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Live Report : Bloodybarbie

Il ne fallait absolument pas que je rate ce concert et ce pour rien au monde, car c’est peut-être un des derniers concerts de Behemoth avant que Nergal se consacre définitivement à la country. J’avais un infime espoir de les voir un jour en concert dans une église un dimanche matin avec des effets pyrotechniques digne de ce nom (Non Bloodybarbie arrête de rêver)… De plus, à Savigny, il y en a une pas loin de là où ils ont prévu de jouer ce soir. Mais non, ça ne sera pas pour cette fois, c’est à l’Empreinte qu’ils nous feront une messe noire en cette soirée du lundi. Quoi de mieux pour bien commencer la semaine après avoir passé 1h30 dans les transports en Île-de-France ! En tout cas, le concert est annoncé complet et ça n’étonne personne !

Voilà que je retrouve ma communauté du Métal extrême, puisque chaque style de Métal a un auditoire spécial.

J’avais assisté à leur concert début 2014 avec trois excellents groupes en première partie (dont Inquisition), et ce soir il n’y a qu’un seul groupe pour annoncer cette messe noire, et hélas loin d’être un de mes préféré, les bordelais The Great Old Ones. En tout cas c’est une énorme chance pour eux de jouer devant ce public et de tenter de le séduire (ou pas)…

Néanmoins, je m’impatientais de les voir sur scène puisque je n’avais pas tellement apprécié leurs albums, bien que je sois une grande fan de Doom/Black Métal. Mais TGOO ne m’a pas vraiment touché alors que ma collègue Balkiss a adoré (je vous encourage à lire sa chronique ici http://www.soilchronicles.fr/chroniques/the-great-old-ones-%E2%80%93-tekeli-li) et d’autres critiques ont été positives. Qui sait, peut-être que leur live me fera changer d’avis ! En tout cas si j’apprécie bien quelque chose chez eux, c’est leur thème autour de la littérature Lovecraftienne dont je suis archi-fan.

Leur show commence avec une intro, un court passage de montagnes hallucinées, le thème sur lequel est centré leur nouvel album Tekeli-li« Des montagnes hallucinées dont les versants plus lointains veille[nt] sur quelque abysse maudit » ? Je ne suis pas fou.

Pas de créatures tentaculaires sur scène qui aurait pu pimenter leur musique, ce fut ma première déception. Les cinq musiciens portaient des t-shirt rouges, j’ignore pourquoi !

En tout cas, il y a eu beaucoup de fumée lors de cette première partie, on voyait à peine les musiciens, mais une chose est sûre, on les entendait bien !

La raison pour laquelle je ne sais pas apprécié leur musique longtemps, c’est pour cet effet bizarre qu’on ressent lorsqu’on écoute le premier morceau… et qui se reproduit également sur scène ! Dès lors qu’ils commencent à jouer, on accroche pendant les cinq premières minutes, ensuite on est complètement déconnecté du monde. Le problème c’est qu’on ne se rappelle plus de ce qui s’est passé entre le premier et le dernier morceau, et donc aucun morceau ne marque particulièrement. Si c’est un sort Cthulien, il fonctionne à merveille ! En tout cas, les rythmes sont lents, les mélodies sont glaciales, un peu monotone (ce qui fait que vous pouvez facilement vous ennuyer) et les morceaux se ressemblent beaucoup…Je ne voulais qu’une seule chose : que cette demi-heure passe vite mais elle m’a paru durer une éternité !

Ce que j’ai trouvé très dommage, c’est que le groupe ne prenne pas le temps de se présenter, et on ne peut pas dire qu’ils ne parlent pas français ! Bref, aucune présentation ni salutation pour leur public français (tout comme eux), comme si tout le monde est sensé (bien) les connaître. On sentait une immense distance entre eux et nous… bon je sais bien que les Blackeux/Doomeux sont une catégorie à part, dans leur bulles, qui ne communiquent pas, mais quand c’est un groupe français en voie de développement, c’est un minimum à faire !

Je reviens sur terre lors de l’outro, qui est également un passage de montagnes hallucinés, et voilà que TGOO disparaît sous les brumes… En tout cas ils avaient un fan qui a été à fond tout au long de leur prestation, le seul qui se soit mis dans un état pareil !

