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Leprous

Le 6 novembre 2015 posté par Bloodybarbie

Intervieweuse :  Bloodybarbie

Interviewé : Einar Solberg (chant & claviers)


 

Suite au passage de Leprous à Paris le 05/10/2015 dans le cadre de leur tournée pour célébrer la sortie de leur quatrième album « The Congregation« , nous avons eu l’honneur d’interviewer, une fois de plus, Einar Solberg, le chanteur et claviériste du groupe.

Interview précédente (2013) http://www.soilchronicles.fr/interviews/leprous-interview-deinar-solberg-chant-claviers


Pour cette tournée contrairement à la précédente, vous n’avez pas pris de première partie cette fois? Pourquoi n’avoir pas fait comme la précédente tournée, de prendre un groupe local dans chaque ville ?

On a deux groupes en train de faire leur soundcheck en ce moment.

 

Comment vous les avez choisis, est-ce que ce sont des amis à vous ou un arrangement fait par le label?

On a auditionné pas mal de groupes et on en a sélectionné deux, dont un (Rendez-Vous Point) qui est l’autre groupe de notre batteur et notre guitariste.

 

Vous n’avez pas fait jouer de groupes locaux cette fois?

Non, non, on essaie d’éviter au maximum.

 

Pourquoi?

C’est difficile d’avoir des groupes qui ne font pas parti de la tournée, qui ne savent pas bien comment fonctionnent les choses. Je préfère clairement une tournée sans groupes locaux, je préfère plutôt les groupes supports de la tournée histoire de faire les choses plus proprement.

 

Vous faites aussi une tournée aux USA?

On est en tournée européenne pour un mois, d’autres trucs qui ne sont pas annoncés pour l’année prochaine.

 

Donc vous avez une année bien chargée, une bonne année et peut-être des festivals !

Oui clairement !

 

D’ailleurs, toutes mes félicitations pour ce super nouvel album

Merci beaucoup.

 

Quatre albums, quatre albums différents où l’on ressent toujours cette marque unique de Leprous. Il suffit d’écouter pendant quelques secondes un de vos morceaux pour reconnaitre de suite que c’est le vôtre. J’avoue que l’authenticité chez les nouveaux groupes de nos jours est devenue quelque chose de rare.

Merci !

 

D’ailleurs, est-ce que le titre de l’album « The Congregation » a quelque chose à voir avec la religion?

Non, ça n’a rien à voir : on a utilisé ce terme en tant que métaphore simplement à propos de ceux qui suivent un mouvement en particulier… Ca peut être la religion comme ça peut être tout autre chose, vous suivez ce que vous voulez.

 

Vous gardez toujours cette manie des intitulés courts des morceaux, comme des adjectifs…une raison particulière?

Plusieurs raisons… Je ne sais pas trop, je dirais que ça sonne mieux quand c’est court que des titres longs.

 

Il y a aussi un long titre dans chaque album…

Oui, on ne s’oblige pas particulièrement à le faire mais ça vient naturellement ainsi.

 

Les paroles ont été écrites par Tor cette fois-ci?

Nous deux, Tor a écrit 60% par et moi les 40% restants.

Si je me souviens bien, il avait écrit l’avant dernier album?

Oui, tous les morceaux sauf « The Cloak ».

 

Et la musique, c’est toi qui compose?

Oui, plus au moins.

 

C’est bizarre d’avoir un chanteur qui n’écrit pas toutes les paroles…

J’en écris, sur 4-5 morceaux pour cet album. Ce n’est pas si bizarre que ça d’ailleurs, c’est le cas de pas mal de groupes. Je commence à être plus confiant et à l’aise dans l’écriture des textes alors qu’avant c’était plutôt “cracher le morceau” ; c’est devenu plus naturel désormais.

 

N’est-il pas difficile de chanter et jouer au clavier, est-ce que ça t’empêche d’être à fond dans ton chant ?

Non, pas tant que ça : j’ai arrangé les choses de sorte que ça soit facile de faire les deux en même temps. C’est comme si je l’avais toujours fait : comme je me suis habitué, je me sens comme si j’étais nu, c’est comme ça que j’ai toujours chanté. Mais quelques morceaux de cette tournée sont plus compliqués à cause des mesures et du chant très complexe. On s’est dit que ce serait mieux si l’un des guitaristes jouait au clavier sur cette partie, comme ça je me contente juste de prendre le microphone et chanter. C’est parfois deux tâches difficiles et dans ma tête et il faut en choisir une.

 

De quoi t’es-tu inspiré pour écrire ce nouvel album?

