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Live report : Bloodybarbie


Cela fait dix ans qu’on n’a plus revu ni entendu parler d’Arcturus, dix ans sans nouvel album ni tournée, DIX P**** d’années à attendre le jour J, ce jour où on aura un nouveau chef d’œuvre comme tout le reste de leur discographie frôlant la perfection et l’authenticité avant-gardiste, et ce jour où on les reverra près de chez nous ! Et ce grand moment arriva enfin ! Un ENORME merci à Garmonbozia qui a fait des centaines d’heureux en ce Dimanche 10 Mai 2015.

Cette année est une année exceptionnelle, puisque qu’elle est couronnée de la résurrection tant attendue d’Arcturus et la sortie du terrible « Arcturian », la veille même de ce concert. Ils ne viennent pas seuls, mais sont escortés de 3 groupes, dont Vulture Industries et deux autres que je découvre ce soir : Seven Impale et Krakow.

Sans surprise, la salle est pleine mais sans pour autant faire un sold-out !

Pour commencer en douceur, l’honneur revient à ces très jeunes norvégiens de Seven Impale d’ouvrir cette pièce théâtrale et musicale, et ils envahissent cette merveilleuse scène du Divan à six !

Le premier abord fut bien noisy et complètement barré avec l’intro de ce  « Extraction » qui dérive quelques secondes plus tard, lorsque Benjamin prend son saxophone et nous voilà soudainement bercés par ces lents tempos, et puis le tempo augmente et les riffs prennent une tout autre tournure. Si ce morceau était une route, il ne faudrait surtout pas avoir le vertige et supporter les virages ! En tout cas, j’ai été conquise dès ce premier morceau, et j’étais loin d’être la seule dans ce cas. Personne ne bougeait et tout le monde savourait curieusement ces moments épiques et rares pour un concert de métal, surtout celui d’Arcturus. Cela ne me surprend pas, puisqu’il s’agit d’une soirée de métal atypique, et que Arcturus n’est pas du pur métal, mais de l’avant-garde métal !

Seven Impale s’est donc révélé dès ce premier morceau être un groupe de Prog/Jazz métal, au style intermédiaire entre leurs compatriotes de Shining ou leur ancêtres dans la matière Frank Zappa et King Crimson. Voilà une approche moderne du jazz, une structure musicale décousue et alambiquée, un orgue électrique qui rajoute ce grain bluesy aux mélodies comme on peut si bien l’entendre dans « Oh My Gravity », qui commence dans la douceur et monte progressivement en agressivité grâce à ces riffs denses  (ça, c’est du vrai prog !).

Chaque morceau est une vague émotionnelle qui vacille entre moments de répit et bouleversements ainsi que des variations complètement imprévisibles. Voilà une belle ouverture du concert, un groupe digne d’une première partie d’Arcturus !

Ces petits jeunes sont simplement impressionnants et arrivent à assurer un show aussi propre et carré sans faute !
Bien évidement, personne ne s’est rendu compte que pendant 30 minutes, ils n’ont joué que 3 morceaux, 3 super et longs morceaux extraits de leur dernier album « City Of The Sun » sorti début 2014 ! C’est le genre de musique progressive où dès l’instant que ça commence, on ne ressent que des virgules, on ne sait jamais où sont placés les points !

A la fin, mon impatience pour le concert de King Crimson grandit ! Vivement septembre (à Paris) !

Setlist Seven Impale :

-Extraction
-Oh, My Gravity!
-Eschaton Horo

Passons maintenant au suivant, Krakow. Oui, oui ! Le groupe porte le même nom que cette magnifique ville médiévale de Pologne (que je vous conseille de visiter si vous avez l’occasion d‘ailleurs). Et non, ils ne viennent pas de Pologne… mais de Bergen. Et quand on dit Bergen, on pense tout de suite au Black Métal. Mais c’est un piège… Enfin presque !
D’ailleurs, tout comme Arcturus, ils ne viennent pas le merch vide, mais avec un troisième et nouvel album tout frais « Amaran ». Pour ma part, je ne connaissais pas ce groupe avant ce jour et je n’avais pas l’intention de m’auto-spoiler.

A ma grande surprise, et dès le premier morceau, je ne m’attendais pas du tout à recevoir une dose de Stoner un peu spécial ce soir, et c’était une belle surprise, qui ravira tout fan de musique noire aux guitares saturées et au chant growlé noyé dans cet amas de musique lourde, et progressant tranquillement dans le mid-tempo. Du Stoner, mais pas un Stoner banal, non ! C’est du Stoner mélodique aux riffs captivants qui vous assomme à coup de guitares saturées. Du Stoner inclassable (allez, on va dire Post-Stoner), avec cette voix déchirée growlée de Frode, alternée ponctuellement avec le chant clair de René (qui gâche un peu le charme, avouons-le). C’est l’extase totale. Un nettoyage auriculaire au Stoner, ça fait toujours du bien !