On assiste ensuite aux préparatifs de la scène de Behemoth, apparemment la déco n’a pas changé comparé à celle de l’année passée, toujours la gigantesque batterie d’Inferno, imposante en hauteur, une vraie machine de guerre! Sans oublier le porte-micro sous forme de deux serpents séparés par le fameux triangle duquel émanent les trois flèches représentant le “Perfect Red King”, le sulfure des philosophes (le célèbre tatouage sur les avant-bras de John Constantine dans le film Constantine, qui invoquait l’archange Gabriel en joignant ses avant-bras pour former ce triangle). Gabriel est parmi nous ce soir, et le show commence d’ailleurs par une cérémonie d’invocation de Gabriel.

Après ce petit quart-d’heure, les lumières s’éteignent et l’appel à Gabriel commence avec l’entrée sur scène de Nergal vêtu de sa capuche fétiche (mais sans manche cette fois) tenant ses deux torches enflammées pour allumer ses deux bougeoirs sur le porte micro, le tout sur une intro bien sombre. Les autres membres rejoignent chacun leur place pour débuter avec le célèbre hymne de Behemoth que tout fan connaît si bien, du dernier album, “Blow Your Trumpet, Gabriel” (dont tout le monde connaît le refrain), sous les fameux coups de basse… Après je ne sais combien de concerts, Gabriel n’a toujours pas sonné les cloches (je crois qu’il n’aime pas qu’on l’appelle via du Black Metal, il faudra tester avec du reggae ou de l’opéra).En tout cas, Nergal et ses compagnons sont toujours aussi bien maquillés, en noir et blanc ainsi que les mêmes déguisements scéniques, Nergal portant collier orné de divers os et ses bottes d’équitation. Orion (le bassiste), le gourou reste fidèle à sa queue de cheval et Seth (le guitariste) à sa capuche cloutée!

Un premier morceau suffit pour réveiller la foule, une transition de phase abrupte entre la précédente demi-heure et cet instant !

Après Gabriel, c’est Lucifer qui est invoqué. Le morceau commence par des incantations en polonais, langue natale du groupe, un seul refrain à retenir et le public le crie de toutes ses forces : “For thine is the kingdom, And the power, For thine is the kingdom and the glory, forever”. Un morceau pendant lequel la double pédales se repose, et qui se démarque plutôt par la noirceur qu’il dégage, le jeu de basse est très dominant et les guitares sont bien bourdonnantes.

La double pédale se réveille à fond pour marteler tout au long de « Conquer All » introduit d’abord par Nergal qui nous joue une ou deux mesures et attend qu’on exprime notre enthousiasme, puis recommence trois fois avant de balancer le reste. Même si ce n’est pas mon préféré, il a un tout autre charme sur scène et reste meilleur que le suivant. « Decade Of Therion » en mode blast et chant non-stop, qui se termine tout de même par une joile outro. Le concert redevient intéressant à partir de « As Above So Below », plus riche mélodiquement et avec de sublimes jeux de guitares.

J’ai vu lors de ce concert un des publics blackeux les plus bizarres ! Enfin si je considère les deux personnes devant moi, qui avaient une façon assez spéciale d’exprimer leur enthousiasme pour la musique de Behemoth. L’une fait une danse contemporaine WTF très spéciale et décalée par rapport aux mélodies, mais pourquoi pas ! L’autre est encore plus bizarre, à la façon dance/wech/ r’n’b… En tout cas, j’étais morte de rire !

Après le calme, l’apocalypse avec la mitraillante « Slaves Shall Serve » (encore heureux, un esclave qui ne sert à rien est complètement inutile) et ses jeux de guitares à la old school que j’aime autant que son solo.

Il ne faut pas être chrétien pour être fan de Behemoth et headbanger sur « Christians To The Lions », ou encore pire le fameux titre éponyme du dernier album, qui décrit clairement ce que le groupe prétend être à travers ses textes « The Satani » !

