Live Report : Bloodybarbie (avec intervention de Homer Fry)

Alors ça, c’est un concert qu’aucun coreux ne peut rater pour rien au monde, parce qu’en plus de Parkway Drive, il y a Heaven Shall Burn. La cerise sur le gâteau, deux supers groupes en première partie: Carnifex et Northlane, que demande le peuple! On pourrait dire qu’il y a toujours mieux comme première partie, mais il ne faut pas se montrer trop gourmand non plus !

Hélas, les aléas des contretemps font que j’ai raté la première partie alors que je tenais absolument à voir Carnifex en live. J’ai tout de même recueilli quelques témoignages du public, et tous avaient la même réponse: c’était bien, ni plus ni moins… Pour ceux qui ne connaissent pas, Carnifex est un groupe américain de death metal fondé en 2005 qui était instable il y a quelques années mais qui a finalement sorti leur cinquième album cette année Die With Hope (que j’ai adoré), leur premier chez Nuclear Blast. Un style que j’aime beaucoup, à la frontière death metal/ deathcore avec deux types de growls, (très) aigu et grave qui s’enchaînent, des doubles pédales infatigables et chaque morceau contient un solo, des breakdowns ou d’autres passages calmes joués au clavier ou à la guitare. Certaines mélodies peuvent hanter votre esprit, ne serait-ce qu’un passage de 5 secondes qui fera la magie d’un morceau entier comme le pont de “Condemned To Decay” ou le sublime solo de “Die With Hope”, et j’en passe. Encore faut-il supporter ce genre de voix aiguës (je ne sais pas comment il fait pour sortir de tels sons). Pour ma part, Carnifex n’est pas un groupe banal, je pense que c’est une première partie parfaite pour une tête d’affiche aussi grandiose !

En tout cas, je n’ai aucun doute sur une chose : ça a du secouer plus d’une tête en live et je regrette amèrement d’avoir raté cette demi-heure.

En voici la preuve:

Setlist Carnifex :

  • Deathwish
  • In Coalesce With Filth and Faith
  • Hatred and Slaughter
  • Dark Days
  • Die Without Hope
  • Lie to My Face
  • Hell Chose Me

J’entre donc 5 minutes avant le début de la prestation de Northlane, ma découverte de la soirée que je ne connaissais que de nom.

Pour ma part, cette demi-heure était entre la limite de la déception/indifférence, on entendait très mal la voix du chanteur (certainement un problème de réglages), le public ne bougeait pas tellement et pourtant ce n’est pas de la musique classique ! Une ambiance bizarre s’est installée, les gens ne semblaient pas spécialement contents… Bref, je ne connais pas assez le groupe pour juger. En tout cas, je ne dirais pas que cette première impression est bonne ! Mais je ne me fie jamais aux premières impressions, tout le monde mérite une seconde chance. Une fois chez moi, je réécouterais tranquillement pour me faire une vraie idée ! Je laisse entre temps mon collègue Homer qui connait bien ce groupe, donner son impression sur le concert :

Homer : Northlane est le seul groupe que je connaissais avec Parkway Drive. Peut-être pas connaître purement mais déjà jeté une oreille à leurs albums qui sonnent vraiment bien : une véritable identité propre à cette formation. Mais voilà, il y a quelques mois le chanteur a eu la mauvaise idée de quitter le groupe. La recherche a donc suivi à base de vidéos « vocal cover » servant d’audition, et donc Marcus Bridge est nommé chanteur. Ce live permettait de prendre la température d’un groupe qui a subi du changement peu de temps avec la tournée (chanteur recruté mi-octobre, nouveau single début décembre juste avant de partir sur les routes). Dans la fosse, ça bouge, ça chante, ça chahute. Oui ça chahute ! Pas mal de monde semblait connaître Northlane, mais le style étant assez différent du reste de la soirée, on retrouvait principalement des jeunes dans un pit très ouvert en comparaison de la suite.

C’est sympatoche, ça aurait peut-être été plus judicieux de placer ce groupe avant Carnifex, question d’homogénéité dans les styles, celui des allemands s’approchant des têtes d’affiches. Alors que j’avais plutôt apprécié, ceux qui sont venu pour du gros son semblent avoir détesté. C’est vrai qu’avec du recul, ce n’est pas grandiose. Instrumentalement, rien à dire, mais le chant ne semble pas ne faire qu’un avec ce que Adrian Fitipaldes avait composé avant, et qu’il doit du coup « reprendre ». On a l’impression qu’il souhaite presque assagir les parties screamés, ou qu’il ne parvient pas à maintenir à un niveau assez puissant. Je suis très étonnée par le choix fait par les australiens de passer les commandes à ce chanteur, quand on voit les monstres qui ont participé à l’audition (Aeden Cooper, Toby Valmas, John Galloway), mais peut-être est-il dans la continuité de ce qu’ils recherchent. Nous aurons la réponse au prochain album, s’il arrive un jour.

