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Karnivool – Asymmetry

Le 16 septembre 2013 posté par Lusaimoi

Line-up sur cet Album


Ian Kenny : chant / Drew Goddard : guitare / Mark Hosking: guitare / Jon Stockman: basse / Steve Judd: batterie.

Style:

Rock/Metal Prog de génie

Date de sortie:

13 juillet 2013

Label:

Sony Music / Replica

Note du Soilchroniqueur (Lusaimoi) : 9/10

 


Rappelez-vous, c’était fin 2010, début 2011. À l’époque, j’étais encore un jeune chroniqueur qui avait choisi un album parce que le nom du groupe le faisait marrer, et aussi parce que le style joué était dans ses goûts. Ce groupe, c’était Karnivool et le style, du Rock Progressif un tantinet Metal sur les bords. L’album, c’était « Sound Awake », sorti en 2009 en Australie (terre natale du groupe et décidément pays synonyme de formations des plus inspirées), qui nous était parvenu grâce à une réédition de Sony Music pour le marché européen. Et j’avais attribué à cet album la note de 9/10. Une note hautement positive, qui retranscrivait bien tout ce que j’avais ressenti à l’époque et que je n’avais peut-être (rappelez-vous, j’étais jeune chroniqueur) pas réussi à totalement retranscrire avec des mots.

Depuis ? Depuis, près de 3 ans ont passé, de nombreuses chroniques ont été rédigées, de nombreux groupes ont été découverts, « Sound Awake » est désormais disponible pour une bouchée de pain (je l’ai même vu à 1€ en soldes, imaginez : un chef-d’oeuvre pour le prix d’une baguette !) et je dois dire que cet album ne m’a jamais vraiment quitté. Malgré les nombreuses écoutes nécessaires à la rédaction de la chronique, c’est un CD que je me remets souvent, encore aujourd’hui. Une œuvre simple à aborder, mais d’une grande complexité, développant une large palette d’émotions, allant de la noirceur à la sérénité. Et puis, il y a ce chant… Ce chant… Si pur, si… puissant… Je… n’ai pas vraiment de mot… Il faut l’écouter pour comprendre… Tout ça n’a pas changé, et je peux aussi l’affirmer : le 9/10 n’était absolument pas surnoté. Pire, je pense même n’avoir réellement découvert cet album – en admettant que je puisse dire que je l’ai réellement découvert – que bien après avoir écrit cette fameuse pige.

Et quand j’ai vu réapparaître le nom de Karnivool chez un de nos confrères, un certain fourmillement mêlé d’impatience est né en moi. Quand j’ai vu ce nom dans les albums à chroniquer, j’aurais pu tout bonnement sauter de joie si ma pudeur ne m’en avait pas empêché (on est des adultes, quand même). Et maintenant que je l’ai entre les mains, la fébrilité s’est emparée de moi.

Pour ce troisième album, on peut dire que Sony croit en son poulain. Même si ce n’est « qu’un » CD cristal que j’ai là, son artwork, mélange de croquis, de dessins « instinctifs » et de gravures, sur un fond peint de couleurs chatoyantes rappelant celles d’un beau ciel d’été (australien ?) est un vrai régal pour les yeux. Et puis un beau bonus sous forme d’un DVD live nous attend lorsqu’on ouvre la boîte.

Et justement, ouvrons le, ce boîtier, pour découvrir les 14 titres de ce « Asymmetry ».

Une heure et sept minutes plus tard. Première réaction post-écoute.
« Ce CD est énorme. Mais comment je vais bien pouvoir le traiter ? »
Et bien commençons par le commencement et voyons où ça nous mène.

« Asymmetry » débute sur des notes très planantes au chant fantomatique, très Post-Rock dans l’esprit, à la limite d’un Sigur Ros, référence que l’on retrouve sur « « The Last Few ». Une intro d’un peu plus de deux minutes, qui nous amène au véritable premier morceau de cet album. « Nachash » se présente comme un Rock rythmique, lourd, assez syncopé et bien mélangé à de l’Electro, jusque dans le chant. Un titre pas vraiment long (4min50), mais assez tordu dans son approche.
Dès ces premières minutes, c’est si présent, que c’est comme affiché en néons fluorescents : Karnivool expérimente. Oh oui. Il se montre plus violent, plus dissonant, plus saccadé plus explorateur aussi que ce à quoi il nous avait habitué.
« A.M.War » poursuit dans le même sens ; morceau qui évoque un sentiment d’urgence, avec cette guitare très criarde de plus en plus frénétique et oppressante jusqu’à vient un passage d’une sérénité phénoménale qui conserve pourtant le riff original, et qui ne dure pas longtemps. Un titre auquel vient faire référence un « The Refusal » tout aussi rageur, où même le chant se montre hurlé, avant de se calmer pour devenir presque Jazzy et nous offrir des lignes vocales de toute beauté.
Si « Sound Awake » possédait, malgré sa richesse, un côté très abordable dès les premières écoutes, son successeur se montre beaucoup moins direct. Les titres sont beaucoup plus complexes et semblent suivre un cheminement rempli de divers rebondissements. Sur leur deuxième album, Karnivool évoquait une telle limpidité, qu’il pouvait faire passer un morceau à tiroirs de douze minutes pour un tube presque passable en radio sans coupe. Avant, les morceaux ne faisaient pas dans le easy listening, mais ils se révélaient de vrais hymnes chantés en chœur par le public en live (chose que j’ai pu vérifier, sur le DVD d’ailleurs). Ici, l’expérimentation fait loi. On a par exemple un « We Are » aquatique, très rythmique, où c’est la batterie qui tient la première place, avec le chant et l’électronique, même si la guitare vient exploser à certains moments. Ou un « Aeons », basé sur le duo basse/chant, où des sonorités se distillent pour former la mélodie. Le titre explose ensuite pour une suite de passages qui rappellent le plus « Sound Awake » jusqu’à présent.
Mais bien évidemment, si l’auditeur/connaisseur sera dérouté, il reconnaîtra Karnivool. Rien qu’à la voix de Ian Kenny, toujours aussi splendide et variée (et toujours aussi belle en live), même si elle semble plus en retrait.

