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Dunkelnacht – Revelatio

Le 2 mai 2014 posté par Lusaimoi

Line-up sur cet Album


  • Frost : chant
  • Heimball : guitares et programmations
  • Alkhemohr : basse
  • Max Goemaere : batterie.

Style:

Black/Death Mélodique... et plus

Date de sortie:

20 janvier 2014

Label:

WormHoleDeath Records

Note du SoilChroniqueur (Lusaimoi) : 7,5/10

Ça faisait un moment que j’entendais parler de Dunkelnacht. Que je gardais un œil attentif de leur côté. Les Lillois avait un je-ne-sais-quoi qui m’attirait. Leur nom, « Nuit Sombre » en allemand, me faisait plus penser au cinéma expressionniste de ce pays, qu’à une quelconque référence au IIIème Reich (d’ailleurs, dans leur premier album, DN s’en prenait à toutes les religions, chose assez rare pour être signalée dans un univers ou seul le christianisme en prend pour son grade – NSBM mis à part –, et qui peut être mal comprise quand on est en présence d’un titre comme « The Nailed Wings of Zionism »). Et puis l’artwork d’Atheist Dezekration avait quelque chose d’original et d’attirant, même s’il me rappelait un peu celui de The Way of All Flesh de Gojira.
En me penchant d’un peu plus près, j’avais découvert une musique bien foutue, efficace, et manquant néanmoins un peu d’originalité pour vraiment marquer. Et mon contact avec le groupe en étant resté là. Mais Dunkelnacht sait évoluer. Depuis ses débuts Dark Ambiant, il a bien changé. Et même depuis Atheist Dezekration, sorti en 2010, le line-up s’est vu vraiment modifié, avec l’arrivée d’un vrai batteur et un changement de chanteur. Alors voyons ce que donne ce DN, cru 2014.

Un cru 2014 qui nous arrive avec ce Revelatio, basé sur la légende des trois singes de la sagesse, l’un étant aveugle, l’autre muet, et le troisième sourd, chacun représentant une strate de la société. Un concept, expliqué dans le livret, intéressant et recherché, puisqu’il définit la composition de ces onze titres et qu’il permet d’aborder des thèmes assez originaux, ou, du moins, amenés de façon originale. Dommage cependant que les textes, eux, soient absents.

Pourtant, l’originalité n’est pas le premier terme qui me vient à l’esprit quand on enfile Revelatio dans la chaîne. Du moins, pas dès le premier abord. Une intro bruitiste et inquiétante, qui, même si c’est courant dans le style, fait son petit effet et nous amène progressivement au premier titre. Morceau qui nous assène directement d’un Black/Death mélodique – voire symphonique –, très rapide et efficace. D’autant plus qu’il arrive à instaurer une ambiance à la fois malsaine et épique, soutenue par une prod’ vraiment puissante et froide, mais pas artificielle, et par un scream (cette fois incarné par Frost) assez ravageur. Mais dans ce premier titre, « Emergent Primitive Constellations », on sent que l’influence des groupes du genre est encore présente, même si aucun en particulier ne peut être cité.
Bien sûr, rapidement, on se rend compte que la première impression n’est pas la bonne. Car déjà, la rythmique apporte un petit plus. Un jeu qui savate bien comme il faut, furax et technique, tout en jouant sans cesse sur les ruptures. Et puis par la suite, le premier break, clavier/batterie, vraiment bien amené, ainsi que le second, très calme, apportent la surprise et un changement bienvenus.
Chose qui se verra confirmé par la suite sur « Ashes from Stellar Oracles », qui démarre direct et qui, après un refrain prenant, devient plus posé et audacieux. Ce titre, avec ses sept minutes, est d’ailleurs le plus long de l’album, multipliant les soli (de guitare, mélodique et tordu, ou de basse) et les plans différents, le tout dans une cohérence vraiment forte.