Setlist Norhtlane :

  • Genesis
  • Scarab
  • Rot
  • Worldeater
  • Masquerade
  • Aspire
  • Quantum Flux

Vint le moment tant attendu après la partie Parkway Drive, celle des allemands de Heaven Shall Burn. Les vegans en force que j’ai vus en tête d’affiche avec Dying Fetus et Hypocrisy l’année dernière. Je me souviens de cette attache particulière envers le chanteur fort sympathique qui est si proche du public et si agréable qu’on ne peut qu’en garder un excellent souvenir. Quoi dire de ce groupe, si ce n’est que c’est la crème du deathcore mélodique avec huit albums, et des artworks que vous ne risquez pas d’oublier comme celle de Veto, qui est une reproduction du tableau de Lady Godiva de John Collier (si seulement on pouvait supprimer les impôts en montant à poils sur un cheval comme a fait Godiva).

Le public est prêt à tout pour se faire briser la nuque, et ce n’est pas en guillotine pourtant ! Il va falloir décider, soit se faire démonter la nuque maintenant ou la sauvegarder pour Parkway Drive (qui sont légèrement plus gentilles que HSB).

Ce soir, je les revois et je suis au paradis, tout en étant dans cet enfer infernal du cabaret sauvage (enfin il parait que le paradis doit brûler selon Heaven Shall Burn). Plus la foule s’excite, plus ça chauffe. Dès que les lumières s’éteignent, annonçant l’entrée sur scène du groupe, le public s’excite d’un coup, le voilà bien réveillé cette fois-ci.

HSB commence son show avec le fameux et violent  “Counterweight”, un bon échauffement pour la foule (comme si ça ne suffisait pas comme ça!)

Tiens donc, mais ce n’est pas le guitariste de HSB que je vois là, mais plutôt celui de Carnifex… Je me demande bien ce qu’il s’est passé !

Le suivant commence par « see them die, they dieeeeeeee »… On est déjà spoilés et voilà “Voice Of The Voiceless” et ses riffs énergétiques, un p**** de morceau qui déchire avec ses riffs qui hantent chacune de vos cellules. Pas besoin d’énergisant, ce morceau suffit ! Une grosse dose d’énergie est transmise du groupe au public et on la sent au fond de nous. Pas besoin d’appeler les magnétiseurs ou je ne sais qui pour réparer votre énergie, un petit concert comme ça et c’est réglé.

Le morceau qui suit correspond le mieux à ce que le groupe défend, le végétarisme. Markus annonce son intitulé “Hunters Will Be Hunted” et la dédie à tous les végans. On remarquera tous qu’il a une manière étrange de tenir son micro, en dessous de la ceinture en faisait un geste pervers, sacré Markus.

Bien sûr, seul un membre se démarque par son charisme. Heaven Shall Burn se résume seulement à Markus, les autres étant beaucoup en retrait. Puis il faut l’avouer, il est doué pour mettre de l’ambiance, foutre le bordel, animer les circle pits et annoncer les walls of death. Vous me direz, c’est bien la tâche du chanteur quand il ne fait que ça, les autres ont une tâche plus sérieuse qui nécessite plus de concentration !

Il explique enfin le mystère à propos de l’intrus sur scène : en effet, le guitariste de HSB avait un examen à cette période, il a été remplacé par un de leurs camarades, celui de Carnifex.

Ensuite, vient un titre que j’attendais avec impatience : Markus annonce que le suivant est une reprise d’Edge Of Sanity, la fameuse “Black Tears” si merveilleusement retravaillée, plus rapide et plus growlée que son original… Etait-il utile de jouer “The Worlds In Me”, une soupe de gros sons dont je ne suis pas trop fan, mais bon, si ça peut inciter plus au pogo et au crowdsurfing. Il y a eu ensuite un wall of death sur “The disease” !

Sous ces notes pianotées de l’intro Awoken, le public est d’un coup pris d’hystérie et se met à crier “ahou ahou ahou” et Markus prend une pose de fierté saluée par le public, puis leur fait signe de se taire afin qu’il replonge dans son trip, une condition nécessaire pour s’immerger dans une émotion profonde et chanter “Endzeit”. Dès le premier growl, un cirle pit se crée naturellement et le combat commence. Il n’avait pas besoin de chanter les premiers mots, il n’a fait que tendre son micro et laisser la parole au public, qui connaissait par cœur. Voilà pour moi le morceau le plus mélodique de la setlist !