La setlist est composée de longs morceaux (de 7 minutes en moyenne), divers et variés de chacun de leurs trois albums, montrant la richesse et le talent de ce groupe à parer leur Stoner de Progressif ou de Black Métal. Je savoure la lenteur et les riffs simples et apaisants de « Monolith » au fort accent de la basse. « Luminataus » apporte un autre décor musical au set avec ce fuzz actionné et des sons saturés, un chant majoritairement clair et des riffs de Black Métal tel un tableau en clair-obscur qui m’a fait penser à Solstafir. Un coup de cœur pour « Last », celui qui m’a marqué entre tous. Du Black Métal en flagrant délit, voilà « Omen », un second chef d’œuvre à mettre dans sa sélection ! Mais encore, des morceaux bipolaires comme « Ten Silent Circles », méfiez-vous de sa première moitié doomeuse et mélancolique à la Katatonia, puisque la deuxième est démoniaque !

Et pour couronner le tout, « Mound » bat le records du titre plus long de toute leur discographie mais il a été légèrement raccourci pour s’accommoder à la grosse demi-heure qui leur était accordée. Ils nous livrent un pur Stoner exempt de chant pendant 8 minutes avec une sublime outro à la façon Doom/Death mélodique au chanté growlé et enfin un solo. Le saxophoniste d’Impale interviendra pendant un court moment pour y mettre son grain.

Voilà pour moi, ce qui s’appelle le meilleur pour la fin, et de toute leur discographie même !
Parce qu’un groupe qui vient de Bergen a forcément le Black Métal dans les veines !

Une demi-heure de calme, chacun dans son petit monde à rêvasser, bercé par les mélodies de Krakow. Il est difficile d’en sortir une fois qu’on est complètement immergé dedans. Le quatuor a enchainé les titres sans interruption, ni interaction avec le public (c’est l’esprit Stoner), le son était très bon et rien de drôle ne s’est passé.

Si vous vous repassez toute leur disco, vous verrez qu’il y a encore pas mal de morceaux différents les uns des autres, pour peu que vous soyez un minimum amateur de Stoner/Sludge/Doom mélodique (surtout leur dernier album « Amaran », magnifique pièce !).

En tout cas, Krakow, c’est ma deuxième bonne pêche du jour, après Seven Impale. J’ai de quoi me nourrir et m’occuper les oreilles pour la semaine. Des groupes à suivre de près !

Setlist Krakow :

-Monolith
-Luminauts
-Last
-Omen
-Ten Silent Circles
-Mound

Mes camarades lyonnais m’avaient déjà spoilé en ce qui concerne Vulture Industries en live quelques jours plus tôt. Je ne connaissais ce groupe norvégien (oui, encore des norvégiens !) avant-gardiste que sur album et quelques vidéos youtube. D’ailleurs, ils sont passés en tête d’affiche à la Boule Noire (Paris) l’année dernière.
Connaissant leur musique complètement barrée et théâtrale, j’imaginais déjà ce que cela donnerait sur scène, je m’impatientais !
On ne m’en a dit que du bien et l’heure est venue pour que j’en juge de mes propres oreilles et de mes yeux.

Ils débarquent déjà en pantalon bretelles et chemises, tout le monde est pieds nus à l’exception du chanteur. Ce sont d’ailleurs exactement les mêmes tenues et les mêmes coupes qu’il y a un an dans la salle d’à côté (j’espère qu’ils les lavent au moins). Je reste admirative et éblouie par les sublimes cheveux ondulés et très long de Kyrre Teigen, ils ne font même pas de nœuds avec les cordes de sa guitare !

Contrairement aux autres, Vulture Industries n’a pas de nouvel album à nous présenter cette année, le dernier « The Tower » date de 2013, et possède une discographie de trois albums (seulement). C’est d’ailleurs l’éponyme «The Tower » qui fera office d’introduction à cette comédie musicale !

Inutile de détailler les morceaux, ils sont tous dans le même délire : de l’avant garde métal, vicieux et fourbe, qui semble raconter des histoires passionnantes, mais malheureusement il n’y a pas de sous-titres pour suivre et comprendre de qu’ils racontent (même avec mon bon niveau en anglais).

