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Live report + Photos : Bloodybarbie

La galerie photo du concert http://www.soilchronicles.fr/photographies/cradle-of-filth-ne-obliviscaris-au-cabaret-sauvage-paris-le-28102015

Ce n’est pas tous les jours que les concerts de métal se déroulent au Cabaret sauvage à Paris, mais en tout cas c’est là que Cradle of Filth a été programmé ce soir-là pour son concert dans le cadre de  l’Inquisitional Tourture 2015 afin de célébrer la sortie de leur tout dernier album « Hammer Of The Witches » (lire la chronique ici : http://www.soilchronicles.fr/chroniques/cradle-of-filth-the-hammer-of-the-witches). Quelques heures avant le concert, les membres assuraient une séance dédicace à Gilbert Joseph.

En ce qui concerne le choix de la première partie, COF a mis en place un concours pour sélectionner un groupe qui a l’honneur d’ouvrir pour eux dans chaque pays hôte, en plus de leurs compagnons Ne Obliviscaris. Pour la France, parait-il que le groupe Benighted Soul (de Nancy) de prog metal à chanteuse, a tapé dans l’oreille du guitariste qui aurait dit : « c’est eux que je veux ». Une victoire bien méritée étant donné que le groupe est d’un très haut niveau musical, techniquement proche du jeu de Dream Theater (mais avec une chanteuse, ce qui est bien plus agréable que le chant maudit de James LaBrie ), même si j’appréhende un peu le chant féminin sur ces mélodies. D’ailleurs, ma chronique de leur dernier album témoigne de ma grande appréciation du talent des musiciens. J’ai eu l’occasion de les voir en co-tête d’affiche avec Wildpath en janvier 2015, voilà comment je suis tombée sous le charme de ce fabuleux groupe, qui, je n’en doute pas, aura une belle carrière avec beaucoup de succès.

Hélas, j’arrive en retard pour assister à leur demi-heure de show, mais du Cabaret Sauvage, les alentours profitent aussi du son puisqu’on entend tout et de loin ! J’ai quand même pu assister à la moitié du dernier morceau. La salle n’était pas très pleine d’ailleurs. Il faut dire que 19h pétantes, c’est un peu tôt pour une salle qui se trouve à l’autre bout du monde !

Bref, j’étais bien dégoutée de rater cette première partie, mais bon le meilleur est à suivre.

 

Je ne connaissais absolument rien de ce groupe australien qui partage la tournée européenne avec Cradle Of Filth et c’était une sacrée méga bonne découverte. Un groupe dont l’ingrédient magique étant le violon (et surtout un violoniste en transe) et une myriade  d’orchestrations en fond. Les growls assurés par Xen et des parties en chant clair assurés par Tim (le fameux violoniste) orientent cette sauce très mélodique vers du death/black progressif ou de l’avant-garde metal très plaisant. On y trouve un peu de tout, des passages variés allant jusqu’à y glisser des riffs flamenco ou autres influences musicales hors metal mais qui trouvent très bien leur place dans leurs compositions. D’ailleurs, le guitariste Benjamin Baret savait suffisamment bien parler français pour produire quatre phrases successives sans accent prononcé afin de présenter sa bande et nous remercier chaleureusement. Puis j’apprends qu’il est carrément français !

Une setlist de trois morceaux, mais trois excellents et longs morceaux (vive le prog) balayant diverses émotions et énergies, du plaisir à l’état pur, une véritable merveille ce groupe ! Chacun y trouve son compte, on headbangue quand il le faut et on se calme lors de ces forts moments d’émotion. Les soli de violon, qui se trouvent plus nombreux que les soli de guitares d’ailleurs, me font penser au divin jeu de violon de Lindsy Stirling mais également à ce même état fusionnel qu’elle entretient avec son instrument. La qualité sonore était plus qu’excellente (meilleure que pour Cradle Of Filth d’ailleurs) et a rendu le show d’autant plus magique et inoubliable, qui résonnera à tout jamais dans mes cavités auditives.

