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Mudweiser, Mudbath : Akwaba [26.01.13]

Le 12 février 2013 posté par Lusaimoi

Il m’aura fallu trois fois pour enfin voir le panneau de l’Akwaba et éviter de me perdre. Je dois être trop concentré sur ma route… Enfin, ça m’aura permis d’arriver en avance sur le parking bien imbibé de la salle. Un parking raccord avec cette « Nuit dans mon Garage », puisque cette soirée sera portée sous le signe de la musique bien boueuse. Deux groupes et une moitié de nom en commun : « Mud ». Un Mudbath pour du Stoner/Sludge des plus massifs et poisseux et un Mudweiser pour un Stoner/Rock savamment groovy.
Un petit tour dans le bus/billeterie (j’adore ce concept), quelques discussions avec les ouvreurs, un petit réglage d’appareil, et c’est parti !

 

J’avais réellement découvert Mudbath lors de la fête de la musique pour un show des plus convainquants devant un public qui n’était pas forcément réceptif à des sonorités aussi grasses. Grâce à une musique vraiment très très bonne, déjà (j’en ai déjà fait l’éloge dans ma chronique de « Red Desert Orgy »), mais aussi par des musiciens qui l’incarnent véritablement. En particulier Félix, chanteur particulièrement possédé en live.
Ça démarre avec « Loserwood », premier morceau de l’EP, et son intro qui gagne en puissance. Les premières notes de guitare montent, suivies de la basse et du duo percu/batterie, et là, ça éclate.
La musique est aussi lourde qu’en studio, avec un chant encore plus hargneux. Même si sur CD j’adore, c’est en live que Mudbath prend toute son ampleur. Surtout que, là, contrairement à la fête de la musique, on a droit à de vraies lumières qui viennent souligner les morceaux. Des lumières puissantes, qui accentuent les ambiances, même si elles sont parfois un peu trop éblouissantes (les stroboscopes épileptiques), et même si quelques problèmes de décalages n’ont pu être évités, chose pas étonnante lorsqu’on modifie un morceau en le redémarrant alors qu’il s’arrêtait, sur l’EP, à son outro chaotique (« Smells Like Teen Cunt »). Mais le tout a quand même bien de la gueule. Le jeu de scène de Mudbath évoque un certain côté Postcore ou Shoegaze, dans l’absence de parole avec le public entre les morceaux, pour laisser la place à l’ambiance.

Félix, lui, est encore plus impressionnant que dans mes souvenir. Il saute dans la fosse, qui devient une vraie partie de la scène, vient bousculer la foule, tombe, se couche, se met à genoux sur scène, prend des poses… Ça aurait pu paraître trop, si ça avait été un autre groupe, mais là, ça s’intègre parfaitement et ça semble naturel. Il en cacherait presque les autres membres qui, pourtant, ne déméritent pas. Car en plus d’appuyer visuellement la rythmique pachidermique de la musique, ils savent investir les planches.
Côté setlist, on a droit à l’intégralité de « Red Desert Orgy » et à deux autres morceaux qui nous rassurent quant à la prochaine offrande du groupe. Le premier se révèle très lent, et massif, tandis que le second possède un passage à la limite du Rock, qui tombe dans une sacrée frénésie apportée par la fureur des percussions. La meilleure manière pour le groupe de terminer le show. Ça me rappelle un peu la fin du concert de Cult of Luna, où ils nous avaient laissés sans voix avec un « Ghost Trail » frénétique.
Les fûts sont renversés, les baguettes abandonnées dans le public, l’aspect visuel de la scène résume bien cet outro. Les membres du groupe prennent le micro pour nous remercier de l’accueil et pour nous dire que ce concert était certainement le dernier de Félix. Un bel au revoir.

 

Je me demandais comment allait être le show de Mudweiser, après ça. Parce que Mudbath a déjà quand même bien mis l’ambiance et chauffé la salle.
Et bien à l’arrivée de la tête d’affiche, on est pas déçu !! Dés leur entrée, les membres de Mudweiser imposent un style bien différent, mais tout aussi déjanté. Faut dire que le groupe contient des membres d’Eyeless, ainsi que Reuno, le chanteur de Lofofora, donc pas les derniers nés de la scène metallique française… Des membres avec pas mal de shows au compteur, et ça se voit.
Déjà, rien que pendant l’installation, j’entends parler, dans le public, de Jay, le bassiste qui a un tatouage Jack Daniel’s sur le cœur et qui était déjà présent en bord de scène avec une bouteille dudit alcool.
À la montée sur les planches, Reuno s’impose directement en frontman charismatique, se déhanchant devant son micro. Le ton est mis.
Jay, lui, se montre fidèle à sa réputation. Juste le temps de démarrer et le bassiste éclate en sauts, allers-retours sur la scène, poses toujours assez délirantes… Et si le guitariste se montre plus concentré sur son instrument que ses collègues, il n’en oublie pas pour autant le jeu de scène.
Concernant la musique, Mudweiser fait dans le Stoner Rock aux références très américaines, bien couillu, proche du Southern Rock. Des morceaux groovy, entraînants dès les premières notes, qui nous rappellent les terres désertiques des États-Unis. Et puis le groupe nous balance régulièrement l’équivalent musical des punchlines dans les dialogues d’une série comme Californication. Des courts passages purement in your face, qui nous font secouer la tête sourire aux lèvres.

Niveau setlist, on est servi ! Se le groupe n’a pourtant qu’un album à son actif, on a droit à une quinzaine de morceaux ce soir, peut-être même plus. Et puis, petite surprise, leur second album qui doit sortir mi-février étant déjà reçu, il nous est proposé dès ce soir au stand merch’ (bon, j’avais plus assez de sous, mais bonne nouvelle quand même !), et pour nous le présenter rien de tel que quelques extraits !
La jeu de scène, lui, gagne en intensité tout au long de la soirée.
Reuno accompagne son chant d’une gestuelle appuyée et, lors des passages instrumentaux, son déhanchement prend le relais. Jay, quant à lui – et je ne sais pas si c’est Félix qui lui a donné l’idée en première partie –, saute dans la fosse, s’y promène et vient se mélanger au public. Et pas qu’une fois ! Un verre de bière tombe, c’est pas grave, il se roule dans la flaque et la poussière, en continuant à jouer, et puis remonte sur scène où ses poses deviennent de plus en plus folles.
Entre les morceaux, c’est un frontman assez flegmatique qui nous annonce les prochains titres : « Le prochain morceau s’appelle « Chuck a Luck », parce qu’un groupe qui a un morceau qui s’appelle « Chuck a Luck », on trouvait que c’est classe ».
La bouteille de Jack Daniel’s a pris un sacré coup, durant la soirée, le show arrive à sa fin. Mais Mudweiser, généreux, nous propose un petit rappel qui semble imprévu, si l’on en croit l’absence de Jay, assis à côté de sa basse. Une fois l’adrénaline retombée, la fatigue arrive, et c’est pas étonnant, vu ce qu’il nous a offert ce soir.

 

Cette Nuit dans mon Garage prend fin, mais la salle ne se vide pas pour autant. L’ambiance reste, bien sympa, près du bar et même à l’extérieur, malgré la fraîcheur nocturne. Il était juste dommage que la fumée soit un peu trop présente dans la salle, ce soir, cachant le fond de scène et, donc, les batteurs. Moi, je retourne dans le froid, vers la boue du parking, et regagne ma voiture pour rentrer chez moi.

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