Honey Bombs – Wet Girls and other funny Tales ...

Le 20 mai 2017 posté par Bloodybarbie

Line-up sur cet Album


- Andrew "The Eagle" Skid : chant - Alex Rotten : guitares et cris - Helias Marson : lead guitare, choeurs - SteelBlade : basse, choeurs - Fabulous Fab : batterie

Style:

Hard rock / Glam Rock

Date de sortie:

13 avril 2017

Label:

Spider Rock Promotion

Note du chroniqueur (SlyTale) : 7/10

– Salute a tutti, ragazze e ragazzi! Come va? Bene? Tanto meglio!
– Mais pourquoi tu parles en italien, Sly? T’es con ou quoi?
– Ma no! Non è colpa mia, devo fare una cronaca di Honey Bombs, un grupo di Roma, percio, volevo mettermi nell’ambiente…
– Oui bah t’es gentil mais tu étaleras ta science en langues étrangères quand t’iras commander des gelati sur la piazza Castello de Turin, en attendant tu nous emmerdes, alors tu vas nous faire le plaisir de causer français, vu?
– Mais ce sont des romains! Du pays de César! Et il faut bien rendre à César ce qui est à César, non? « Redendum est Caesari quod est Caesaris » comme on disait dans le temps!
– Et mon pied dans la partie que les Grecs anciens aimaient tant, ça te botte?
*Temps (très) court de la réflexion*
– OK ! OK ! C’est bon !
(Fin du préambule et je suis content de pas avoir à chroniquer un groupe russe, je maîtrise pas trop le cyrillique)

Donc ! Disais-je avant d’être interrompu par moi-même (il paraît que la schizophrénie se soigne mais j’en ai pas tellement envie, si je le faisais, je me sentirais trop seul), si je m’en reviens vers vous, c’est pour deux raisons. La première, et la deuxième. MWARH ARH ARH (gros rire con) ! Celle-là, elle est éculée mais elle m’amuse toujours autant !!
(Devant le bide monstrueux que l’auteur vient de faire auprès de ses lecteurs, il a été décidé par le reste des occupants de son cerveau de prononcer une peine d’isolement en chambre de sûreté à écouter du JUL pendant trois heures, avec sursis – on a pas trouvé pire).
Ah merde ! Je… Je vais faire gaffe ! J’en étais où d’ailleurs ? Ah oui ! Si je reviens vers vous, c’est pour deux raisons : la première, c’est que j’ai été confirmé dans mes fonctions de chroniqueur. Par conséquent, maintenant, on va pouvoir se retrouver souvent (et je tiens d’ailleurs à remercier au passage tous les membres talentueux de la Soilteam pour leur accueil chaleureux). La deuxième, qui découle de la première, c’est qu’en tant que chroniqueur, j’ai un boulot à assurer, pour ne pas décevoir Metalfreak, mon cher patron, qui est beau (oui, oui, je fais de la lèche et j’assume), et surtout un statut à assumer pour ne pas VOUS décevoir, et là je suis vraiment sincère (ceci étant, je l’étais aussi à propos de Metalfreak, dont la beauté n’a d’égal que le professionnalisme ^^). Car, de mon point de vue, je me dois d’être le meilleur possible étant donné que ce que je dis ou écris engage la crédibilité d’un webzine établi et reconnu qui me fait confiance. Et d’un autre côté, si vous me faites l’honneur de m’accorder un peu de crédit, alors je pourrais clamer haut et fort que j’ai une chance inestimable : celle de pouvoir conjuguer mes amours pour l’écriture et le Metal, et les mettre au service des passionné(e)s que vous êtes.
(Devant un plaidoyer d’une telle intensité émotionnelle, le Conseil de la Haute Autorité pour le Pluralisme Cérébral, représentant les divers occupants du cerveau embrumé de l’auteur commue, par 5 voix « pour » et 2 voix « contre » – 1 abstention – la condamnation à bouffer du JUL en deux heures de vidéos live de solos de Kirk Hammett, toujours avec sursis, on est pas des bêtes).

