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L’Esprit du Clan/Cherish – Split

Le 12 avril 2019 posté par Bloodybarbie

Line-up sur cet Album


  • L’Esprit du Clan :
    Ben - Guitare
    Chamka - Guitare
    Arsene - Chant
    Julien Bouladoux - Basse
    Vincent Wallois - Batterie
  • Cherish :
    Furu - Chant
    Jun Matsumura - Guitare
    Taku - Guitare
    Hiro - Basse
    T.Arai. - Batterie

Style:

Metalcore

Date de sortie:

25 janvier 2019

Label:

Paradise regained Records

Note du SoilChroniqueur (Quantum) : 7/10

« Le mariage est un duo ou un duel. » (Émile Augier)

Ding dong ! Nianianianiania jusqu’à ce que la mort vous sépare ? « OUI » répondirent-ils en enregistrant ce split.

[Partie avant chronique pleine de joie]

Youhoooooooooou ! Alors là les amis, on tient du très très lourd ! Arrêtez tout ! Délaissez femmes et enfants, chiens ou hamsters, ne finissez pas votre assiette chez tata Geneviève et tant pis si son célèbre gratin dauphinois va refroidir ! Je le dis et je clame haut et fort : on tient là du méga lourd ! Le genre de CD qui n’arrive qu’une fois dans une vie tellement l’affiche est prometteuse ! La truculence incarnée qui va déferler sur vous comme un tsunami du Pacifique ! Et d’ailleurs, on n’est pas très loin des tsunamis.

L’histoire de ce split improbable, c’est d’abord une question de géographie. A deux extrémités du monde (ou presque) vivaient tranquillement chacun dans leurs coins deux groupes qui avaient décidé de faire noble cause et révérence à la musique Metal. Metalcore pour être précis.
A ma gauche, voici le groupe L’esprit du clan. Prenant ses racines à Saint-Denis près de Paris, l’EdC fait son bonhomme de chemin vaillamment depuis l’année 1995 et une rencontre dans un lycée. Là où beaucoup de belles histoires commencent, toussa toussa. Depuis tout ce temps, ce n’est pas moins de six albums, tous répertoriés en chapitres, qui sont sortis. A noter également un EP en 1999 (Chapitre zéro) et ce fameux split. Petite pause entre 2012 et 2015 salvatrice puisque les derniers albums n’ont été que pures tueries pour moi. Et pourtant je ne suis pas franchement branché metalcore… Mais ce qui fait la différence selon moi est la langue française des morceaux. Plus la musique qui sonne bien punk hardcore (début du groupe) et vous avez un Metalcore qui me plait beaucoup.
Et à ma droite en regardant la carte, se présente le groupe Cherish. Beaucoup moins connu que son prédécesseur et camarade de split, le groupe nous vient tout droit du Japon et existe depuis 2011. Ayant sorti une simple démo en 2012 et un autre split en 2013 avec Primal Age et Mostomalta (inconnu au bataillon), on ne peut pas dire que le groupe nippon soit des plus productifs. On en vient même à se demander comment ont-ils fait pour aboutir à faire un CD avec L’esprit du clan… Toujours est-il qu’il m’a bien fallu découvrir d’un peu plus près ce groupe resté dans les bas-fonds du Metal et, franchement, c’est vraiment bon ! Autant la démo ne m’a pas laissé un grand souvenir (ce qui peut se comprendre), autant le split avec Primal Age est monstrueux : un son impeccable, des musiciens au top niveau et vous avez un morceau (seulement, aurait-on envie de dire) dantesque. D’où mon enthousiasme non dissimulé à l’idée d’écouter le combo EDC/Cherish ! On y va ? GO !

[Seconde partie une fois l’effet d’euphorie juvénile passée]

Le CD est composé de deux parties différentes : les trois premiers morceaux sont de L’esprit du clan et les trois derniers de Cherish. N’ayant reçu que ceux de nos français, je n’ai pas eu à cœur de mettre de côté ceux des comparses japonais donc je suis allé piocher les morceaux sur leur Bandcamp pour pouvoir faire l’ensemble. Mais tout d’abord parlons de la pochette. Inspirée par des motifs artistiques connus comme la Grande vague de Kanagawa (Japan Check!) et les anges déchus (enfin je crois…) le croisement se porte bien dans le projet de mélanger les deux groupes. Simple mais efficace. Avec les logos des deux groupes comme pour trouver un titre commun dans ce split. J’aime bien… sans plus…

