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Live report: Bloodybarbie


Ce soir, le Glazart accueille en son sein un groupe qui, bien que peu connu en soi, comporte un membre, un batteur des plus connus de la scène métal, Seigneur Dave Lombardo (ex batteur et co-fondateur de Slayer, Fantômas, Grip Inc.,Testament et bien d’autres). Il s’agit de PHILM, un de ses side-projects fondé avec  le bassiste Pancho Tomaselli et le guitariste Gerry Nestler, qui compte une petite discographie de deux albums : Harmonic (sorti en 2012) et Fire From The Evening Sun sorti en septembre 2014 et faisant l’objet de cette tournée. Leur style n’a rien à voir avec du thrash couillu à la Slayer, mais un mélange des diverses orientations musicales de ses membres puisque le bassiste provient du funk rock (War), le guitariste du prog metal (Civil Defiance) et Dave Lombardo sait tout faire. Ce cocktail donne une musique qu’on ne peut pas classifier (franchement ces classifications, on s’en fout. Je vous laisse le soin de vous adonnez à cet exercice difficile). Disons que c’est de la musique complètement polymorphe et psychédélique avec une structure décalée du métal alambiqué, ce qui ne se décrit pas  avec des mots mais s’écoute (c’est pour ça que faire une chronique de leurs albums est juste pas possible) !

Par ailleurs, il ne faut pas dire que puisque c’est une œuvre de Dave Lombardo c’est de l’or, parce que leur premier album Harmonic se discute, mais que la remise en question s’est faite après et on le ressent dans Fire From The Evening Sun, bien meilleur !
Par contre, ce que je reprocherais à PHILM, c’est la mauvaise qualité de chant de Gerry Nestler, un peu punk, même s’il est excellent guitariste, mais alors dès qu’il ouvre sa gueule, ça gâche  un peu le charme des compositions (et on est plusieurs à être d’accord sur ce point). Sauf quand il crie, là, ça passe nettement mieux !

Petit problème lors des balances de son de The Lumberjack Feedback, qui aura l’honneur d’ouvrir pour PHILM. Ils sont à 109db, au delà la limite du légal (qui est de 106db). Il leur a fallu baisser les enchères… Mais ils y sont finalement arrivés. Puis je remarque une anormalité sur scène, pourquoi dieu y-a-t-il deux batteries ? Parce qu’il y a deux batteurs! et oui ! Il y a des groupes à qui un seul batteur ne suffit pas, mais je n’en connais pas beaucoup (hormis Combichrist) et je n’en ai jamais vu en live… On peut citer dans le même style : Cult Of Luna, Pelican, Neurosis, Crowbar….

The Lumberjack Feedback est un groupe lillois formé en 2009 qui dispose de deux EP à ce jour: Hand Of Glory et Noise In The Church (EP live enregistré et filmé dans une église ! Disponible gratuitement sur le site de leur label Kaotoxin), et qui fait du très bon sludge/doom sans chant made in France. Même s’il ne révolutionne pas le style, cette formation a beaucoup de potentiel pour aller de l’avant et se faire sa place, certainement en France voire à l’échelle internationale !

Je me suis mise au premier rang afin d’admirer de près les deux batteurs œuvrer ensemble et jouer à “relever les 7 erreurs”. Le show commence et dévoile une musique envoûtante purement instrumentale (le chant ne manque pas du tout) afin  d’apprécier uniquement ces gros riffs doom/sludge voire même black métal transcendants qui vous scotchent et vous vident l’esprit… ça, c’est de la relaxation à l’état pure, même si certains spectateurs ont trouvé ça un peu redondant et lassant à la longue… Mais pas moi !

En ce qui concerne le duo des batteurs, je peux vous garantir qu’il n’y a eu aucune mauvaise synchronisation ni de fautes, 30 minutes de jeux parfaits ! Le groupe était en complète transe, et nous ont entrainé avec eux ! C’était une première partie exceptionnelle selon moi, puisque c’est la première fois que je vois en live un tel groupe qui est arrivé à me faire entrer dans une si profonde transe tout en admirant le spectacle du duo des batteurs.

Le dernier morceau a commencé très lent et est monté en vitesse progressivement. Il semblait interminable, on aurait dit que les musiciens avaient du mal à s’arrêter… Les guitaristes et le bassiste se tournaient vers les batteurs pour anticiper la fin, mais cela sembler durer encore, tant que les batteurs n’avaient pas décidé d’arrêter… Ils étaient comme exaltés, surtout l’un des deux qui était complètement déchiré et s’en est pris à son micro pour crier (mais il était coupé)… J’ai cru à un moment qu’il faisait une crise d’épilepsie ou qu’il était possédé en le voyant trembler bizarrement, mais il parait que c’est normal. Nous entendant enfin un cri, celui du guitariste !
Sans hésiter, je m’en vais acheter leur EP, car j’aimerais revivre ces sensations fortes chez moi. Bon après, il n’y a hélas que deux morceaux !!!! (De 8 minutes chacun, mais bon ça reste peu rassasiant).

