Darknation

Le 19 janvier 2014 posté par celtikwar

 

* Vous venez de sortir votre second opus « WWII », son écriture a commencée en 2009, pouvez vous nous en dire un peu plus sur l’enregistrement?

Romain (Chant): On a du beaucoup faire et refaire les pistes pour les parties chant. Je progressais au fur et à mesure que l’album avançait, et les anciennes pistes finissaient toujours par ne plus être cohérentes avec celles que l’on venait de faire. Il a fallu beaucoup de temps pour arriver à un résultat qui nous convenait à tous.

Alex (Guitare): En fait l’écriture a commencé en 2006, juste après la sortie de notre premier album « Merci pour le Mal ». L’enregistrement a commencé fin 2009 avec les premières sessions batterie. Les dernières prises de chant ont été faites jusqu’au dernier moment, alors que le mixage était déjà très avancé…Je crois qu’on peut dire qu’on a vraiment poussé le perfectionnisme assez loin sur cet album…

* Il était très difficile de faire un opus entièrement basé sur la seconde guerre mondiale, un conflit encore proche et qui continue de marquer les esprits, n’avez vous pas eu peur de vous atteler à une telle tâche? Car avec un thème si lourd, soit vous sortez vainqueurs soit vaincus, mais personne ne restera neutre…

Romain: On était conscient de cette problématique en commençant à écrire. Il fallait que l’écriture se mette au service de ce thème, travail brillamment fait par Alex et Rémi. Le plus dur a été pour nous d’éviter les malentendus au sujet de notre position sur ce conflit dramatique.

Alex : Le but est justement de faire réagir. Pas de façon provocatrice, on n’a pas choisi ce thème par opportunisme pour faire parler de nous. Mais on a tous dans notre passé familial une raison qui nous a poussé à remettre le sujet au goût du jour. Et il se trouve que d’un point de vue musical, c’était un sujet vraiment propice à développer des ambiances différentes, passer du thrash à la ballade, de la Russie à l’Egypte…

* Darknation nous propose un duo de chant, une dualité entre la combativité et l’agressivité, qu’est ce que ces deux timbres de voix représentent pour vous?

Romain: La seconde guerre mondiale est un face à face sur tous les plans. Le monde entier a été divisé. Le conflit avait pris une dimension aussi idéologique que martiale. Les philosophes, les politiciens et les artistes se sont autant battus dans leur tête que sur le front. C’est cette division radicale et mondiale qu’exprime l’antagonisme entre les deux voix utilisées sur l’album.

Alex : Ca a aussi été une évolution naturelle en fait…D’une part nos influences sont passées du heavy traditionnel à des choses plus thrash, on est passé de Maiden et Metallica à Machine Head et Children of Bodom et ça s’est ressenti dans l’écriture. Et paradoxalement, je crois que c’est surtout la voix très mélodique de Romain qui nous a incités à mettre plus de growl, pour renforcer le coté agressif qu’on voulait absolument donner à ces compos.

* Le duo de chant et l’alternance entre le Heavy Thrash sont très marqués et présents, comment avez vous choisis de représenter ces deux styles différents, écriviez vous un couplet pour ensuite se demander si cela sera pour la voix grave ou claire, ou saviez vous d’abord le timbre voulu pour ensuite écrire le couplet qui lui correspondrait?

Romain: Le chant n’a pas été au centre de l’écriture dès le début. La composition étant très majoritairement faite par les guitaristes, c’est surtout sur la qualité des riffs que l’on se concentre au moment d’écrire. On pose le chant dessus après, les alternances entre voix mélodiques et agressives se font d’instinct. L’écriture des guitares étant très variée, certains riffs se voient trop lourds pour y poser des voix mélodiques, et sont une vraie invitation à mettre des voix plus violentes. Tout se joue à ce moment là.

Alex : Oui c’est vraiment instinctif. L’écriture des paroles venait après la phase de démo pendant laquelle on trouvait les mélodies vocales, mais chaque titre avait été composé sur un thème précis donc on savait d’avance si on allait s’autoriser des voix violentes ou pas, qu’on ne voulait surtout pas systématiques comme ont tendance à en abuser certains groupes… Et puis il y avait aussi cette idée d’opéra qui me trottait dans la tête…Quand on a commencé l’écriture, Tobias Sammett venait de sortir les deux premiers Avantasia, j’écoutais en boucle le « Metropolis Pt.2 » de Dream Theater, « Temple of Shadows » d’Angra, tous ces albums où plusieurs chanteurs jouent des personnages qui dialoguent entre eux, et ça m’aurait vraiment plu de pouvoir faire ça. Il resté quelques bribes de cette idée dans certains titres comme Overlord par exemple.

