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La caravane Watain, après avoir visité la capitale et la Bretagne, nous fit la courtoisie de venir nous visiter dans la région Rhône Alpes. C’est par un dimanche ensoleillé et particulièrement venteux que je quittai donc ma Bourgogne d’adoption pour aller assister à cette affiche estampillée 100 % « Season Of Mist » dans la salle du Kao à Lyon. Première constatation, à quelques minutes de l’ouverture des portes, la file d’attente avant la fouille n’est pas très grande, laissant craindre une fréquentation du lieu assez faible. Heureusement, le public a bien répondu présent, mais le peuple black metalleux de la capitale des Gaules a prit son temps pour arriver et a quand même très correctement garni la salle.

Ouverture des hostilités par le quatuor bordelais d’Otargos, accueilli par un public encore parsemé mais attentif et connaisseur. Le son est clair, les lights bien que basées sur des contre-jours blafards et des effets de laser de toute beauté, sont horripilantes et cauchemardesques pour les photographes. Que tirer de ce court show ? Assurément, Otargos ne vole pas son statut de nouvelle étoile noire montante de la scène black française. Le blast est véloce, les rythmiques soutenues sonnent différemment des vagues d’accords habituels, avec un côté martial pas déplaisant du tout. Les passages en chorus passent très bien et aèrent des morceaux à l’ambiance oppressante, malgré quelques passages un peu longuets. Scéniquement le groupe se tient, le look est recherché et les corpse paint sont très élaborés. Les titres s’enchainent avec précision, et nous avons le droit au discours provocateur de Dagoth, brandissant une bible en qualifiant l’ouvrage de « virus » et déclamant que de toute façon, Dieu n’a pas créé l’Humanité. OK, Nerghal l’a déjà fait, au Hellfest le discours était le même, et il est vrai que même si cela peut paraître un peu puéril et caricatural, cela demeure assez efficace. Et ça plait… bonne prestation d’un groupe en devenir, donc.

Changement de style pour les revenants de Destroyer 666. Là aussi, j’avoue humblement ne pas être un grand connaisseur de ce groupe, et bien qu’ayant planché pour Soil sur « Defiance », je n’aurai pas la prétention de vous disséquer chaque morceau du set par le menu. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’avec le trio d’origine australienne, l’ambiance dans le Kao est montée d’un cran sous les coups de boutoir de ce métal atypique, flirtant avec le Thrash, et le Black-death. Le public devient dingue et la fosse commence à surchauffer. Pas d’artifice : le show au point de vue des lights et du décor fut l’un des plus sobres de la soirée. Du gros son, des vocaux extrêmes partagés par les deux musiciens de champ, le batteur assurant pour sa part de superbes chœurs sur le très heavy et épique dernier morceau du set. On aura particulièrement apprécié Shrapnel qui malgré ses nombreuses mimiques pour paraître méchant garde une bonne bouille, et ça aurait été avec plaisir qu’on serait monté avec lui sur scène pour trinquer de sa bouteille de Jack posée entre les deux grosses caisses et qui a pris une bonne baffe durant le show.

Puis vint le changement de plateau le plus long de la soirée, normal, Watain sur scène c’est quand même un sacré décorum. Un backdrop magnifique reprenant en très grand la pochette de « Lawless Darkness» apparaît et des drapeaux, l’un à l’emblème du loup, l’autre du trident sont accrochés à des mâts. Sous la batterie est installé un véritable petit autel, les tridents métalliques déjà vus au Hellfest sont montés, les bougies noires et rouges disséminées sont allumées. Y a pas à dire, ça va être visuel, ce soir. Et aussi assez … odorant, car les roadies répandent un fatras d’ossements et de carcasses, dont certains sont encore visiblement pourvus de chaire. Tibias, crânes, et même une colonne vertébrale d’on ne sait quelle bestiole accrochée à la batterie, le tout commence à distiller un fumet particulièrement macabre dans la salle. La chaleur, l’odeur, et la musique d’ambiance (parmi laquelle « God Of Forbidden Light » de Dissection provoqua un petit moment de révérence et de magie…), la fatigue, tout ça concourant à annoncer un sacré tourbillon, quand les cinq suédois monteront sur les planches. Et quand les lumières se sont éteintes pour plonger la scène sous un halo rouge du plus bel effet, et surtout quand retentit le riff de « Malfeitor », ce tourbillon a vraiment eu lieu. Le son est excellent, ça sert quand même d’emmener son producteur dans ses valises quand on part en tournée. Et la désormais célèbre malédiction du Kao, brillamment mise en évidence par notre collègue Wën, qui veut que chaque début de concert dans cette salle soit caractérisé par un son abominable n’a pas frappé ce soir.