Bon, alors là, concrètement, j’avais une super transition, mais elle s’est perdue je ne sais où, donc je vais faire sans. Au pire, si elle me revient, je vous la glisserai dans ma prochaine chronique du Live and Louder des dead Daisies (et hop! un p’tit trailer qui va bien!). N’empêche, ce qu’il y a de bien dans le fait d’être chroniqueur, c’est qu’on reçoit plein d’albums à écouter, disséquer, étudier et que de ce fait, on découvre plein de nouveaux talents. Par exemple, quand j’ai vu arriver la liste des rondelles à se taper (hum…), j’en ai vu une dont le titre a immédiatement attiré mon regard : Wet Girls and other funny Tales. Avec un titre pareil, il se serait appelé « Sly-cet-album-est-pour-toi » que c’était exactement le même chose. Pourquoi ? Bin, parce que parmi toutes les personnalités qui font que je suis ce que je suis, le leader maximo, la tête de gondole, celui qui s’exprime le plus souvent au nom des autres (qui parfois le regrettent), a le cul en très haute estime. Demandez à mon entourage (alors, pas à mes parents s’il vous plaît, j’aimerais autant qu’ils continuent à croire que j’écoute du jazz en lisant Télérama quand je rentre de la messe ; c’est pas que l’héritage soit énorme, mais j’aimerais bien ne pas m’assoir dessus, hein…), ils vous diront tous la même chose : Sly et le sexe, c’est une grande histoire d’amour (en même temps c’est logique). La preuve : il s’est fait tatouer une bite sur le pec’. Bon, OK, c’est un serpent, mais il a quand même une sacrée forme de bite.

Ainsi donc, je reçois cet album de Honey Bombs et le premier contact entre nous, c’est ma rétine sur la pochette. Cette pochette, vous la voyez comme moi : une Loana version 2015, pas 2001 (soit dit en passant j’ai toujours pensé que si cette pauvre fille avait été une métalleuse au lieu d’une bimbo – vocable désuet utilisé à l’époque pour parler des pouffiasses – d’une téléréalité balbutiante, elle aurait certainement connu un autre destin que celui de femme objet, réduite à un simple produit consommable sans plus de valeur que le mouchoir en papier dont on se sert pour s’essuyer les doigts après une branlette ; elle avait d’ailleurs la même utilité), langoureusement allongée sur un canapé (rose) en train de boulotter des grappes de raisin, adoptant la même attitude que les notables romains dont c’était la manière la plus respectueuse de recevoir un convive. D’emblée, on perçoit, rien qu’en observant la pochette que nos italiens ont le sens de la mise en scène : ils affichent leur fierté d’appartenir au peuple qui, jadis, domina le monde, et ça va parler cul. Super! Je sens que ça va me plaire !

La deuxième étape, dans mes investigations, c’est d’aller sur la page facebook du groupe. Que nous disent-ils d’eux ? Que c’est un groupe formé en 2012, qui joue du sleaze hard rock (perso j’ai toujours appelé ça du glam mais bon…) avec une attitude punk. En décodé ? Du hard haut en couleur, qui vante les mérites de cracher sur des gueules et dans/sur le corps des femmes. On exagère à peine. Ça choquerait sûrement votre grand-tante Yvonne de la Nièvre (j’ai rien contre la Nièvre – 58, chef lieu Nevers -, votre grand-tante Yvonne vivrait dans la Lozère – 48, chef lieu Mende – ce serait pareil, je n’ai rien non plus contre la Lozère, d’ailleurs j’y ai jamais mis les pieds), mais nous autres, metalleux qui avons connu les Mötley Crüe, Poison, Warrant, ou autres Twisted Sister, nous avons déjà eu la possibilité de nous habituer aux excentricités de cette scène. D’autant que le succès actuel de Steel Panther qui, dans ce genre ne craint rien ni personne démontre qu’aujourd’hui, même les femmes parfaitement à l’aise avec leur sexualité savent apprécier les propos machos gonflés à la testostérone. Et c’est heureux parce qu’un rapide coup d’œil aux paroles de ce Wet Girls and other funny Tales (qu’on va appeler « Wet Girls » si vous m’autorisez, ça ira aussi bien, c’est moins chiant à écrire, je suis pas paresseux mais je m’économise autant que faire se peut pour mes vieux jours et ceux qui oseront prétendre que c’est pas en m’épargnant d’écrire « and other funny Tales » que mon espérance de vie va ostensiblement s’en ressentir, je répondrais que de une, j’ai pris plus de temps à me justifier qu’à écrire « Wet Girls and other funny Tales » donc c’est bien la preuve que je suis pas paresseux, et que de deux, comme moi aussi j’ai un côté punk je suis capable de vous dire « merde ! » Là !) de Honey Bombs ne font pas dans la dentelle, ou alors celle qu’on arrache avec les dents avant de présenter nos chibres turgescents aux lèvres (du haut et du bas) de celles à qui l’on réserve le sort de l’arbre qu’on grimpe ou du jouet qu’on démonte. Amis du politiquement pas correct du tout, bienvenue !

