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Ulver – Childhood’s End

Le 30 septembre 2012 posté par Lusaimoi

Line-up sur cet Album


Kristoffer Rygg : chant, programmation
Tore Ylwizaker : claviers, programmation
Jørn H. Sværen : batterie
Daniel O'Sullivan : guitare, basse, claviers

Style:

Rock nostalgique et rêveur

Date de sortie:

Mai 2012

Label:

Kscope

Note du SoilChroniqueur (Lusaimoi) : 8/10

 

Ça fait depuis « Shadows of the Sun » que je m’intéresse à Ulver. Faut dire que la pochette, à la fois magnifique et mystérieuse, de cet album a de quoi attirer. Mais bizarrement, je n’avais jamais franchi le pas pour m’y mettre réellement. Je sais pas pourquoi. Ulver était un groupe que je suivais de loin, mais sur lequel je n’avais pas encore posé d’oreille. En tous cas, le mal est réparé, puisque c’est « Childhood’s Ends » que je chronique aujourd’hui, dernier album en date du groupe.
Et c’est un album plutôt spécial que les Norvégiens nous présentent ici, puisqu’il est entièrement constitué de reprises.
Comment ? Ulver avec toute une série d’excellents albums se seraient-ils perdus dans la facilité du banal album de reprises ?
Tatatatata ! Ne jugeons pas trop vite, voulez-vous ?

Parce qu’on parle des derniers changements de style d’Opeth, de Pain of Salvation aussi, mais Ulver a également été au cours de sa carrière, grand amateur de prises de risques… N’oublions pas qu’au départ, le groupe jouait un Black Metal/Folk parfois très agressif, avant de passer à de l’Electro/Ambiant avant-gardiste. Et, pour cet album, c’est encore un autre visage qu’il nous montre.
Lequel ? Et bien quelques indices sont déjà dissimulés ici et là. Comme le label Kscope sur lequel sort ce CD, la pochette reprenant l’une des photographies de Kim Phuc pendant la guerre du Viêt Nam en 1972. Ou encore le nom même de l’album, « Childhood’s End », faisant à la fois référence à la perte de l’innocence de cette petite fille cherchant désespérément de l’aide dans l’horreur qui l’entoure, mais c’est aussi le titre d’un morceau des Pink Floyd qui date de la même année que le cliché. Et puis, il y a aussi les groupes repris (« Lost & Found from the Age of Aquarius » étant le sous-titre de cet album), piochés dans un monde très éloigné de la sphère Metal. Et oui, c’est un vrai hommage au Rock mushroomesque des 60’s/70’s qui nous est offert !

Loin de la folie de la guerre, l’album commence sur ce qui semble être un message d’amour avec les « Love, Love, Love, Love » qui entament « Bracelets of Fingers » de The Pretty Things (l’un des seuls groupes que je connais, et encore, que de nom). Ça débute de manière un peu… impériale, je dirais, ou solennelle, avant que le ton change radicalement. Et là, c’est un véritable voyage onirique à l’atmosphère éthérée qui nous prend par les mains. Oui, voyage, c’est le mot. Car à chaque morceau, c’est un paysage différent qui se dessine derrière nos paupières. Des guitares cristallines nous emportent, une basse vient signaler sa présence pour doucement nous bercer, le tout nous offrant des mélodies magnifiques de simplicité.
Même si le groupe n’oublie pas les breaks plus expérimentaux (« Can you Travel in the Dark Alone »), très planants ici, pas de démonstration, pas de technique inutile, pas de titres à tiroirs. On est en pleine introspection nostalgique avec un brin de psychédélisme. Et, au delà de ces mélodies, une multitude de petites sonorités viennent se poser à l’oreille pour nous rappeler un souvenir, nous évoquer une image.
Le tout, magnifié par la voix de Krystoffer Rygg. Fragile, elle me rappelle, par instants, celle de David Gilmour et complète parfaitement ce tableau empreint d’une étrange et enivrante sérénité.

Si « Childhood’s End » a été travaillé pour former un tout cohérent, grâce à un large panel de groupes, chaque chanson dispose d’une atmosphère particulière. Joyeuse (« The Trap »), rêveuse (« Everybody’s Been Burned », « Dark is the Bark »), mélancolique (« Today »), entêtante (« In the Past », « I can see the Night », sa batterie lui offrant un contraste prenant), épique (« I had too much Dream (Last Night) » avec son ambiance western), inquiétante (« Where is Yesterday »), pas une ne se répète, même si on a de temps en temps quelques références à l’univers d’un titre précédent.
Peut-être… peut-être, qu’avec 16 titres, cet album peut sembler un peu trop fourni. Mais c’est un sentiment qui nous traverse à peine l’esprit car tous les morceaux qui composent ce « Childhood’s End » y trouvent leur place. Et la sensation de remplissage n’a pas lieu d’être.

Loin de n’être qu’une simple parenthèse, « Childhood’s End » saura trouver ses amateurs. Ulver apporte sa patte aux différentes compositions et même si la musique semble plus simple que ce que j’ai pu écouter de leurs œuvres précédentes, elle conserve une atmosphère contemplatrice qui appelle à ce qu’on ferme les yeux pour qu’elle nous emporte. Ceux qui ont apprécié Ulver, un groupe qui n’a cessé d’explorer, d’évoluer, sauront aimer cet album, les amateurs de violence… moins. De toute façon, c’est un groupe qui n’a rien à prouver.
Moi qui ne suis pas fan du principe de la reprise, je dois dire que là, je suis quelque peu conquis !

 

Site Officiel : www.jester-records.com/ulver/

MySpace : www.myspace.com/ulver1

 

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