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Mr Big – Le Bataclan (21.09.2011)

Le 11 octobre 2011 posté par Son

Reporter : Son

Paris sera toujours Paris ! Et Mr Big sera toujours Mr Big ! Convaincue par le fait que les avoir loupé au Hellfest cet été était une très grande erreur dans ma courte carrière metallistique, je me devais de me rattraper. Comment passer à côté de ce groupe culte, pourtant moins connu par le grand public, qui il y a peu de temps a eu la bonne idée de se reformer, et cerise sur le gâteau, avec le line up d’origine ! Par chance, Billy, Paul et les autres ont choisi pour leur retour parisien le Bataclan, petite salle mythique très adaptée pour des revival de ce genre. Quelques jours avant, nous apprenions que les ricains s’offraient en entrée le plus renommé des shredders français, j’ai nommé Yann Armellino. C’est donc en compagnie de Jacky que je me suis rendue à Paris avec l’assurance de passer une très bonne soirée…

Et quelle soirée ! Arrivée vers 19h15 (le début du show étant annoncé pour 19h30), j’eus la mauvaise surprise de constater que comme d’habitude, il y a un fossé entre les infos trouvées sur Internet (sur le site officiel de la salle pourtant) et la réalité. En entendant au loin un son de guitare acide et bluesy, j’en conclue que Yann Armellino a déjà commencé. Une fois dans la salle, deuxième mauvaise surprise : où est le public ? ! Certes, c’est toujours une difficulté pour les premières parties de ramener du monde, mais moi qui pensait que le français, pas si présent sur scène ses derniers temps, aurait eu un accueil plus enjoué, et bien je me suis loupée. Certes, les spectateurs sont chaleureux et applaudissent chaudement à chaque fin de morceau, mais ce n’est pas la panacée… Quant à la prestation de Yann Armellino, et bien elle est fidèle au personnage : calme, posée, propre… pas de show à proprement parlé, mais une ambiance avec beaucoup de simplicité. Du bon gros rock tantôt bluesy, tantôt hard, un son parfois gras, parfois léger, le trio nous a montré sa capacité à reproduire ce que l’on peut ressentir en écoutant les albums. Les trente minutes se concluront par une reprise de Marvin Gaye, « I Heard It Through The Gravepine », un des artistes qui a marqué la carrière de Yann. Ce n’était pas flamboyant ni tonitruant, mais une belle entrée en douceur pour nous préparer à la suite…

La suite…la suite… la salle est déjà plus remplie à 20h00, quand les lumières s’éteignent et que retentit le jingle d’intro… mais ce n’est pas la grosse affluence…surprenant pour un groupe aussi légendaire qui a principalement officié en même temps que Scorpions, les Guns ou autres consorts… quoi qu’il en soit, le public présent est quasiment uniquement composé de true fans, qui font ressentir leur joie immense dès le premier morceau, « Daddy, Brother, Lover, Little Boy », en chantant par cœur de bout en bout. Le quatuor n’a visiblement pas perdu de sa verve et Paul Gilbert et Billy Sheehan commencent déjà à faire les clowns, ce dernier jouant déjà de la perceuse, chipée quelques minutes plus tard par Paul. Ca envoie du lourd et du sévère pendant les six premiers morceaux, Eric Martin, jouant avec son pied de micro est en très grande forme, Paul Gilbert est déjà en train de manger sa guitare et la magnifique chemise pourpre de Billy a déjà pris une couleur plus foncée. Plus discret, plus en retrait, Pat Torpey assure pourtant derrière ses fûts comme s’il avait 15 ans. Pas beaucoup de blabla, on est là pour le true rock, et c’est bien là l’essentiel ! On est aussi content de voir que malgré les années, les égos sont bien restés à leur place et chaque personnage du combo joue sur le même pied d’égalité. Premier moment de calme avec « Just Take My Heart » et ses belles harmoniques à la guitare, histoire que le public reprenne son souffle.