En vrac, on va parler d’éjac’ faciale (BrazzerDotCom), de faire « Pan Pan » avec des mamelles (BrazzerDotCom encore), des femmes grosses dont l’attrait physique qui n’est pas leur point fort devrait inciter à profiter de toutes les ouvertures possibles mais qui, au lieu de ça se permettent d’avoir le cul fin (« Fat Girls are goin’ mad »), de lubrification digitale avant le toucher clitoridien (« G.R.A.B. »), de filles faciles (« Oh my God! »), de résurrection après un coït post mortem (« Sweet little Dummy »), et d’adultère (« Six Pack on your Back »). Ça, c’était pour le chapitre cul. A part ça ? Ils parlent de binouze (« Till the Night is over »), et ils déversent leur haine sur ceux qu’ils aiment pas (« Radical Shit », « Don’t wanna be like Johnny », « We are gonna kick your Ass »).

Si, à ce stade vous n’avez toujours pas appelé Tata Yvonne de Corrèze (j’ai bien senti que vous étiez hostiles à la Lozère et à la Nièvre ; franchement je sais pas pourquoi, c’est joli la Nièvre, et pour ce que j’en sais la Lozère, c’est pas mal non plus) pour lui demander la permission de vous ressourcer chez elle en mangeant des choux de Bruxelles à l’heure où se couchent les poules pour pouvoir méditer sur la déviance du monde qui, à l’instar des grosses femmes (« Fat Girls » pour celles et ceux qui ne parlent ni anglais ni italien, mais « Fat Girls » c’est bien anglais, pas italien) devient fou (« are goin’ mad » en anglais, essayez de suivre un peu !), c’est que vous êtes prêts à rentrer dans ce vraiment bon premier album de nos amis transalpins.

Allez, trêve de préliminaires! Il est temps de taper dans le bois dur ! D’entrée de jeu, on se penche sur le son. Vous verrez, j’attaque presque toujours par ça parce que le son d’un album, plus encore que les morceaux, c’est le décor d’un disque. C’est hyper important. Y a des albums qui datent et qui sont presque pénibles à écouter à cause de ça alors que les chansons sont terribles (« Kill ’em all » de Metallica, « Iron Maiden » de Iron Maiden, « Too fast for Love » de Mötley Crüe, « Je, Tu, Ils » de Zazie mais là c’est un mauvais exemple parce qu’en fait ce sont les chansons qui sont à chier). Ici, qu’avons-nous ? Un son assez aigu, dans la plus pure tradition du hard / glam, mais résolument moderne, légèrement sale (le côté punk ?), qui se laisse bien écouter, même si à mon goût la basse ne ressort pas assez. On est loin d’un manque flagrant genre « … And justice for all » de Metallica mais elle serait un chouia plus présente, ça ne serait pas du luxe. Pas de panique ! Le son est quand même bien bon, vous pourrez compenser à votre guise et selon vos goûts en fonction des equalizers de vos lecteurs. Disons que pour un premier album, c’est beaucoup plus que correct. Le travail effectué par Ricardo Studer et Alessio Cattaneo du Time Collapse Studio (Rome) les honore.

