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Berzerk, MALHKEBRE, le 20 Novembre 2010 à l’occasion du Festival Arvorig Du à Paimpont. J’ai eu l’opportunité, dans le cadre de ce festival, de rencontrer un véritable artiste. Polyvalent, musicien, inspiré, dialogue autour de son travail et de ses créations.

Gwenn : Bonjour Berzerk. Interpellée par ton univers et ta manière de le partager par l’intermédiaire de ta musique, j’ai quelques questions à te poser notamment sur ta formation, MALHKEBRE. Dans un premier temps, quelle est l’origine du nom du groupe ?

Berzerk : Malhkebre est le Messager. Celui qui est destiné à ouvrir les portes des esprits, à casser les morales, les valeurs du monde judéo-chrétien dans lequel nous évoluons, afin d’ouvrir de nouveaux horizons.

G : C’est la porte qui permet donc au monde de sortir du carcan Judéo-chrétien…

B : Le Messager, pour avancer sur son chemin.

G : Le travail du Logo, également, est très intéressant. Est-ce-que c’est toi qui l’as créé ? Comment s’est-il construit ?

B : Le Logo a été créé à partir de diverses idées que j’avais en tête par un artiste français qui a notamment reçu un grand prix de calligraphie au japon.

G : Je sais que tu as créé plusieurs labels, J’ai connaissance de deux d’entre eux…. Battle…

B : Battlesk’rs et Necrocosm, oui.

G : Comment travailles tu, en réalité, tu as un label pour chaque mouvement musical auquel tu t’intéresses ?

B : Je m’intéresse en fait à toutes formes d’art et d’expression qu’ils soient sombres et extrêmes, des contre-valeurs aux grandes pensées de ce monde. Que ça soit de la musique industrielle, tous styles de Metal, Electro… certaines choses qui peuvent être qualifiées de Goth, nous n’avons pas de limites artistiques à partir du moment où ça nous plaît. Ce qui compte, c’est que le message corresponde à notre idéologie et à nos convictions.

G : Ce qui m’amène à ma question suivante, as-tu, justement, d’autres formes d’expressions, ou d’autres formes d’Art qui te permette de diffuser ton message ? Ça pourrait être par exemple de la peinture, ou de la photographie…

B : J’ai effectivement d’autres formes d’expressions. Notamment un projet dénommé Obscurantist, c’est un projet artistique, qui comprend aussi bien de la vidéo, de la photo, de la musique, et du texte. Il y a déjà un site internet, avec plusieurs galeries photos. Le tout devant évoluer constamment, l’œuvre d’une vie…

G : Et concernant particulièrement les Apôtres de l’Ignominie ?

B : C’est un organisme sectaire que nous avons créé, qui rassemble toutes nos créations dans le but de ne pas s’arrêter à un seul projet. Tout ce que l’on fait a une même ligne conductrice, que cela soit idéologique ou artistique. Tout a un lien. Pour nous il était inconcevable de travailler sur un projet artistique, puis sur un autre sans aucun lien. Aujourd’hui, on fait du Black Metal, mais également du Death, de l’Indus. Demain peut-être que l’on ne fera plus de Black, au fil des années le corps ne suivra certainement pas… ce qui compte est avant tout le message. Ce que l’on fait aujourd’hui au travers du Black Metal, il serait inconcevable que cela ne nous serve pas demain dans le cadre d’autres projets. On pourrait très bien faire de la musique concrète… c’est un Même Tout.

G : C’est une forme d’ouverture, je trouve intéressant également de travailler sur d’autres formes de supports, certains groupes de Black Metal ne restent que Black Metal pour le son et l’image. Tu auras ce Message à faire passer qui quelque part, sera toujours là. Du coup cela se ressent dans ton Black Metal, et j’y ai retrouvé des influences assez « OldSchool », avec ces sons, cette voix, cette Intro un peu à la « Abruptum » qui retraduisent le réel esprit du Black Metal, celui qu’on a envie de retrouver.

B : Nous apprécions fortement Abruptum, oui.

