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Vulture Industries (Bjørnar Erevik Nilsen)

Le 4 novembre 2010 posté par Mr.Olc

Les norvégiens de Vulture Industries ont sorti en 2007 leur premier album The Dystopia Journals qui a été vu comme une petite bombe par les fans de metal avant-gardiste. Cette année, ils ont sorti leur deuxième album The Malefactor’s Bloody Register et ils en profitent pour voir un peu du pays en compagnie de Taake entre autres.

C’est donc avec un fort sympathique Bjørnar Erevik Nilsen, portant la casquette de tour manager en plus de celle de chanteur pour l’occasion, que j’ai pu m’entretenir pour en apprendre un peu plus sur ce groupe particulier.


Votre nouvel album est sorti cette année, c’est le deuxième, il s’appelle The Malefactor Bloody Register. Il s’inscrit dans la continuation du premier album The Dystopia Journals. Penses-tu que le groupe a trouvé son propre style ?

Oui, nous avions déjà commencé à trouver notre voie avec le premier. Et avec le second je pense que nous avons vraiment défini notre style, notre son, nous avons fait de notre mieux pour faire ce qui nous semble être le mieux et qui fonctionnait le mieux avec notre musique.

Comme je l’ai dit, le nouvel album est la continuation de The Dystopia Journals mais bien heureusement la musique est devenue plus personnelle, la voix plus variée et le résultat est davantage contrôlé et professionnel. Durant ces trois années qui séparent les deux albums, on dirait que beaucoup de travail a été effectué.

Oui nous avons beaucoup tourné et donc nous avons muri en tant que groupe, mais aussi individuellement en tant que personne, en tant que musicien. Nous avons vécu pas mal d’expériences au cours de ces deux dernières années : certains membres sont devenus papa, j’ai travaillé sur la production pour d’autres groupes, Øyvind [Madsen, guitariste – ndlr] a pas mal travaillé avec son autre groupe Sulphur. Je pense que ces différentes expériences que tous ont vécues se font ressentir sur ce nouvel album, trois ans ça reste assez long.

La musique que vous jouez est plutôt avant-gardiste je trouve, comment la décrirais-tu toi ?

Pour faciliter les choses je dirais que nous faisons du metal extrême progressif. Bien sûr il y a plein d’autres éléments : du rock des 70’s, un peu de jazz… Nous sommes prêts à mettre tout ce qui peut convenir avec ce que nous faisions sans vraiment prendre en compte aucun style. Si ça colle avec l’ambiance du morceau c’est bon, si ça ne marche pas tant pis, peu importe le style. Et jusqu’à présent cette façon de faire nous a plutôt réussis.

Et qui écrit au sein du groupe ?

J’écris 70% de l’album on va dire, et Øyvind écrit les 30% restant. Ca doit être quelque chose comme ça en gros.

Et c’est toi qui écris les paroles ?

Oui j’écris l’ensemble les paroles par contre.

The Dystopia Journals peut être abordé comme un concept-album autour du thème des démons intérieurs, du Moi forcé de rentrée dans un moule commun à tous. Y a-t-il également une sorte de concept ou de fil rouge dans les chansons de The Malefactor Bloody Register?

Dans le nouvel album, le concept principal des paroles est un aperçu de l’homme, de ce que nous sommes et comment nous traitons notre prochain, vu à travers le système judiciaire. Au départ, je n’étais pas parti d’emblée sur une idée de concept-album mais par la suite je me suis rendu compte que cela collait bien à la musique et donc ça a évolué sous cette forme. Cela dit, j’aime qu’un album ait une unité donc je finis toujours par arriver à quelque chose qui s’apparente à un concept album.

La couverture de l’album représente un homme patibulaire tenant un livre dans une main et une corde avec un nœud de pendu dans l’autre. Peux-tu nous expliquer ce choix et le lien que cela a avec le titre ?

Nous voulions quelque chose qui reflètent les paroles mais aussi l’ambiance de l’album. Nous avons travaillé avec le même acteur que sur le premier album The Dystopia Journals.

Ah bon c’est la même personne?

Oui, oui, c’est un acteur assez connu originaire de notre ville [Bergen –ndlr]. C’était très agréable de travailler avec lui. Il est très professionnel, avec lui c’est facile d’obtenir ce que tu veux. L’idée de cette pochette était de représenter cet homme austère incarnant la froideur du système judiciaire avec une posture qui fait apparaitre implicitement la balance, symbole de la loi et de l’ordre, dans laquelle la sentence, représentée par la corde, pèse plus lourd que le livre des lois.

Et c’est donc lui « The Malefactor » ?

Non, enfin si au final c’est aussi lui ! (rires) Mais lui c’est plus celui qui crée les Malefactor aux yeux de la loi.

