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Line-up sur cet Album


  • Ivan Moody : Chant
  • Jason Hook : Guitare, Choeurs
  • Zoltan Bathory : Guitare
  • Jeremy Spencer : Batterie
  • Chris Kael : Basse, Choeurs

Style:

Hardcore à l'américaine

Date de sortie:

Novembre 2013

Label:

Prospect Park Records

Note du Soilchroniqueur (Lusaimoi): 7/10

 

 

La création d’un double album n’est pas chose aisée. Nombre de groupes s’y sont cassé les dents, même les plus grands. Il doit y avoir plusieurs raisons à cela, et certainement une (ou plusieurs) différente(s) à chaque fois. La pression que représente un tel projet, l’attente qu’il créé, proportionnelle à la renommée du groupe… Mais c’est la nécessité de créer plus de morceaux, laissant la quantité prendre le pas sur la qualité, qui semble, pour moi, en être la principale. Parce que, contrairement à ce que certains auteurs de musiques aussi faciles qu’industrielles nous font croire, un morceau, ça ne s’écrit pas en quelques heures/minutes. Ainsi, et même si ce n’est pas Metal, je me rappelle d’une série de chroniques que j’avais lue sur la trilogie Un, Dos, Tres de Green Day, et qui se concluait en disant qu’en ne gardant que les bons morceaux, le trio aurait pu pondre un bon album, mais qu’en voulant s’étaler, il n’a fait que créer trois albums long et, la plupart du temps, ennuyeux.

Pourtant, au pays des doubles albums, on a aussi eu droit à de sacrées surprises, comme Amplifier qui s’est envolé grâce au tentaculaire et sublime The Octopus, qui s’étendait sur deux heures sans qu’aucune baisse de régime ni aucun ajout superflu ne fasse son apparition.
Quant à Five Finger Death Punch, malgré quelques défauts – dont un certain essoufflement dans une seconde partie dû à l’utilisation étrange de certains guests –, il s’en était plutôt bien sorti avec The Wrong Side of Heaven and the Righteous Side of Hell, Volume 1. Notamment grâce à une énergie, une jolie maîtrise instrumentale et vocale, à des titres violents, assez mémorables – tubesques même. Et puis, j’ai cru comprendre, dans une interview, que cet album en deux parties était plus dû à une folie créatrice, qu’à la volonté de proposer un concept album, chose que l’on a déjà pu voir dans la première partie.
Alors laissons sa chance à 5FDP, et regardons s’ils ont réussi à transformer l’essai avec The Wrong Side of Heaven and the Righteous Side of Hell, Volume 2.

Clairement, les premières notes de deuxième tome marquent déjà une rupture par rapport à son grand frère. Quelque chose de violent et qui semble envoyer un plus fort sentiment d’urgence. Le groupe ne s’éloigne pas véritablement de son style Metal à l’américaine, on retrouve toujours cette voix capable de passer d’un aboiement Hardcore rageur à quelque chose de plus mélo tout en restant viril, pourtant il y a bien une différence. 5FDP semble se lâcher. Les refrains, bien que s’enfonçant toujours aussi facilement dans le crâne, semblent au premier abord moins accrocheurs qu’auparavant. En fait, j’ai un peu l’impression qu’ils ont intensifié tout ce qui caractérisait leur musique. Ainsi, une rythmique appuyée sur le Volume 1 devient un vrai labourage intensif ici, allant même jusqu’à frôler l’Indus furieux, comme sur « Here to Die », mais aussi le très agressif « Wrecking Ball », ou même « Matter of Time », à la voix presque éraillée. Une rythmique qui sait aussi nous apporter quelques surprises, en témoignent le début de « Weight Beneath my Sin », ou l’inquiétant « My Heart Lied », dans lequel elle est mise au premier plan. Il y a aussi « Cradle to the Grave », où la batterie matraque toujours autant, mais où l’alternance constante entre voix claire et growl apporte son petit plus.