* Comme on dit, jamais deux sans trois, il y a voix une féminine sur plusieurs titres de WWII. A qui appartient cette douce voix mélodique, et à quel personnage correspond-t-elle ?

Alex : Coralie est une amie chanteuse que l’on a rencontrée à l’époque où Rémi et moi envisagions de monter un projet parallèle à Darknation, plus orienté symphonique/death, dans la veine d’Epica par exemple. Le projet ne s’est pas fait car « WWII » était vraiment une priorité à nos yeux mais nous sommes restés en contact et quand il a été question d’inclure une voix féminine dans nos morceaux, il a été évident que ce serait elle. Dans cette idée d’opéra, elle représente plutôt l’Innocence bafouée, les civils massacrés à Oradour ou le peuple d’Egypte qui se demande pourquoi des allemands, des italiens et des anglais s’affrontent sur ses terres…

Coralie : Sur « Only Ashes Left » mon personnage est celui d’une narratrice, villageoise habitante d’Oradour sur Glane qui découvre dans son village une scène d’horreur et de désolation, et qui doit faire face à la perte de ses proches… A notre époque, je ne suis pas villageoise mais simplement étudiante, ayant comme passion la musique. J’ai eu pas mal d’expériences en la matière et cette collaboration est une des meilleures que j’ai vécues.

* A l’écoute de votre opus, j’ai eu l’impression d’une œuvre presque théâtrale, un côté martial très présents, de nombreuses coupures… Avec même la possibilité de voir les tirs de balles représentés par la guitare et les missiles la batterie…

Romain: On a la chance d’avoir des riffeurs de qualité dans le groupe, et ils ont beaucoup réfléchi sur les images dans les riffs. C’est une façon d’écrire qui m’a beaucoup touché à mon arrivée au sein de Darknation. Le riff peut exprimer énormément de choses. J’ai l’impression que le métal évolue énormément en réfléchissant là dessus en ce moment.

Alex : Plus que théâtral, je dirais documentaire ! Quand on a abordé l’écriture, l’idée c’était de retranscrire fidèlement l’Histoire, pas de la romancer. Rester neutre d’un point de vue politique et idéologique (mais s’engager sur la dénonciation de l’inhumanité !). Pour renforcer ce coté documentaire, on a ajouté quelques extraits de discours (Churchill, De Gaulle, Roosevelt…) et des bruitages avec modération. Tout ça, en appui sur la musique, bien sur, qui garde ce coté martial, comme sur l’intro de « Division de Fer » ou de « D-Day » par exemple…

 

 


* Est il possible de nous faire un Track By Track de l’album, en nous détaillant chaque titre, ce qu’il représente pour vous, une anecdote de l’enregistrement, etc…

The March:

Romain : C’est le calme avant la tempête. On a l’impression que l’on observe un paysage trop calme pour être vrai. Le retour à la réalité s’annonce difficile à la fin.

Alex : C’est le 1er morceau qu’on a composé dans l’optique de cet album concept. On l’a voulu comme un morceau d’opéra justement…Chaque pupitre joue un rôle. Le chœur masculin représente le peuple allemand qui meurt de faim en 1933, le violon joue le rôle du dictateur, d’abord caressant et enjôleur, pour ensuite révéler ses véritables intentions martiales et entraîner dans la guerre ce peuple qui se change en chœur militaire à la fin du morceau.

Blitzkrieg:

Romain : Un riff rapide et violent qui montre l’intention des allemands (le Blitzkrieg est une opération violente rapide, décisive et radicale pour gagner des points décisifs au début d’une guerre). On est attaqués par surprise. C’est aussi le riff que joue toujours Rémi quand il prend sa guitare, il en est bien plus fier que de ses solos, pourtant très techniques. Je ne connais aucun autre guitariste capable de la jouer comme lui (sur l’album il est très loin de sa vitesse maximum :) )

Alex : 2e titre composé pour l’album. A mon sens c’est celui qui a donné sa couleur à « WWII » et qui a scellé notre engagement vers un metal plus radical que celui du 1er album. On y trouve déjà les ingrédients principaux du style Darknation, rythmiques rapides, alternances growl et chant mélodique et les guitares harmonisées qu’on utilise énormément. Un indétrônable sur nos set-lists…

Talvisota:

Romain : Ce morceau est là pour raconter le conflit et l’invasion de la Finlande par la Russie et sa mise en déroute par une armée moins nombreuse. Un morceau mélodique qui laisse de la place à la narration.