De plusieurs choses, beaucoup de travail dur et acharné. Parfois je me force à écrire, je m’impose des deadlines et j’écris un morceau pour chacune des deadlines, parfois juste des compos brouillon. Une des choses que j’ai apprises, c’est que même si vous n’êtes pas trop inspirés, vous pouvez composer un de vos meilleurs morceaux. C’est pourquoi il faut composer le plus souvent possible et, seulement quand vous en avez plein, vous pouvez faire le tri et tracer la voie de l’album car il est très très difficile au début de l’écriture de savoir où vous allez.

 

C’est comme cela que vous avez commencé Leprous ?

Oui. Parfois vous voulez aller vers une direction et ça part dans une autre et c’est pour ça que, quand vous écrivez énormément, c’est plus facile de savoir où vous allez.

Pour « Coal » par exemple, c’était plutôt un coup de bol…

 

Il est venu facilement?

Non, par vraiment. Quand on est entré en studio, on ne croyait pas vraiment en cet album. Par exemple, pour ce nouvel album, nous sommes entrés en studio avec une grande confiance, on s’est dit “Ok ça va être comme on a voulu que ça soit”.

 

Vous aviez tout écrit avant d’entrer en studio?

Oui, oui, mais les choses peuvent encore évoluer en studio, laisser un peu de créativité pour le studio aussi, mais le principal y était avant.

 

Combien de temps vous avez mis pour composer cet album?

Moins d’un an.

 

Vous aviez commencé à la fin de votre précédente tournée ?

Oui, mais si je compte en terme d’heures, je ne peux même pas calculer : on était constamment en train de le travailler, surtout pendant le mixage. On est assez épuisés. C’était un album compliqué à écrire mais, voilà, j’ai appris que les meilleurs résultats aboutissent quand vous travaillez dur !

 

Combien de temps pour l’enregistrement? Aviez-vous rencontré des difficultés dans l’arrangement des mélodies?

La batterie a été enregistrée rapidement, en 4 jours. Ensuite, nous avons eu de longues journées pour le reste mais l’enregistrement a été fait par des gens très pro. Donc quand vous avez tout ça, ça peut aller vite. Les guitares ont mis le plus de temps comme c’est plus complexe.

 

Vous avez enregistré avec Ishan?

Juste pour les voix, tout le reste s’est fait en Suède, dans le Fascination Street Studio.

 

Pourquoi avoir choisi ces fameux studios ? Pas trop cher pour votre budget?

C’est très cher comme studio. On les a choisi car ce sont parmi les meilleurs, on voulait améliorer les choses, avoir un meilleur son de batterie, un son plus organique et idem avec les guitares. A mon avis, on a bien réussi en termes de production : le son est plus caractéristique. Si vous mettez le paquet pour ce genre de studio, vous pouvez espérer avoir un meilleur son, exactement comme vous le vouliez, et ils n’ont pas qu’un seul son, ils peuvent faire ce que vous voulez qu’ils fassent.

 

Finalement, vous êtes plus satisfaits de ce studio que de celui pour le précédent album?

Oui, du moins pour la batterie et la guitare, Fascination Studio, c’est mieux, c’est le top même. Je suis très très content du résultat, même si bien plus cher qu’un studio normal… Mais ça en valait la peine.

 

C’est le plus important!

Oui

 

Pour revenir à l’album, quelle est la relation entre cet artwork où l’on voit le squelette d’un fœtus siamois et les intitulés des morceaux?

C’est plutôt symbolique : il montre la déformation et les perturbations issues d’une surconsommation, les visions à court terme…

Il a été fait par l’artiste français Nihil, qui vit en Norvège mais qui est français. Je regardais sur internet et je suis tombé sur ses œuvres que j’ai adorées. Je me suis dit que je ne pouvais pas demander à un artiste de copier un autre artiste, j’ai donc juste demandé à Nihil de faire quelque chose dans ce style.

 

Je m’attendais à un artwork plus coloré comme « Tall poppy Syndrom » et finalement c’est une pochette complètement sombre !

Nous avons perdu notre sens de l’humour, notre expression est devenue plus sévère et sombre au fil des années (rire).

Quelle était la difficulté de cet album?

C’était la composition. Je devais sortir quelque chose, un brouillon chaque semaine, parfois je me disais “tout ce que je fais, c’est de la merde” et parfois je sortais des choses complètement ridicules mais beaucoup d’entre elles sont devenues les meilleurs morceaux de l’album. Ça peut être juste une histoire de feeling à un moment précis car la musique est une sorte de hasard. Parfois, je suis démuni de tout sens de logique quand j’écris, je supprime et améliore des passages sur ordinateur, ce n’est pas une coïncidence si tout est bon.  Mais l’outil principal du compositeur reste l’oreille.