Et c’est cette opinion qui dominera sur la suite de Revelatio, car s’il reste quelques traces de BM sympho classique, ceci est constamment contrebalancé par quantité d’éléments qui viennent instaurer la « patte » Dunkelnacht.
Le riffing vraiment travaillé de Heimdall, sur l’ensemble du CD. Ce piano, inquiétant et organique, qui introduit « Dissolved Fractal Esoterism » pour revenir sur l’instrumental « Revelatio » et réapparaître de façon inattendue sur « Enthroned in the light ». Ce jeu très saccadé sur « Where Livid Lights Emblaze » (entre autres), chose accentuée par la rythmique, et l’apparition de la voix claire qui étonne sur « Through the Reign of Lunacy », font très Metal moderne. « Le Serment des Hypocrites », aussi, démarre sur quelque chose de très bizarre et fou – difficile à décrire –, chose que le riff principal ne va absolument pas démentir jusqu’à la montée en puissance, qui amène un passage plus classique. Néanmoins, ce titre se tricote une trame difficile à suivre, même si on ne s’en rend pas vraiment compte à l’écoute, tant la cohérence est de mise. Une chose que l’on retrouve sur l’ensemble des morceaux, qui, malgré leur durée relativement courte (dans les cinq minutes en moyenne), nous embarquent dans une série de plans qui s’alternent sans faire pâtir la cohésion, ni la frénésie.

Car Dunkelnacht sait comment conserver la fureur tout au long des onze titres qui composent Revelatio. Un album qui, juste après l’intro, démarre déjà pas mollement, mais qui verra cet aspect accentué jusqu’au final de « Rebirth of the Black Procession » – avec cette basse vraiment grisante et cette belle poussée vocale – accélérant de plus en plus et nous amenant à une conclusion où se développent des ambiances orientales, juste avant le solo de fin. Mais toute cette frénésie ne serait rien si elle était constante. Elle laisserait l’auditeur dans un flot dévastateur, mais auquel il se serait fatalement habitué.
C’est pourquoi le contraste avec des passages plus posés est important. On peut citer le démarrage mid-tempo et dissonant de « Dissolved Fractal Esoterism », l’instrumental « Revelatio » ou même l’intro de « Rebirth of the Black Procession » et son clavecin que la guitare rend inquiétant. Un début lent et aussi grandiloquent qu’un majestueux film gothique.
Le tout se termine par « Post Prophetic Rebellion », une outro ambiante à base de bruits de vent et de claviers ressemblant à des chœurs religieux sur lesquels vient se poser une rythmique à base de beat Électro, puis de batterie. Arrivent alors les voix, humaines, protestant comme une foule, auxquelles vient se mêler la bestialité de Frost, son scream étant ici ultra saturé.

Un dernier titre résumant ainsi Dunkelnacht, groupe qui utilise pas mal d’éléments, venant de plusieurs horizons différents, pour créer sa musique. Un groupe qui ne semble pas si original au (tout) premier abord, mais qui sait utiliser ses influences pour les digérer et en faire quelque chose de bien plus personnel.
Au final, Revelatio corrige un peu tout ce qu’on reprochait à son prédécesseur, à savoir des titres un peu trop répétitifs, un chant trop aigu et la présence de la boite à rythme. Apparemment, les nombreux changements subis auront été bénéfiques au groupe, qui nous a sorti là un album affichant clairement ses capacités et ses ambitions.
Pour le moment, on ne saurait deviner la suite de Dunkelnacht qui a déjà tant évolué, rien qu’entre ses deux dernières offrandes. En attendant, savourons, explorons et (re)découvrons ce Revelatio comme il se doit.

 

Site officiel : www.dunkelnacht.info
Facebook : www.facebook.com/pages/DunkelNacht

 

Tracklist:
1. The Fall of Entropy
2. Emergent Primitive Constellations
3. Ashes from Stellar Oracles
4. Dissolved Fractal Esoterism
5. Through the Reign of Lunacy
6. Le Serment des Hypocrites
7. Revelatio
8. Where Livid Lights Emblaze
9. Enthroned in the Light
10. Rebirth of the Black Procession
11. Post Prophetic Rebellion

 

 

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