Alex : « Talvisota » était au départ destiné à devenir un instrumental, ce qui explique sa structure un peu alambiquée…C’est un morceau qui ne me satisfaisait qu’à moitié jusqu’à ce que Romain trouve les lignes de chant. Ca lui a vraiment donné une cohésion et un fil directeur qui lui manquaient. Maintenant c’est devenu un de mes morceaux préférés sur scène…

La Bataille de France :

Alex : C’est le premier morceau « épique » de l’album, avec beaucoup de changements de structures, des orchestrations, etc. C’est aussi le 1er où les chanteurs jouent un rôle, Rémi celui de l’allemand et Romain le français dans un question/réponse où chacun hurle à l’autre sa volonté de gagner cette « guerre de 40 » qui se termine par l’Armistice du 22 Juin.

Battle of Britain Day:

Romain : C’est mon morceau préféré. Un coté heavy que j’adore, même si j’avoue qu’il m’a posé un sacré challenge avec ses notes longues. Ma petite fierté personnelle ce sont les harmonies en deuxième partie du refrain.

Alex : C’est le clin d’œil à Iron Maiden, qu’on nous a beaucoup reproché de copier sur « Merci pour le Mal ». Pour ce titre sur la Bataille d’Angleterre, j’ai vraiment appuyé l’hommage à « Aces High », avec rythmiques en triolets et harmonies à la tierce. C’est un morceau efficace et qui chauffe bien, ce qui explique qu’il ouvre souvent nos concerts…

Pearl Harbor:

Romain : Tout ce que j’aime dans l’écriture de Rémi et Alex. On a l’impression d’entendre les avions voler sur le passage calme, ensuite, les alternances entre riffs plus ou moins musclés évoquent très bien les attaques successives des avions sur les navires. Concentrez-vous sur les grattes en imaginant que ce sont des moteurs d’avions, moi je l’écoute comme ca :)

Alex : Il y a eu 2 versions de Pearl Harbor, la première était totalement différente et beaucoup moins aboutie. Comme pour beaucoup de titres, on a pris le temps d’essayer différentes choses afin de ne rien laisser sur la version finale qui ne nous satisfasse pas à 100%.

Requiem Aeternam:

Alex : Un titre à part dans cet album puisqu’il est entièrement orchestral. C’est une pause dans ce début d’album très dense et ce morceau est un hommage à toutes les victimes de la guerre, militaires ou civiles. Ca a été vraiment un challenge à composer, mais ça reste une grande satisfaction pour nous et une façon de montrer notre éclectisme et qu’on aime autant Mozart, Verdi et Dvorak que Trivium par exemple.

Vel’ d’Hiv’:

Romain : Je chante en mélodique, mais j’adore le métal plus violent, et Vel’ d’Hiv’ c’est du bonheur pour ca. Pour info c’est l’un des rares morceaux dont je suis vraiment content au niveau technique. Avec une note plus aigue que ce que je pensais pouvoir faire. On était en fin d’enregistrement, la fatigue arrivait, et j’ai voulu essayer un truc pour rigoler. Je le fais, Alex voulait le garder et a eu raison. L’harmonie est bien comme ca.

Alex : Un hommage aux personnes déportées au Vélodrome d’Hiver en 1942. Ca aurait dû être une ballade au départ, mais on y a renoncé pour ne pas tomber dans le larmoyant, ce qui est un écueil facile avec ce genre de thématique. L’influence Machine Head se fait plus présente. C’est un des textes de l’album dont je suis le plus satisfait.

Resistance :

Romain : Très dure à chanter, pas évident de trouver l’interprétation idéale sur un morceau comme ca.

Alex : Resistance, morceau très direct, très agressif, et certainement le plus contraignant à mettre en place niveau rythmique. On retrouve bien la patte de Rémi dans la composition.

El Alamein:

Romain : Un morceau long pour raconter la première défaite des allemands. C’était un challenge pour moi d’enregistrer cette chanson. Impossible d’atteindre la note du refrain, il a fallu bosser dur pour y arriver. On a du enregistrer certaines parties de percussions en tapant sur une guitare qui traînait dans la chambre d’Alex. Je n’aurais jamais cru qu’on garderait la piste mais ca sonnait plutôt bien. C’est un morceau qu’on voudrait bien jouer sur scène, mais pour ca il nous faudrait trouver des concerts plus longs.