Qu’en est-il des musiciens ? Fabulous Fab à la batterie assure une assise propre, y a pas de fioritures, pas de roulements de derrière les fagots, il y va tout à l’énergie. Il me fait un peu penser à Paul Cook des Sex Pistols, alors si les Honey Bombs revendiquent un côté punk, je ne saurais leur faire de plus beau compliment. Steelblade à la basse, c’est dommage qu’on ne l’entende pas plus parce que lorsqu’on tend l’oreille et qu’on arrive à le dégager du reste des instruments, on se rend compte qu’il sait jouer. Carré, régulier, il lie très bien la batterie et les guitares. Pourrait-il en faire plus ? Oui, sûrement. La musique de Honey Bombs mérite-t-elle qu’il en fasse plus ? Non, je ne pense pas. Il est en place, et à sa place. Il sert la musique à bon escient. Un bassiste, quoi (blague lourde et éculée elle aussi, qui fait rire les batteurs, chanteurs et guitaristes depuis l’invention du rock – je tiens à préciser que j’ai pour les bassistes la plus grande affection, voire une certaine tendresse) ! Aux guitares, nous avons Alex Rotten et Helias Marson. Rien à dire au niveau rythmique. C’est pêchu, c’est nerveux comme un pédophile à Disneyland (oui, bon…), ils sont hyper au point dans leurs riffs, y a du niveau. Mais alors par contre, les solos… Pffff… Bin, j’accroche pas. C’est con parce que, je l’ai dit, le niveau technique, il est là et bien là mais… Je sais pas… C’est dans le temps, c’est dans la gamme, on sent qu’il y a des intentions louables mais ça manque de feeling. Sincèrement, pour moi c’est le point noir de ce disque. J’espère que c’est dû au fait que c’est leur premier album et que le prochain sera plus inspiré dans ce domaine. Et puis on en arrive au chant d’Andrew « The Eagle » Skid. Que dire ? Qu’il porte le groupe à lui tout seul ? Ce serait exagéré. Mais quelle voix, bordel ! Des fois, quand il tape dans les médiums, il fait penser à Bon Jovi. Quand il tape dans les graves, c’est vraiment soit super suave, soit granuleux. Et quand il pousse dans les aigus, mes aïeux ! Il n’a rien à envier à qui que ce soit ! C’est un délice de puissance sauvage maîtrisée, comme un dompteur qui trouvait qu’avoir un chat dans la gorge, ça faisait « petits bras », et qui a troqué le mignon petit félin par un putain de lion qu’il a dominé pour notre plus grand plaisir ! Bravo ! Bravissimo ! (et si pour l’emploi d’un nouveau terme italien je dois me farcir deux heures de Kirk Hammett en live, je m’en tamponne le coquillard : j’affronterai la sentence avec dignité).