Plus le concert avance, plus la complicité s’installe avec le public. On assiste à un beau moment d’émotion lorsqu’il démarre tout seul la chanson « For You », rejoins par le duo Paul/Billy au chant et Pat à la Batterie, et qui se terminera avec Hoedown. Et oui, dans Mr Big, les musiciens ne s’arrêtent pas à leur talent principal, ils ont énormément de talents cachés ! Côté setlist on est plutôt gâtés et on a le droit à un véritable best of, passant de morceaux très heavy à des choses plus bluesy, et si Eric remporte haut la main sur les parties dynamiques, Billy n’est pas en reste sur les chansons plus calmes.

Arrive alors le traditionnel solo de guitare. Bien que celui ci ne soit pas ultra carré, on ne peut rien reprocher à Paul Gilbert : son jeu est extrêmement rapide et cohérent, alors qu’il a déjà une heure de concert dans les paluches… chapeau ! Le public, en transe, le lui rend bien. Sept minutes de performance technique plus tard, ses acolytes réinvestissent la scène et repartent pour une deuxième partie de concert, plus enflammés que jamais. D’ailleurs, les blagues et railleries entre eux sont de plus en plus présentes (« Price You Gotta Pay » en fera d’ailleurs le frais avec une coupure en plein milieu, un discours d’Eric et un gros jam entre les deux cordeux), ce qui confirme que leur reformation n’est pas juste une histoire de pognon. Ils prennent vraiment plaisir à jouer ensemble, et même si ce n’est pas le même avec le public, cette transpiration de bonheur est contagieuse.

Une demi-heure plus tard, c’est au tour de Billy Sheehan de s’adonner à l’exercice du solo. Alors même si techniquement il n’y a rien à redire, musicalement…c’est très décevant… et c’est une bassiste fan qui vous dit cela. Du shred pendant 8 minutes, rien de plus, mais quel intérêt ! Je regrette beaucoup que Billy n’ait pas varié les techniques (slap, harmoniques, tapping, …) et les rythmiques, ce qui aurait donné plus de beauté. Pour l’avoir déjà en vu en compagnie de Virgil Donati et de Tony MacAlpine lors du Devil’s Slingshot Tour, j’avais nettement mieux apprécié son jeu. Pour autant, les litres de sueurs que l’on voit couler de Billy et de sa fidèle Yamaha renforcent l’admiration que l’on peut avoir pour le musicien.

« Etes vous aussi heureux que nous ? », lance Eric au public alors que se termine « Addicted To That Rush ». Sans conteste, oui ! A 21h45, Mr Big quitte la scène… et est de retour en moins de trente secondes, le rappel le plus court de l’histoire ! Pour entamer leur tube interplanétaire, la ballade « To Be With You », qui manquait jusqu’alors à l’appel, et le très marquant « Colorado Bulldog ». La suite sera d’autant plus intéressante que les musiciens échangeront leur place le temps de placer deux reprises : sur « Smoke on the Water », Pat prendra le micro et montrera toute sa puissance vocale tandis que Billy se mettra à la six cordes, Eric à la quatre et Paul aux fûts. Les saligots, ils se débrouillent tous parfaitement, pour un morceau qui tourne depuis sept mois seulement ! En tant que bon shredder, Paul jouera beaucoup avec la double pédale, ce qui serait plus dispensable. Et « Shy Boy » (reprise de David Lee Roth) viendra terminer le show…

Je regarde ma montre…22h15…woua…2h15 de musique quasiment sans pause, quelle prestation ! Quel plaisir d’avoir assisté à cette aventure qui marque le retour de Mr Big ! Avec la certitude d’avoir participé à une expérience historique, je pousserai le bouchon encore plus loin en attendant à la sortie de la salle pour une rencontre avec le groupe, que l’on sait très accessible. Sorti le premier, Billy Sheehan distribuera des friandises à la dizaine de fans restée sur le trottoir. Une anecdote amusante : un vendeur ambulant à vélo roulant sur le macadam se retrouve arrêté par cet attroupement… Billy pousse alors tout le monde pour se précipiter sur lui et… caresser le chat qui se trouve sur ses épaules… évidemment tout le monde a voulu prendre une photo de Billy et de ce visiteur impromptu…et le vendeur n’a jamais autant vendu ce soir là ! Mesdames, pour draguer Billy, pensez au chat !

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