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Corbeaux et Volte Face

Le 21 août 2013 posté par Lusaimoi

Ce sont deux groupes différents, qui ont deux styles différents. Alors pourquoi les interviewer ensemble ? Et bien parce qu’ils ont partagé un split CD dont le titre « The Meeting Point » augure une vraie rencontre et non un simple support commun. Et comme il a bien plu à votre serviteur, faire une interview commune des deux groupes nous paraissait être une bonne idée. C’est donc par mail que Corbeaux et Volte Face ont successivement répondu à nos questions.

 

-Salut les Corbeaux et les Volte Face ! Comment ça va ?

Corbeaux : Très bien !
Volte Face : Bien.

-Question qui a déjà dû vous être posée plein de fois, mais quand même, pouvez-vous vous présenter ?

C : Corbeaux c’est un quatuor de Rock instrumental originaire de Quimper et formé depuis 3 ans. On a sorti un album, un split CD et on doit avoisiner la cinquantaine de concerts… On a joué, entre autres, au Festival des Vieilles Charrues à Carhaix, aux Bars en Trans à Rennes, et à l’Equinoxe à Paris…
VF : On vient de Rennes et on fait du Post-Rock/Electro. Franck est à la batterie et aux machines, Tom à la basse et claviers et Antoine à la guitare et claviers. On se dit groupe de Post-Rock et on a rajouté « Electro » parce qu’on adore depuis toujours les synthés et les sons typés 80’s, il nous fallait « une case ». On pense que ce style est le plus proche ou en tout cas le moins éloigné de notre musique.

-Les deux groupes sont purement instrumentaux. D’où vient ce choix ?

C : Nous concernant, c’est un choix naturel… Avec en plus, une volonté de se démarquer et de proposer au public quelque chose de différent !
VF : Pour être honnête, Antoine a été pendant longtemps fâché avec la voix, de par la place qu’elle prend dans notre cher et tendre pays. Il n’y en a bien souvent que pour elle… À la base du projet, il souhaitait monter un truc purement instrumental.

-Quels groupes vous ont influencés, les uns et les autres ?

C : Deftones, Mogwaï, Godspeed you! Black Emperor, This will destroy you, Russian Circles
VF : Gala, Beach Boys, Tryo, Grandmaster Flash.

-Comment vous est venue l’idée de faire un split CD ensemble ?

C :On a vu Volte Face en concert, ça nous a plu, on voulait partager un truc avec un autre groupe, vivre une aventure commune.
VF : Pas mieux, on a été tout de suite très emballé par l’idée !

-La structure de « The Meeting Point » n’est pas classique d’un split. D’habitude, ça semble être la mise en lien de deux ou plusieurs groupes un peu artificiellement. L’un posé derrière l’autre, parfois sans cohérence. Tandis que tout semble avoir été pensé, dans « The Meeting Point », comme la rencontre de Corbeaux et de Volte Face. Comment donc a évolué l’idée d’élaborer ce CD de cette façon ?

C : Ça nous semblait logique de clôturer ce split par une rencontre – une fusion –, on voulait aller au bout de la démarche. Et puis, c’était aussi un challenge !
VF : Tout le split est articulé autour du morceau commun, qui au final s’est retrouvé le parfait liant de la galette… On a beaucoup réfléchi à la tracklisting, posé les pours et les contres et nous sommes tous tombés d’accord. Depuis notre rencontre on avait cette volonté de faire quelque chose en commun et pas seulement balancer des morceaux sur un truc rond.

-Est-ce que « The Meeting Point » a été construit comme une sorte de « questions/réponses ». Chaque titre répondant au précédent ? Ou est-ce que, mis à part le dernier titre, chaque groupe a-t-il composé sans connaître les morceaux de l’autre ? Je pense à ça à cause des deux titres faisant références au cinéma : « Blade Runner » et « 28 jours plus tard ».

C : C’est un pur hasard, chaque groupe a composé indépendamment, sans connaître les morceaux de l’autre, mais en ajustant les arrangements en cohérence avec l’univers du 2ème groupe… Le cinéma est présent dans les influences des 2 formations, donc ce n’est pas surprenant qu’il y ait 2 noms de films dans le split ! ;-)
VF : Comme dit Corbeaux c’est un pur hasard, on a chacun bossé de notre côté sur nos titres, puis regroupé nos idées dans le morceau commun. Nous on déteste « 28 jours plus tard »…le film… :)
Non, la vérité vraie, c’est un super film. Le passage avec le corbeau est sublime…

-En parlant de cinéma, la musique de vos deux groupes ressemble vraiment à la BO de films. Comment composez vous vos titres ? Vous inspirez-vous d’un élément, de l’ambiance ou de la musique d’un film ? Ou est-ce quelque chose de plus « classique », comme « un riff qui vient lors des répet’ et duquel on démarre ensuite » ?