Alex : Un des morceaux les plus épiques de l’album, directement dans la veine d’un « Rime of the Ancient Mariner » de Maiden ou « The Pharaoh » d’Edguy avec ses 10 minutes et son ambiance arabisante. C’est exactement pour se permettre ce genre de morceau avec énormément de parties et d’atmosphères différentes qu’il a toujours été clair pour nous que cet album serait un double.

Stalingrad:

Romain : Alors celui là je m’en souviens bien, j’ai été auditionné sur ce morceau pour rentrer dans Darknation, il fallait que j’écrive quelque chose de bien là dessus. (c’était de la merde :) ) et ils m’ont pris en croyant à mon potentiel. Que de souvenirs avec celui là!

Alex : Un morceau qui commence par un super break de batterie pour saluer l’arrivée de Martin dans le groupe et relancer le 2e CD. C’est en effet sur ce morceau qu’on a intégré Romain, mais contrairement à ce qu’il dit sa 1ère version n’était pas si mal puisqu’on a conservé le refrain qu’il avait trouvé à l’époque ! Et surtout pour nous ça a été une évidence, ce mec savait chanter juste et en place et avait un timbre unique et reconnaissable. Il n’était pas aussi bon techniquement qu’il l’est aujourd’hui mais on a tout de suite senti son potentiel et ce timbre caractéristique qui contribue à finaliser l’identité sonore de Darknation. J’adore le chœur type Armée Rouge sur le pont…

Operation Husky:

Romain : Le moment de gloire de Remi ! Super efficace comme morceau. Quand on le joue sur scène, je retourne en coulisses, et je les regarde faire en me disant que je suis fier de bosser avec ces gars là. Et ça n’est pas peu dire!

Alex : Encore un morceau très exigeant niveau guitare, notamment ce très long solo harmonisé qu’on joue à deux sur scène, mais ça fait partie de ces choses qui forgent notre son.

Overlord :

Romain : C’est la suite de l’album, le coté le plus théâtral de notre travail. On s’est battus pour avoir de vrais instruments pour les parties qui ne sont pas jouées pas le groupe. Pas grand chose à dire sur cette suite de morceaux, il vaut mieux la vivre, je rêverais de la jouer avec un orchestre.

Overlord Part I : Irish Mood

Alex : Irish Mood, c’est le calme avant la tempête, la nuit qui précède le Débarquement de Normandie.

Overlord Part II: Before the Landing

Alex : 6 Juin 1944, 5h du matin, les soldats sont sur les barges qui vont les débarquer en Normandie. Les dernières minutes avant l’affrontement. On a repris dans ce morceau le jeu de rôle entre la voix growl de l’officier qui encourage ses troupes et la voix claire du soldat qui se demande ce qu’il fait là et s’il réussira à sauver sa peau…

Overlord Part III : D-Day

Alex : Cette fois on y est, les portes s’ouvrent et les soldats débarquent sur Omaha Beach. Un morceau rapide et sans temps mort qui nous plonge au cœur de l’action. Ca aurait dû être la BO du Soldat Ryan ;)

Overlord Part IV : Pegasus Bridge

Alex : Suite des opérations du Débarquement avec la prise de Pegasus Bridge. Une intro au violoncelle que j’aime particulièrement…

Overlord Part V : Only Ashes Left

Alex : L’hommage aux victimes de la tuerie d’Oradour Sur Glane, brulée par un commando SS en représailles au Débarquement de Normandie. Un des moments les plus solennels de l’album grâce au très beau duo entre Romain et Coralie…

Coralie : Pour l’anecdote : ayant un peu de mal à faire ressentir mon émotion, mes camarades n’ont rien trouvé de mieux que de me faire penser à un chat se faisant écraser… Jugez plutôt si cette méthode a été efficace en écoutant !

Overlord Part VI : Falling Angels

Alex : L’avancée des alliés pour libérer Paris et un hommage aux parachutistes qui ont ouvert la voie pendant toute la campagne de Normandie. On ne peut pas évoquer Falling Angels sans parler du très beau clip qu’a réalisé notre ami JM Bordet et qui nous voit jouer ce titre devant un Spitfire d’époque ! Notre morceau de prédilection pour terminer les concerts.

