Photos + report : Mitch

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Dropdead Chaos, « supergroupe » qui a eu la particularité de démarrer sa carrière live (ou presque) sur la scène du Hellfest, revient aux fondamentaux et vient rencontrer son public dans de plus petites salles.
C’est donc accompagnés de deux groupes locaux renommés, que les sept musiciens débarquent au Warmaudio, complexe de boxes de répétition et studios d’enregistrement de la banlieue Lyonnaise (Décines-Charpieu), doté d’une salle de concert d’une capacité de 300 places.

Last Addiction, je vous en ai déjà parlé en septembre dans notre report sur le Leymfest. Ce soir, le jeune quintette a les crocs, il n’a qu’une demi-heure de jeu ce soir, se produit dans le temple de l’underground hardcore lyonnais. Il joue donc la bave aux lèvres, en privilégiant les morceaux les plus sombres de son répertoire, avec un son vraiment méchant, rendant ses breakdowns plus lourds encore, et en laissant de côté quelques refrains un peu « juvéniles » et jeux de scène convenus. C’est donc une nouvelle dimension que prend la musique de Last Addiction : un show intense, sombre, beaucoup de voix saturées et un impact maximal. Metalcore, un peu de heavy, un peu de prog, bravo les gars (qui sont hyper sympas dans le civil), c’est comme cela que je veux vous revoir !

Perseïde, ce sont des amis d’enfance qui ont commencé à jouer ensemble en 2001, avec un line-up inchangé, la maîtrise et l’efficacité sont donc au rendez-vous, d’autant que le quatuor commence à avoir une sacrée expérience du live, entre festivals, dates à l’étranger et premières parties valorisantes (Soilwork, Betraying The Martyrs…).

Perseïde, c’est du groove, de la mélodie et de la bonne humeur. Pourtant, leur concert démarre mal, la voix est inaudible sur le premier morceau ! Branle-bas de combat sur scène, ballet de techniciens, Simon le sonorisateur du Warmaudio ne s’y retrouve pas dans son patch, il faudra de longues minutes avant de parvenir à reconnecter les micros.
Mais cela ne perturbe pas plus que cela le public, bienveillant et bruyant, ni le groupe, qui joue à domicile et en totale confiance. Le set passe vraiment vite, les titres sont frais, positifs, speed et percutants. A gauche de la scène, le guitariste Adrien danse, tourne sur lui-même et prend la parole entre les titres avec humour, appelant le public aux dons sur la campagne de financement participatif de leur deuxième album, « vous pouvez nous retrouver sur tous les réseaux, Insta, Facebook, Pornhub ! ». La basse est ronde, le chant mélodique et efficace, les guitares mixent punk, hardcore, rock, avec une cohésion d’ensemble qui rappelle que le travail de groupe paie et se voit sur scène. Un excellent moment.


Dropdead Chaos, c’est le retour à domicile de l’enfant du pays Renato Di Folco, attendu par de nombreux amis et membres de ses groupes ou ex-groupes. C’est l’occasion d’évoquer avec mon pote Fred, chanteur du groupe Stoneheart, cette soirée du 07 octobre 2016, où je lui avais fait découvrir à la fois le Warmaudio et Renato dans son ancien groupe God Damn (reformé pour l’occasion, du groove metal), accompagné des locaux de Goatfather (stoner) et des cultes grenoblois Chemical Wedding.

Fred avait fini au whisky dans les loges avec les jumeaux maléfiques de Chemical Wedding, Serj « The Rattlesnake » et le très regretté Tof, pendant que sa femme épuisée l’attendait sur le parking, sans clés ni téléphone, ne sachant pas dans quel traquenard le Fred était tombé ! Un excellent souvenir que cette soirée et cette époque !

Dropdead Chaos, donc, après de gros fests et des dates évènementielles, commence à ratisser la province avec, ici, trois dates en trois jours à Lyon, Mulhouse et Limoges. Tous dans un fourgon bordeaux, à l’ancienne et comme des petits jeunes en colonie de vacances, loin de leurs groupes Smash Hit Combo, Betraying The Martyrs, Sirenia et autre Tambours du Bronx.
Je risque de paraphraser ma chronique de leur premier album « Underneath The Sound », tant le rendu en live est proche du ressenti sur album ! La totalité de l’album sera jouée (dans le désordre), de même qu’une reprise du « Surfacing » de Slipknot. Les moments forts seront le tout début du concert, avec les « hey, ho » introductifs du titre « Underneath The Sound » ; l’émotion de « One Last Encore », introduit au piano, et parcouru de montées / échanges de voix à vous foutre les poils, et d’un solo magnifique ; et le prêche rap « Dropdead », à l’issue duquel quelques acharnés continueront à chanter « Let the world know that we ain’t never gonna stop… », empêchant le groupe hilare d’enchaîner avec le titre suivant !

La cohésion des sept membres est désormais acquise, la complicité évidente, chacun monte à tour de rôle sur l’estrade d’avant-scène. Personnellement, j’ai bloqué sur le batteur Boris Le Gal, qui mouille la maillot et irradie en martyrisant ses fûts, et sur le duo de chanteurs Renato / Déhà, énervants de maîtrise et parfaits dans leurs rôles de maîtres de cérémonie et de vocalistes-alternants, tantôt à l’unisson, tantôt en question-réponse, le tout avec un plaisir et un partage évidents.

Pour autant, les cordistes ne sont pas en reste, la basse de Jacou slappe et grogne, les riffs sous-accordés neo-metal lourds s’enchaînent aux solos en mode guitar-hero de Nils Courbaron. Le courant passe avec le public, qui joue son rôle et passe visiblement une bonne soirée ! Les festivités se prolongeront avec un groupe hyper disponible, qui multipliera avec plaisir discussion au bord de la scène, selfies et dédicaces au merch. Comme quoi, excellence ne rime pas avec grosse tête, ce genre de soirées est une leçon à retenir et reproduire !

Merci aux trois groupes, au public, aux potes, à l’asso School’s Out Prod pour l’organisation, et au Warmaudio.

 

 

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