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Almøst Human – XS2XTC

Le 9 février 2019 posté par Willhelm von Graffenberg

Line-up sur cet Album


  • Ben Pluss - Vocals
  • Chris Matthey - Producer, Mixer, Guitar, Vocals
  • Gilles Bonzon - Guitar
  • Jan Peyer - Bass
  • Olivier Perdrizadt - Guitar, Vocals
  • Rosario Fullone - Drums

Style:

Industrial Metalcore

Date de sortie:

9 Février 2019

Label:

Burn the Alps, Nuclear Blast

Note du SoilChroniqueur (Quantum) : 8.5/10

C’est fou ce qu’on s’impose souvent à notre insu comme zones de confort. Jusqu’à présent, ma connaissance du Metal industriel était aussi commerciale que réduite, alors que je mettrais sans vergogne ce style de Metal sur mon podium de styles de prédilection – le premier étant le Folk. Grosso modo, les groupes que j’écoute en boucle et qui constituent mon encyclopédie microscopique sont Aborym, Psyclon Nine (dont le dernier album a été magnifiquement chroniqué par notre maitre vénéré et vénérable Chris Metalfreak) [NdWvG : mais quel fayot, çui-là !], Rammstein si l’on part du postulat qu’il s’agit de Metal, et Samael… voire White Zombie sur certains morceaux et un album d’Ulver « Perdition ». Pas reluisant tout ça…

Récemment j’ai fait l’apologie du premier opus d’Entropy Zero et Chris m’a fait découvrir Ice Ages, projet solo du leader de Summoning. Tous deux, je ne manque pas de les qualifier de « meilleures découvertes de 2018 » ! Je ne mets pas dedans les nombreuses musiques électro, transe, dark ambient et autre makina que je dévore en parallèle car totalement hors sujet. Mais bon, voilà les frontières de ma zone de confort : de la taille du Liechtenstein (très beau pays, au demeurant).

Donc, j’ai ici l’occasion de m’aguerrir dans le style indus avec le groupe Almøst Human qui nous vient de Suisse (encore un pour moi, j’adore ce pays). Étant venu au monde de la musique dans les années 90 avant de tomber en hibernation jusqu’en 2008, le groupe s’est enrichi d’un EP cinq titres appelé sobrement O. Et puis v’là le temps de l’album XS2XTC (à dire très rapidement pour exercer ses zigomas) sorti il y a un an (le 11 janvier 2018). Ce que je n’ai pas compris, c’est la mention sur leur site Internet d’un EP du groupe humoristique Black Lion Genocide intitulé Destroying Vertigo. Je ne vois pas trop le rapport mais, bon… admettons. En tout cas, très bon EP qui vaut le coup d’être non pas pris au sérieux mais au moins écouté pour sa part belle au beau pays Valaisan (dédicace à notre Kenpachi frontalier qui est loin d’être neutre quand on parle de sexualité, hé, hé). Le groupe est constitué de six musiciens, ce qui promet un combo bien sympathique surtout que le label qui a produit le CD est peu connu et a un nom plutôt marrant, Burn the Alps ! Il va falloir beaucoup d’allumettes en tout cas… [NB : j’ai lu sur un site Internet que le groupe avait co-écrit le fameux EP humoristique, d’où sa présence sur le site officiel.]

Le visuel de l’album a le mérite de faire dans l’originalité sans être très original. (Si, si, c’est possible !) La gravure d’une personne qui enlève sa peau, laissant visible toute la partie musculaire du corps n’est pas courante. Le tout sur fond gris un peu vieilli, comme une réelle gravure d’époque. Cette pochette n’est pas hyper sophistiquée mais laisse planer le doute quant au contenu musical de l’album car, si certains artworks sont révélateurs, d’autres sont plus énigmatiques. C’est donc un bon point car c’est typiquement ce genre de visuel qui donne envie de pousser la découverte plus loin. Le nom de l’album et son font (/police d’écriture) m’évoquent fortement quelque chose sans identifier quoi… Comme si le nom avait été tapé à la machine à écrire mais dans un contexte bien précis. En tout cas, contrairement à beaucoup de groupes, une écrasante majorité même, le visuel est plus cohérent avec le nom du groupe, Almøst Human, que le titre de l’album en lui-même. J’apprécie beaucoup en tout cas, bonne pioche !

Pour le contenu musical, j’ai plein de choses à dire, à commencer par le style de musique proposé. On a affaire à un mélange savant de Metalcore et de rajouts industriels. Il y a un emploi du fameux staccato qui caractérise fortement ce style-là, avec des riffs saccadés de toute part, des breakdowns qui donnent envie de se rappeler combien la gravité de Newton peut ramener notre cervelet vers le sol. Mais il y a aussi une belle part offerte aux passages groovy qui rajoutent de la rythmique supplémentaire. Ce n’est jamais simple à effectuer, cette égalité parfaite entre le groovy et l’aspect tranché des riffs -core. Dans ce cas précis, c’est réalisé avec beaucoup d’aisance.

