Communication de nos partenaires

Live report : Bloodybarbie


Voilà enfin arrivé le jour de ma séance d’hypnose mensuelle chez mes thérapeutes préférés : Stoned Gatherings, parce que j’en ai raté des séances depuis les Doomed Gatherings (les fameux deux jours intenses en Stoner et compagnie),  il y a de ça plus d’un mois ! Ce soir, on reçoit au Glazart deux groupes certifiés qualité supérieure : Abrahma et Egypt, et un troisième que je compte bien découvrir : Tombstones, qui sont en tournée avec Egypt contrairement à Abrahma. Le concert commence plus tard que d’habitude, à 19h45 ! Deux cent personnes sont attendues !

C’est aux norvégiens de Tombstones que revient l’honneur d’inaugurer cette soirée avec du Doom/Stoner, la salle n’était encore pas bien remplie. Bjorn (le guitariste) et Ole (le bassiste) du trio américain se partagent le chant selon les morceaux, même si concrètement on ne distingue pas la différence. Comme à chaque concert de Stoner au Glazart, lorsqu’on est collé à la scène à droite ou à gauche, on distingue à peine le chant. Cette salle est paradoxale, contrairement aux autres, le son n’y est pas du tout homogène !

Au milieu du set, Bjorn a eu un petit souci, il interrompt un morceau puisque sa pédale multi-effets a cessé de fonctionner (difficile de faire du Stoner sans). Quelques petites minutes pour régler le problème avec la méthode traditionnelle que chacun utilise lorsque quelque chose ne fonctionne pas : le taper bien fort, dans l’espoir qu’il fonctionne de nouveau (la loterie de l’entropie). Pour son cas, ça n’a pas abouti, mais il est arrivé (en passant par de multiples opérations et réglages sur l’ampli) de remettre le son qu’il voulait et enchainer. Il semblait très embarrassé et stressé par cet incident, et s’est excusé cinq fois auprès du public, la seule phrase qu’on a bien entendu de lui “I’m so sorry” (Ne t’inquiète pas petit, on ne va pas te balancer des tomates dans la gueule).

Certains de leurs morceaux comme « Oceans of Consciousness » sont tellement lents qu’on se demande si le temps s’est arrêté (j’ai bien vérifié ma montre, la seconde était plus rapide que leur tempo) mais surtout s’ils vont réussir à finir leur morceau. Rien de péjoratif, puisque l’essence même de notre trance réside dans cette lenteur et cette atmosphère lourde qu’ils ont réussi à établir, tout le secret est là.  Leur style est un mélange de Black Sabbath, Monster Magnet, Sleep ou encore Electric Wizzard ! Certes, ils ne révolutionnent en rien le genre, (comme beaucoup de groupes de nos jours), mais en live c’est excellent et très prenant, on s’y attache vite et on en demande plus. En même temps, ils débutent juste leur carrière avec quatre albums : « Volume I » (démo en 2009), « Volume II » (premier album sous label, en  2010), « Year Of The Burial » (2012) et leur dernier « Red Skies And Dead Eyes » datant de 2013. Plutôt actifs ces petits jeunes !

Mon coup de cœur de la setlist : le Heavy Rock groovy« King Of Daze » et son sublime jeu de guitare exploitant à fond les multiples effets de sa pédale et cet usage intempestif des cymbales. Je le réécoute en boucle depuis ce jour ! A noter que la majorité de la setlist est constituée de morceaux extraits de leur nouvel album qui sortira fin 2015/2016 !

La dame qui m’a spoilé avant cette partie avait bien raison : Tombstones c’est du bon, du très bon même. Mais comme disent Scorpions : « The Best Is Yet To Come » et c’est Abrahma qui va monter les enchères !

SetlistTombstones :

-King of Daze
-Black Moon
-The Dark High (new)
-Oceans of Consciousness (new)
-Barren Fields (new)

Place maintenant au groupe que j’attends avec impatience (plus qu’Egypt, j’avoue). Il s’agit Abrahma, production local parisienne, et sans doute un des meilleurs dans le style Heavy Rock/Stoner de notre pays dont on peut être fier. Il est difficile de les comparer directement à des groupes bien définis puisqu’ils ont su trouver leur propre style, mais pour se faire une vague idée, on peut dire que c’est un cocktail mêlant Electric Wizzard, Monster Magnet avec plus d’effets psychédéliques et une touche d’Acid King et d’autres ingrédients secrets. D’ailleurs le groupe a signé chez le label américain SmallStone Records après leur première démo « Through The Dusty Path Of Our Lives », chez qui le tout nouvel album est produit« Reflections in a The Bowls Of A Bird », fraîchement sorti (mai 2015). Ils ont accompagné Lo-Pan dans leur tournée européenne et ont joué dans de grands festivals du genre comme le RoadBurn, le DesertFest…Vous l’aurez compris, ce n’est pas de la balle… En tout cas, les albums sont irréprochables, riches, méticuleusement pensés et subtilement travaillés. On s’y attache dès la première écoute, pour ne jamais s’en détacher. Vous en saurez davantage dans cette chronique et dans l’interview. La passion jusqu’au bout pour ce groupe !

