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The Old Dead Tree, l’interview

Le 11 décembre 2013 posté par OliveYeah

Le 31 octobre, lors de la « Halloween metal party II », l’association KHEOPS PROJECT a eu l’opportunité de faire jouer le groupe français The Old Dead Tree, pour ce qui allait être le dernier concert de son histoire. Aussi c’est avec beaucoup d’émotion que le chanteur/guitariste Manuel nous a accordé ce qui sera sans doute la dernière interview de ce groupe. Voici donc en exclusivité les dernières confessions d’un artiste entier et émouvant. Propos recueillis par OliveYeah et retranscrits par Ambre.


Olivier : Première question, quels retours avez-vous retirés de cette tournée ?
Manuel : Au niveau des retours je pense qu’ils sont positifs, donc c’est un plaisir qui a vraiment été partagé, et pour nous, ce n’est que du bonheur. On a retrouvé toute la famille qui nous a accompagnée sur la route depuis le premier album. La plupart des techniciens ont répondu présents quand on les a appelés donc ça a été beaucoup de joie partagée.

Olivier : J’ai eu la chance de vous voir au Hellfest qui était le premier concert de la tournée, comment  décrirais tu ton passage là-bas ?
Manuel : Impressionnant pour un retour ! Il y avait vraiment beaucoup de monde au Hellfest, entre 8000 et 10000 personnes donc ça commence à faire. Tout va toujours très vite dans ces moments là, on a fait un set de 50 minutes, donc on a juste eut le temps de jouer  notre premier album « The Nameless Disease » que c’était déjà fini.  Il y avait un petit côté un peu intimidant, en raison de la foule et aussi du fait que c’était notre premier concert, on commençait tout juste à se remettre ensemble, et après 5 ans d’inactivité : commencer par ça, ça fait un sacré choc.

Olivier : Ce qui m’a frappé c’est qu’il y avait une grosse émotion. Autant sur scène que dans la fosse, l’attente était là.
Manuel : L’attente était là, et puis l’émotion ça a toujours été la marque de fabrique du groupe. Il faut vivre la musique un minimum et il s’avère que la musique qu’on joue est plutôt triste dans l’ensemble, donc c’est important de ne pas être qu’un interprète, et de vivre aussi la chose. Puis, effectivement en ajoutant à ça le retour sur scène, ça fait beaucoup d’émotions.

Olivier : Avant d’aller plus loin, pour les personnes qui ne vous connaissent pas, est-ce que tu pourrais faire un petit historique de « The Old Dead Tree » ?
Manuel : Donc The Old Dead Tree est né en 1997, et on a enregistré un EP en 1999. Peu après, notre batteur Frédéric Guillemot à mis fin à ses jours. Le groupe ne s’est pas arrêté et on a enregistré notre premier album en  2002, qui est sorti en 2003 et il traite entièrement de la manière dont j’ai vécu ça parce que nous étions très proches. The Old Dead Tree c’est vraiment une bande de potes, ce n’est pas autre chose. Comme dans toute bande de potes, il y a des hauts et des bas, des fois des coups de gueules, mais c’est vraiment une grande histoire d’amitié avant tout. Et quand il est décédé, ce n’était pas un collègue que nous avons  perdu mais vraiment un ami. Ça a été très difficile de passer le cap, et ce premier album m’a permis de le faire. Par la suite, on a enregistré deux autres albums, qui nous ont permis de tourner un peu partout en Europe. Puis malheureusement, nous ne sommes pas parvenus à passer le palier qui permet à un groupe semi-pro de passer professionnel, on avait tous eu entre temps des enfants, une et une vie de couple. On a passé tout notre argent et tout notre temps dans ce groupe et ça a forcément finit par faire naître des tensions entre nous, parce qu’on n’avait plus la patience nécessaire pour supporter les concessions qui sont à faire dans n’importe quelle communauté. J’ai mis fin au groupe en tout début 2009 et ça a été annoncé en fin d’année. On est quand même restés amis, ça a pris du temps avant qu’on ne se revoit vraiment. Puis, il y a à peu près un an, j’ai fait remarquer à mes comparses que 2013 marquerait les 10 ans de notre premier album, et que ce serait sympa de faire un concert. Puis d’un concert nous sommes  passés au Hellfest et à une tournée de 15 dates.