Pour finir en beauté, la setlist se termine avec “Like Gods Among Mortals” globalement dans le mid-tempo pour apaiser les ardeurs du public en attendant le plat de résistance de la soirée. Bien que le son n’ait pas été au top également pour Heaven Shall Burn (je les ai vus dans de meilleures conditions), Markus sait tellement bien animer son show qu’on ne s’en rend même pas compte finalement… La séparation aura été dure mais sera vite oubliée dans 15 minutes et remplacée par une heure de pur plaisir, parce que Parkway Drive est le meilleur groupe de metalcore (selon moi) dont on puisse rêver (j’exagère à peine), avec quatre albums parfaits, des mélodies et des riffs sans équivalents, une identité bien marquée, qui se reconnait parmi des millions d’autre ! Pourvu que ça dure !

D’ailleurs, les vigiles n’ont pas été si… vigilants tellement il y avait de surfeurs lors de cette partie. Même Markus s’est jeté sur la foule à la fin, mais les vigiles l’ont rapatrié avant qu’il ne se perde dans l’immensité de l’océan au cabaret sauvage (il aura fait du sur place celui-là).

Setlist Heaven Shall Burn :

  • Counterweight
  • Land of the Upright Ones
  • Voice of the Voiceless
  • Hunters Will Be Hunted
  • Combat
  • Black Tears (Edge of Sanity cover)
  • The Words in Me
  • The Disease
  • Awoken
  • Endzeit
  • Like Gods Among Mortals

Lors de cette courte entracte qui nous paraissaient si longue… si longue, des jeunes hommes sortis de nulle part commencent à balancer des sortes de sacs en tissus sur lesquels on voit des têtes de lions, signé Impiricon. Une marque que je ne connaissais pas auparavant, mais pour les coreux, vous y trouverez votre bonheur car leur collection de vêtements est vraiment pas mal ! On les retrouvera au stand des autres groupes, qui distribuaient encore ces sacs ainsi que des autocollants et le catalogue Impiricon.

D’ailleurs, j’en profite pour dire qu’ils organisent un festival sur Paris le 30/04/15!

Lumières bleues, tout est prêt pour une entrée en douceur de nos chers australiens de Parkway Drive, qui font une tournée sans nouvel album (damn !). Mais au moins on jouira de cet énorme plaisir de les voir et de les écouter à plein son. Le lead guitariste entre en scène pour entamer les premiers riffs d’un morceau parfait pour monter l’excitation et l’énergie de la foule de 0 à 200%, “Wild Eyes” qui nécessite la participation de toute la foule (comme en CD d’ailleurs), l’idéal pour dire bonjour au public ! En tout cas, tout le monde était entrainé par ces riffs attachants de « Wild Eyes ». Moins excitant mais plus entrainant, “Sleepwalker” et son outro plus profonde et travaillée que le public à l’air d’adorer autant que moi !

Tiens donc, un morceau sorti du placard, “Karma”. Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas réécouté. Même si la première moitié est un peu banale, la seconde est plus entrainante et mélodique, mais bon pour du headbang c’est parfait ! (j’aurais souhaité qu’ils jouent à la place « Slow Surrender », qui est dans mon top 10 de Parkway Drive, mais les artistes n’ont pas toujours bon goût pour sélectionner leur playlist).

“Dream Run” rattrape le coup, avec un morceau spécial et raffiné dans leur discographie, par ses couplets découpés par trois différents riffs variables qui marquent les esprits, un ralentissement sur un pont, avec un beau jeu de gratte avant de refaire monter l’excitation pour re-balancer de la puissance!

Voilà que vint enfin le moment de redonner encore plus de joie au public, avec ses premiers riffs de grattes que tout le monde reconnait, l’intro d’un des chefs-d’œuvre du groupe, “Idols And Anchors”, qui nécessite tout comme « Wild Eyes » l’accompagnement de la foule pour fredonner “ohohohohohoho” tout au long du morceau, ce qui lui confère tout son charme, sans oublier le plus long et lent solo de la disco ! Ce qui est sûr, c’est qu’ils savent faire parler et bouger le public.

Ils sortent un titre spécial live, qui a d’ailleurs été enregistré en live, avec du son plus gros et des riffs de grattes semblables à ceux du black metal, ainsi que des growls plus violents.