Il y a un côté théâtrale dans la musique de Vulture Industries je trouve. De quels films ou quels livres inspires-tu pour créer cet univers ?

Je lis pas mal d’œuvres de vieille littérature d’horreur, des textes qui effraient plus par leur implicite que par l’explicite. J’aime beaucoup Edgard Allan Poe bien sûr, de très bons auteurs norvégiens également, quelques classiques du cinéma d’horreur allemand…

Sur le plan historique également tu a l’air de puiser l’inspiration ailleurs. Car Vulture Industries ne semble pas s’ancrer dans le présent.

Oui en effet, je suis assez nostalgique de la vieille époque, ça vient assez naturellement.

Toujours à propos d’influences, la voix, en particulier sur The Dystopia Journals, me fait penser à celle de Garm d’Ulver. Est-ce que Garm ou les groupes dans lesquels il a joué font partie des influences du groupe ?

Oui bien sûr ! J’aime beaucoup Ulver et pas mal des albums d’Arcturus. Il a aussi fait pas mal de bons trucs avec d’autres groupes. Je n’ai jamais vraiment essayé de sonner comme lui mais il est vrai qu’il y a des similitudes entre nos deux voix donc la comparaison est compréhensible. Quand j’écoute The Dystopia Journals, non pas que je l’écoute souvent car j’en ai un peu marre de cet album ! (rires) Mais quand je l’écoute, je comprends tout à fait pourquoi les gens comparent nos deux chants.

Ca reste une très bonne comparaison je trouve, car il a une sacrée voix !

Oui c’est un musicien très talentueux, sur beaucoup de plans je trouve.

Sur The Dystopia Journals vous avez utilisé un vrai violoncelle et une viole plutôt que les sons du clavier. Qu’avez-vous utilisé sur The Malefactor’s Bloody Register ? En plus des instruments habituels bien sûr !

Nous avons utilisé du saxophone. A la base nous devions faire ça avec le saxophoniste des Shining norvégiens [Jorgen Munkleby, qui a également enregistré sur le dernier album d’Ihsahn –ndlr], ils sont très bons, je suis fan de ce qu’ils font.

Mais ça a pris trop de temps, il était trop occupé à sortir leur nouvel album. Donc nous avons fait appel à une autre personne qui a vraiment fait du bon boulot. Sinon, nous avons toujours du violoncelle et de la viole. Nous avons même un chien qui chante un peu.

Ah bon ? Sur quel morceau?

C’est sur This Cursed Flesh. Sur le passage lent au milieu de la chanson, il y a un chien qui hurle. Le chien hurlait parfaitement dans le ton, c’était impressionnant! (rires)

Et à qui est ce chien ? (rires)

C’est le mien en fait ! Un petit terrier de Manchester. Je travaillais dans le studio et j’avais amené le chien avec moi. Elle était jeune donc elle se sentait seule, à chaque fois que je sortais de la pièce elle commençait à hurler. Je travaillais sur cette chanson quand elle se mit à hurler. Du coup je me suis dis : « Hey c’est pas mal ! Je crois que je laisserai le micro tourner la prochaine fois que j’irai me prendre un café. » Et au final j’ai eu ce superbe hurlement, j’ai juste eu à l’ajouter.

Tu sais que Pink Floyd a utilisé un chien également sur le Live at Pompeii ?

Oui bien sûr, c’est un super concert !

Carrément ! Du coup je pencherai l’oreille sur le cri du chien à ma prochaine écoute de l’album ! (rires) Et donc, maintenant, quels sont les projets pour Vulture Industries après cette tournée ?

On va essayer de faire encore davantage de concerts.

En dehors de l’Europe ?

Peut-être… On aimerait bien mais pour l’instant ce n’est qu’un projet. Si nous faisons quelque chose en dehors de l’Europe notre choix se portera sur les États-Unis mais notre album n’est pas vraiment distribué là-bas. Donc avant d’aller tourner là-bas nous devrions nous occuper de ça. Pour l’instant nous voulons faire plus de dates en Europe. Cette tournée ne comporte que 11 dates donc il reste des endroits où jouer pour nous. Nous avons également commencé à écrire pour le prochain album. Avec un peu de chance, la prochaine fois il n’y aura pas à attendre trois ans. (rires)

Oui d’ailleurs, il y a une raison particulière pour laquelle trois ans se sont écoulés entre les deux albums ?

Nous avons un peu tourné en rond avant de trouver la direction que nous prendrions avec le nouvel album. Une fois que cela a été trouvé, nous avons mis un an et demi à tout écrire puis il a fallu enregistrer en studio et là aussi nous avons un peu trainé.

Bon bah pour le prochain album, il faudra que tu organises une tournée avec Ulver, Shining et Vulture Industries du coup ! (rires)

Oui ça serait pas mal ça ! (rires)

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