Le quatuor parisien est sur scène, prêt à charmer ce public. 30 minutes pour conquérir une centaines de personnes ! J’ai le sentiment que ça sera un jeu d’enfant pour eux, même si je ne les ai jamais vus sur scène !

Nico le chauve à la guitare, Seb à la guitare et au chant avec un look hippie si l’on se fie à son pantalon patte d’éléphant, et puis Guillaume, le bassiste qui dégage un air de coreux (Benjamin, le pauvre batteur, est bien caché derrières ses fûts) … Bref, ça n’a rien à voir avec le photo de presse où ils se sont peints le visage en noir, tels de folk/black métalleux.

On remarque aussi quelque chose de peu commun sur scène, Seb avait en face de lui un pupitre, tel un musicien qui a besoin de son texte ou de sa partition. Mais en vérité, c’est son grimoire (monotribe et monotrone) qu’il utilise pour orner les morceaux de multiples effets psyché, là où réside toute la magie de leur musique.

Chaque note, chaque morceau mérite qu’on y prête grande attention, car tout est si bien dosé, si subtilement construit que l’admiration devant une telle setlist est légitime, notamment le jouissif  « Headless Horse » et ses airs de Doom en toute élégance qui me rappelle quelque peu Paradise Lost, avec une guitare au son clair et oriental tel un bouzouki ou une cithare. On ne peut que s’incliner devant la beauté d’un tel morceau.

Voilà un show auditif très prenant et planant par ces multiples effets de guitares : fuzz, distorsion, overdrive, wha-wha en force dans « Fountains Of Vengeance » (qui d’ailleurs englobe en un seul morceau tous ces effets, avec un magnifique solo pour couronner le tout) et bien d’autres (même du son clair à l’état naturel). Ce patchwork musical pénètre dans notre esprit et le libère de notre corps, l’emportant ainsi dans un tout autre univers, celui de ces sublimes notes musicales !

Si Abrahma était une femme, elle aurait conquis tous les cœurs des hommes présents ce soir. Mais deux oreilles valent le double, et Abrahma est un groupe qui aura conquis cœurs et oreilles ce soir. Une victoire bien méritée ! J’étais déjà charmée par leurs albums, mais en live ça devient une drogue. Je félicite tout de même l’ingé son pour ce super travail, le son était suffisamment bon pour apprécier comme il se doit chaque détail, allant du chant jusqu’à la basse (Que le son soit propre du début jusqu’à la fin est l’ultime défi du Glazart, surtout pour une première, ou seconde, partie).

En tout cas, quelqu’un est vite devenu fan et en l’espace de 5 minutes, il s’est procuré les deux albums d’Abrahma et s’est empressé d’aller les faire signer par Nico qui n’avait pas fini de ranger son matos pour laisser la place à Egypt. Je remercie d’ailleurs le groupe d’avoir intégré dans leur merch ce poster en papier épais de la magnifique pochette de leur dernier album (ça mérite de figurer dans une galerie d’art). Elle fait désormais partie de la déco de mon appartement.

Si vous lisez ce report, que vous n’avez pas été au concert pour faire une découverte digne d’un Newton, j’ai un bon conseil à vous donner : écoutez ne serait-ce qu’un seul morceau d’Abrahma, et vous m’en direz des nouvelles. Je vous recommande mes préférés: les Omens (en trois parties) et ils nous ont fait plaisir de nous en joué les parts 1 et 3. Vous jugerez par vos propres oreilles !

P.S: Vodun pt 2, plus Rock’N’Roll, aurait mérité de figurer dans la setlist pour contraster avec le reste !

Setlist Abrahma:

-Fountains of vengeance
-An offspring to the wolves
-Headless horse
-Omens Pt.1
-Weary Statues
-Neptune Of Sorrow
-Square the Circle
-Omens Pt.3

Hélas, toutes les bonnes choses ont une fin, mais donnent faim tout aussi bien !

Si vous voulez en savoir plus sur le groupe, voici leur interview réalisée quelques heures avant leur passage sur scène : http://www.soilchronicles.fr/interviews/abrahma

Après quelques minutes de checksound, quelque chose me turlupine, le bassiste teste son micro sans ajuster la hauteur du porte micro. J’attendais qu’il le fasse, mais en fait non, il va devoir se pencher tout au long du concert, si c’est de ses habitudes. J’espère qu’il ne deviendra pas bossu à la longue, surtout avec le poids de sa basse qui n’aide pas.

Il est temps de passer aux non-égyptiens (plutôt américains du nord du Dakota) d’Egypt, qui s’occuperont de nous achever avec leur Stoner/Heavy Rock revisitant le Blues !