G : Et cela se ressent dans votre musique et du coup tes influences s’orientent elles autour de groupes qui ont déjà travaillé sur ces sons là, ou bien comme tu le mentionnes souvent… autour de « Lui ».

B : Si la question est : « Est-ce que l’on a des limites artistiques ? », ou bien « est ce que Malhkebre est un groupe de Black Metal en soi ? », Non.

Effectivement pour certains, Malhkebre incarne les valeurs du Black Metal. Mais c’est assez contradictoire, car la majorité des personnes qui disent ça, prônent des valeurs qui ne sont pas du tout les nôtres. Ce qui compte pour nous est le Message. Aujourd’hui nous sommes dans une forme artistique qui peut être qualifiée de Black Metal, mais avec aussi beaucoup d’influences Death, Doom, Ambiant, Indus, Noise. Nous considérons que toute l’œuvre que nous allons mettre en place doit être guidée par le Tout-Puissant, que cela traduise Son Message, que celui-ci puisse être entendu. Que cela puisse corrompre les esprits ou non, car même s’ils n’adhérent pas qu’ils puissent au minimum être assez choqués pour rester à l’écart et se dire « Mais qu’est ce que c’est que cette chose là ».

G : C’est un petit peu à l’image de dire un même mot… en plusieurs langues.

B : Tout à fait.

G : Vous êtes qualifiés également, de groupe de « Black Metal Religieux ». Beaucoup pensent alors à l’Eglise d’Anton Lavey… Je devine que dans votre cas, votre musique traduit un message moins « simpliste que ça ».

B : Oui, nous ne sommes pas Laveyiens.

G : Beaucoup de gens réduisent ainsi le Satanisme à Lavey, alors que c’est peut-être bien plus complexe que ça.

B : On se démarque énormément de la plupart des courants dits Satanistes, notamment sur le fait que nous sommes contre l’Individualisme. Nous travaillons de manière sectaire. Le monde Judéo-chrétien et moralisateur, dans lequel nous vivons, stigmatise pleins de choses comme la notion de secte, alors qu’il y a encore un peu plus d’une centaine d’années la secte, d’un point de vue philosophique et même littéraire, renvoyait à une assemblée de personnes qui se réunissent avec des idéaux identiques dans le but de réfléchir à des choses communes.

G : Pour être vraiment simpliste, je dirais alors que dans votre cas, l’Union fait la Force.

B : De toutes manières l’Etre Humain n’est rien. Nous voyons les choses en Grand. Les choses qui se sont faites de manière importante ne se sont pas faites de manière individuelle. Même si la création est parfois le travail d’un seul homme, il faut de nombreux bras pour la porter. Si le christianisme avait été ultra-individualiste, il ne serait rien. Si l’on peut lutter, c’est justement en se rassemblant. Ca n’est pas en restant seul dans son coin que l’on peut lutter et proposer une alternative. Bien que tout soit vain, cela permet de subsister à notre petit niveau.

G : Mais là quelque part on est dans le domaine du rêve, en restant individualiste. Comment alors créer quelque chose de Grand et de concret, en restant seul, en effet…

B : Nous voulons à la fois penser et agir. Certaines personnes pourront voir beaucoup de paradoxes dans tout ça. Une des clefs de notre réflexion est le doute. Toujours remettre en question ce que l’on peut percevoir, ou considérer comme acquis. Les éléments doivent toujours être remis en question, le doute est pour moi une arme pour lutter contre le système, pour avancer sur Son chemin.

G : Cela m’amène à cette question concernant tous ces groupes qui deviennent de plus en plus vendeurs. Je pense à des groupes comme Mayhem, Satyricon… quel est ton regard, sur cette manière de répondre à la masse en changeant l’essence de son image et de sa musique ?