Winston va pouvoir continuer dans son élan avec “Dark Days”, où notre guitariste prend les devants, accompagné du batteur, pour annoncer ce morceau (du top 10). Le public se tient prêt pour chanter l’intro en commençant par « What will you tell your children when they ask you « what went wrong” », voire tout au long du morceau et surtout lors du pont avant que le batteur se déchaine sur ses toms et débouche vers un breakdown bien entrainant qui termine le morceau.

Plus de repos, notre cher frontman enchaine avec “Deliver Me” crachant toute son énergie par ces deux mots introduisant le morceau, qui génère naturellement un beau circle pit au centre du cabaret et qui sera vite calmé par le passage mélodique du morceau, puis le breakdown et enfin le passage émotionnel et profond du morceau, pour observer de nouveau une légère remontée en puissance et ne pas refroidir complètement la foule.

J’ai toujours trouvé l’intitulé “Romance Is Dead” (titre live) marrant, c’est le coté romantique de Winston qui ressort et s’exprime à travers cette chanson, qu’on ne comprend certes pas si on ne lit pas les textes. En tout cas les mélodies sont bien représentatives de l’ambiance du morceau. Les jeux de grattes ne sont pas très variés, maintenant un seul riff qui se répète puis le tempo ralentit doucement pour déboucher sur un sublime solo en tapping.

Un petit coup de blues pour la fin, avec une douce intro trompeuse “Home Is For Heartless” et un refrain tristounet où le public participe, nous annonçant une fin proche et déclenche en nous un début de dépression post-concert. Puis vint cette partie que j’aime tant, les multiples soli de gratte où Luke montre ses capacités inépuisables à jouer en tapping.

Pour terminer en puissance, c’est “Swing” qui a l’honneur de clôturer le bal avec sa phrase d’intro “This soul was born for battle, My heart was built for war”, et qui fait monter brutalement notre énergie. Dernière occasion de se déchainer dans la fosse. Ce morceau a le don de jouer avec notre énergie, oscillant entre tempêtes et calmes.

Le frontman nous remercie et s’éclipse avec ses camarades, pour nous laisser encore affamés, n’ayant pas encore eu notre dessert, le public rappelle de toute ses forces et le groupe réapparait aussitôt.

Un retour avec l’intro la plus émotive de toute la discographie, “Horizons”, qui ne semblait pas emballer le public plus que ça, mais qui contient cependant quelques passages secouants. Hélas, le solo de fin a été légèrement massacré, c’est sûrement la fatigue du concert !

Pour finir en toute beauté, rien de mieux que “Carrion” qui réjouit la foule et a réenclenché cette participation du public dirigé par notre cher frontman et un dernier circle pit pour la route… sacrée ambiance sur ce morceau de clôture ! Et voilà que le moment du gouffre de tristesse arrive, lorsqu’on voit le groupe nous saluer pour disparaitre sous les lumières.

En espérons les revoir très bientôt en festival ! Ce groupe est une sacré drogue de metalcore (je dis ça surtout parce que c’est mon groupe préféré dans le genre) avec des riffs et mélodies si attachants et uniques ! Même si certains titres auraient pu être remplacés par de meilleurs, l’ensemble de la setlist était satisfaisante mais pas rassasiante ! On en veut toujours plus lorsqu’on y a gouté.

Cependant un événement scandaleux s’est produit ce soir-là : se servant de l’effet de cette drogue hypnotique, certains pickpockets ont profité de la situation pour faire les poches des pogoteurs et vider les portefeuilles. Il semblerait qu’une vingtaine de personnes en aie été victime malheureusement, qui ont retrouvé leurs portefeuilles vides dans les poubelles à la sortie du concert, lorsqu’ils sont allés se plaindre auprès des vigiles. C’est triste et affolant que certains opportunistes profitent de ce genre de rassemblement pour ces fins. Hélas tout le monde n’aura pas apprécié le concert de la même manière et certains en garderont un mauvais souvenir.

Setlist Parkway Drive :

  • Wild Eyes
  • Sleepwalker
  • Karma
  • Dream Run
  • Idols and Anchors
  • Mutiny
  • Dark Days
  • Deliver Me
  • Romance Is Dead
  • Home Is for the Heartless
  • Swing

Encore:

  • Horizons
  • Carrion

Je tiens à remercier Valérie et Century Media Records pour l’invitation ainsi que Hibooking sans qui ce concert inoubliable n’aurait jamais eu lieu. Mais surtout tous les groupes qui nous ont fait passé une soirée de rêve. Merci encore à tous !

 

 

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