Setlist The LumberJack Feedback:

-Salvation
-A whisper to the thunder
-The dreamcatcher
-Blackened Visions
-Dra Till Helvete
-Blues sky for the red sun

Petit quart d’heure d’attente histoire que le trio de PHILM mettent en place leur propre scène… Parce qu’eux, ils ont eu les couilles de ne pas embaucher un Roadie pour faire ces taches ingrates et on relevé seuls ce défi ! Dave m’avoua que c’était très difficile pour eux de gérer une tournée pareille, mais ils voulaient avant tout montrer que c’est possible (et puis faire des économies).

Un ingénieur du son ? Même pas ! Le responsable du Glazart a eu la clémence de les aider quand même. Bien évidement, les soucis techniques étaient inévitables.

Le show démarre avec le titre éponyme, “Fire From The Evening Sun” qui est un véritable morceau détonnant, un mix de stoner et de thrash avec beaucoup de screams qui prennent le dessus sur le chant clair peu présent, sans oublier ce super solo.
“Lion’s Pit”est un véritable morceau étourdissant un peu stoner à la Black Sabbath, où Gerry se déchaine complètement et crache sa rage dans son micro, et avec des riffs prenants, on ne risque pas de l’oublier, celui-là. “Silver Queen” est plutôt orienté blues dans le lent avec des notes des riffs de rock sudiste. Mais aussi d’autres titres sont plutôt orienté  grunge comme “Train” et “Fanboy”.

PHILM nous aura bien transportés avec cette musique si spéciale et si riche !

Ce côté prise de risque conférait à ce show tout son charme, voir Dave Lombardo et ses compagnons aussi modestes que cela fait chaud au cœur (bon, eux, ils devaient stresser à mort à chaque fois). On a eu le droit à un arrêt cardiaque de la basse, puisque qu’à un moment donné elle ne fonctionnait plus, le groupe a du continuer sans Pancho le temps qu’il règle son problème (il a mis un bon moment!). Il a commencé par changer d’instrument… ça ne marchait pas. Puis la solution a été finalement de changer de câble jack et l’autre groupe a eu l’amabilité de lui prêter le leur.

Le morceau suivant, c’est à Dave qu’arrive le malheur, il dit “It’s my turn now”, non seulement un souci de pédale de grosse caisse qui lui a fallu prendre quelques instants pour régler, mais encore la cymbale, la peau de sa caisse claire à accorder en live (du jamais vu en live) en disant “we spent too much time in Brasil”, ou encore son tabouret à ajuster… Bref, des moments épiques et inoubliables, même si les membres avait des sueurs froides et ne trouvaient pas ça drôle du tout ! Seul le guitariste s’en est sorti indemne.

Petit problème sur “Held In Light” que le groupe a dû reprendre dès le début une seconde fois. Ce n’est certainement pas mon morceau préféré puisque le chant est méchamment moche, cependant ce côté stoner prononcé est assez prenant quand on oublie les points dérangeants.

Je pense que l’attraction principale ce soir c’est Dave (ensuite PHILM), et notamment pour les quelques fans/batteurs présents qui ne le quittais pas d’une semelle. Il n’était pas mis au fond de la scène, mais au même niveau que les autres musiciens, ce qui n’est pas une mauvaise idée ! Cela nous a permis d’admirer de près chacun de ses gestes et s’extasier devant son jeu si propre et précis.

Le guitariste s’en est sorti indemne, aucun problème (hormis son chant qui sonne souvent faux, et c’est ce que je reproche le plus à ce groupe qui devrait soit embaucher un chanteur, soit donner des cours de chant au guitariste). Il y a eu quelques moments d’improvisation du guitariste qui a contraint ses camarades à le suivre dans son délire le temps de quelques secondes… c’était bien cool !

Il fait don de ses 4 baguettes en disant qu’ils ne les aiment pas du tout, qu’elles étaient trop grosses pour lui.

PHILM n’avait de merch, ils s’en foutent mais surtout ils n’ont personne pour tenir le stand. Toutefois certains avaient déjà acheté le CD/Vinyl et se le sont fait dédicacer après le show.

Voilà un concert simple, authentique, intimiste et très amical… Qui aurait cru qu’on verrait Dave aussi proche de nous et accessible que dans ce petit concert par la taille mais épique dans le cœur des auditeurs.

Je remercie Roger (de Replica) et UDR Music pour l’invitation, l’organisation Dead Pig Entertainment pour avoir permis cette date et bien évidement les deux groupes qui nous ont fait vivre une sacrée soirée !

Setlist PHILM:

-Fire from the evening sun
-Vitriol use-Fanboy
-Blue dragon
-Lady of the lake
-Lions pit
-Train
-Omniscience
-Luxhaven
-We sail at dawn
-Silver queen
-Sex amp
-Dome-
-Held in light
-Mild

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1 Commentaire sur “PHILM + The Lumberjack Feedback (au Glazart le 08/03/15, Paris)”

  1. pingback pingback:
    Posté: 19th Avr 2015 vers 1 h 15 min
    1
    PHILM | Soil Chronicles

    […] PHILM + The Lumberjack Feedback (au Glazart le 08/03/15, Paris) […]

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