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August burns red – Phantom Anthem

Le 14 juin 2018 posté par Willhelm von Graffenberg

Line-up sur cet Album


  • Jacob Luhrs : chant
  • Brent Rambler : guitares
  • JB Brubaker : guitares
  • Dustin Davidson : basse
  • Matthew Greiner : batterie, piano

Style:

Open Minded Metalcore

Date de sortie:

6 Octobre 2017

Label:

Fearless Records

Note du SoilChroniqueur (Lusaimoi) : 8/10

J’adore dire, quand je vais mettre un CD d’August burns red en compagnie de quelqu’un qui ne connait pas le groupe ou le Metal : « Tu veux écouter un groupe chrétien ? ». J’adore, parce que directement, dans son esprit se dessine l’image de quatre ou cinq curaillons qui chantent des quantiques – ou des reprises chorales de chansons du moment – ou, dans le meilleur des cas, à des ados proprets faisant du Rock gentillet. Alors oui, quand on voit, ces gars-là, ils ont des têtes de gentils. Il suffit de voir les photos de leur concert de 2016 au CCO : c’est le genre de types avec lesquels on aimerait bien être potes. Néanmoins, il ne faut pas se fier aux apparences, car à l’inverse d’un groupe tel que Caliban, qui affiche une imagerie rebelle (un de leurs guitaristes en particulier) pour nous foutre du chant clair de pré-ado chaque minute, August burns red, se fout de ce qu’il dégage visuellement, pour mieux nous délivrer un Metalcore hargneux et imprévisible.

Imprévisible, oui, n’en déplaise à ceux qui pensent que le quintette nous pond toujours la même recette. Pour ma part, j’ai plutôt l’impression qu’ils n’ont pas de recette. Voyez-vous, si vous prenez les ingrédients qu’il y a dans votre frigo, que vous les faites tous cuire ensemble, ça donnera quelque-chose d’à chaque fois différent. Là c’est pareil : leurs compos s’éloignent toutes volontairement de schémas classiques ; pas de refrain, pas de couplet, mais une succession de passages allant du violent à l’épique. C’est pareil, sauf qu’ils possèdent assez de talent, pour que le résultat ne ressemble pas à une bouillie infâme.

Bon, OK, je comprends un peu l’avis décrit un peu plus haut, parce que, sur cet album en tout cas, certains éléments sont récurrents dans chaque morceau ou presque. Comme ces accalmies, qui annoncent souvent une montée en puissance que le contraste rend encore plus dévastatrices. Mais à vrai dire, cela n’est pas vraiment choquant, et pour être vraiment honnête, je ne l’ai remarqué qu’en établissant un track-by-track détaillé pour écrire cette chronique. Faut aussi signaler que s’ils sont égrainés sur l’ensemble de Phantom Anthem, August burns red parvient à ne pas rendre ça répétitif en dévoilant à chaque fois une atmosphère et en abordant des influences différentes. Romantique sur « Lifeline », rappelant un tango sensuel et tendu sur « Dangerous », amenant, après un démarrage jouant sur deux types de hurlements, la voix claire sur « Coordinates », bruitiste sur « Carbon Copy » ou liée aux soli sur « King of Sorrow » et « Hero of the half Truth »… En parlant de ça, il faut noter que ces derniers sont étonnamment nombreux, d’autant plus qu’ils sont variés, que ce soit dans leur exécution ou le ressenti qu’ils développent. Ça peut être mélodique, technique – et « King of Sorrow » nous offre un exemple de chaque à lui seul –, old school sur « Lifeline », et j’en passe.

Comme on s’est rendu compte à la lecture de ces paragraphes, la variété est l’une des composantes principales de ABR. Si le genre principal reste le Metalcore, les emprunts à d’autres sont nombreux et le groupe ne semble s’imposer aucune barrière. Un peu de symphonique fait son apparition quelques secondes sur le premier titre, un côté Death Mélo nous arrive sur « The Frost », tandis que « Lifeline » se montre très Heavy au départ, puis plus Thrash. « Quake », lui, dévoile des influences celtes, influences qui se mélangent ensuite au Metalcore pour un résultat redoutable en termes d’efficacité.

Malgré tout le bordel que cette chronique semble inspirer, le tout est incroyablement limpide. Évidemment, ce n’est pas dès les premières écoutes qu’on pourra connaître les titres par cœur, mais ils se suivent avec une étonnante facilité. August burns red est grand-public grâce à des mélodies savamment écrites, sans pour autant chercher à tout prix à l’être. Un simple exemple ? Le chant émo mielleux tartiné dans chaque titre pondu par la très très grande majorité des représentants du genre est ici remplacé par du hurlement clair particulièrement efficace et utilisé avec une parcimonie salvatrice.

En fait, August burns red semble être un groupe paradoxal. On sait ses membres croyants, ils ont des bouilles à nous donner envie d’être potes avec eux, leurs prestations dégagent une vraie aura feelgood, et pourtant, à aucun moment tout cela ne transparait dans leur musique. Une musique qui se montre étonnamment accessible, grand-public, qui se vend par palettes, et pourtant, jamais les Américains ne donnent la sensation de s’être vendus pour cela. Le Metalcore est un genre controversé. Beaucoup s’en moquent. Je ne sais pas si August burns red les fera changer d’avis, mais dans le genre, on tient là le haut du panier.

Tracklist :

01. King of Sorrow
02. Hero of the half Truth
03. The Frost
04. Lifeline
05. Invisible Enemy
06. Quake
07. Coordinates
08. Générations
09. Float
10. Dangerous
11. Carbon Copy

Site officiel
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