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Michael Romeo – War of the Worlds Pt. 1

Le 3 octobre 2018 posté par Willhelm von Graffenberg

Line-up sur cet Album


• Rick Castellano : Chant
• Michael Romeo : Guitare
• John Deservio: Basse
• John Mancaluso : Batterie

Style:

Symphonic Metal

Date de sortie:

27 Juillet 2018

Label:

Mascot Label Group

Note du Soilchroniqueur (Willhelm von Graffenberg) : 9.5/10

– Ô Roméo ! Roméo ! pourquoi es-tu Roméo ?
– Bah écoute, ma Juju, je te laisse philosopher sur ta question métaphysique existentielle et pendant ces quatre heures (et avant sept ans de réflexion), je m’en vais composer un album solo.

Voici donc résumée la genèse de War of the Worlds Pt. 1 de Michael Romeo, merci d’avoir lu cette chronique et à bientôt !





Quoi ? Ça vous suffit pas ? Vous en voulez davantage. OK, on va éviter de tirer le rideau avant la fin du cinquième acte dès cette ouverture théâtrale et servir le propos du maestro Romeo.

Bon, normalement, vous vous doutez bien qu’à l’instar d’un Turilli qui, dans son projet solo, ne peut faire que du Rhapsody, un Romeo ne peut pas s’empêcher de faire du Symphony X, imparablement. MAIS… pour rester dans la référence shakespearienne, on pourrait dire que son projet solo est à Symphony X ce que la version filmique de Baz Luhrmann – que je vous recommande chaudement si vous ne l’avez pas encore vue parce que cette adaptation contemporaine est excellente – est à la pièce originelle : une version upgradée et modernisée.

Si Michael Romeo use et abuse du matériau tant sonore qu’harmonique employé dans son groupe de référence (également) à savoir son shred sur des mesures composites et son orchestration inspirée des néo-classiques et impressionnistes (genre Bartok, Debussy ou Stravinsky), il ajoute de nouvelles cordes à son… à sa guitare tout comme Cupidon en tendrait une nouvelle pour toucher de la petite fesse de Capulet. On a même l’impression, comme c’est souvent le cas des projets solo, qu’il se permet ce qu’il ne pouvait pas se permettre, généralement pour raisons esthétiques ou de désaccord avec les autres membres, dans Symphony X, par exemple des riffs d’une lourdeur et d’un groove proche du Metalcore sur certains refrains, ou l’ajout en sus de l’orchestre habituel d’inserts électroniques, donc un travail différent sur la matière.

Ceci dit, on ne va pas se mentir, même la présence d’un autre chanteur que Russel Allen ne fait pas oublier que Romeo est et a été un des compositeurs de Symphony X tant dans l’écriture même des mélodies de chant que dans le choix du timbre et des inflexions prises par Rick Castellano (qui lui aussi monte aigu), vocalement le mélange d’un Russel Allen encore frais et pas super expérimenté dans son timbre et son grain et de David Readman. Mais c’est là que sa composition varie énormément dans le fond : cet album est davantage une bande son ou une bande originale de film qu’un simple album ou concept album qu’on aurait pu chronologiquement voir paraitre entre V et The Odyssey, dans un présent alternatif. On a même l’impression, au-delà des usuelles récurrences thématiques, d’entendre des références pas trop cachées – volontaires ou pas, ça, seul le compositeur pourrait y répondre tant elles sont flagrantes – à des thèmes de Starwars (sur « Believe ») ou à l’écriture de cordes de Goldsmith, voire même à ce simple enchainement de deux accords en crescendo-decrescendo qui donne le ton macabre à la série des Hellraiser. D’ailleurs, dans cet esprit de musique sans coupure et narrative, l’album, au-delà de s’écouter d’une traite, n’est pas construit comme un enchainement de morceaux mais une seule piste très longue que seule la découpe numérique fait changer de plage, supprimant d’office tout cet aspect de coupure et de morcellement par des silences entre les pistes, ce qui rend l’expérience auditive davantage tournée encore vers l’écriture savante que « populaire » (vous noterez les guillemets tant je n’utilise ici que le terme usuel pour les musiques dites « non savantes » et pas péjorativement) pendant ces cinquante-trois minutes.

La question maintenant est : « est-ce que ça peut me provoquer une turgescence sous ma coquille et mon collant pendant que j’entame l’acte ? » La réponse est assurément oui si on est fan de Metal symphonique, chiadé et super orchestré, avec des sons de qualités pour un orchestre samplé et informatisé (à part mon petit bémol sur les cuivres qui sonnent parfois un peu synthétiques, quand ce n’est pas fait volontairement bien évidemment) ; les autres qui aiment la brutalité et le frontal, vous pouvez revenir à l’introduction et vous arrêter de lire – mince, trop tard…

A mon échelle, j’applaudis tout ce travail d’orchestration toujours plus poussé et qui défonce toujours plus les clivages entre la prétention de la « grande musique » et de ceux qui l’écrivent comme ils l’aiment – tout comme je la préfère noire, à l’instar de mon café – mais ce sont davantage mes habitudes d’écoute qui jouent en faveur d’un gros « oui » qu’un aspect éventuellement tubesque que tout un chacun pourrait y chercher voire y trouver, si l’on excepte peut-être quelques refrains facilement mémorisables et fredonnables pour peu qu’on ait la tessiture d’un baryton-ténor de sympho.

Par conséquent, on approche d’un chef-d’œuvre comme certains jugeraient du Roméo et Juliette de William Shakespeare (bien joué tant qu’à faire, et ici c’est le cas car je n’omets pas les rôles des John, Deservio à la basse et Mancaluso à la batterie – qui complètent ce quatuor de « o » – en Mercutio et Benvolio de la section rythmique) mais difficilement accessible au tout-venant et qui pourrait paraitre rapidement assez rébarbatif si l’on n’est pas rodé au genre, à même échelle qu’aux grandes pièces « classiques ».

A écouter après s’être fait l’intégrale de Tragédie (ce qui se résume aux singles « Gentleman » et « Sexy pour moi » pour ainsi dire).

Tracklist :

1. Introduction (3:41)
2. Fear the Unknown (4:20)
3. Black (6:19)
4. Fucking Robots (4:29)
5. Djinn (7:29)
6. Believe (8:22)
7. Differences (4:32)
8. War Machine (3:09)
9. Oblivion (5:06)
10. Constellations (5:34)

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