Setlist Ne Obliviscaris:
-Devour Me, Colossus (Part I): Blackholes
-Pyrrhic
-And Plague Flowers the Kaleidoscope

Une bonne et longue demi-heure de préparation de la scène pour accueillir des soldats du diable. Pendant ce temps, Stéphane Buriez continue à interviewer des fans, les autres faisant un tour au merchandising – qui est d’ailleurs scandaleux : 25 euro le T-shirt (le moins cher) ! Mais sérieusement, pour qui ils se prennent  ces mecs, payer 25 euro pour avoir la gueule de Dani sur le torse ou des femmes à poil ? Bon, c’est vrai qu’il est sympa cet artwork de Cradle Of Filth, mais les prix étaient abusés, et d’ailleurs on voit que ça a rebuté beaucoup de personnes !

Il faut dire que le concert a sacrément eu du mal à démarrer, la fumée balancée pendant une dizaine de minutes, nous faisant attendre leur entrée sur scène pendant ce long moment, et en vain ; ça en devenait franchement désagréable à la fin !

La déco de la scène était sympa, avec deux squelettes crucifiés de part et d’autre de la scène, avec de beaux jeux de lumières de toutes les couleurs (même le rose). Enfin, voilà que le sextuor apparaît sur scène, avec Lindsay  jouant à la sorcière, vêtue d’une cape, qui fait le tour de l’espace scénique avant de rejoindre son clavier et se transformer en sorcière angélique, laissant la vedette et la place à Dani qui fait irruption avec ses cornes du diable et sa canne. Ses disciples s’ensuivent pour débuter cette messe noire après l’intro instrumentale « Humana Inspired to Nightmare » qui s’enchaine sur un set old-school : « Heaven Torn Asunder » et une version améliorée et fraiche de « Cruelty Brought Thee Orchids » ( de l’album « Beauty and The Beast ») avant de nous dévoiler enfin un morceau de leur tout dernier album « The Blackest Magik in Practice » (j’avais moins hâte d’entendre ça et finalement, en live, ça passe nettement mieux) suivi du thrashy « Lord Abortion » où Dani nous fait un solo bien aigu et crade (j’avoue : en live, ça peut devenir vite la torture pour les tympans, surtout que ce morceau a été chanté différemment de l’original, en remplaçant les parties chantées en grave par des aigus).

Assoiffé de mouvement de foule, Dani n’hésite pas à appeler au circle pit sur « Right Wing of the Garden Triptych », le meilleur morceau du nouvel album, avec ses parties dans le mid-tempo au clavier, de longs soli de guitare très agréables et un duo Dani/Lindsay.

Le public semblait jusqu’à là assez calme, excepté un « putain d’énergumène » particulièrement surexcité qui n’arrêtait pas de foutre le bordel et bousculer tout le monde, ou encore dans un autre coin une fille s’effondre puis se fait secourir par les secours (ahlalala il y en a toujours une qui tombe dans les pommes lors d’un concert, il faudra que j’élucide le mystère un de ces jours).

Je m’attendais à ce qu’ils jouent « Malice Through The Looking Glass » comme dans d’autres concerts de la tournée mais ils ont enchainé directement sur « Deflowering the Maidenhead, Displeasuring the Goddess » (je peux vous assurer que Dani a mis plus de trente secondes pour annoncer le titre) aux mille-et-un blasts effrénés et sans répit (même le premier solo véloce n’arrive pas ce rythme infernal) de leur dernier album fétiche. Le rythme se tasse enfin, laissant place à deux soli plus calmes joués à tour de rôle pour freiner sur du mid-tempo avant de mettre le terme au morceau par mini solo de batterie.

Dani nous demande de faire un tonnerre d’applaudissement pour ce très vieux titre du début de carrière de COF, extrait de leur EP « V Vampire » (je suis sûre que personne n’en avait entendu parler avant) :  « Queen Of Winter Throned » et qui va clôturer cette setlist, débutant avec son intro narrée d’une voix grave démoniaque, clairement le morceau ou cette basse claquante se fait plus entendre que les grattes. Les gens se regardaient d’ailleurs d’un air étonné (c’est ce que je disais, personne ne connaissait ce titre).

J’ai même piqué un fou rire lorsque Dani chanté les parties aigus de ce titre, ça faisait un peu “nananananananana” (je me demande s’il se souvenait de son texte ou alors est-ce un nouveau langage). Le chant clair de Lindsay sonnait faux, même sans connaitre l’original. Une kalachnikov mélodique qu’est ce morceau de 10 minutes, bordel (et ce n’est même pas du prog) !