 

Division de Fer:

Romain : Je n’avais jamais chanté en français, c’était un défi pour moi, Je redoutais ce morceau, mais maintenant il fait partie de mes préférés.

Alex : Un morceau plus rock, très direct pour la Libération de Paris. Un challenge pour l’écriture des paroles en français et au final ça sonne et ça fonctionne très bien sur scène.

Auschwitz :

Romain : On ne peut pas parler de la seconde guerre sans parler de ses horreurs. Les camps de concentration ont été l’une des pires idées de l’humanité. Il y a quelque chose dans cette chanson qui nous rappelle que nous pouvons tous être responsables de telles horreurs. Alors soyons vigilants.

Alex : Encore un morceau hommage, en sobriété cette fois pour évoquer l’indicible. Le violoncelle et la voix de Romain se marient à merveille sur cette ballade.

The Path of Weakness :

Romain : C’est la rage sanguine envers un homme qui a passé sa vie à parler de courage pour faire accepter les pires horreurs et qui est parti de la manière la plus lâche qui soit.

Alex : Le premier morceau que j’ai écrit après « Merci pour le Mal », avant que l’idée du concept album soit adoptée. On sent encore la patte 1er album, c’est un peu un morceau de transition.

Hiroshima :

Romain : C’est aussi un morceau très narratif. Je me suis bien amusé pour enregistrer la partie en heavy scream. :) C’est aussi un rappel. Les alliés ont aussi commis des horreurs. Personne n’est propre dans ce conflit.

Alex : Un morceau qu’on adore jouer sur scène, très épique aussi et sans doute le texte dont je suis le plus fier.

Never Again :

Romain : C’est un peu notre message par rapport à ce que l’on a raconté. On m’a déjà dit que notre discours était un cliché. Je ne le nie pas. Mais quand une idée semble acquise dans la tête des gens, quand il ne semble plus nécessaire d’en parler, c’est à ce moment là que l’humanité commence à oublier. Alors, Darknation a fait le choix de continuer à enfoncer cette porte qui semble ouverte, mais qui commence déjà à se refermer en silence.

Alex : Difficile de terminer cet album, je trouve que ce morceau y parvient très bien. Le titre « Never Again » m’a été inspiré par une rencontre que j’ai faite d’un ancien déporté, n°58337 au camp de concentration de Sachsenhausen. J’ai adoré sa façon de raconter cette épreuve, en disant aux élèves qu’ils rencontraient qu’il ne gardait aucune rancœur envers les allemands, et que le vrai danger vient de nous mêmes et qu’il nous appartient d’être vigilants et de veiller sur notre liberté et d’empêcher les autres de penser pour nous. A l’heure où certains se permettent de bafouer les lieux de mémoire de la Shoah avec des gestes irrespectueux, je pense qu’il est plus que jamais utile de le rappeler. En dédicace du livre qu’il a écrit, cet ancien déporté m’avait écrit « Pour ne plus jamais ça ». J’ai trouvé qu’il y avait dans ces 5 mots l’essentiel de notre message : Never Again.

– Comment allez vous choisir votre set list pour les concerts, il ne doit pas être évident d’établir la suite entre chaque chanson?

Alex : Pour l’instant, on a essentiellement fait des dates courtes pour lesquelles on privilégie les morceaux les plus efficaces. A l’avenir, on aimerait aussi inclure des morceaux comme « El Alamein » ou la suite « Overlord » dans son intégralité, si les conditions de jeu le permettent, et on attend ça avec impatience !

– Vous avez peut être des plans de tournée pour la suite, des dates à annoncer?

Alex : On jouera le 22 février à Rolampont (52) avec Red Mourning, Dead Cowboy’s Sluts, Sound Of Memories et Depths Of Madness. Pour la suite, on voudrait tourner un maximum tout en continuant sérieusement à travailler sur un projet de live qui nous permettrait enfin de restituer toute la richesse de cet album sur scène…On vous tiendra au courant ! ;)

* Je vous laisse les derniers mots..

Alex : bravo si vous êtes allés jusqu’au bout de cette interview ! Le mieux pour découvrir est encore d’écouter notre album et de venir nous voir sur scène ! On vous donne rendez-vous le 22 février et rendez-vous sur notre page facebookhttps://www.facebook.com/darknationmusic?ref=hl pour suivre l’actu du groupe !

Merci Soil Chronicles ! ;)

 

Chronique de l’album: http://www.soilchronicles.fr/chroniques/darknation-wwii

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