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Herod – They Were None

Le 11 juin 2014 posté par Lusaimoi

Line-up sur cet Album


Pierre Carroz : guitare, basse / David Glassey : chant / Fabien Vodoz : batterie.

Style:

Postcore/Sludge Progressif

Date de sortie:

27 avril 2014

Label:

Mighty Music / Black Wave Promotion

Note du Soilchroniqueur (Lusaimoi) : 8,5/10


L’inspiration vient de partout. Ça peut être d’un événement, de la scène d’un film, d’une musique, d’un livre, d’une phrase, d’un mot, d’un objet, d’un paysage… Elle est là, tout autour de nous et il convient à l’artiste de la voir, la cueillir pour la façonner et en faire sa création.
Pour Pierre Carroz, ce déclic est dû à un voyage à Malmö, en 2006, et à l’acquisition d’une guitare baryton. Le climat froid et les étendues de la Suède l’aideront ensuite à composer une dizaine de titres, inspirés des grands noms du Postcore, comme, entre autres, Cult of Luna ou les regrettés Breach.
Mais Herod se forme véritablement en 2011, après un retour de Pierre dans sa Suisse natale et la rencontre avec Fabien Vodoz et David Glassey, puis Bertrand Pot deux ans plus tard. Et ce n’est qu’en 2014 que le groupe franchit son premier palier, avec la sortie de son album « They Were None » , au digipack de grande élégance.

Contrairement à ce que peut faire penser la lecture des noms cités plus haut, le style d’Herod se montre vraiment personnel. Car s’il assume ses influences, il a très bien su les digérer.
Cela, on s’en rend compte dès le bien nommé « The Fall ». Ce monumental premier titre de dix minutes, qui entame l’album sous des notes écrasantes. Un larsen, une batterie plombante, quelques notes pour une fausse mélodie et le morceau démarre avec un chant mixé en arrière plan, comme pour laisser toute leur place aux instruments. L’obscurité nous prend, nous entoure et nous envahit alors. La musique se fait dense, aidée par une production étouffante, comme si elle voulait mettre à mal nos enceintes, jusqu’à nous donner l’impression qu’elles sautent (« Betraying Satan »).
Quelques pauses viennent aérer ces passages pachydermiques et syncopés, mais elles sont rarement rassurantes, que ce soit les mélodies ou ce chant pseudo clair proche d’un chœur malsain.
Tout est sombre et les pointes de lueur sont rares.
Ce premier pavé, d’ailleurs le plus long de l’album, instaure des atmosphères qui ne nous quitteront pas le long de ces 55 minutes.
On a bien certaines envolées (souvent brisées en plein essor), certains passages ambiants, mais ils réussissent à être toujours aussi malsains et sont contrebalancés par, comme sur « Northern Lights », des passages lourds et chaotiques où s’exprime toute la rage du trio.
Et même lorsque le groupe se rapproche de leurs influences – sur, par exemple, un « Glory North » puissant, avec une basse mise en avant, ou « We Are the Failure », dont l’envolée finale fait penser à du The Ocean –, Herod trouve son originalité dans la noirceur qu’il installe.

Ainsi, malgré une durée plutôt longue, « They Where None » apparaît, grâce à son riffing, comme dense et compact. Pourtant, même si sa cohérence est très forte, les morceaux ne présentent aucun automatisme. Herod ne s’impose rien, chaque structure est différente, tout comme l’impression ressentie à chaque piste. Ainsi, « Albert Fish », « Betraying Satan » avec son centre à la mélodie prenante, et « Watch’em Die », qui nous laboure les tympans, se montrent très directs ; tandis que « Sad Hill Part 1 », presque bruitiste, et « We Are the Failure », dont l’intro semble faire référence à son prédécesseur avant l’arrivée d’une mélodie qui se voit modifiée par un jeu de batterie impressionnant, sont eux plus en retenue, plus ambiancés.

D’autres éléments viennent aussi nous apporter leurs lots de surprises. L’apparition de ce chant clair grave, imposant et mélancolique, sur ce même « We Are the Failure » vient aérer le propos sans le dénaturer. Tout comme cette voix féminine slave et étrangement désincarnée sur « No Forgiveness for Vultures », dont le discours tiré de Mikhail Bulgakov prend de plus en plus d’ampleur grâce aux instruments. Ce titre, chanté en français, nous offre ensuite une mélodie très réussie dans un arrière plan qui s’oppose aux riffs plombants. Un pont très urgent, aux ambiances Hindoues, vient ensuite briser le tout avant une explosion qui nous amène à sa conclusion.

« They Were None » n’est pas un album facile d’accès. Avec son apparence rugueuse, il ne délivre pas ses secrets facilement et pourra en décourager quelques-uns. C’est justement ce qui en fait sa force. De son intro à sa conclusion, il nous propose un voyage violent, inquiétant, suffoquant.
Si Herod affirme tant ses influences, c’est qu’il le peut. Il a assez d’originalité et de sincérité en lui pour les faire oublier, même si, en cherchant bien, on peut les deviner.
L’inspiration vient de partout et on peut remercier l’événement qui a poussé Pierre Carroz à faire son voyage et à fréquenter les terres froides de la Suède.
Un groupe qui pourrait s’imposer dans la scène Postcore Suisse, pourtant riche en très bons groupes du genre.

 

Tracklist:
1. The Fall
2. The Glory North
3. Inner Peace
4. Northern Lights
5. Sad Hill part 1
6. We are the Failure
7. Albert Fish
8. Betraying Satan
9. Watch’em Die
10. No forgiveness for vultures
11. Sad Hill part 2

 

Site officiel : www.herodnoise.com
Facebook : www.facebook.com/HerodNoise
Bandcamp : herod.bandcamp.com

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