Tout de suite Erik, après s’être incliné devant l’autel, domine fièrement la fosse, focalisant toute l’attention en lançant des regards proprement hallucinés sur la légion lyonnaise de sa Black Metal Militia. Ce regard… Même si il est vrai qu’il est rendu plus inquiétant par les lentilles bleues pales, on le devine ailleurs, plongé dans des abysses infernales que lui seul peut voir, et dans lesquels il essaie de nous plonger par ses textes, crachés avec une conviction qui pourrait faire peur. Tout transpire la dévotion au maitre des ténèbres chez ce mec là. Sa stature scénique, tenant son micro accroché sur son pied des deux mains, penché vers l’avant, l’attitude est fière, un peu hautaine par moment pourrait-on dire, ses yeux se fermant pendant les passages instrumentaux, durant lesquels tout son corps s’immobilise à l’exception des doigts. On va ici beaucoup plus loin que les poncifs inhérents à ce style et on entre dans une dimension mystique très particulière. Le public ne s’y trompe pas, et même quand on tombe dans le « grand guignol » avec le calice de sang de cochon déversé sur l’assistance (Beurk … ça puait déjà, mais là, ce fut le pompon…) avant « Devil’s Blood », le retour est révérencieux et sauvage.

Les comparses d’Erik ne sont pas en reste, autant de par leur look éminemment tapageur et cradingue que par leur excellente prestation musicale. Que ce soit de la part des deux autres « pointes » historique du trident de base qu’est Watain, Pelle Forsberg et Håkan Jonsson que par les zicos de tournée Alvaro Lillo à la basse et Set Teitan à la deuxième guitare (qui a participé, rappelons le au retour du grand Dissection avant que …). Au point de vue de la setlist, pas de grande surprise, si ce n’est l’absence du classique « I am the earth » qui a été zappée ce soir, une petite déception quand même quant à l’absence du « Steellavore » qui m’avait tant impressionné en juin à Clisson. On y a pourtant cru jusqu’au bout et ce n’est pas faute du public qui l’a demandé à grand cri, mais bon…ne faisons pas la fine bouche, vous pourrez jeter un coup d’œil à la set list, vous verrez qu’on a quand même choppé du lourd à Lyon.

Puis les lumières de la salle se sont définitivement rallumées après l’outro qui a fait croire à un deuxième retour du groupe jusqu’à ses dernières notes, les flammes des tridents se sont éteintes définitivement, et la salle du Kao s’est rapidement vidée. Ainsi s’est terminé le périple de Watain dans nos contrées, par une date à Lyon bien furieuse qui aura surement marqué les esprits. Ce soir nous avons eu un plateau varié, trois groupes de qualité aux univers bien distincts. On retiendra surtout la prestation en « Odorama » d’un Watain qui après un album tonitruant, a brillamment passé l’épreuve de la scène et qui fait indiscutablement partie de la meute de tête de ce style si particulier qu’est le Black-metal.

Set List Watain :

1. Malfeitor
2. Devil’s Blood
3. Satan’s Hunger
4. Reaping Death
5. Sworn to the Dark
6. Wolves Curse
7. Legions of the Black Light
8. Total Funeral
9. On Horns Impaled

10. The Serpent’s Chalice

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1 Commentaire sur “Watain, Destroyer 666, Otargos : Lyon [03.10.2010]”

  1. pingback pingback:
    Posté: 14th Oct 2010 vers 0 h 53 min
    1
    Watain, Destroyer 666 et Otargos en tournée française | Soil Chronicles

    […] Report du concert du 03 octobre 2010 à Lyon par Fredo. […]

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