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Soulfly – Enslaved

Le 10 avril 2012 posté par Metalfreak

Line-up sur cet Album


  • Max Cavalera : Guitares, chant
  • Marc Rizzo : Guitares
  • Tony Campos : Basse, chant sur « Plata o Plomo »
  • David Kinkade : Batterie, percussions

Style:

Thrash / Death metal

Date de sortie:

12 mars 2012

Label:

Roadrunner

Note du Soilchroniqueur (Metalfreak) : 8/10

Depuis quinze ans que Soulfly existe, on ne peut pas dire que Max Cavalera a chômé : huit albums avec Soulfly, deux largement moins indispensables avec Cavalera Conspiracy, et une floppée d’apparitions diverses (Probot, Ill Bill, Roadrunner United ou Snot notamment) : à se demander si le gaillard n’aurait pas besoin de journées de 36 heures pour réussir à combiner tout ça, incluant sa vie de famille.

Pour mémoire, Max Cavalera créa Soulfly il y a quinze ans de ça suite à la mort tragique de son beau-fils Dana Wells et son départ de Sepultura après le tant brutal que tribal « Roots » et les albums qui sont sortis ont fait la part belle à un metal brutal, tribal aux forts relents neo. Que ce soit avec Sepultura ou Soulfly, Max Cavalera a toujours fait partie de cette famille d’artistes aux côtés novateurs, faisant évoluer le metal vers des horizons jusqu’alors pas toujours exploités, avec plus ou moins de réussite. Si à l’époque « Beneath the remains » ou « Arise » ramenait immanquablement vers Slayer, Sepultura adoptait un virage beaucoup plus personnel avec « Chaos AD » ou surtout « Roots ».

Avec Soulfly, le guitariste hurleur nous gratifiait d’albums pour le moins excellents pour certains (« Prophecy » en 2004, « Dark ages » en 2005 » ou « Primitive » en 2000), largement moins bons pour d’autres (« Omen » en 2010). En 2012 nous vient « Enslaved », huitième album du groupe avec une nouvelle section rythmique : si Marc Rizzo reste toujours fidèle, Soulfly voit dans ses rangs arriver un nouveau bassiste, Tony Campos (qui tiendra également le chant sur « Plata o Plomo »), et un nouveau batteur, David Kinkade.

Comme à l’accoutumée, un album de Soulfly sans guest n’étant pas un album de Soulfly, « Enslaved » voit la présence de quelques invités : Dez Fafara (ex-Coal Chamber, Devildriver) vient pousser une gueulante sur « Redemption of man by God » ; Travis Ryan (Cattle Decapitation) fait de même sur « World scum » ; et trois Cavalera Junior – Igor, Zyon et Richie – viennent pour la première fois épauler le père sur un titre, « Revengeance », véritable chanson hommage à Dana.

Ce qui marque à l’écoute de « Enslaved », c’est le son : simplement énorme ! Enregistré aux studios Tallcat (Phoenix, Arizona) et produit par Max et Zeuss, à qui on doit notamment des albums de Shadows Fall, The Red Chord ou Hatebreed, l’album ne souffre à aucun moment d’une quelconque faiblesse sonore : toute la brutalité est parfaitement retranscrite et on n’espérait plus un album de Soulfly aussi inspiré depuis quelques temps.  Si, avec « Kairos » l’an dernier, Sepultura avait mis un peu tout le monde sur le cul, il est évident que Soulfly se devait de relever le défi : exit les anciens batteur et bassiste qui semblaient s’essouffler et place à deux « petits jeunes » qui ont su insuffler cette dose d’urgence et de spontanéité que le groupe avait besoin. Parce que bon, on ne veut pas critiquer, mais « Omen », comment dire… on ne peut pas affirmer qu’il restera dans les annales, celui là !!!