Olivier : Comme tu le disais l’album « The Nameless Disease » traite de la mort de Fred, est-ce que ça n’a pas été dur au niveau émotionnel  de se replonger dans toute cette histoire ?
Manuel : Il y a beaucoup de textes qui avec le temps finissent par perdre un peu de vivacité surtout quand on fait une grosse tournée. Il faut vraiment chercher l’interprétation à l’intérieur de soi et retrouver les sentiments. Là en l’occurrence, après 5 ans d’absence cette usure là était un peu effacée. Il y a des titres qui ont été beaucoup moins joués que d’autres.

Olivier : Est-ce que tu arrives à passer au dessus de ça et à ressentir sur scène plus de plaisir que de tristesse ?
Manuel : Je suis assez schizophrène en fait. Dans la vie, aucun de nous n’est ténébreux ou renfermé : nous sommes des gens tout à fait normaux, mais c’est vrai que sur scène, je n’ai pas envie de faire la tronche ou de communiquer quelque chose de négatif aux gens. Tout le monde est là pour prendre du plaisir, autant nous que les gens qui ont payé leur place, et en même temps on ne vit que des émotions. Donc effectivement, il y a un petit côté schizophrène à enchaîner des titres sur le suicide ou sur des sujets aussi grave de la vie. Et puis après il faut aussi penser à remercier les gens parce qu’on est heureux d’être là  et pouvoir partager ces émotions avec eux. Il y a des choses positives qui ressortent de ça.

Olivier : Comment as-tu fais pour composer cet album et faire ressentir un sentiment dépressif ? Tes textes sont souvent très sombres et semblent assez personnels. Est-ce que ce n’est pas une sorte de thérapie quand tu composes cette sorte de voyage introspectif ?
Manuel : Si forcément. Il s’avère déjà dans l’histoire du groupe que j’ai toujours fais les textes après la musique. La plupart du temps, les musiciens avaient pu soit en survoler quelques uns, soit ne savaient pas du tout ce que j’allais faire, aussi bien au niveau des textes que des lignes de chant. C’était donc une découverte quand on écoutait l’album après l’enregistrement. Les textes je les fais toujours tout seul, c’est une démarche très personnelle contrairement à la musique où il y a vraiment un partage. J’exorcise des choses dont j’aurais beaucoup de mal à parler.

Olivier : Je me souviens de vos démos à l’époque qu’on pouvait trouver en CD, vous avez fait un sacré bout de chemin. Est-ce que vous pensiez au début pouvoir en arriver là ?
Manuel : Dès le début, il y avait des côtés où je pensais qu’on était le meilleur groupe du monde (rire de Manuel). Quelque part, si tu ne penses pas que ta musique va pouvoir apporter quelque chose à l’humanité autant la jouer avec tes potes dans la cave et puis ça s’arrête là. Donc il y avait un côté bien mégalo qui se mélangeait à un côté où je savais bien qu’on ne jouait pas très carré, que nous n’avions  avaient pas le matos nécessaire, qu’on n’était pas très bons musiciens, mais il y avait beaucoup de bonne volonté, et dès le début, une recherche d’originalité. J’ai aussi poussé vers une démarche pro, que le CD soit beau, qu’on le commercialise. Je me suis occupé du démarchage dans tous les magasins possibles en France, qu’on le mette en dépôt-vente. Ca a bien pris, nous avons été bien accueilli par toute la presse, et les retours ont été très bons.

