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Melechesh – The epigenesis

Le 13 novembre 2010 posté par Dada metal

Line-up sur cet Album


Moloch : guitare
Al'hazred : basse, chant
Xul : batterie
Ashmedi : chant, guitare

Style:

Black oriental

Date de sortie:

octobre 2010

Label:

Nuclear Blast
Note du Soilchroniqueur (Dada Metal) : 8,5 / 10

Aujourd’hui, votre chroniqueur préféré (moi) enfile son plus beau tablier et sa toque. Au menu, cours de cuisine express en compagnie de Melechesh. Alors à vos fourneaux et bon appétit bien sur !

La cuisine est à la mode. Nous peinons à recenser les « master chefs » et autres « déjeuner presque parfaits » qui pullulent sur notre cher PAF. Outre le plaisir de l’humiliation pour les participants, ces émissions ont quand même pour intérêt de réaffirmer notre goût, bien français, pour la bonne bouffe. Ainsi, Cyril Lignac et JP Koff deviennent nos nouvelles Mariannes, les étendards d’une fierté nationale. La mode est à la cuisine. Il serait dommage que Soil Chronicles, webzine à la pointe des nouvelles tendances, ne s’investisse pas dans le moule « cuisine participatif ». Le marmiton de l’enfer en quelque sorte, si nous devions le nommer.
Parce que nous, les métalleux, il y a fort longtemps que nous sommes initiés aux plus fines saveurs culinaires. Ainsi, lors d’une édition du regretté festival Metal Therapy (dans la banlieue de Metz), la faim me prit. N’écoutant que mon ventre, je m’aventurai avec quelques compagnons au stand de ravitaillement le plus proche. Après quelques coups de coudes (de genoux parfois) et une poignée de jetons, un met de la plus belle allure se tenait au creux de ma main. Un Hot Dog ! Une délicieuse saucisse baignant dans la graisse, entre deux tranches de pain brioché premier prix. Le ketchup et la moutarde dégoulinant avec finesse et enveloppant la viande, puis les mains. C’est avec cet objet gastronomique que je fis ma première rencontre avec Melechesh. Les israéliens débutaient leur show. Quel insouciant j’étais à l’époque pour ne pas connaître ce groupe de black oriental ravageur. Les murs de la salle et ma saucisse ont vibré à l’unisson. Je crois que mes oreilles en ont encore des stigmates. Et la saucisse a fini au sol. Triste destin.
C’est ainsi que je suis tombé amoureux de leur album Emissaries, véritable perle de puissance et de violence bien pesée. C’était en 2006. J’attendais donc leur nouveau méfait avec la plus vive impatience. Le plaisir d’insérer The Epigenesis dans le lecteur fut donc grand, très grand.
Les cuisiniers vous le diront. Se référer à un travail passé, particulièrement abouti, est vain. Ainsi, inutile d’essayer de comparer ce nouvel album à Emissaries, tant ce dernier aura convaincu la presse et le public par sa cohérence d’ensemble. Plutôt que de réaliser un ersatz, miser sur l’évolution. Et ça, le groupe l’a bien compris.
Un apéritif réussi est la meilleure façon de commencer un bon repas. Le premier titre, Goulds of nineve met l’eau à la bouche avec un riff ultra efficace qui tourne en boucle, auquel vient se grefffer des sons orientaux, un rythme lancinant et une voix éraillée au possible. Celle-ci est d’ailleurs le gros point fort de l’album, les progrès sont impressionnants. La voix traverse ainsi plusieurs gammes sans la moindre difficulté. Bon…par contre l’apéro dure un peu trop longtemps. Et les convives commencent à s’ennuyer. En effet, plus de six minutes sur le même rythme laisse paraître quelques lenteurs. Elles seront vite effacées par le hors d’oeuvre. Le second titre commence par un chant énervé en guise de brève introduction au bombardement massif à venir. J’ai toujours aimé les hors d’oeuvres. Tantôt salés, tantôt sucrés et toujours facilement digestes. Avec ses alternances de vitesse et de mi-tempo, c’est certainement le morceau le plus réussi de l’album. Il devrait d’ailleurs faire un malheur en concert.
Mais regardons un peu autour de nous. Bien manger ne suffit pas. Quid de la décoration ? Melechesh nous plonge de nouveau dans des ambiances mésopotamiennes ensorcelantes. La Mésopotamie, « la terre entre deux fleuves », est ici narrée par des instruments traditionnels, des sons, des odeurs en viennent presque perceptibles. L’expérience sensorielle est accentuée si vous préparez un tajin pour la suite du repas. Les morceaux qui suivent sont toujours un mixe réussi entre black metal et ambiances exotiques. Des images de Gilgamesh apparaissent. Son voyage à la recherche de l’immortalité, détaillé dans la mythologie mésopotamienne, est pimenté par des monstres, des déluges, des êtres hybrides et du sang. Beaucoup de sang, de combats et de violence si l’on fait de cet album la BO de l’histoire. On est loin du rêve bleu.
Des pauses dans le repas sont conseillées. Ainsi, le groupe distille quelques instrumentaux toujours bien menés. Ceci pour mieux impressionner au dessert : Negativ theolog ou le morceau éponyme à la mélodie imparable.
En conclusion, un album rapide, aux ambiances envoutantes et aux guitares très présentes. Le mixage et la prod sont en effet aux petits oignons. Vous reprendrez bien une part ?

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