Le contenu général que je ne pourrai pas détailler morceau par morceau est très homogène. On retrouve tout à fait les mêmes sons des guitares, la basse est certes un peu noyée par le reste mais sert d’appui à la batterie qui, elle, remplit vraiment très bien son rôle de marquage des rythmes. J’aime bien parce qu’on sent très vite qu’il y a une maitrise totale des instruments, ce qui n’était pas automatique au vu du peu de supports CD antérieurs à l’album. Moi qui ne suis pas particulièrement amateur de ce genre de Metal (le Metalcore), je dois avouer que je me laisse bien entrainer ! J’ai vraiment bien aimé le morceau « What makes you so hard » qui démarre d’une façon plus lourde et donne envie de distribuer quelques coups de poings dans le moshpit (mais pas trop fort quand-même, ha, ha). Le morceau au nom bizarre de « Chemical Breakfast » est une pause instrumentale que j’ai trouvée intéressante, laissant une part au Metal avec la basse et la batterie ce qui, là encore, n’est pas courant surtout quand il y a des incorporations industrielles.

Par moment on se demande jusqu’où le groupe ira dans les essais parce qu’on se retrouve au milieu de l’album avec le morceau « BabyGlued » qui démarre avec… des percussions type tam-tam et des parties guitares moins saturées. J’ai été désarçonné par ce début de morceau dont on se demande par quel miracle il s’est retrouvé au milieu de la brutalité ambiante ! Assez inattendu !

Mais la palme d’or de l’étrange reviendra au morceau « Fucktory of Illusions », d’abord par son nom, n’est-ce pas, ensuite parce que la fin du morceau est totalement planante ! C’est un peu le symbole de cet album dans son ensemble : une base solide et bien construite avec quelques petites touches de flashy par ci, par là, qui détonnent et ne font que donner envie de continuer ! Un très bon travail de composition qui ne laisse pas indifférent et se veut efficace.

Le mixage et le mastering sont excellents. Une qualité rarissime dans un premier album qui montre les moyens mis en œuvre pur donner naissance au meilleur CD possible. Niveau motivation, sur une échelle de zéro à dix, avec un travail en studio pareil on doit frôler le dix sans problème ! Un grand bravo !

Le chant est très bon également, avec une alternance de chants clairs et de screams mais qui n’officient pas dans le « hurler ses tripes dans le micro sans articuler ». Les phrasés sont audibles, compréhensibles et surtout j’ai été impressionné par le travail fait en studio et la qualité du chant qui donne l’impression d’être le même partout, sans fausse note. Je crois qu’une fois de plus, la motivation entière du groupe n’est plus à démontrer une fois qu’on a fait le tour de la musique.

Mon seul petit bémol ira vers les claviers : si parfois ils se démarquent bien dans l’utilisation de samples différents surtout en début et fin de morceau, pour ce qui est de la majorité c’est un peu trop la même chose partout. Le même son surtout comme un tremolo perpétuel ; autant il se marie bien avec l’ensemble metal, autant à force de l’entendre on s’en lasse très vite. Trop vite. Pensez peut-être à varier plus les claviers la prochaine fois, pour que le tout soit pratiquement parfait.

N’ayant pas eu accès aux textes, j’ai fouillé de quoi me mettre sous la dent concernant l’univers du groupe et je suis tombé sur cette citation qui résume tout : « La musique d’Almøst Human oscille entre introspection et crise de rage, dureté et apaisement. Se jouant des clichés traditionnellement associés au Metal (symbolique occulte, sang), elle nous interroge sur notre nature d’êtres humains et sur la place que nous occupons – ou souhaiterions occuper – au sein du règne animal. » Autant vous dire que non seulement la démarche est validée largement mais qu’en plus, tout le mérite en revient au groupe de vouloir se démarquer des éternels clichés. Un grand point que je souhaitais souligner !

Pour en finir avec cette chronique, il me suffira de dire que XS2XTC est un très bon album ce qui est peu de le dire quand on se souvient qu’il s’agit d’un tout premier ! Il y a de la qualité en pagaille, les morceaux sont très bien construits et je pense qu’il conviendra surtout aux amateurs de Metalcore plus qu’aux friands d’industriel. Les quinze morceaux s’écoutent sans pause, et donnera le pep nécessaire à ceux qui s’ennuient chez eux et ont besoin d’un punchingball virtuel. En tout cas, la tâche était rude car je n’aime pas vraiment le Metalcore, mais c’est rentré comme papa dans maman en ce qui me concerne. Peut-être pourrais-je ainsi me confectionner un compartiment de CDs -core grâce à Almøst Human, qui sait…

Tracklist :

1. System of Beliefs
2. Warpigs
3. Naked now
4. What makes you so hard
5. Chemical Breakfast
6. Divine Comedy
7. BabyGlued
8. Clowned
9. Beloved Pet
10. Promised ParaDies
11. In the Name(s) of God(s)
12. Fucktory of Illusions
13. From Womb 2 Tomb
14. Welcome 2 Neverland
15. Ghost Song

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Playlist Bandcamp

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