C : C’est plutôt ta dernière idée… On compose souvent chez nous en individuel, on s’envoie des fichiers puis on arrive avec le truc en répé, et on le bosse. Des fois, on peut aussi improviser jusqu’à trouver un truc qui nous plaît. Le sens et la signification d’un morceau n’arrivent qu’ensuite…
VF : Les titres sont en général très inspirés de ce qui nous entoure, on imagine alors que nos yeux sont à la place de nos oreilles, et inversement… Bah oui imaginez avoir de grosses oreilles à la place des yeux ! En général Antoine arrive avec des démos, parfois déjà très abouties, parfois avec seulement quelques idées puis on les façonne ensemble.
C’est compliqué de parler d’inspiration, ça peut partir de n’importe quoi, par exemple pour « In Another Life », Antoine s’est assis sur le PSR 80 (petit clavier cheap de chez Yamaha), qui était branché dans des machines d’effets, et qui a donné la texture de la nappe qu’on entend sur l’intro :
“Oh putain, ouvre une piste, enregistre et roule un pétard !”. Le morceau est parti de là. Finalement nos morceaux se construisent au fur et à mesure de nos rencontres, de nos sentiments sur le moment, ils ne sont jamais définitivement structurés, on pourrait les reprendre et les modifier tout au long de leur existence, mais à un moment donné, on est obligé de fixer nos émotions, comme sur du papier photo. On a fini la compo de « In Another Life » la veille du mastering. Pour « Blade Runner », c’est un peu le même “principe”, c’est parti d’une expérimentation de guitare qu’on peut d’ailleurs voir sur notre chaine Youtube, on a re re re re re regardé le film Blade Runner quelques jours plus tard et ça nous a influencé pour la suite du morceau.
C’est compliqué de parler d’inspiration, c’est pas comme si on pouvait aller sur Marmiton, et taper : “recette Post-Rock”. L’inspiration est une succession d’événements au sein d’une vie, c’est pour ça qu’elle est en constante évolution.

-Et comment a été construit le morceau « The Meeting Point » ? On aurait pu s‘attendre à un titre alternant les plans avec Corbeaux, puis Volte Face, etc. Mais les barrières entre vos deux groupes sont bien brouillées. Comment se sont passés la composition et l’enregistrement de ce morceau ?

C : On s’est enfermé 2 jours dans un petit local de répé du côté de Rennes, on a « bœuffé » tous ensemble la première journée, en enregistrant tout ce qu’on faisait, et après, le 2ème jour, on a retenu des plans qui nous plaisaient et on a commencé à structurer le morceau. On voulait que cela soit spontané et urgent. C’est pour cette raison qu’on a enregistré ce titre live sans filet…
VF : On a composé le morceau en live lors d’un week-end de résidence. Nos styles respectifs étant assez éloignés, on avait quelques appréhensions à l’idée de se retrouver sans aucun point commun. Finalement, on s’est donné rendez-vous pour s’installer le vendredi soir et être prêts à enregistrer dès le samedi matin, les balances du vendredi soir se sont transformées en bœuf, la sauce a pris direct et on s’est tout de suite senti en confiance. Nous sommes donc allés se retourner le crane pour être d’attaque le samedi matin…

-Quels sont les projets maintenant ?

C : Assurer nos prochaines dates de concerts comme des chefs cet été et à la rentrée ! ;-)
Maquetter notre prochain EP 5 titres.
Faire un clip pour la fin de l’année.
VF : C’est flou.

-Où serez-vous prochainement ? J’ai vu une possibilité pour Budapest chez Corbeaux.

C : Nous jouons le 31/07 à L’International à Paris (11ème) et le 2/08 au Lott Festival à Raversburen en Allemagne . Nos concerts de rentrée commencent à se caler : Le Plan B à Poitier le 18/10, Le Triolet à Nantes le 30/10, La Chap’L à Concarneau le 9/11, il y aura aussi une ou 2 dates à Rennes!
Pour le Sziget c’est mort, y’a des groupes qui sont bien plus calés que nous pour rassembler un maximum de votes d’internautes. En tout cas, merci à tous les personnes qui ont voté pour nous!!
VF : C’est flou.

