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Voice of Ruin – Purge and Purify

Le 9 juin 2017 posté par Bloodybarbie

Line-up sur cet Album


-Darryl Ducret: Guitare
-Erwin Bertschi: Basse, Choeurs
-Dario Biner: Batterie
-Randy Schaller: Chant
-Nicolas Haerri: Guitare

Style:

Metal

Date de sortie:

12 mai 2017

Label:

Tenacity Music

Note du SoilChroniqueur (Quantum) : 8/10

Il n’est jamais évident de proposer un genre nouveau dans l’univers parfois très puriste de la musique metal. Et quelque fois, pourtant, il arrive qu’un OVNI sorti de nulle part provoque un grand coup de renouveau, tellement positif que l’on ne peut que s’incliner, écouter béatement et remercier la musique de faire des miracles une réalité. Les suisses de Voice of Ruin font partie de ses groupes innovateurs et téméraires qui trouvent le moyen de mêler l’ultra-violence du genre Death Metal à un univers… fermier.

En effet, le premier album du groupe Morning Wood avait jeté les premières fondations du genre « Farmer Metal ». J’ai encore en tête ce clip burlesque du morceau « Cock n’ Bulls » où les musiciens mettaient en scène leur musique d’une violence inouïe dans un décor de ferme où s’entremêlaient ballots de paille, paysans des montagnes suisses et des improbables fermières sexy ! Un clip et une musique à prendre au total second degré en somme. D’ailleurs, ce mélange décapant se retrouvait sur scène où le talentueux frontman Randy parvenait à créer l’émulsion d’un chant guttural extrêmement puissant, une facilité à occuper la scène déconcertante et un humour plus que sympathique envers son public ! En résumé, Voice of Ruin est un groupe qui, dès le départ, jeta les bases d’un genre de Metal complètement à part, probablement voué à durer tant nous pouvions sentir qu’il constituait l’aisance et l’essence même de leur destin musical.

Et puis, trois ans ont passé. Un proverbe oriental pose cette question : “Quel bouleversement cause le temps ?” Dans certains cas, la réponse est : tout, ou presque.

Le deuxième album du groupe Purge and Purify est sorti le 12 mai 2017, et ce qui frappe dans un tout premier temps est le visuel de l’album. Aux antipodes du précédent opus qui présentait une pochette du style des bandes dessinées, celle du suivant fait penser à un tableau avec une tête de cadavre en deux parties, l’entrée d’un cimetière ou d’une maison abandonnée entourée d’arbres morts au sommet du crâne, et un serpent ondulant autour de ce visage inquiétant de froideur et de torture. L’artwork nous ferait penser à un tableau de Van Gogh peint dans sa cellule asilaire de Saint-Rémy de Provence, rongé par la noirceur de sa folie et sa violence enfouie, tableau qu’il peint comme l’expression paradoxale de sa propre souffrance, dans un rôle à la fois d’exutoire mais aussi de piège, comme feraient penser les yeux du visage, l’un fermé (piège) l’autre exutoire (ouvert). D’ailleurs, nous le développerons plus tard, mais l’influence de la religion sur l’album fait penser (indirectement ?) à ce paradoxe.

Ensuite, parlons de la qualité d’enregistrement et mastering de l’album. Ce qui, là encore, saute aux oreilles dès la prime écoute, c’est que les morceaux sonnent beaucoup plus Metalcore. Lors du premier CD, il y avait une musique qui faisait la part belle à la lourdeur des morceaux, des vocaux plus centrés sur le growl et un mastering mettant en avant les parties de basse et des toms graves de la batterie. Ici, la batterie triggée est légèrement plus en avant que le reste des instruments. Le son des guitares est vraiment très bien équilibré, aucune d’entre elles n’apparait plus en avant que l’autre et l’osmose est excellente entre les deux parties. Ces dernières proposent de plus un jeu varié avec tapping au morceau « Blood of Religions » par exemple, beaucoup de contre-chants et de solos apportant une touche technique absolument phénoménale. Le chant, quant à lui, est très modifié en mastering, avec des pistes aux sons différents mais une dominance pour le chant high scream, et il n’est pas rare de trouver des parties de voix superposées. Randy s’est in facto logiquement éloigné du chant growl ravageur dans cet album à l’atmosphère plus souffreteuse.

En ce qui concerne la matière du CD en elle-même, nous pouvons déjà dire que l’album est court (40 min), environ 4 min par morceaux, ce qui apporte une forme d’homogénéité entre la souffrance qui émane des morceaux et l’impression que le groupe va droit au but. Le sujet principal que le groupe a choisi de révéler gravite principalement autour de la religion dans sa face cachée la plus sombre. Nous prendrons pour exemple le premier morceau « Disgust » qui pourrait potentiellement faire référence à la pédophilie (« What about clerical child abuse »), le morceau « Horns » au Diable (« The horns of the devil shall be/Cut off and thrown to the crowd »), etc. Au plus nous progressons dans l’album, au plus le thème de la religion bascule vers celui de la violence et de la vengeance, comme si le protagoniste voyait ses convictions spirituelles ébranlées au point de filer vers un idéal de revanche, d’où ce fameux paradoxe explicité plus haut entre une vengeance animale servant d’exutoire mais également de traquenard. Car on ne se libère pas si facilement de l’addiction à la violence une fois y avoir gouté…

En tout cas, cet album est impressionnant de noirceur. L’atmosphère générale qui se dégage du CD est une souffrance intérieure insoutenable, le son prend aux tripes et donne envie de libérer le monstre de douleur qui se réveille dans nos entrailles pour hurler sa haine et tout déchirer sur son passage. Mention spécial à « All hail the King » qui est énormément accrocheur avec une ambiance très martiale et solennelle. Certains morceaux donnent en plus carrément envie de se défouler les cervicales notamment « Horns » et « Animal Kingdom ». A noter également une référence directe au groupe avec le morceau « Voices from the Ruins » dont les riffs rappellent les premiers albums ; la fin de morceau « Blood of Religions » en clair et en décalage à la violence du morceau. Une touche dramatique tout à fait impromptue sur le morceau « Snakes in my Head », incroyablement bouleversante, et des effets de voix intérieures et alternances de voix malsaines/growl sur « I confess » d’une redoutable efficacité sur nos envies de nous libérer totalement des entraves du monde réel.

Pour conclure, Voice of Ruin a pris le risque de changer de cap, d’aller explorer des horizons plus sérieux, traitant des sujets qui se veulent sincères, ne masquant rien de l’assombrissement de l’âme des Hommes quand ils se retrouvent confrontés à la trahison des marchands de foi que sont les religions à l’heure actuelle. Purge and Purify est authentiquement bien réalisé, il est efficace dans sa volonté de déchainer la violence qui somnole en nous et continue à faire progresser les gars de Suisse vers le piédestal des groupes reconnus pour leur talent à l’échelle, on l’espère, internationale. Une très belle réussite à la hauteur de la surprenante mais très audacieuse métamorphose du groupe.

Tracklist :
1. Disgust
2. Horns
3. Blood of Religions
4. Snakes in my Head
5. All hail the King
6. I confess
7. Voices from the Ruins
8. Animal Kingdom
9. Time for Revenge
10. Piracy

Site officiel : http://www.voiceofruin.com/#close
Myspace :
Facebook : https://www.facebook.com/voiceofruin/

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