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Solstafir – Svartir Sandar

Le 13 décembre 2011 posté par Dada metal

Line-up sur cet Album


Adalbjorn Tryggvarson : Chant, guitare
Gudmundur Oli Palmason : Batterie
Svavar Austman : Basse
Saebor M. Saeborsson : Guitare

Style:

Black folk rock

Date de sortie:

14/10/11

Label:

Season Of Mist

Note du Soilchroniqueur (Dada Metal) : 9/10

Entre le XIIe et le XIIIe siècle, des récits mythologiques racontaient les origines d’elfes islandais (huldufólk), des nains qui reçurent la conscience et l’intelligence par des dieux primordiaux en des temps ancestraux.
Plus qu’une plongée musicale, c’est à une plongée folklorique que nous convie Solstafir à chaque nouvel opus. Un groupe dont les racines culturelles sont intrinsèquement liées à leur musique.

Comme beaucoup, j’ai connu Solstafir il y a peu, en 2009, avec l’album Kold. La pièce majeure de la discographie d’un groupe qui lui a permis de gagner en popularité et en reconnaissance. Instantanément j’ai été soufflé par tant d’énergie et de mélancolie, quelque part entre Baroness et Primordial. Comme ces derniers, Solstafir baigne dans une atmosphère peuplée des fantômes du passé, de luttes épiques et de martyres perdus dans la nature ensorcelante… une atmosphère islandaise.

Plus connu pour ses volcans qui paralysent nos aéroports et son égérie électro-hybride-pop (Bjork), le pays regorge de légendes surnaturelles qui ont une grande place dans la société. Popularisés par le conteur du XIXème siècle Jon Arnason , et par de nombreux témoignages (y compris de nos jours) , les huldufolk sont une légende toujours vivace en Islande. Pour certains, ils seraient des elfes de la nature, restés neutres dans le conflit opposant Satan au Créateur, punis de ce fait à rester éternellement à la frontière entre l’enfer et le paradis, sur Terre, entre deux mondes. Pour d’autres, ils seraient les enfants cachés d’Eve, que Dieu a choisi de cacher du regard de la population. Dans tous les cas, tout le monde s’accorde à dire qu’ils étaient là bien avant l’arrivée des premiers colons et que seuls les enfants et les personnes ultra-sensibles (skyggn, des medium) peuvent les voir.

De nombreuses pistes de Svartir Sandar, nouvel album de Solstafir et généreux double CD (2 X 40 minutes), laissent entrevoir cette ambiance mystérieuse qui pèse sur l’île islandaise. Evoquant tour à tour un univers onirique (Kukl, ou Sjuki Skugginn, aux premiers couplets dont le timbre de voix est proche des derniers Rammstein), ou un univers plus étrange à la Lynch, calme ou éprouvant mais toujours difficile d’accès (Stormfari). Malgré la place accordée aux grosses guitares (Melrakkablus) et ses rythmiques post-rock (Draumfari), l’album sent surtout la terre, la roche et la poussière. Rien d’étonnant lorsque l’on connait le lien qui unit l’Islande à son sol, à la nature (et aux esprits qui la peuplent).

Ce sont donc des ambiances particulières que dégagent cet élégant groupe de dandies du nord, impulsées par des titres explosifs et éloquents (Ljos i Stormi), avec des tonalités musicales très sombres, parfois à la limite du doom alternées par des parties de batterie dantesque et « punkesque ». Aidé par un chanteur charismatique à la voix languissante, à la limite du plaintif mais toujours aussi juste, Solstafir s’acharne à donner des frissons à ses auditeurs. Solstafir, c’est l’émotion.

Comme les huldufolk, parfois génies maudits, ensorcellent leurs proies, le quatuor de cuir hypnotisent par ses variations et ses audaces musicales. Ainsi la progression du magnifique Fjara évolue avec une véritable montée de pression d’un début intimiste à une fin grandiose accompagnée de chœurs féminins, sans jamais verser dans la caricature.
Là où un Solefald (que j’aime beaucoup du reste) innove et fait de la rupture musicale son cheval de bataille, Solstafir évolue aussi, innove aussi, mais toujours dans le raffinement, la sobriété et la recherche de la bonne mélodie.  Eara en est le bon exemple, avec ses nappes d’harmonie variées, s’offrant même le luxe d’une alternance guitare/piano exécutée avec la plus grande dextérité.

Sensible à l’extrême, Solstafir nous livre peut-être son approche la plus aboutie, la plus personnelle aussi, une œuvre qui vous rappelle à chaque écoute que vous êtes vivants. Un album à posséder pour qu’il vous possède à son tour.

 

Site Internethttp://www.solstafir.net/

MySpacehttp://www.myspace.com/solstafir

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