B : Oui, leur but maintenant est de vivre et de se complaire dans le Star-system… en fait j’ai plusieurs regards là-dessus. Quand on voit d’où ils viennent, c’est quand même assez fou. Beaucoup ont commencé la musique quand ils avaient 15 ans, ils avaient des idéaux et certes, ils étaient déjà de très bons musiciens. Mais ils ont évolué, et n’avaient pas d’autres possibilités que de faire de la musique. Arrivés ensuite à 30/35 ans, il faut qu’ils puissent continuer à vivre de la musique car c’est la seule chose qu’ils font depuis qu’ils sont adolescents. Ils rentrent dans un système, puis avec l’âge les idéaux peuvent évoluer. Il est beaucoup plus facile finalement de faire du Rock’n Roll ou du Metal classique pour le cas de Satyricon ou Immortal, de faire trois ou quatre gros festivals par an et la sortie d’un disque, car au final avec ça on arrive à en vivre, c’est un peu la facilité. Cependant, je ne critique pas cette manière de s’exposer mais plutôt la raison de le faire. Nous n’avons pas de limite d’exposition. On accepte toutes les Interviews, le but est de répandre le message. Evidemment beaucoup des groupes dont tu parles avaient peut-être les mêmes attentes au début, mais la différence est que nous n’avons plus 15 ans, et il y a déjà dix ans derrière nous. Nous prônons les valeurs des Arts Noirs et l’avancée sur Son chemin même si le parcours peut-être chaotique.

G : Oui, la population Black Metal dans son ensemble mûrit, les connaissances se partagent d’une manière différente…

B : Je pense qu’en effet, il y a pleins de choses à faire. J’ai longtemps cru que ça n’était que le business de l’industrie musicale qui obligeaient les grands groupes à aseptiser leur message, mais plus on avance avec Malhkebre, avec les labels, les Apôtres de l’Ignominie plus je me rends compte que cette aseptisation n’est que le fruit de leur volonté. Je pensais que l’on serait certainement censurés par le système, car notre message est souvent considéré comme étant radical, ou extrémiste. Et je me rends compte au final que pas du tout. Quand j’étais jeune et plus naïf, je voyais beaucoup de groupes que j’appréciais, et quand ils commençaient à passer un cap, je lisais leurs Interviews dans un magazine et je pensais que ça allait être intéressant et au final, l’interview ne servait à rien car restait banale. « Combien de morceau avez-vous sur votre prochain album… » et nous ne voulons pas nous inscrire dans ce système

G : Le but en effet est de diffuser le plus respectueusement possible l’essence de ce que souhaite faire passer le groupe ou l’artiste. L’outil Internet est intéressant, dans ce cadre.

B : A l’époque on était contre les myspaces, ou ce genre de choses, j’ai fini par écrire un manifeste sur myspace et la notion de réseaux sociaux. En soi, c’est quelque chose qui me répugne profondément car je ne m’y reconnais absolument pas, mais c’est quelque chose qu’on assume aujourd’hui, pas par désir d’argent mais bien dans le cadre de la diffusion de notre Art.

G : Dernière question, on m’a dit que vous n’étiez pas très chauds pour jouer en tournées. Le fait que vous ayez changé à ce niveau là part du même principe, à savoir l’absence de limites d’exposition ?

B : Oui, on s’est souvent questionnés sur la manière d’évoluer dans ce monde dans lequel on ne se reconnaît pas, mais maintenant toutes les propositions qui nous seront soumises seront étudiées, et également avec Sektarism projet pouvant être qualifié de Funeral Doom religieux. Nous allons d’ailleurs bientôt commencer les Cérémonies avec ce groupe en 2011. Cérémonies, car je trouve que le terme de concert ne correspond pas à ce que l’on fait. Avec Obscurantist des projets sont également en cours. La seule chose est qu’il faudra tenir le coup psychologiquement, à savoir qu’avancer sur sa Voie n’est pas chose évidente. Cela  n’a pas été évident pour moi par exemple de partir sur cette tournée.

G : Merci pour cet échange, Berzerk.

B : Merci également à toi.

Recueillie par Gwenn

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1 Commentaire sur “Malhkebre (Berzerk au Festival Arvorig Du à Paimpont)”

  1. AvatarTrashercorpse
    Posté: 15th Fév 2011 vers 18 h 04 min
    1

    Vivement que je puisse les revoir en live à saint-sulpice ! Me fera plaiz de revoir Berz

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