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Novembre

Le 15 avril 2016 posté par Bloodybarbie

Intervieweuse : Bloodybarbie

Interviewé : Carmelo Orlando

Après neuf longues années d’absence ou d’hibernation, Novembre (doom metal) nous ravit avec un retour en force avec ce nouvel album nommé URSA que je vous laisse découvrir à travers notre chronique (http://www.soilchronicles.fr/chroniques/novembre-ursa) et cet entretien avec la tête pensante de la formation italienne : Carmelo Orlando (chant/guitare).

 

Toutes mes félicitations pour ce magnifique album et ce comeback en force, quel est votre ressenti ?

On est très contents et fiers de cet album ! Le mixage est exactement comme on voulait qu’il soit, ces beaux morceaux nous sont venus facilement. Tout est bon !

 

Qu’êtes-vous devenus durant cette longue période d’absence?

On a continué à composer et à écrire ! On s’est seulement accordé une longue pause à cause de ce boom d’internet et de la chute du marketing CD. L’album « The Blue » est sorti, on a fait une tournée avec Paradise Lost et beaucoup de concerts en Italie et à l’étranger, ce qui a permis au groupe de se faire connaitre davantage partout mais les ventes étaient clairement moins importantes que pour les albums précédents : c’est à cause du piratage sur internet, et ça c’est extrêmement frustrant, ce qui nous a fait nous poser beaucoup de questions sur l’avenir.

On voulait voir jusqu’où allait mener cette crise après toutes ces années et on a pensé qu’aujourd’hui, il était temps de faire notre comeback parce que les choses se sont légèrement améliorées et les labels ont trouvé le moyen de se protéger du piratage et des fuites d’albums sur internet, donc je pense qu’on avait cumulé suffisamment de compositions pour sortir un album ou bien on allait exploser !

 

Faisons un petit saut dans le passé du groupe… Pouvez-vous nous raconter votre histoire?

Tout a commencé en 1990 quand le groupe s’est formé. Un an après, en novembre 1991, nous avons sorti notre première démo « Unreal ». Le 7’’ EP « The Return of The Ark » (via Sacra Sindore Records)  a suivi début 1993 juste après que nous ayons renommé le groupe  Novembre, vu que le fondateur du groupe Moniker ne représentait plus l’état d’esprit actuel du groupe. Les choses se sont finalement améliorées et à ce moment Novembre a signé chez Polyphemus Records.

En automne 1994, le groupe a enregistré son premier album « Wish I Could Dream It Again » au studio Unisound de Dan Swano. C’était juste en même temps que d’autres pionniers de la scène atmosphérique ont enregistré leurs premiers albums.

Après deux ans, on a sorti notre second album « Arte Noveoento » qui a marqué l’évolution du groupe vers un son et une atmosphère plus sombre.

Au printemps 1997, Massimiliano Pagliuso (guitares) a rejoint le groupe en tant que second guitariste et fin 1998 nous avons signé avec le grand label Century Media.

Après des mois de répétitions intenses, le troisième album « Classica » a été enregistré et mixé aux studios Los Angered  d’Andy LaRocque à Gothenburg (Suède). « Classica » a été soutenu par une tournée européenne avec Moonspell, Kreator et Witchery en janvier 2000 mais aussi par un concert à Leipzig, le Wave Gotik Treffen Festival. Le successeur de « Classica » a vu le jour en automne 2001. On est rentrés au studio une fois de plus pour enregistrer « Novembrine Waltz ». Et la cerise sur le gâteau, on est allé au Sound Suite Studios, pas loin de Marseille, où on a mixé notre album avec le producteur Terje Refsnes (Tristania, Sins of Thy Beloved, Morgul).

De novembre et décembre 2001, on a promu notre album lors d’une tournée européenne avec nos vieux amis Katatonia et Opeth, qui a marqué un des plus grands exploits de notre carrière.

Même si les choses se sont très bien passées, on a senti le besoin de réenregistrer notre premier album : « Wish I could dream again… »  qui avait vite été « sold out », et beaucoup de nos fans n’avaient pas pu s’en procurer. Pour marquer la différence entre l’ancienne et la nouvelle version, et éviter les confusions, nous avons décidé de renommer l’album : « Dreams Azur ».

