à saturation. Déjà parce qu’il sait varier les plaisirs, tout en gardant la ligne de conduite lente et destructrice. Le début de ce même « Kissing the Void », déjà, se montre aussi Heavy que Julie Strain, tout en restant aussi gras que la caricature de l’Américain qui se foutrait des hamburgers en intraveineuse. « Like a Stine in the Water », toujours aussi traînant – avant une accélération qui ne gâche en rien l’impression première –, se montre presque psyché dans l’impression de vertige qu’il donne, et si la voix fait plus dans le Hard Rock, surtout lorsque les chœurs arrivent, on est très loin de la chanson FM qui plaît aux parents.
Certaines pauses, viennent aussi apporter un peu d’air frais. Certains soli, par exemple, loin de se montrer mélodiques, ce qui n’empêche pas les envolées. Mais c’est juste, comme nous le montre « My 9/11 » avec son passage calme au duo chant/rythmique, pour nous étaler la face contre le béton juste après. C’est un peu le même cas sur « Crimson Dawn », dont la fin se montre encore plus forte par contraste. Parfait pour terminer cet EP.
Enfin dans sa première édition, puisque suite à la signature chez Apathia, le CD est ressorti pour annoncer le premier album du groupe, Blackened Souls, qui sort ce mois-ci. Et cette nouvelle version comporte « Blitzkrieg Lady », morceau initialement sorti en 2010, dans la toute première démo du groupe. Un titre tout aussi mastoc, malgré une production (juste un peu) moins puissante, qui montre que les bases de la formation étaient déjà là, avec des trucs bien triquants, comme cette accélération qui arrive à la deuxième minute et qui précède un passage épais, enrichi par la seconde guitare.

Oruga affirme ne pas être révolutionnaire. Même sa bio le déclame. Il fait une musique sombre, puissante, brute, boueuse et écrasante, et le fait avec ses tripes. Les 39 minutes de cet EP transpirent cette impression. Les morceaux semblent ainsi naturels, sincères et sans aucune fausse complexité mal intégrée. Un EP qui ne peut peut-être pas être écouté en boucle, de par sa nature étouffante, même si on y revient souvent, mais qui vous laisse étourdi, des bourdonnements dans le cerveau encore longtemps après la fin de sa dernière piste.

 

Site Officiel : thisisoruga.blogspot.de
Facebook : www.facebook.com/Oruga666
Bandcamp : apathiarecords.bandcamp.com

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