Negral et son bassiste accomplissent enfin le rituel habituel tant attendu, celui de se remplir la bouche par une substance semblable à du sang, pour ensuite la recracher sur le public, certains s’y sont bien préparés (une demoiselle placée au premier rang en face de Negral avait mis un bonnet). Suivie d’une deuxième tournée de sang crachée ! Voilà pourquoi je me place toujours sur l’extrême droite (ou gauche) de la scène.

Vient le moment ou le groupe marque une pause, non seulement pour se réaccorder et boire un coup, mais aussi pour que Nergal se tartine les épaules de sang (ou de ce qui y ressemble), et revienne sur scène en se flageolant jusqu’à se mettre complètement à genou accompagné par un fond sonore de rituel. Il reprend ensuite sa guitare et nous balance « Ov Fire and The Void », dans le mid-tempo, démunit de son aspect Black Métal, virant vers un Doom bien envoûtant. Le retour vers du vrai Black après ce moment de répit avec « Furor Divinus » et ses blasts énervées. Et là, Negral se retrouve coincé à un moment dans sa capuche qui lui recouvre tout le visage. Comme ses deux mains sont occupées, il devra attendu jusqu’à la fin du morceau pour sortir la tête du sac…c’était bien drôle !

Une petite surprise avec la reprise de la chanson « Ludzie Woshou » » du groupe polonais Siekiera version black metal.

Enfin, voilà que l’un des morceaux les plus attendu est jouée! Le démoniaque « Atlas, Lord Is Upon Me » se démarque dès son intro avec ses textes narrés et son rythme bien que dans le mid-tempo témoigne d’un jeu de batterie dominant qui se déchaîne à la fin en une explosion de blasts qui s’enchaînent. L’intro suivante jouée par des guitares acoustiques très particulière « At The Left Hand Of God » (voilà il n’y a pas que Satan) ne représente pas le reste du morceau avec une outro dans le style musique orientale (avec des chants même en arabes !). Le dernier titre joué fut « Chant Of Eschaton ».

Ils reviennent après une minute de rappel pour nous jouer l’hymne grandiose « Ô Father, Ô Satan, Ô God » pour nous quitter définitivement…. jusqu’à je ne sais quand ! (J’espère pour bientôt).

 

Même si ce concert était super, il n’était pas aussi bien que celui que j’ai fait à Lyon l’année dernière, qui me paraissait plus dynamique, surtout avec trois supers groupes en première partie et une meilleure mise en scène bien que globalement semblable à celle-ci. Mais surtout l’âme même du concert était très différente… On aura quand même tous passé un excellent moment avec un Negral toujours aussi charismatique et proche de son public !

Je remercie Valérie et Nuclear Blast pour l’invitation, Garmonbozia pour avoir permis cette date et surtout Behemoth d’être toujours Behemoth comme on l’aime.

 

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3 commentaires sur “Behemoth + The Great Old Ones (l’Empreinte, Savigny Le Temple, 15 décembre 2014)”

  1. AvatarFrançois
    Posté: 30th Jan 2015 vers 11 h 57 min
    1

    Très bon Report et sympa d’avoir mis ma vidéo 🙂

  2. pingback pingback:
    Posté: 22nd Oct 2015 vers 23 h 38 min
    2
    Shining (swe) + The Great Old Ones au Divan Du Monde (Paris) le 12/09/2015 | Soil Chronicles

    […] par les black-doomeux. Mais leur concert en première partie de Behemoth l’année dernière (http://www.soilchronicles.fr/reports/behemoth-the-great-old-ones-lempreinte-savigy-le-temple-15-dece…) m’avait laissée complètement indifférente. Eh bien, figurez-vous que j’ai totalement […]

  3. pingback pingback:
    Posté: 22nd Oct 2015 vers 23 h 38 min
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    Shining (swe) + The Great Old Ones au Divan Du Monde (Paris) le 12/09/2015 | Soil Chronicles

    […] par les black-doomeux. Mais leur concert en première partie de Behemoth l’année dernière (http://www.soilchronicles.fr/reports/behemoth-the-great-old-ones-lempreinte-savigy-le-temple-15-dece…) m’avait laissée complètement indifférente. Eh bien, figurez-vous que j’ai totalement […]

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