D’ailleurs, ce n’est pas le seul élément à apporter son lot de surprises. Une surprise d’autant plus chouette que je ne m’y attendais pas et qui tient en un mot : ballade. En effet, si je trouvais que les ballades présentes dans la première partie de ce diptyque, bien qu’assez sympa, manquaient d’originalité, me faisant penser à du Nickelback, c’est une sensation qui est, ici, grandement absente. « Battle Born » est très ancrée dans les années 80, elle n’en oublie pourtant pas une petite forme de modernisme.
Mais c’est vraiment « Cold » qui enfonce le clou. Il commence tellement comme du Metal Sympho à la Within ou Nightwish, que l’apparition d’un chant féminin ne m’aurait pas étonné, mais il n’en est rien. Et par la suite, il devient plus prenant, bien que sa grandiloquence et son petit côté tristoune feront tousser les allergiques. Quant à la guitare électrique, apparaissant à la moitié environ, elle apporte encore un peu plus de puissance à ce morceau qui n’en manquait pas. Du coup, on a l’impression que 5FDP associe son style syncopé à la rythmique appuyée, à un titre de Metal Sympho. Un mariage qui fonctionne bien.

Malgré tout, la musique, finalement assez calibrée, du groupe, ne va pas sans quelques défauts. Ainsi, on retrouve toujours les mêmes structures classiques couplets-refrains, toujours le solo réglementaire – même s’ils ne sont jamais répétitifs et s’ils sont bons, à la fois démonstratifs et rageurs. Mais le truc qui me chiffonne le plus, c’est qu’il y a souvent en fin de morceau, ce break quasi a capella à voix claire, introduisant soit un refrain, soit un solo. On les entend sur « Weight Beneath my Sin », Let this Go », My Heart Lied », A Day in my Life » et House of the Rising Sun » et c’est d’autant plus flagrant, que les quatre derniers se suivent.
Néanmoins, si l’impression d’avoir toujours affaire à une même structure est bien présente, celle-ci passe, parce que le groupe ne laisse que peu le temps de l’accalmie, tout en aérant assez ses morceaux de passages très mélodiques pour garder l’auditeur en éveil.
Surtout que, malgré tout, les titres sont bien différents les uns des autres. « Let this Go », qui marque un changement très net avec la ballade qui le précède, affiche un growl parlé/rappé qui, allié à la musique, donne une sacrée envie d’headbanger. « A Day in my Life » fait très Hard Rock velu, avec un refrain à l’intro et l’outro hargneuses, et dont les chœurs apportent un petit plus.
On a aussi « House of the Rising Sun », reprise la chanson Folk que nous a fait connaître The Animals, dont le début fleure bon les grands paysages américains – faisant ainsi écho à l’instrumentale « The Agony of Regret » –, où même la voix semble d’antan. Dommage qu’il perde cette ambiance quand les guitares arrivent (tout en restant plus sympa que la version de Johnny Hallydaube, rassurez-vous). Du coup, petit à petit, la mélodie initiale disparaît et, dans une deuxième partie, la musique devient nettement plus proche de 5FDP, que de l’original. Hormis le break calme et son chant clair qui viennent conclurer le CD.

Bref, The Wrong Side of Heaven and the Righteous Side of Hell, Volume 2, malgré toujours quelques défauts, notamment une certaine répétitivité dans les structures, conclut ce diptyque d’une plutôt belle manière. Il se montre un brin moins tubesque que son prédécesseur, tout en restant accrocheur, mais plus violent dès les premières secondes. Un bon album qui prouve qu’on peut oser le double album et s’en sortir même si on n’a pas 20 ans de carrière derrière soi.
Maintenant, il faudrait juste que pour leur prochaine production, Five Finger Death Punch sache allier cette puissance, cette efficacité, à des constructions plus originales. Trouver (ou plutôt retrouver, si on en croit les fans de la première heure) plus d’audace. Là, ils pourraient vraiment frapper très fort.

 

Site:http://www.fivefingerdeathpunch.com/
Facebook:https://www.facebook.com/fivefingerdeathpunch

 

Tracklist:
1. Here to Die
2. Weight Beneath My Skin
3. Wrecking Ball
4. Battle Born
5. Cradle to the Grave
6. Matter of Time
7. The Agony of Regret
8. Cold
9. Let This Go
10. My Heart Lied
11. A Day in My Life
12. House of the Rising Sun

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