Certes, Vulture Industries n’est pas le groupe que j’écoute cinq fois par jour, mais à choisir entre un live et sur CD, le choix est vite fait. C’est beaucoup plus grandiose et marrant sur scène à cause de la mise en scène justement et du délire du groupe, surtout E. Nilsen qui est, à lui seul, une attraction à part entière. Cependant, ils feraient mieux de changer de mise en scène de temps en temps puisqu’à en croire les vidéos de concerts des précédentes années, ce sont seulement les rides et les cheveux blancs qui font la différence.

Ce qui est paradoxal, c’est que le chanteur parait essoufflé lorsqu’il parle (c’en est même inquiétant !) mais ne l’est pas lorsqu’il chante. Bizarre, hein ! Cet homme est fou, il a la bougeotte, il peut se retrouver sur un caisson pour prendre de la hauteur, au milieu du public, par terre… partout ! Son charisme inégalé et son énergie font que le public se focalise uniquement sur lui, hormis lors des soli, ces seuls moments où l’on pense à regarder les autres (bon moi, je matais souvent les beaux cheveux de Kyrre).

Il rejoint le public tel un possédé, et arrive même à effrayer une demoiselle par son attitude “bizarre” puisqu’il est complètement dans son trip. Mais un courageux osa pousser quelques cris aigus lorsqu’il lui tend son micro. Nilsen avoua ironiquement “Et il connaît les paroles en plus !”.

J’en profite pour glisser que le meilleur groupe d’avant-garde métal, tant du point musical que scénique, reste Troldhaugen. Rien ne les surpassera en la matière!

Il rejoint une seconde fois le public et cette fois pour faire la queue leu leu sur ce passage curieux et fourbe de « Blood Don’t Eliogabalus » qui collerait bien à une BO d’un film de Tim Burton (un concurrent de Danny Elfman ?) et fait un tour de la salle pour ensuite adopter une démarche robotique avec des yeux écarquillés. Parfois, on dirait qu’il s’approche de l’agonie. Il reprend une attitude normale une fois sur scène pour un chant aux envolées à la façon Soul et un magnifique dialogue des guitares clôturera ce concert ! Le moment épique de la soirée !

La scène se vide, et avant de partir, en dernier, Nilsen saisi le micro une dernière fois pour remercier le public avec cette voix sournoise et dit “Si vous avez aimé le concert, vous pouvez acheter nos vinyles, CD et T-shirt là-bas et si vous n’avez pas aimé, vous pouvez toujours en acheter et les offrir à quelqu’un que vous n’aimez pas” !

Setlist Vulture Industries :

-The Dead Won’t Mind  (Intro version)
-The Tower
-Divine Appalling
-The Pulse of Bliss
-The Hound
-Grim Apparitions
-Lost Among Liars
-Blood Don’t Eliogabalus

On arrive maintenant après 10 ans d’attente à la partie d’Acturus, et depuis l’annonce de cette date, le moment le plus long, ce n’est pas ces 10 ans (puisque bon, on va pas s’impatienter pendant aussi longtemps quand même), mais c’est ce p**** de quart d’heure qui semble être infini, mais que j’ai passé à contempler et à fantasmer sur la splendeur de l’imposante batterie de rêve de Hellhammer en attendant impatiemment de le voir à l’œuvre sur sa machine de guerre !

Et voila qu’arrive enfin l’instant tant attendu : nos Arcturiens débarquent sur scène, comme des extra-terrestre venus… bin d’Arcturus, cette étoile en fin de vie la plus lumineuse de l’hémisphère nord.

Ce soir est un grand soir pour moi, un soir qui sera marqué au fer rouge dans ma vie de métalleuse, puisque c’est la première fois que je vois Arcturus sur scène, un de mes groupes favoris qui m’a fait vivre des voyages interstellaires depuis des années! J’espère que le show en vaut la chandelle et sera à la hauteur des albums, tous magnifiques et uniques au monde !

Nouvel album, nouveau départ, et nouveaux costumes bien évidement, car ça fait partie de la mise en scène et de la marque de fabrique d’Arcturus. Le guitariste Knut au visage voilé par ses cheveux, déguisé en vampire (d’ailleurs même sa guitare est désignée de la sorte), le frontman ICS Vortex et la claviériste Sverd en tenue steampunk, Hellhammer (de Mayhem), le papy fondateur du Black Métal, qu’on ne voit pas même en étant placé sur le balcon du Divan Du Monde (seulement si vous ne lâchez pas du regard sa monture, vous aurez peut-être la chance de contempler la pointe de ses cheveux lorsqu’il headbangue). Et le bassiste? J’en sais trop rien, j’en ai pas grand souvenir (c’est à dire qu’il ne m’a pas marqué).

