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Amplifier – The Octopus

Le 6 juin 2011 posté par Lusaimoi

Line-up sur cet Album


Sel Balamir : Guitare, chant
Neil Mahony : basse
Matt Brobin : batterie

Style:

Rock atmosphérique

Date de sortie:

2011

Label:

Amcorp

Note du Soilchroniqueur (Lusaimoi) : 8,5/10

Pour ceux qui ne seraient pas allés à la tournée d’Opeth suivant « Ghost Reveries », Amplifier – qui faisait leur premières partie donc – est un trio de Rock Metal atmosphérique, plus Rock que Metal d’ailleurs, qui nous vient d’Angleterre. Cette tournée avec les Death Progueux Suédois semble leur avoir donné des ailes, puisque leur troisième album ne comporte non pas un, ni trois, mais deux CDs! Alors non, ce n’est pas une édition collector qui reprendrait, dans sa deuxième partie, des inédits issus d’une démo, non non, là, on a affaire à un réel double album tentaculaire du nom de « The Octopus ». Et ce n’est pas pour me déplaire!

Tout commence par « The Runner », intro qui porte très bien son nom, très inquiétante, on entend quelqu’un s’enfuir – courir, tout du moins – dans ce que l’on suppose être un hôpital. Le morceau devient de plus en plus oppressant jusqu’à son point d’orgue contrebalancé par un somptueux piano, repris ensuite dans le non moins magnifique « Minion’s Song », qui, au fur et à mesure qu’il avance devient de plus en plus Rock en gardant ce côté atmosphérique qui les caractérise, par des guitares sous-accordées. Sel Balamir accompagne le clavier en portant sa voix jusque dans les aigüs qu’il semble maitriser à la perfection. « Interglacial Spell » continue cette montée en puissance, après une entrée très Noise jusqu’à trouver son riff entêtant, varié par diverses variations, ambiances et des samples qui confèrent au morceau à la fois un aspect planant parfois puissant, mais aussi presque psychédélique (aspect que l’on retrouve aussi sur d’autres morceaux comme « White Horses at Sea // Utopian Daydream »). En plein milieu, un solo, tellement bien amené qu’on ne le remarque pas tout de suite, fait son entrée, pour ensuite retrouver le riff initial.

« The Wave », après une intro assez « zen », aquatique reprend le travail commencé par le morceau précédent. Bien que reprenant ces mêmes bases au niveau de la construction – riffs et variations autour –, il se montre plutôt différent, moins psychédélique. L’ambiance proche des fonds marins se retrouve sur un bon nombre de morceaux, comme le début de « Planet of Insects », avant que le morceau ne devienne plus rock, ou « The Octopus » où elle se montre développée sur près des neuf minutes que compte le morceau, sans que cela soit chiant. « Planet of Insects » d’ailleurs continue lui aussi le rock planant entamé précédemment, sans qu’aucune répétitivité ne se fasse sentir, Sel Balamir évolue dans un registre proche de Steven Wilson, au niveau de la fragilité de sa voix, ressemblance qui se fait plus probante encore sur « White Horses at Sea // Utopian Daydream » où elle se combine aux côtés psychédéliques et, en même temps, mélancoliques chers à Porcupine Tree. « Trading Dark Matter on the Stock Exchange» cloture ce premier CD sur une touche groovy, avec une basse bien mise en avant.

Le second disque se révèle être encore plus planant que son prédécesseur, qui l’était déjà pas mal. Hormis un « Fall of the Empire » bien pesant, un « Interstellar » avec quelques grosses guitares et quelques explosions au sein de certains morceaux, tous ses titres accentuent le côté atmosphérique du groupe. Malgré cet aspect très présent, qui pourra en rebuter certains, ce second CD n’est pas une accumulation de « B sides » pour autant, il contient son lot de petites perles.

« The Sick Rose » avec sa guitare très orientale captive, alternant les moments calmes et explosions mentionnées ci-dessus. « Interstellar » est l’un des deux morceaux les plus Rock de cette seconde partie, après une mélodie sortie d’une boite à musique, la guitare ronfle et même si elle se fait plus discrète, laissant la place à une jolie basse, le titre garde son côté brûlant. Seule deux instants font retomber la pression, Sel prend alors une voix un brin électronique, que le chanteur de Cynic ne renierait pas.

« The Emperor », complètement hypnotique, enivrante, se révèle être un coup de cœur. Les atmosphères aquatiques sont ici sublimées par des riffs, répétés, parfois modifiés au sein de ses cinq minutes. « Fall of the Empire » débute par le sample d’une horloge coucou avant de démarrer sur une guitare vrombissante. Le morceau surprend ensuite par ses rythmiques saccadées. Le refrain reprend le fil conducteur des ambiances maritimes. Le groupe, sur ce second CD, cultive l’art de la rupture brusque, « The Emperor », par exemple, nous laisse presque en plan, en plein milieu d’un plan. Ici, sur « Fall of the Empire » le trio nous fait croire plusieurs fois qu’il en arrive à sa fin, avant de reprendre de plus belle. Ces éléments accentue le côté « déjanté » d’Amplifier.

« Bloodtest » retrouve le calme de « The Sick Rose », pourtant joué avec des instruments « normaux » (guitare, basse, batterie), le titre paraît à la limite de l’ambiant. Les rythmes de la basse et de la batterie sont bien mis en avant, la guitare ne fait presque qu’accompagner. « Oscar Night // Embryo » se place en miroir de « White Horses at Sea // Utopian Daydream » (d’ailleurs, la construction des titres de ces deux morceaux le montre), de par sa proximité avec la musique de Porcupine Tree. Sans être du plagiat, la ressemblance est frappante. Et, continuant leurs ruptures étranges, le morceau devient réellement ambiant cinq minutes après son commencement.

« Forever and More », très rapide sort de l’eau pour un côté très aérien. Le chant pousse encore dans les aigus, toujours sublimes. Il termine l’album, sur ses deux dernières minutes, dans un joyeux bazar instrumental qui serait inapproprié s’il n’était pas amené avec autant de savoir faire.

Comment ça les perles dont je parlais est en fait l’intégralité de cette deuxième partie ? Ah oui. Et bien il se trouve qu’Amplifier a réussi le coup de maitre de pondre seize morceaux, longs, pour un même album de près de deux heures, sans qu’aucune impression de remplissage ne se fasse ressentir. Avec un fil conducteur bien amené par divers samples et ambiances, une production juste assez crue pour accentuer les aspects Rock du groupe, tout en étant assez clean pour sublimer ses ambiances aquatiques, « The Octopus » est un véritable bijou. Les Anglais ne font pas que de la Brit Pop et j’en suis bien heureux.

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