Olivier : Nous avons parlé du break, par contre qu’est-ce que vous avez faits pendant ce temps là?
Manuel : On a tous eu un peu des parcours différents, pour ma part je n’ai rien fait. J’ai été invité à participer à deux albums. Mais à part ça, j’ai ruminé la fin du groupe. C’était ma vie, et le jour où ça s’est arrêté ça a été très compliqué, même si c’était ma volonté. Je sais que Gilles à continué à jouer de la musique, mais pas sur des projets très prenants ou très sérieux, plus pour le fun. Nicolas, le guitariste du groupe, a créé Ommatidia avec Vincent, notre ancien bassiste. Ils viennent de terminer d’enregistrer et de masteriser  leur deuxième album, qui est vraiment très très bien. Le premier était déjà bien, mais là ils changent encore de division. Et Raphaël notre batteur, s’est mis à l’écart du monde de la musique.

Olivier : Pendant cette tournée de reformation, vous avez pu reconquérir le cœur des fans et en gagner d’autres. Qu’en est-il de la suite pour The Old Dead Tree ? Est-ce que vous pensez proposer un album live ou un DVD de la tournée ?
Manuel : Julien Metternisch, qui a réalisé tous les clips du groupe et qui a aujourd’hui monté sa boîte, est venu avec nous sur la route. Plusieurs concerts ont été filmés, et on aimerait bien faire quelque chose de ces images là, mais ce ne sera surement pas un DVD. Je pense que ce sera moitié live, moitié documentaire sur la tournée qui sera mis en ligne sur internet contre volontariat.
Et aujourd’hui on s’est mis d’accord pour enregistrer les 4 titres que nous avions composé pour le quatrième album. On ne sait pas encore quand ni comment, parce qu’on habite tous dans des villes différentes et ça complique beaucoup les choses, mais on voudrait tourner la page proprement et montrer ce qu’a été The Old Dead Tree du début à la fin.

Olivier : Il n’y aura plus d’autres concerts ?
Manuel : Non c’est notre dernier concert ce soir, et bizarrement je ne le réalise pas.

Olivier : Je trouve que vos titres sont très riches musicalement, il y a des harmonies à foison, le processus de création doit être assez long, et je suppose que vous avez tous des influences différentes. Quelles sont-elles et comment composiez-vous ?
Manuel : Ca a pas mal changé sur les albums. Pour les influences, c’est Nicolas et moi qui avions créé le groupe, et lui avait plutôt une influence pop rock et moi métal pur. On a beaucoup mélangé, et on s’est fait découvrir des choses.
Pour ma part, mes influences ça va être du Muse, la grande vague Paradise Lost, Anathema, Opeth, Katatonia, avec lesquels nous avons eu la chance de partager une scène et qui ont été d’une grande influence.

Olivier : Vous êtes un groupe très difficilement cataloguable, tu alternes le chant clair et growl un peu comme Mikael, est ce que tu te sens proche d’un groupe comme Opeth ?
Manuel : Par beaucoup de points oui, c’est évident que quand « Blackwater Park » est sorti, on s’est dits que musicalement parlant on était des cousins.

Olivier : Pour finir, te souviens-tu du premier album, que tu as acheté ?
Manuel : Le premier album c’était « Fear of the Dark » d’Iron Maiden.

Olivier : Le premier concert où tu es allé ?
Manuel : C’était Scorpions et Sepultura à Bercy le 11 novembre 1993.

Olivier : Un héros musical ?
Manuel : Gregor Mackintosh .

Olivier : Un dernier mot pour conclure cette interview ?
Manuel : Merci beaucoup de venir nous voir ce soir et de nous avoir soutenus.

(NdMetalfreak) Interview, photos et suggestion de mise en page par Olive Yeah, retranscription de l’interview par Ambre.

 

Site officiel : http://www.theolddeadtree.com/

Facebook : https://www.facebook.com/pages/The-Old-Dead-Tree/22976508359

Myspace : https://myspace.com/theolddeadtree

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