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Deux semaines après le premier concert – réussi – en Avignon intra muros, le Théâtre des Italiens nous remet ça. Et un concert à dix minutes à pied de la maison, ça ne se refuse pas ! Surtout que ce soir, c’est avec Right to the Void, Psygnosis et Gravity, trois groupes que je connais déjà. Alors bravons la pluie et allons se faire chauffer les tympans !

Après quelques discussions, les Gardois de Right to the Void démarrent leur show sur la scène, toujours à même le sol, mais cette fois séparée du reste de la salle par les enceintes de retour. Un son lourd nous accueille directement, pour nous en foutre plein les oreilles. Leur Thrash/Deathcore est menaçant, brutal et violent, et ça se ressent jusque dans les lights, elles aussi assez sombres, qui instaurent un climat d’urgence. Si c’est pas très bon pour mon objo, pour l’ambiance, c’est redoutable. Dommage cependant que le groupe semble pas très l’aise sur cette scène un peu particulière. Du coup, on concentre un peu trop son regard sur Guillaume, hurleur, qui s’appuie sur le caisson surélevé à l’avant, et le martèle de ses pieds.

Heureusement, après les premiers titres, le reste du groupe se lâche bien plus et la première sensation s’efface rapidement au profit d’un jeu de scène bien plus en accord avec la musique. Une musique plutôt complexe, d’ailleurs, qui mérite qu’on la connaisse avant de la découvrir en live pour la savourer complètement. Car le quintet nous offre rarement le temps de respirer.

Néanmoins, avec ce premier set, Right to the Void nous aura déjà mis un bon coup de savate et aura bien chauffé la salle pour ensuite accueillir Psygnosis.

Et là… holy fuck ! C’est certainement ma plus grosse claque depuis un moment ! Déjà, j’avais reçu leur CD, Human Be[ing] (chroniqué par Celtikwar), sorti tout tout tout récemment, et je m’étais pris une bonne baffe, mais là ! Il a suffit de l’intro, des premiers riffs de guitares et les headbangs furieux qui vont avec, pour m’emporter totalement. Mais ce jeu de scène, justement, ce n’est pas qu’un jeu de scène. Rien que voir Yohan, le chanteur – à l’aise aussi bien dans les hurlements que dans le chant clair, même si quelques petits détails se faisaient parfois entendre –, totalement possédé. Le groupe ne joue pas, il vit vraiment sa musique. Musique qui n’est pas non plus des plus simples. Ce très personnel Death Progressif mâtiné d’Indus, avec boîte-à-rythme et pas mal de samples de films, multiplie les plans différents, n’hésitant pas à allier des passages sereins, ambiants, à d’autres nettement plus violents (un peu à la manière d’un Hypno5e, mais pas en tout à fait pareil), pour des morceaux dépassant souvent les dix minutes. Et, aussi bien lors des passages extrêmes que durant les « pauses », on a une interprétation en direct par le quatuor. Et pourtant, il n’y a pas de fioriture, rien, ou presque, sinon les membres du groupe.

Mais en plus de ça, en plus de nous offrir un spectacle prenant, c’est que les gars sont aussi de sacrés déconneurs, se foutant pas mal – gentiment – du public (il est vrai, un peu trop en retrait ce soir), allant jusqu’à s’asseoir en bord de scène pour jouer, imitant ainsi certains spectateurs un peu fatigués, ou feignants, au choix.

C’est au terme de cinq titres d’une dizaine de minutes chacun, dont la majorité issue de Human Be[ing], en avant première ce soir-là – et qui apportera au groupe, je l’espère, la reconnaissance qu’ils méritent –, que ce set se termine.

À les avoir vus comme ça, on se sent presque épuisé.

Après Psygnosis, c’est au tour de Gravity de faire le show. Et passer à la suite de cette grosse claque, c’est pas facile.

Si vous êtes amateur de Modern Metal Français, Gravity, vous devez connaître, parce que depuis la sortie de leur premier album, il fait bien parler de lui (et si vous êtes fan de cinéma, c’est pas du même qu’on parle). Moi, je les avais déjà vus à Lyon, avec Aesmah, en 2010, avant la sortie de leur premier album. À l’époque, mon copain Bodom remarquait un manque de maturité dans le jeu de scène, avec une Emilie, chanteuse, un peu timide (il évoquait le syndrome « envie de faire pipi »). Mais depuis, le temps a bien passé. On a déjà pu l’apercevoir dans la différence entre leur deux albums, Syndrôme et Eutheria, avec des compos bien plus mûres pour le second.

Et niveau scénique aussi, ça a changé.

Ça envoie savamment le bois ! Emilie a pris une grande aisance et va maintenant directement appeler le public – moins nombreux lui, j’ai l’impression. Alexandre, guitariste, et Timothé, bassiste, prennent vraiment bien le reste de la scène, posant sans faire poseurs et headbanguant avec fougue. Le groupe prend un vrai plaisir sur les planches, plaisir qui se voit plutôt bien partagé avec les spectateurs présents. Surtout que la musique, directe mais pas dénuée de subtilités, aide bien à faire bouger.

Et puis, comme on est à la fin des concerts de promo d’Eutheria, certaines petites nouvelles compos, issues du futur album, nous sont jouées pour la première fois ce soir. Un chouette petit cadeau pour les fans.

Bon, oui, passer après Psygnosis, ça créé tout de suite une comparaison en défaveur de leurs successeurs, c’est sûr. Mais les Mâconnais ont été tellement impressionnants, que c’est plus à voir comme un compliment envers eux, que comme une critique envers Gravity.

Bref, avec ce deuxième concert, le Théâtre des Italiens frappe encore une fois un bon coup. Surtout que l’ambiance d’après concert est toujours aussi bonne. Des bons groupes, une chouette petite salle, un bon son. Il manque plus qu’un jeu de lights plus clair (pour mon pauvre petit objectif), et c’est nickel. Espérons qu’un troisième concert Metal suivra et instaurera une sorte de rendez-vous pour les Avignonnais.

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