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AtroruM – Structurae

Le 16 décembre 2015 posté par Bloodybarbie

Line-up sur cet Album


  • Jasper “umbrA” Werhahn : Chant, Claviers, Programmation
  • Fabian “vatroS” Ziegler : Chant, Guitares, Basse, Programmation
 

Style:

Avant-garde Black Metal

Date de sortie:

16 novembre 2015

Label:

Apathia Records

Note du SoilChroniqueur (Wilhelm von Graffenberg) : 8.5/10

Décidément, l’étiquette « avant-garde » est devenu le sac à malices du metal, une besace où on met un peu de tout, le sac d’une nana qui y chercherait ses clés et en sortirait les trucs les plus what the fuck et improbables – pour un mec – avant de les y trouver (et me targuez pas d’être miso, les filles : votre sac est toujours un gros bordel ambulant… hmmm, n’est-il pas ?). C’est le cas avec AtroruM, groupe du duo munichois  Jasper Werhahn AKA « umbrA » et Fabian Ziegler AKA « vatroS », vu que dans leur dernier album intitulé Structurae, on y trouve une trame de fond Black Metal… mais avec des influences les plus diverses et variées : tantôt du symphonique, tantôt du folk, tantôt de l’électro, tantôt du jazz, tantôt baroque, tantôt atonal, tantôt romantique dans ses chœurs, tantôt du mathcore ou du death technique… Même dans les langues, on touche à la polyglotie : du français, de l’anglais, de l’allemand, du grec, du latin, du russe (m’a-t-il semblé)… Et à mon grand dam – ou plutôt mon grand plaisir, au final – ça sonne comme quelque chose d’audible, de… structuré, et pas un banal gros foutoir bruitiste… pardon : noisy… C’est même assez plaisant à écouter, voire réécouter…

Qui dit mélange de (nombreux) genres dit morceaux à rallonge, a minima 5 minutes (si on excepte le morceau d’outro « Regnum Caelorum », totalement électro sur base de bruit blanc) pour pouvoir placer un peu tout ce joyeux – façon de parler, hein – bazar. Et il est assez difficile de retrouver toutes les influences tant elles sont mixtes et mixées dans chaque titre, chacun différent des autres. Quand d’un coté « Ψαλμός » fait l’apologie des voix de chœur atonal, spectral, avec départ en imitation et homophonie puis klangfarbenmelodie sur base de départ de clavecin qui part en syncopes proches des déci talas hindous, des influences de celles de Messiaen, Xénakis, Boulez, Bério et autres compositeurs savants européens, mais que d’un autre « Große weiße Welt » commence comme un morceau de Sonic Syndicate ou un Scar Symmetry très électro, avec une trame rythmique bien plus accessible, même si elle devient assez vite progressive, avec un piano très jazzy pour repartir sur du gros black sympho à la Dimmu Borgir où le piano se fera très romantique noir et modulant pour faire apparaitre un bouzouki – ou une mandoline – on ne sait trop où donner de la tête sans risquer de la perdre à chercher à comprendre où AtroruM veut en venir… Et je pense qu’il ne faut pas trop chercher, au final, mais juste écouter et se faire un avis…

Cet album n’est donc pas le fruit du hasard, possiblement le fruit d’une presque dizaine d’années de maturation si l’on suit le CV de ses papas et de ce projet, et est très écrit, ce qui parait au final assez logique quand on ne passe que par batterie électronique et programmation pour ses parties, processus qui évoque au Passage – hu hu hu – un autre groupe germanophone usant de cette approche rythmique instrumentale : Samael.

Structurae, c’est surtout un album élitiste pour ses influences et ressources cachées à qui voudra le décortiquer intégralement, mais également accessible à qui n’a pas de culture musicale surdéveloppée et/ou se fout d’en avoir. Et, forcément, le Dr House que je suis va se faire un malin plaisir de le dépouiller jusqu’au bout pour (essayer de) trouver le diagnostic en suivant toutes les pistes.

Petit coup de cœur noir pour le jazzy de « Amapolas » et « Camouflage » (cocorico, des inserts de texte en français et presque sans accent) et le bal musette de « Verfugung » (re-paroles en français), les chœurs maitrisés et évolutifs de « Ψαλμός », le dark/black symphonique de « Équipartition » (et encore des paroles en français ! Décidément, on est gâtés…). Petit point noir pour la voix « juvénile » sur « Menschsein » (dont j’aime bien le fond acoustique qui m’évoque la BO noire et glauque de Silent Hill), proche d’un Tokio Hotel, mais si ça sert le propos initial d’ « être/devenir un homme », je me dispenserai de commentaire non argumenté – j’avoue que mon allemand est un peu rouillé et que je ne comprends que quelques paroles dudit morceau. Bref, cet album est assez exceptionnel, dans le bon sens du terme, et en déconcertera plus d’un qui serait campé dans ses charentaises ornées d’habitudes auditives.

A écouter en relisant l’Encyclopædia Universalis pour chercher tous les termes techniques que vous n’avez pas compris dans cette chronique.

Tracklist :
1. Menschsein (5:20)
2. Große weiße Welt (13:05)
3. Amapolas (8:04)
4. Ψαλμός (9:19)
5. Camouflage (9:01)
6. Verfugung (6:42)
7. Équipartition (11:50)
8. Regnum caelorum (1:48)

Myspace https://myspace.com/atrorum
Facebookhttps://www.facebook.com/atrorum/
Youtubehttps://www.youtube.com/user/AtroruMofficial

 

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