J’aurais vécu le rappel avec le plus de morceaux – ne l’appelons pas rappel, voyons… appelons le “pause au milieu du set”. Parce que le batteur a besoin de s’étirer, parce que Dani a besoin d’enduire sa gorge de miel ou d’autre lubrifiant (du sang, peut-être ?), ils se prennent 5 minutes de pause le temps de l’agréable interlude « Walpurgis Eve » au violon, que le public trouve plaisir à fredonner avant que la guerre ne reprenne son cours avec « Yours Immortally », une des dernières occasions pour le public de slammer et de foutre le bordel dans le pit.

S’ensuit le tant attendu (surtout par moi) « Nymphetamine » (la version Fix”) par lequel j’ai découvert COF dans mon adolescence et dont je ne me suis jamais lassée ! Et c’est Lindsay qui interprète le duo féminin avec Dani. Hélas, elle n’arrive pas à faire ressortir la magie de ce titre comme le faisait si bien Liv Kristine sur la version originale (quelques fausses notes lors des envolées lyriques…). L’intro d’épouvante annonciatrice du titre horrifiant par ses symphonies « Twisted Nails Of Faith » (les grimaces de Dani vont très bien avec).

Le public se tenait prêt à cette mascarade et, pour accompagner Dani, fait les chœurs sur le sublime « Her Ghost In The Fog » du top 10 de la disco de Cradle – issu de leur meilleur album d’ailleurs : « Midian » (2000) – pour terminer par le thrashy « The Principle of Evil Made Flesh »(1994) avec lequel la gloire de COF débuta, aux guitares heavy et une rythmique sur l’outro typé folk metal… Un des “intrus” dans la disco de COF, différent du commun de leurs compositions de « The Forest Whispers My Name », de leur tout premier album sombre et sanglant par ses thèmes et son ambiance. On y ressentira ce jeu de batterie plus raffiné, qui change de la machine de guerre sur d’autres titres.

En tout cas, on en aura eu pour notre argent avec 1h45 de set, plus aucun groupe ne tient autant sur scène, un grand merci à eux pour ce super show presque anthologique.

Entre nous, j’attendais le(s) moments(s) de chute pour énumérer les fausses notes de Dani puisque la légende dit que Dani chante très mal sur scène et honnêtement, je n’ai détecté aucune anomalie. Le son était très bon et propre, donc le mythe n’a pas été vérifié ce soir-là. Et p*****, ses aigus sont aussi aigus que sur albums… Il m’impressionnera toujours en sortant ça du fin fond de sa gorge, ou alors il s’est beaucoup amélioré. Une superbe présence scénique surtout de la part de Dani l’hyperactif (qui saute partout, comme un diablotin), proche de son public, ainsi que tous les autres musiciens (sauf le batteur, isolé dans sa cage et Lindsay qu’on a vraiment du mal à voir malheureusement) qui n’ont pas cessé de nous lancer des regards malsains et perturbants. C’est à se demander comment fait Dani, après une vingtaine d’années d’hurlements pour continuer d’émettre dans cette large panoplie sonore allant de mi5 au do1 à la perfection (même si j’ai des doutes quant à la prononciation exacte des textes avec ces intonations surhumaines). Il a clairement des cordes vocales indestructibles (ou une recette secrète) !

Je remercie Nuclear Blast pour l’invitation, Nous Production pour avoir permis cette date ainsi que les groupes pour nous avoir fait vivre une superbe soirée démoniaque !

Setlist Cradle Of Filth :

-Humana Inspired to Nightmare
-Heaven Torn Asunder
-Cruelty Brought Thee Orchids
-Blackest Magick in Practice
-Right Wing of the Garden Triptych
-Malice Through the Looking Glass
-Deflowering the Maidenhead, Displeasuring the Goddess
-Queen of Winter, Throned

Encore:

-Walpurgis Eve
-Yours Immortally…
-Nymphetamine (Fix)
-The Twisted Nails of Faith
-Her Ghost in the Fog
-The Forest Whispers My Name
-Blooding the Hounds of Hell

 


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