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Le traditionnel Sylak estival mis à part, cela faisait un sacré moment que je n’avais pas assisté à un concert dans la région de Lyon. Plus que quatre ans ! A vrai dire, ça me manquait. Je ne sais pas pourquoi, après tout, peu importe le lieu, si on a les concerts. Alors quand j’ai vu que Psykup passait à la MJC Ô Totem de Rillieux – à pas dix minutes de la maison de mon enfance – et qu’en plus, j’étais dans le coin justement ce week-end, j’ai eu l’impression que les astres étaient alignés. C’est donc sans aucune hésitation, que j’ai décidé d’affronter le froid pour rejoindre cette salle surprenante – plus cool et intimiste qu’un Ninkasi ou un Transbo, tout en restant assez belle pour mettre en valeur les prestations qu’elle accueille.

 

Après un peu plus d’attente que prévu, le temps de regarer la voiture, de manquer d’écraser une jeune fille – fort sympa, d’ailleurs, mais je m’égare –, de reluquer le stand merch’… le premier groupe entre en scène.
J’avais lu sur leur Facebook, que Buy Jupiter faisait dans le Metal moderne. Eh bien, effectivement, c’est le style. Ça reste classique dans l’exécution, avec ces rythmiques lourdes, alambiquées, ces riffs syncopés et ce petit côté Hardcore. Mais c’est bien foutu, énervé, avec ce chant puissant. Et puis, c’est d’une belle efficacité qui commence à faire remuer une partie du public. Une musique dans l’air du temps, évitant néanmoins le piège du trop générique, notamment grâce à certaines pauses plus calmes, variées et parfois même surprenantes, cassant les structures et apportant un petit côté Prog
Des compositions qui viennent parfaitement coller à la prestation. Car si dans les premiers instants, les musiciens s’effacent un peu derrière leur chanteur tout en dynamisme et en aisance – en témoignent les nombreuses vannes lancées entre les morceaux –, tous se lâchent ensuite pour nous délivrer un show fougueux et par moments original. Aux poses et headbangs réglementaires s’ajoutent des choses inattendues, comme des glissades et des descentes dans la fosse, au sein du public bien chauffé. C’est d’ailleurs par l’une d’elles, particulièrement intense, que se termine le set.
Encore jeune, Buy Jupiter est déjà bien affirmé sur scène et prometteur en studio, une bonne chose pour leur EP à paraitre.

Lorsque Sombra Y Luz démarre, je dois avouer un certain étonnement. A vrai dire, si je me suis renseigné un peu sur le groupe, je ne me rappelle plus dans quel genre il évolue. Et puis le chanteur, son look à la Zack de la Rocha, son chant clair un brin nasillard nous délivrant des paroles engagées qui, depuis ces imposteurs de Tryo ou autres Sinsemilia, ont tendance à me faire monumentalement chier (bien que ce soit un peu moins le cas ce soir), ainsi que le jeu de guitare aux influences latines, je me dis qu’on a affaire à du Rock Alternatif.
Mais sans prévenir, un hurlement vient tout casser, la musique s’emballe pour nous offrir une saturation pleine de rage. Les couplets perdent petit à petit leur côté latin, pour naviguer vers des choses plus funky, tandis que les refrains versent dans un Metal colérique. C’est là que je me suis souvenu du style que j’avais lu : la Fusion. Un mélange des genres, Funk/Rock/Metal, avec de petites touches d’autres choses. C’est d’ailleurs dommage que ce mix soit aussi systématique. On a un démarrage calme, funky ou autre, puis un refrain énervé introduit par un hurlement. C’est surprenant au début, au bout de trois ou quatre titres, on le voit arriver à des kilomètres.
On a ainsi l’impression d’assister à des morceaux issus du même moule, ce qui peut lasser. Je le regrette d’autant plus que, lorsqu’il ne se perd pas dans la composition automatique, Sombra Y Luz peut nous servir des choses vraiment prenantes. En témoigne un « La Corde » qui débute par la saturation pour progressivement nous envoyer vers une montée ne puissance finale, qui retombe malheureusement à cause de trois secondes de trop.
Oui, tout cela est un brin fâcheux, car la prestation est sincère, bien qu’un peu trop cool à mon goût, avec un frontman qui prend bien la scène et un guitariste qui s’énerve de plus en plus au fil du set.

Après un groupe qui, malgré quelques bémols, a affiché une belle envie et a continué le chauffage de salle avec succès, c’est au tour de la tête d’affiche de fouler les planches. Ça se sent. Le public devient plus compact, atteindre le bord de scène ne peut désormais se faire que sur les côtés. La pression monte, d’autant plus que l’on croyait que le show démarrait, avant de comprendre qu’on en est encore à l’étape des balances. On patiente, les planches se vident, la lumière s’éteint, Psykup démarre.
Et que dire… ? C’est… fou.
Les mots sont durs à trouver, rien ne semble pouvoir retranscrire avec justesse la prestation des Toulousains. Ça démarre doucement, sur le duo « To Be (Tray)… »/« … Or not to Be » magnifique, qui prend doucement en ampleur, installant une ambiance à la fois onirique et tendue, pour enfin exploser et nous servir une grosse heure d’un Metal complètement barré.
Comme en studio c’est taré, fun, ça part dans tous les sens et c’est violent à souhait. Comme en studio, on retrouve des sketchs, certainement improvisés, qui viennent apporter un peu plus de folie au sein de morceaux qui en possèdent déjà pas mal. Les titres, « Love is Dead » au hasard, prennent une sacrée dimension en live et donnent envie de sauter dans tous les sens. On peine à croire qu’un jour, ces gars se sont séparés. On se retrouve devant une bande de potes, qui veut juste s’amuser et nous amuser.
Sauf que ces potes possèdent une technique énorme, qui leur permet de faire absolument ce qu’ils veulent. Tout semble naturel, à aucun moment l’impression d’avoir affaire à des types qui se disent « faut que je fasse le show » se fait ressentir. Pourtant, le show est là. La salle est chauffée à bloc et c’est étonnamment tôt que Psykup nous quitte. Bon, les morceaux ne sont pas ce qu’on peut trouver de plus court, mais on dirait que ça vient de démarrer.
Heureusement, les rappels vont prolonger le plaisir de manière spectaculaire pour atteindre un paroxysme que l’on croyait pourtant déjà là. Les gars, particulièrement complices, portent la salle à ébullition, déconnent comme jamais, reprennent les groupes de leur jeunesse en empruntant les costumes aux volontaires du public. Pour ma part, je décide d’arrêter les photos pour profiter du spectacle, absolument génial.
La vraie fin arrive, mais point de frustration cette fois, tant cette dernière partie était furieuse.

Finalement, les mots sont bien venus, et s’ils semblent dithyrambiques, ils sont bien loin du spectacle qui a eu lieu ce soir. Un spectacle souligné par des ingé lumières en grande forme – pour Psykup notamment, mais ne négligeons pas les premières parties – et un son fort convainquant, malgré quelques soucis. Mon meilleur concert de 2016 jusqu’à maintenant, et pas seulement parce que c’est le premier.

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1 Commentaire sur “Psykup + Sombra Y Luz + Buy Jupiter – MJC Ô Totem de Rillieux – [16.01.16]”

  1. pingback pingback:
    Posté: 4th Fév 2016 vers 19 h 31 min
    1
    Psykup + Sombra Y Luz + Buy Jupiter – MJC Ô Totem de Rillieux – [16.01.16] | Soil Chronicles

    […] le live-report, on revient sur cette soirée du 16 janvier au MJC Ô Totem de Rillieux-la-Pape, en compagnie de […]

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