Venons-en aux chansons. Dans l’ensemble, c’est du rock assez basique, bien efficace et qui doit très bien rendre en live. On n’est pas dans la recherche technique, on est dans le « droit dans ta gueule » (en l’occurrence « droit dans ton cul » la plupart du temps). Les trois premiers titres posent les bases de leur musique : du rythme, de l’énergie, des chœurs ultra-puissants, des mélodies de guitares qui donnent du relief et de la profondeur et évitent ainsi la platitude musicale inhérente au punk. En tout état de cause, les trois premières chansons (« Radical Shit », Brazzersdotcom et « Fat girls are goin’ mad ») sont tout à fait dans cet esprit.
« G.R.A.B. », la quatrième chanson, quant à elle, nous montre que les Romains sont également capables de taper dans des riffs bien metal, et ça dépote tout autant. Un vrai plaisir, parce que là encore, ça permet à cet album de ne pas tourner en rond. Et quand débarque « Don’t wanna be like Johnny », on commence à avoir un vrai mix entre le metal et le punk. Mais avec toujours cette voix impressionnante du père Skid (qui me rappelle plus Thierry Lebourg de Dyslesia que Sebastian Bach de Skid Row pour le coup) qui, à mon sens, permet à Honey Bombs de surclasser les Green Day et autres The Offspring, pour se positionner en chaînon manquant entre le punk joyeux et le glam pur.
« Till the Night is over », le cinquième titre, me fait un peu penser à du vieux Mötley Crüe version « Girls Girls Girls ». Ceci dit, cette chanson n’est pas la pièce maîtresse du skeud. En cause ? Une ligne de chant sur le couplet un peu fade (bizarre, on dirait Mustaine dans certaines intonations avec les effets transistor sur la voix), et un pré-refrain qui passe mais sans plus. Et c’est dommage parce que la fin monte super fort (Skid se fait pardonner ses couplets), et je me dis que ça tenait à pas grand-chose d’avoir un putain de tube de légende (bon, OK, je m’emballe, disons que ça tenait à pas grand-chose d’avoir un super bon titre, surtout si la fin avait été – au moins – doublée).
Avec un nom comme celui-là, « We are gonna kick your Ass » était plein de promesses (poils aux fesses… Quoi ? « Ass » ça veut bien dire « cul » non ? OK, ça veut dire « âne » aussi… On va dire que je le prends pour moi sans rechigner, si je commençais à me formaliser pour si peu…) Mais les tient-elle ses promesses ? Oui ! Oui, parce que maintenant on a cerné les bonshommes et cette chanson s’inscrit en droite ligne d’un style qui passe bien. Tout y est : une intro lourde et triomphale, un riff de couplet bien heavy metal à l’ancienne, un pré-refrain en rondes, un chant grave avec une petite satu’ sur la voix, des chœurs puissant, des mélodies harmonisées, une fin à la « Till the Night is over » qui envoie du steak (mais qui, cette fois a le bon goût de durer un peu pour nous laisser savourer les capacités vocales de Skid), bref, un morceau qui, comme son nom l’indique, botte le cul.
Et puis on se laisse surprendre par « Oh my God! ». Plus léger (encore que le riff d’après le premier refrain soit bien bourrin), avec des « Oh my God! complètement décalés qui ne peuvent que claquer un vieux smile sur votre visage buriné, l’on peut décemment imaginer que les Honey Bombs se reposent un peu avant de rattaquer sur du nerveux 100% bio.
Et puis pas du tout ! Tout groupe de glam (ou sleaze mais je vous l’ai dit, la différence est tellement ténue à mes yeux que je la vois pas, ou alors c’est encore un coup marketing tordu pour nous faire passer des vessies pour des lanternes, mais NOUS, metalleux, qui sommes pas du genre à regarder Hanouna ou autre déchet médiatico-divertissant dont se gave le bon peuple abruti qui finit par se réduire de lui-même à un être organique dont le seul but dans la vie finit par être de consommer comme il faut, dépourvu de libre arbitre, parce que réfléchir ça demande un effort vous voyez ?) se doit d’avoir un slow. Mais c’est un exercice hyper difficile et vous savez quoi ? Honey Bombs s’en sort avec une classe énorme sur « Sweet little Dummy » ! L’intro au piano qui supporte une ligne de chant magnifique parfaitement mise en valeur par le timbre de Skid (oui, je vous l’ai dit, beaucoup repose sur lui), couplets et refrains qui passent tout seul… Cette chanson est une putain de réussite. Et pour le coup, même le solo de gratte qui finit la chanson en fade out commence à être intéressant. « Il serait temps », me direz-vous, « on en est quand même rendu à la neuvième chanson ». Bah oui, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Vous avez raison. Mais bon ! Nos amis transalpins ne sont pas là pour faire dans le lover non plus. Le sirupeux ça va bien cinq minutes (bien que ramener une femme à la vie en fourrant son cadavre ne soit pas, à proprement parler un modèle de douceur, si vous pensez le contraire, ne venez pas à mon enterrement je vous prie).
Ainsi, après une chanson douce, on tombe un rapport (oui, j’essaye au maximum d’exploiter le filon de l’humour nécrophile et des rapports en tous genres sur des tombes) et on remonte dans les tours. « Six pack on your Back » est une chanson dans la lignée du début du skeud. Sec, âpre mais mélodieux, avec des vocaux agressifs, de quoi comprendre que rentrer du boulot et voir sa chère et tendre batifoler avec un autre (ou pour être plus exact beaucoup d’autres) a de quoi porter sur le système. Et ce n’est pas le break tout en douceur et en trompe l’œil qui va faire descendre la pression. D’autant que les soli sont, cette fois-ci vraiment bons (« il serait temps, me direz-vous ». Oui !) Un morceau digne d’une fin d’album quoi !
Sauf que…
Sauf que les latins sont, en général, des gens d’une générosité rare (oui d’accord, je suis d’origine latine assez prononcée, et alors ? Je vois pas pourquoi je devrais faire de la lèche qu’à mon boss, rien ne m’interdit de m’envoyer des fleurs, si ?) et Honey Bombs a décidé de nous en envoyer une petite dernière pour la route, sous la forme d’une bonne reprise.