Première partie : L’Esprit du Clan

« Bomaye » commence et tout de suite, comme l’annonce la voix au début : « Faut reconnaitre [que] c’est du brutal » ! Tout de suite le ton est donné avec ce premier morceau qui cristallise toute une brutalité et une violence extrême, le genre de musique qui donne envie d’en découvre dans le moshpit et de faire voler ses poings et ses pieds dans une foule en délire. Je comprends mieux la réputation du groupe de ne pas faire dans la dentelle. Le tempo est d’une rapidité incroyable, je suis frappé par les coups de grosses caisses au début de la partie metal. Les guitares sont entièrement dédiées à une musique -core avec des blasts rapides. Le solo interviendra très vite et donne une dimension plus violente encore. Sans compter la voix de Yann Lecorre qui beugle comme une bête déchainée dans son micro. Admirez quand il hurle « Bomaye » à quel point la bestiole au fond des entrailles se rassasie avec toute cette agressivité ! Court mais redoutable comme morceau.
« Atlas » sera du même acabit. Ce qui me frappera davantage se situera dans l’utilisation plus variée des solos – ou parties mélodiques, c’est selon. Avec un son très travaillé qui donne une dimension étrangement plus céleste, plus aérienne, on sort quelque peu des sentiers battus mais pas sans dénivelé positif. Difficile de trouver d’où provient l’idée d’un passage résolument hors catégorie par rapport au reste mais j’apprécie énormément ces changements. Le morceau se finira d’ailleurs en douceur, posément… Non, honnêtement c’est juste génial ! Le morceau étant deux fois plus long que le précédent, il n’en est que plus appréciable. Mon préféré du split partie France.
« Asphalte » qui clôture la première moitié est celui qui me laissera sur ma faim. Mais on peut se dire que c’est peut-être voulu pour mieux laisser place au Petit Poucet du CD. En tout cas, la recette est la même que les deux d’avant ; il manque simplement le soupçon d’originalité qui laissait un démarquage important aux précédents, selon moi. Même si la fin est un long solo bien réussi, je ne trouve pas que ce soit la meilleure fin qui soit ; je préfère passer rapidement à la partie du pays du Soleil Levant ! Sā !

Deuxième partie : Cherish

Je suis frappé par le contraste entre les deux groupes d’un point de vue sonore et temporal. Sonore parce que la qualité de son est totalement en opposition avec l’EdC. Et temporal parce que le tempo est beaucoup plus lent. On a bien affaire à du Metalcore, c’est une certitude, mais la disparité entre les deux groupes est flagrante. Le premier morceau, « Fictitious Enemy », me fera tourner cette question dans ma tête tout le long de l’écoute : quel rapport y a-t-il entre les deux groupes ? A la lecture de ce dernier, pas grand-chose. Le son est donc moins travaillé, plus brut de décoffrage. La batterie par exemple sonne plus « nature ». Les guitares ont un jeu identique à l’EdC (ce sera ma seule conviction ultime de ce split) mais le son est trop aigu à mon goût. Le chant, quant à lui, me satisfera moins : je le trouve trop hurlé, trop brut aussi. Je devine aisément les problèmes de cordes vocales ou de larynx qui suivront une pratique d’un tel chant si peu travaillé… Et puis, ce qui est dommage, c’est qu’il n’y a même pas un solo, aussi petit et insignifiant soit-il. Donc ma première impression est mitigée et ce, malgré le fait que les riffs soient convaincants. Le morceau en lui-même est bon quand-même mais ses fondations sont bizarres.
« Lost Bequest » continue dans la lignée du premier. Franchement, au plus j’avance, au plus je piétine… La seule chose qui attirera mon attention sera ce passage lent vers deux minutes qui donne un supplément de bourrin au morceau qui sonne comme bienvenu pour redonner de l’élan. Voilà enfin un vrai motif de pleine satisfaction. Dommage, c’est un peu court…
« Uncertainties » porte bien son nom puisqu’il me noiera davantage encore dans le scepticisme le plus caustique. C’est un copier-coller des précédents. Je n’y vois rien de plus à dire. Je ne ferai pas bon gré de cette deuxième moitié de split je crois…

Honnêtement, conclure cette chronique est un vrai chemin de croix. Autant j’ai adoré la première partie avec L’esprit du clan qui, comme d’habitude, déverse son fiel avec une agressivité déconcertante et décoiffante (c’est peu de le dire !), autant la deuxième partie avec Cherish m’aura plombé. Je ne nie pas qu’il y a du talent chez nos amis japonais mais peut-être que leur musique, trop « old school » et donc brute, ne me revient pas, ce qui est d’autant plus surprenant que le son du précédent split qu’ils ont fait est vraiment nickel chrome. En tout cas, cela ne me donne pas de réponse à ma fameuse question posée plus haut et cela m’en pose même une autre : pourquoi L’esprit du clan, groupe archi connu en France et en Europe, réputé pour son travail et son énergie sur scène, est allé se perdre dans cette galère ? Y a-t-il un intérêt géographique pour étendre leur musique au Japon ? Possible. Ou est-ce tout simplement par pur opportunisme ? Seuls les groupes auront une réponse… En attendant, c’est parce que je prends énormément de recul que je vous conseille d’écouter ce split, non pas parce que je suis sûr et certain qu’il vous plaira mais parce que vous aurez sûrement une meilleure impression que la mienne.

Tracklist :

1. Bomaye
2. Atlas
3. Asphalte
4. Fictitious Enemy
5. Lost Bequest
6. Uncertainties

L’Esprit du Clan :
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Cherish :
BandCamp
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