Concept album sans en être un, « Enslaved » s’articule autour du même thème : l’esclavagisme. Qu’on le veuille ou non, qu’on l’admette ou non : si la forme a changé par rapport aux autres siècles durant lesquels l’esclavagisme a existé, le fond reste le même. Qu’elle soit économique ou totalitaire, au nom des sacro-saints fric et/ou religion, nous sommes tous prisonnier de quelque chose, et à l’échelle mondiale. D’entrée, dès l’intro, le ton est donné : sur un riff tant répétitif que sous accordé (marque de fabrique du groupe, ceci dit) à l’ambiance se situant entre le neo et l’industriel, Cavalera hurle, avec son timbre si caractéristique, son intention d’en découdre et proclame à qui veut l’entendre d’entrer en « Resistance ». S’ensuit le brutal « World scum », duo avec le Cattle Decapitation Travis Ryan comme pour donner une dimension plus violente en faisant intervenir le growler d’un groupe de brutal death : entre riffs assassins et passages plus post hardcore, le titre envoie directement en enfer les responsables de toutes les atrocités de ce monde ; Soulfly n’est pas content et le fait savoir.

Long silence entre les morceaux avant que « Intervention » déboule sans crier gare : dix secondes d’un riff unique et saccadé avant que le chanteur ne vomisse sa haine sur fond de riffs encore une fois d’une violence typiquement Soulflyenne. Toujours aussi politiquement engagé, la situation mondiale actuelle se doit de changer : par le biais d’une révolution ? Apparemment oui, inéluctablement… Des références par rapport au passé (« Gladiator ») en guise de parallèle avec la situation actuelle (« Intervention », « Legions »), toujours illustrés par ces riffs aussi lourds que violents, toujours alternés par des passages plus calmes, plus mélodiques mais non moins étouffants, Cavalera n’a pas été aussi intense depuis « Roots » à ceci près : hormis lors de quelques passages pour le moins furtifs, le côté tribal a disparu au profit d’ambiances plus industrielles, moins neo que par le passé également, essayant de retrouver quelques sensations perdues depuis longtemps, quelque part entre « Chaos AD » et « Dark ages », se réconciliant par le fait avec le thrash et le death metal, étant plus « old school » (on se comprend, on parle de Soulfly, quand même) que sur les autres albums.

Aux antipodes des paroles culcul et complètement rébarbatives de tout ce qu’on peut subir dès lors qu’on allume une radio FM, Soulfly nous balance ses lyrics vindicatifs et subversifs à souhait : putain, c’est à se demander s’il n’y a pas que chez les metalleux qu’on remarque que ça merde sévère dans le monde ! Si les paroles d’un personnage aussi connu et crédible que charismatique comme peut l’être le Maxou peuvent à elles seules faire réveiller des consciences, ne serait-ce qu’une seule, il aura déjà gagné son pari : avec « Enslaved », il sort sans doute son album le plus engagé, même si tout au long de sa carrière, que ce soit dans Soulfly ou dans Sepultura voire Nailbomb, il s’est toujours montré revendicatif. Il le prouve une fois de plus non seulement dans les titres précités mais dans tout l’ensemble de l’album : l’ultra brutal « Treachery », « Plata o plomo » chanté en Portugais également par Tony Campos, « Chains » ou l’hommage récurrent à Dana « Revengeance » sur lequel trois des fils du chanteur participent : Igor et Richie au chant et Zyon à la batterie.

A noter que sur la version CD, pas de traces d’un trop calme et habituel « Soulfly VIII », qui ne se verra sortir que sur l’édition limitée digipack en bonus, uniquement pour qu’il ne tranche pas avec la brutalité de l’ensemble de « Enslaved »… Et quelque part, c’est presque un bonus de ne pas l’avoir sur le CD tellement l’homogénéité brutale de l’ensemble ne doit desserrer l’étau musical dans lequel l’auditeur se trouve, histoire de le maintenir sous pression du début à la fin.

Avec « Enslaved », Soulfly fait fort, très fort ! On n’est pas loin d’estimer que le Soulfly cuvée 2012, avec son souffle nouveau dû à l’arrivée de cette section rythmique toute neuve, et le meilleur album du groupe.

Dévastateur, brutal… une réussite.

 

Site officiel : http://www.soulfly.com/
Myspace : http://www.myspace.com/soulfly

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