-Et tant qu’on est sur les concerts, vous avez des souvenirs de live qui vous ont marqués ?

C : Le Festival des Hivernautes à Quimper (pour le stress de jouer devant les copains et le cercle rapproché du groupe), Les Jeunes Charrues à Pont l’abbé (pour la satisfaction d’avoir un peu de reconnaissance et de soutien de la part des professionnels locaux), Le Festival des Vieilles Charrues à Carhaix (pour le gros concert de ouf devant pleins de furieux et de furieuses mettant une pure ambiance, c’était magique !)
VF : Mogwai, Depeche Mode, White Lies, …

-D’ailleurs, avez-vous prévu de faire des concerts ensemble, de faire vivre sur scène « The Meeting Point » split et titre ?

C : On l’a déjà fait (près d’une douzaine de dates communes en France durant l’automne et l’hiver dernier). On a joué 2, 3 fois le morceau « The meeting point » en live.
VF : Ouais, c’était cool.

-Les retours sur « The Meeting Point » ont été plutôt positifs. Est-ce qu’ils vous ont influencés pour l’avenir ? Est-ce que vous retenez certains conseils, certaines critiques pour de nouvelles compos ?

C : Les retours de la presse et des pros ont été très positifs. On retient certains conseils et des critiques si ces dernières sont pertinentes et fondées. Mais, globalement, cela ne nous influence pas tellement, on sait ce qu’on veut faire et où on veut aller… Il faut rester libre et un minimum indépendant et sincère. Des fois, n’écoute que toi. Si tu te mets à écouter trop autour de toi, ton projet peut se dépersonnaliser. Après, y’a des personnes qu’on sait compétentes et dont on va écouter et appliquer les conseils sans hésitations!
VF : Il faut faire le tri, entre la critique d’un mec bourré couvert de vin et le programmateur de l’endroit où l’on joue qui nous prend a partie pour nous donner son avis. Tout est bon a prendre même si dans nos têtes nous avons en général quelque chose de déjà bien fixé.

-J’ai vu deux nouveaux titres sur le site de Volte Face, très années 80 (notamment « The Fame »), est-ce les prémices d’un premier album pour vous ?

VF : Ces 2 titres sont sortis en Février 2012 donc pas mal de temps avant « The Meeting Point ». « The Fame » à été composé et enregistré en une après-midi. Antoine, depuis tout petit, à toujours été attiré par les années 80, le son, les technologies, les producteurs, etc… Ras le bol de tout ces groupes éphémères qui se prennent pour Talk Talk, New Order, … avec leurs chemises à rayures et tout ce qui va avec… « The Fame » est une sorte de besoin, un challenge, on a une besoin de se dire, OK, on peut faire un morceau pop 80’s en 3h… mais ça nous intéresse pas au final. On ne cherche pas non plus spécialement à innover mais juste à nous faire rêver et à faire rêver les autres.

-Pour Corbeaux, votre premier album « Terrain Blanc » est sorti en 2011, comment a évolué votre musique entre cet album et le split ? Un successeur est-il prévu ?

C : Je crois qu’on a mûri au niveau de notre approche des arrangements et de l’efficacité de nos compositions. On se cherche moins que sur « Terrain Blanc », qu’on a sorti illico 1 an après la création du groupe. Oui, un petit frère est prévu, ce sera un EP 5 titres!

-Et pour finir, la questions que j’aime bien : à quelle question qu’on ne vous a jamais posée  aimeriez-vous répondre ?

C : Qu’on nous demande quelle était notre dernière claque discographique ou cinématographique. Pour la claque cinématographique : « BOY A », c’est l’histoire d’un gars de 24 ans qui sort de taule, il y a passé toute son adolescence pour un crime qu’il a commis dans son enfance. Un assistant social l’aide à démarrer une nouvelle vie sous une autre identité. Il se réintègre très bien et est devenu quelqu’un d’autre jusqu’au jour où son passé le rattrape… Ce film s’interroge sur la question de la rédemption… Pour la claque discographique : je te dirais le dernier album du groupe suisse Ventura : « Ultima necat »
VF : Miel Pops ou Chocapic ? Miels Pops bien sûr ! ;)

 

(Photographie de Corbeaux par David Rivoal)

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