Si ce sacré Nilsen, le frontman charismatique de Vulture Industries a bien animé la foule, Vortex ne lui arrive pas à la cheville en la matière ! Il chante les mains dans les poches, regard bas, montrant une certaine timidité, scotché à son micro et à sa position bien définie malgré la largeur de la scène. Certes, ses performances vocales inégalées, allant du chant clair théâtral aux sublimes envolées, au chant crié et aux growls à la Black Métal, sont un véritable régal en live, mais un peu d’audace de sa part et de lâcher prise auraient rendu ce show plus marquant. Le guitariste rattrape le coup, puisqu’il est à fond dans son trip à montrer son beau costume et à tripoter sa gratte en public !

Finalement les morceaux issus du nouvel album prennent une meilleure forme sur scène. Une panne de… claviers ! Juste avant « Nightmare Heaven ». Pendant ce temps, Vortex tente d’improviser face au public, mais sans succès, et il s’en excuse et dit qu’il ne connait pas de blagues françaises. Puis ce fut un moment d’extase sur le morceau progressif « Nightmare Heaven » (si vous ne le connaissez, regardez la vidéo ci-dessous vous comprendrez ).

Je remarque un drôle d’individu situé au milieu de la salle avec une tablette qui sert à faire les balances en direct, autant dire que c’est la première fois que je vois cette outil technologique  en concert. Il a du travailler assez dur et même intervenir lorsque Knut a eu un léger souci de pédale.

On a eu bien évidement le droit à seulement deux morceaux du nouvel et très bon album « Arcuturian » (http://www.soilchronicles.fr/chroniques/arcturus-arcturian), qui est d’ailleurs sorti en Europe deux jours avant cette date et qui n’est pas en vente ce soir car leur stock a été épuisé (d’après Vortex), mais aussi à un assortiment de chacun des précédents albums, surtout axé sur «La Masquerade Infernale ». Lorsqu’on a une discographie parfaite, chaque morceau mérite de figurer dans une setlist de concert. Il n’y a pas de quoi en faire une lettre de réclamation au Père Noël, tout est bon chez Arcturus…Cependant « La Masquerade Infernale » restera le meilleur chef d’œuvre d’Arcturus. Ils nous ont ensuite interprété « Painting My Horrors », « Alone » et son jeu de claviers unique, ou encore le plus théâtral de tous « The Chaos Path ». Mais encore la pseudo-balade spatiale et tranquille « Deamon Painter » ainsi que la richesse mélodique à la structure unique de « Hibernation Sickness Complete » issu du second meilleur album d’Arcturus, « The Sideshow Symphonies ». Si j’avais détesté le son pourri de la caisse claire sur l’album, en concert ça passe beaucoup mieux. Hellhammer ne nous fait pas subir ce supplice !

Voilà un concert propre, un excellent son et un énorme plaisir d’entendre la voix de Vortex sur les morceaux des albums auxquels il n’a pas participé, notamment sur « Alone ». On aura subi des voyages spatio-temporels ce soir (bon, plus temporels que spatiaux), baignant dans cet amas de bandes sonores que génèrent les claviers magiques et envoûtants de Sverd.

Bien que je sois férue et grande amatrice d’Arcturus, il faut avouer que niveau spectacle, ça manque un peu de quelque chose pour en faire un show d’exception inoubliable. Après tout, moi qui ai une très bonne mémoire au point de décrire avec précision le concert pour écrire des live reports, tout en revivant exactement le concert tel qu’il a m’a marqué, je n’ai eu que peu de souvenirs d’Arcturus tels que je vous les conte dans ce présent récit. Mais ce dont je suis sûre, c’est que sur le moment j’étais complètement prise par cette setlist aux petits oignons et ces émotions fortes de voir en chair et en os un groupe qui m’a marqué depuis des années par ses compositions exquises et uniques dans le genre. Arcturus en live, c’est un plaisir effervescent à effet direct et qui ne dure que le temps d’un concert !

Un grand merci à Garmonbozia pour l’invitation et pour avoir permis cette magnifique date inoubliable (on t’aime, Garmonbozia !) et également aux trois groupes pour nous avoir fait vivre une merveilleuse soirée pure norvégienne.

Setlist Arcturus :

-Evacuation Code Deciphered
-Nightmare Heaven
-The Arcturian Sign
-Painting My Horror
-Deamon Painter
-Alone
-The Chaos Path
-Pale
-Hibernation Sickness Complete
-Master of Disguise
-Raudt Og Svart

Encore :
-Shipwrecked Frontier Pioneer

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