 

Tu as commencé la musique étant jeune, je suppose?

Oui, mais je n’étais pas si jeune. J’ai commencé par la trompette pendant 6ans quand j’étais enfant, mais je n’ai pas trop apprécié cet instrument. Ensuite, j’ai enchainé sur le clavier et le chant quand j’avais 16ans, c’est d’ailleurs comme ça que Leprous est né.

 

Comment s’est passé l’intégration de Baard, votre nouveau batteur? Qu’a-t-il apporté de plus par rapport à Tobias?

C’est une bombe énergétique, il a apporté une nouvelle méthode de jeu de batterie. Il est très différent de Tobias, plus énergétique et c’est un batteur plutôt orienté prog. On s’est donc permis d’être plus techniques grâce à son style par rapport à avant. Quand je programmais, je n’avais plus à penser à quel point c’est difficile à jouer à la batterie : il peut le faire.

Avant, on essayait de se limiter, de simplifier… On continue à faire ça d’ailleurs, on essaie de ne pas trop se disperser comme dans « Bilateral »… Certains ont aimé mais moi pas ! Je préfère qu’on se focalise sur une certaine atmosphère comme dans ce nouvel album.

Comment vous l’avez connu et choisi?

Il faisait partie de la précédente tournée. Il a remplacé Tobias, je ne le connaissais pas mais Tobias le connaissait. Il est fan de Leprous, donc on s’est arrangé avec Tobias qui a d’ailleurs commencé sa tournée avec Shining, de Norvège.

 

Oui, je l’ai vu dans la tournée de Devin Townsend…

Donc il a repris avec Shining, qui sont plus dans son style d’origine que Leprous.

 

C’est pour cela qu’il est parti?

Il n’est pas parti et on ne l’a pas viré, on s’est juste mis d’accord que Baard nous rejoignait pour cette tournée car Tobias n’avait pas assez de temps. C’était donc plus simple d’aller dans ce sens.

 

Toujours pas de bassiste permanent?

Simen fait partie de la tournée, on verra s’il assure bien la tournée car peu de gens aiment ça. C’est quand même assez stressant… Même si ça parait fun au début, c’est stressant !

Es-tu stressé sur scène ?

Non, non, jamais ! Je ne suis jamais nerveux sur scène. Parfois je suis agacé quand ma voix ne fonctionne pas correctement : les trois premiers concerts, elle n’est pas bien rodée mais à partir du 4ème, elle est meilleure.

 

Il faut prendre du miel !

Oui, j’ai ça… et du café !

C’était en Grèce où j’ai dû annoncer pour la première fois de ma vie que je n’avais plus de voix : “essayez d’apprécier le reste du groupe et je vais faire de mon mieux”.

 

Tu n’as pas chanté?

Si, si, j’ai chanté quand même, mais c’est juste que les autres ont commencé à chanter un peu plus fort pour compenser et m’aider.

 

Peut-on espérer vous voir en tournée avec Ishan un jour?

On ne joue plus avec lui, il ne peut pas compter sur un groupe qui est beaucoup trop jeune. On ne peut pas non plus signer pour une tournée complète avec lui, donc il préfère prendre des musiciens de session pour assurer ses tournées.

 

Est-ce que tu joues dans d’autres groupes?

Non.

 

Est-ce que Leprous est ta principale activité principale?

Pas vraiment mais ça va bientôt l’être.

 

C’est une très bonne nouvelle, mais je pense que ça ne sera pas le cas pour les autres membres, certains sont étudiants.

Non, ce n’est pas le cas pour eux car ça prend beaucoup de temps. Leprous se porte de mieux en mieux financièrement maintenant. Plus on gagne, plus je peux passer de temps sur les compositions.

 

Quelle est le pays ou vous avez la plus grande audience?

Je dirais : la France !

 

C’est un honneur pour nous !

Je pense que le concert de ce soir est presque complet d’ailleurs.

 

Et en Norvège?

Je dirais que c’est un pays comme les autres pour nous, rien de plus ou de moins par rapport à d’autres pays.

 

Quelle est la difficulté majeure que vous voulez surmonter dans Leprous?

On est en train de briser cette barrière financière, on était en négatif à cause de toutes les dépenses qu’on avait faites jusqu’à présent, les tournées en première partie d’autres groupes comme Amorphis, ce qui nous a coûté beaucoup d’argent… On se sent plus à l’aise maintenant, je dirais que c’est la plus grande barrière à surmonter.

 

Je suis très contente de voir et de savoir que le groupe est plus stable maintenant, bonne continuation !

 


 

 


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