Alors avant de finir, je voudrais vous donner un sentiment personnel sur les covers. Dans l’idée, s’étalonner sur les titres de nos maîtres, je trouve ça très honorable mais entre nous, je préfère de loin les reprises de chansons qui n’ont rien à voir avec notre univers. Je sais pas, je trouve la démarche beaucoup plus intéressante artistiquement, moins téléphonée, plus surprenante, voire drôle. Et là, on se prend dans la guiche une bonne vieille chanson de Michael Sembello. Ça ne vous parle pas ? Et pourtant… Si je vous dis « Maniac » et « Flashdance », le film de 1983 dans lequel Jennifer Beals nous faisait rêver lors de ses séances d’entraînement (perso, elle ne me faisait pas QUE rêver, je dois bien vous concéder qu’elle provoquait en moi un émoi que mon âge ne pouvait pas maîtriser -j’avais 4 ans en 83- et que bien des années plus tard, lorsque la puberté s’est emparée de moi, je ne pouvais toujours pas contrôler. Mais au moins je savais d’où ça venait et comment me vider… de mon stress).
Enfin bref, cette reprise pour le moins inattendue est très bien menée et envoie un solo de tous les diables. Comme quoi, ils sont capables de le faire nos petits Romains.
Et c’est sur cette touche finale pleine de joie que ce « Wet Girls and other funny Tales » (que j’ai écrit en entier vous avez vu ?) s’achève.

En conclusion, que devons-nous retenir de cet album et de Honey Bombs ? D’abord que je ne saurais que trop leur conseiller de bosser sur leurs soli de gratte. Quand on voit ce qu’ils sont capables de sortir sur leurs trois dernières chansons (et surtout sur « Six pack » et « Maniac »), on ne peut que déplorer que le reste de l’album ne soit pas du même acabit. Ensuite, que c’est un très bon premier album qui devrait intéresser tous les fans de glam (ou sleaze je reviens pas là-dessus), mais aussi de hard nerveux et de punk. Les fans de metal peuvent ne pas être rebutés. Les détraqués du cul aimeront l’approche conceptuel du rapport homme / femme, les fans de death-grindcore-ultra-pas-content passeront à côté sans s’en apercevoir, et les femmes (que nous aimons tous)… bin… ça dépendra de leur capacité de compréhension du second, voire troisième (ou dixième) degré. Parce que tout ça c’est que du rock, et de la provoc’ comme on l’aime. Après, si c’est du premier degré et pas de la provoc’, alors les détraqués du cul seront les seuls fans ! Mais je pense que ça devrait suffire, les crevards, c’est pas ce qu’il manque.

Tracklist
01. Radical Shit
02. Brazzers Dot Com
03. Fat Girls Are Goin’ Mad
04. G.R.A.B. (GhettoRatchetAssbitch)
05. Don’t Wanna Be Like Johnny
06. Till the Night Is Over
07. We Are Gonna Kick Your Ass
08. Oh My God!
09. Sweet Little Dummy
10. Six Pack on Your Back
11. Maniac (Bonus track)

http://www.honeybombs.com

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