Pendant ce temps, les choses ont commencé à se désagréger entre la bande et le label. Il semblait qu’il n’y avait plus rien à s’échanger. Les deux parties se sont mis d’accord pour mettre un terme au contrat, nous laissant libre de chercher un label plus approprié.

Cela n’a pas tardé puisque Novembre a attiré l’attention du label anglais Peaceville Records. Depuis la signature du deal en 2004, on s’est enfermés dans le garage pour écrire notre cinquième album « Materia ». La tâche de l’enregistrement est revenue au studio de Lehsini Finnvox.

Après la sortie de « Materia », on a commencé à travailler à fond sur le prochain, « The Blue », qui était également enregistré aux Finnvox Studios. L’artwork a été une fois de plus fait par les soins de Travis Smith qui a produit aussi la vidéo d’ouverture « Anaemia ». S’ensuivait la tournée avec le groupe légendaire de Doom Paradise Lost.

Comme l’industrie des disques frôle l’extinction, à cause d’internet qui a changé l’économie mondiale, créant l’ambiguïté à propos de « qui joue quoi » et « qui vend des disques à qui », on a décidé de se retirer pour un moment et nous donner du temps afin de prendre du recul et faire des choix sur nos vies.

En mai 2015, on a mis un terme à cette longue hibernation et on a commencé l’enregistrement du nouvel album qui sort le 01/04 via Peaceville Records.

 

Pourquoi aviez-vous opté pour Novembre comme nom de groupe?

En français et en italien aussi. On avait besoin d’un nom plus mémorable que Catacomb qui était associé à la scène death metal. On avait besoin d’un nom plus marquant et profond symbolisant la musique qu’on joue.

 

Que veut dire URSA?

C’est l’acronyme de “Union des Républiques Socialistes Animales” qui est le titre initialement choisi pour la traduction française du chef d’œuvre de George Orwell : “Animal Farm”.

Peux-tu nous parler du concept de l’album s’il y’en a un ? On peut voir quelques noms féminins (Agath), de villes (Bremen), un titre en français (Fin)… et un magnifique artwork avec tout ça, un track-by-track serait le bienvenu !

Bon, l’artwork est une couverture de l’opéra de Travis Smith et représente une sorte de Venus de Botticelli qui porte un ourson dans ses bras et qui sort d’un glacier. Elle semble protéger cet animal qui remplace (ou est un substitut) de Jésus. Ça ressemble à une fresque religieuse, donc captivante !

Quant à l’album, ce n’est pas vraiment un concept album. Comme d’habitude, j’écris ces morceaux instinctivement, et je ne donne pas énormément d’importance aux paroles, mais cette fois, c’est la première fois où j’essayais de m’ouvrir plus à l’extérieur de moi-même et d’écrire à propos de la misère que les humains ont créée. Il y a certainement une opinion politique derrière mais qui est dissimulée entre les lignes, ce n’est pas quelque chose que vous pouvez déceler facilement. Mais les paroles ont été écrites comme d’habitude sous une forme poétique.

Pour ce qui est de « Umana » j’ai pris une partie d’un discours du philosophe Jiddu Krishnamurti, qu’il a tenu en 1996, mais c’est comme s’il a été prononcé aujourd’hui. Il parle de plusieurs problèmes dont : l’animalisme, la société, la véritable nature de l’être humain, la différence entre nous humains et le reste des créatures.

Dans le morceau « Bremen », j’ai fait référence à “Breme town musicians” qui parle de l’exploitation animalière et l’exploitation des êtres humains, la façon dont on profite les uns des autres.

« Fin » est la fin de l’album et de beaucoup d’autres problèmes. Celle-ci explore le sens existentiel des humains sur cette planète, quelle est notre origine réelle et pourquoi nous nous somme si éloignés de la nature.

 

Que vouliez-vous mettre en avant dans UMANA ?

On voulait mettre en avant beaucoup de choses mais surtout le concept de l’album car nous, humains, nous nous sommes détachés de notre planète Terre et ses terriens : cet esprit rationnel et le discours qu’on a est quelque part une malédiction.

 

Peux-tu nous parler de ta collaboration avec Anders de Katatonia?