Karnivool surprend, oui, déroute même, jusqu’à un « Asymmetry » très electro, ressemblant au son d’une vieille radio qui déconne de plus en plus et sur laquelle se pose un riff de guitare rappelant un passage de l’album précédent. Et ce titre, qui porte bien son nom, se positionne justement comme l’axe de symétrie – ou plutôt d’asymétrie – se situant au cœur de l’album. Car la suite de l’aventure, sans retourner sur la redite d’un « Sound Awake », s’en montre beaucoup plus proche que ce qu’on a vu jusqu’alors, mais garde des liens avec la première partie par plusieurs éléments.
Ainsi ce sont des titres plus mélodiques, qui envahissent cette fin d’album. « Eidolon » débute d’une manière très sereine puis monte en puissance grâce au chant qui prend ici toute son ampleur. « Sky machine » se montre à la fois beau et inquiétant, envoûtant, même, lors d’un passage qui précède une partie presque a capela splendide, qui ferait passer les leaders de n’importe quel groupe de pseudo Prog qui ont envahi les radios ces dernières années pour des chanteurs de bals ringards. On retrouve un écho à ce passage sur « Float », très intimiste au départ, avant de prendre de l’ampleur pour devenir presque angoissant.
Comme sur « We Are » (et « The Last Few »), « Alpha Omega » met en avant la rythmique, mais se montre très apaisé, serein, avant une seconde partie très lourde, très Metal – rappelant la première partie du CD –, au solo rapide et hypnotique.
Cette seconde partie, ainsi que cette offrande, se termine sur un « Om » simple et mélancolique, où seules quelques notes de piano viennent se poser sur un sample de discours. Un final tout en retenue et en émotion, pour un album qui en offrait une palette très large.

Avant de conclure, je voulais glisser un petit mot sur le DVD prévu pour une édition collector digipack et apparemment présent même dans la version normale, chez nous. Je pourrais en faire un article à côté, mais je n’en dirai que quelques lignes, dans une chronique déjà pas courte. Sachez juste qu’il aurait pu être l’objet d’une sortie à part sans même qu’on en soit choqué. Un concert d’une heure et demi qui regroupe des morceaux des deux premiers albums, avec une légère dominance pour « Sound Awake », devant un public conquis. Un show à la fois grandiose et intimiste. Un groupe sans artifice, mais si impressionnant ; presque timide par instants et pourtant si généreux. Et même si je n’ai pas pu le regarder dans des conditions optimales, pour des problèmes de zonage de la galette (elle est pourtant titrée Zone 0), je peux affirmer que tout est mis en valeur par une captation tout bonnement professionnelle, avec un nombre de caméra conséquent, d’autant plus que celles-ci sont toujours en mouvement, pour une mise en scène qui n’en est pas épileptique pour autant.

« Sound Awake » avait hissé Karnivool au rang de groupe, sinon culte, au moins à suivre de très près. Il lui avait même permis de participer à la BO d’un film, Saw VII (ou Saw 3D pour ceux qui aiment pas les jeux de mots) en l’occurrence, pas un chef d’œuvre, à ce qu’il paraît, mais pas le pire de la saga non plus. Les Australiens auraient pu simplement se reposer sur leurs lauriers, en proposant un autre album de la même trempe. Ils auraient pu aussi choisir la voie de l’accessibilité, afin de se retrouver aux côtés de certains sur les ondes FM. Pourtant, c’est une véritable prise de risques que représente ce « Asymmetry » (et merci à Sony Music de leur avoir laissé le champ libre), dont le titre reflète à la fois l’artwork et la construction de ce CD. Un album beaucoup plus dur à digérer, beaucoup plus expérimental, beaucoup moins « immédiat » – si on peut utiliser ce mot – que son prédécesseur. Un album qui pourra en frustrer certains, de par ses choix, son audace, et un éclatement apparent, mais avec lequel il faut savoir être patient pour espérer en tirer toutes les richesses.

 

Tracklist:
1 Aum
2 Nachash
3 A M WAR
4 We Are
5 The Refusal
6 Aeons
7 Asymmetry
8 Eidolon
9 Sky Machine
10 Amusia
11 The Last Few
12 Float
13 Alpha Omega
14 Om

 

Site officiel :  www.karnivool.com.au
Facebook : www.facebook.com/karnivool

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