Le set s’entame en toute douceur et lenteur avec ce morceau blues: « Matterhorn » où la basse fait fureur. Le suivant « Snakecharmer » nous replonge dans l’époque d’Hendrix avec quelques riffs clin d’œil au King du Rock, ou encore « World Eater » qui nous rappelle Black Sabbath.
Changement de ton et de style avec un rythme dans le mid tempo avec « Valley Of The Kings » issu de leur démo éponyme, cependant le wha-wha n’est pas présent contrairement à la version originale.

Et l’ultime jouissance est atteinte avec « Elk River Fire » avec un rythme plus soutenu et dynamique, grâce à ce jeu de guitare qui est particulièrement attirant et élégant, multipliant les soli, avec une courte intrusion d’un solo de basse. Le rythme se tasse enfin, la cadence diminue jusqu’au mid-tempo ! Une petite merveille ce morceau, bien que très long (10 minutes), qui a le mérite de clôturer un concert d’Egypt.

On a même eu le droit, en guise d’encore, une belle reprise de « Watching You » de Kiss où ils se déchaînent à fond et l’interprètent à leur façon. Certes le manque d’une seconde guitare se fait ressentir et le chant de Aaron ne s’entendait pas bien, mais le solo a été à l’identique de l’original !

Après cela, la séparation fut dans la joie et la bonne humeur, ils quittèrent la scène en nous remerciant (plus d’une fois) d’être venus.

Les morceaux s’enchaînent sans pause par paquets de deux ou trois, selon le type d’accordage (du bassiste ou du guitariste), jusqu’à ce que Peter, le batteur (au look hippie) éprouve la nécessité de nouer ses lacets (et oui, ça n’arrive que rarement, c’est même du jamais vu), et on l’aura tous remarqué : le bassiste qui mouille son bermuda abondamment. De plaisir ou de sueur? Je ne saurais vous dire.

Pour une fin de soirée comme ça, c’est sûr qu’on a envie juste d’une seule chose après une telle partie, s’effondrer sur un lit et (re)plonger dans le pays des merveilles !

Vous l’aurez ressenti et je viens tout juste de réaliser que la partie Abrahma va être la plus grosse partie de ce live report. Parce que, soyons honnête, Egypt est un excellent groupe qui a su remodeler le Blues à sa façon, mais j’ai préféré la diversité et la richesse musicale d’Abrahma, mais aussi sa qualité de son par rapport à celle d’Egypt qui n’ont pas trop été gâtés, notamment le chant qui était beaucoup trop sous-mixé, et c’est dommage, sans oublier  le déséquilibre entre basse et guitare qui a fini par être rattrapé au milieu du concert.

Avoir trois groupes dont l’élément commun est le Stoner et que chaque groupe est orienté différemment : le pur Stoner assommant de Tombstones, le Stoner /Heavy Rock Made In Abrahma et le Blues Stoner d’Egypt. Voilà une richesse musicale parfaite pour nous faire vivre une soirée exceptionnelle au Glazart.

En tout cas ce qui est sûr, c’est que ce soir, les guitaristes auront utilisé leur pédale plus que les batteurs n’utilise la leur. Le gagnant est celui qui a la palette d’effets la plus variée !

Je remercie Sofie et Stoned Gatherings pour cet excellent choix de groupes, pour l’invitation et l’organisation. Je remercie, bien évidemment, les trois groupes pour avoir nourri notre âme et nos tympans de bonne musique !

Setlist Egypt :

-Matterhorn
-Snake Charmer
-Valley of the Kings
-World Eater
-Hillside
-Dirty Witch
-Elk River Fire

Encore :
-Watching You (Kiss)

 

Retour en début de page

2 commentaires sur “Egypt + Abrahma + Tombstones au Glazart (Paris) le 02/06/2015”

  1. 1
    Abrahma | Soil Chronicles

    […] et leur concert en première partie d’Egypt au Glazart le 02/06/2015 (http://www.soilchronicles.fr/reports/egypt-abrahma-tombstones-au-glazart-paris-le-02062015), nous avons le plaisir d’interviewer Abrahma, un excellent groupe français de Stoner/Heavy […]

  2. 2
    Abrahma – Reflections in the bowels of a bird | Soil Chronicles

    […] Si vous avez l’occasion de les découvrir en concert, ne la ratez pas ! Ils sont excellents et j’ai témoigné pour vous ici : http://www.soilchronicles.fr/reports/egypt-abrahma-tombstones-au-glazart-paris-le-02062015 […]

Laissez un commentaire

M'informer des réponses et commentaires sur cet article.

Markup Controls
Emoticons Smile Grin Sad Surprised Shocked Confused Cool Mad Razz Neutral Wink Lol Red Face Cry Evil Twisted Roll Exclaim Question Idea Arrow Mr Green