On se connait depuis très longtemps, vu qu’on a fait des tournées ensemble et qu’on est surtout amis proches, donc c’est tout à fait naturel de faire quelque chose ensemble. Je lui ai alors demandé de nous faire un solo sur un morceau. Je pense que le titre était fait pour coller à son solo, on était ravis de l’avoir fait et on a fait un super boulot, je lui en suis reconnaissant, surtout que Katatonia était en train d’enregistrer leur nouvel album et n’avaient probablement même pas eu le temps de se gratter la tête… mais il l’a quand même fait et on est de gros fans de Katatonia !

 

On remarque du saxo sur certains morceaux, qui en est l’auteur?

Oui c’est un vrai interprété par Paola Sapia, un super solo !

 

Avez-vous prévu d’autres clips vidéos?

Oui, on travaille sur la vidéo pour « Annoluce », ça sera publié très prochainement.

 

Quelle est ta philosophie sur la conception musicale?

Creuser au plus profond de soi-même, vers le véritable « soi ». Ne suis aucune mode. Prends le risque d’explorer de nouveaux territoires musicaux, soit courageux, mais pas insouciant !

 

Quelle est ton histoire avec la musique?

J’ai commencé à jouer quand j’avais 10 ans. Je faisais partie d’une radio pop dans les débuts des années 80, à l’époque de Duran Duran et compagnie. Ensuite je me suis mis à U2, The Smiths, The Cure, Depeche Mode… Puis la vague metal a débarqué et je me suis retrouvé rapidement allant d’Iron Maiden à Napalm Death. J’ai commencé la basse en faisant des reprises de Terrorizer, Pestilence, Death. Ensuite, Paradise Lost a sorti « Gothic » en 1991 et avec mon background pop/rock, cela m’a orienté vers la musique plus mélodique.

 

Quelle est votre méthode de composition?

La musique me vient habituellement en grattant ma guitare classique cassée. Lorsque quelque chose d’intéressant se présente, je prends la guitare électrique et j’enregistre sur mon ordinateur portable. Ensuite, je laisse les riffs mijoter avant de revenir dessus plus tard et enfin j’assemble le tout pour mettre le morceau au propre.

 

Quelle était la partie la plus difficile de cet album?

Quelques morceaux ont été difficiles à terminer. Pour des raisons que j’ignore, il y toujours un morceau compliqué, le morceau que vous n’arrivez pas à résoudre ou à terminer, c’est comme une sorte de malédiction mais je n’abandonne pas, je les termine !

 

Combien de temps avez-vous travaillé sur cet album?

A peu près 3 ans !

 

Avez-vous déjà trouvé un bassiste, ou un bassiste de live?

Oui ! On teste quelques gars pour les prochains concerts, on verra d’ici là !

 

Quelle est votre philosophie de vie?

C’est une philosophie de résistance, une philosophie de survivaliste !

 

Un passage par la France de prévu?

Au moment ou nous répondons à cette interview, c’est en discussion : je suis sûr qu’on passera par la France !

 

Où se trouve votre plus grande base de fans?

L’Italie et peut-être les USA. Les gens nous écrivent de partout !

 

Quelles sont vos plus grandes influences musicales et groupes préférés?

Je dirais Pink Floyd, Dead Can Dace, Radiohead, The Cure, Opeth, Paradise Lost, My Dying Bride…

 

Quel est le plus grand festival où vous ayez joué?

On a joué quelques fois, mais les meilleurs sont les concerts/fests où peu de groupes vont comme le sud de l’Italie, mais les grands fests sont tout aussi excitant !

 

Comment est la scène doom/death en Italie? Si tu peux nous recommander des groupes de ton choix…

La scène prend forme : il y a des groupes comme Plateau Sigma, Shores of Null, Apneica, Arctic Plateau…

 

Je te laisse conclure par une citation de ton choix !

“Tous les animaux sont égaux” !

 

 

 

 

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1 Commentaire sur “Novembre”

  1. pingback pingback:
    Posté: 15th Avr 2016 vers 12 h 39 min
    1
    Novembre – URSA | Soil Chronicles

    […] qui nous a privés de leurs merveilles et dont les raisons sont expliquées dans l’interview (http://www.soilchronicles.fr/interviews/novembre). Même si des artistes aussi brillants ne s’oublient […]

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