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Live report : Bloodybarbie

Du métal noir, c’est au moins une fois par mois à Paris ! Et ce mois de mai commence avec du très bon. Garmonbozia nous a fait un beau cadeau une fois de plus en nous amenant les norvégiens de Horna au Glazart pour une soirée ténébreuse en l’honneur de Satan. Ils seront accompagnés par leurs disciples: les norvégiens de Tortorum, qui les avaient déjà escortés en 2012 (avec Blacklodge) et les italiens de Fides Inversa.

C’est à Fides Inversa que revient l’honneur d’entamer cette messe noir secrète. A la base, le groupe n’est en fait qu’un simple duo, mais tourne avec un guitariste et un bassiste session pour les concerts. Leurs textes traitent de sujets plus philosophiques, bien évidement anti-religieux s’opposant au culte judéo-chrétien ou encore la métaphysique de la mort, mais sans pour autant glorifier (directement) Satan. Les voilà sur scène, peints et vêtus de tenus (d’été) de moines bien crade. La scène est ornée cette seule et unique étoile que nous verrons briller ce soir : le pentagramme satanique veillant sur l’ampli.

Fides Inversa nous délivrent du black métal aux riffs classiques et conventionnels bien plaisants me rappelant fortement Secret Of The Moon mélangé à du Gorgoroth, Darkthrone et bien d’autres. La recette standard : quelques accords en boucle, une rythmique monotone, des blasts et surtout une utilisation intempestive des charley  (vous n’avez pas intérêt à oublier vos boules quies). Pour casser le rythme monotone qui peut s’établir à cause de ces gimmicks quelque peu répétitifs, Omega A.D (le batteur) enchaine des breaks et fills divers et variés. En plus de cette lourde tâche, il détient le pouvoir du micro et seule sa voix compte, c’est l’un des rares batteurs et vocaliste en même temps !

Même si leurs compositions ne révolutionnent pas le genre, le groupe sait s’affirmer en live avec un son puissant et une ambiance déroutante, établie par leur jeu souvent dans le mid-tempo. Sans oublier ce son des guitares (surtout la rythmique) hypnotique, avec quelques passages orchestraux de musique classique, comme celui du long morceau « Decollatio » (qui est bien prenant d’ailleurs). Leur but : nous mettre dans le bain (de sang) et l’ambiance black et se préparer à ce qui nous attend de mieux dans la soirée. Avec seulement une discographie de deux albums (le dernier étant largement meilleur que son prédécesseur), ils auront l’occasion de progresser et se frayer une place imposante dans cet univers ingrat du Black Métal qui est arrivé à saturation, comme beaucoup d’autres genres (peut être devraient-ils se mettre au Black Métal Progressif ?).

Setlist Fides Inversa: (vous remarquerez qu’ils ne se sont pas pris le chou pour le nom de leurs morceaux comme III, IV, II, ah les faignaces !)

-Decollatio
-III
-IV
-II
-Homicidium

Voici un extrait de Fides Inversa au Glazart (n’hésitez pas à le passer en mode HD pour une meilleure qualité).

Un concert de Black Métal sans groupes norvégiens perd de sa crédibilité, car l’essence même de ce sous genre de métal réside dans les gênes de ses ancêtres et géniteurs. Tout groupe venant d’ailleurs n’est que bâtard ! Bergen est LA ville du Black Métal d’où naquirent les meilleurs groupes du genre. Tortorum vient représenter ces origines sacrées ce soir, nous apportant de l’air norvégien pur. Ils ne sont pas créationnistes ni anti-créationnistes mais extinctionnistes (l’intitulé d’un de leur albums). En parlant d’air, on va non seulement en manquer lors de cette partie, mais on va bien souffrir et lutter contre la nécessité de la respiration. En effet, ils ont utilisé l’appareil à fumée du Glazart, qui envoie une brume de cette odeur nauséabonde de chaussettes pourries ! Les premiers rangs en ont bien souffert, luttant à chaque instant contre le vomi (on n’accusera pas l’alcool pour une fois). Au vu de leurs tenues, il semble qu’ils aient pris un bain de boue et de sang frais juste avant de monter sur scène, ils sont bien dégueulasses et par conséquent leurs pauvres instruments aussi !

Dès leur entrée sur scène, quelque chose se remarque vite : leur amour et leur passion pour la marque Jackson, seul le batteur est exempté !

Déjà le set commence avec un morceau très drôle par sa prononciation : « Zazaz » (qui ne veut absolument rien dire), qui est d’autant plus drôle lorsqu’il est chanté à la Black Métal (en tout cas, c’était la première fois que je pique un fou rire comme ça en plein concert) ! Le sérieux commence avec un titre plus raffiné à la façon traditionnelle norvégienne qui se sent bien dans ce « Aeonscourge » ou encore « Kindling The World Conflagration » avec une pointe de mélodie, voire même une outro à la façon Heavy Métal qui m’a particulièrement marquée.  Ou encore le morceau haineux « For The Ruin Of All » avec son intro groovy.  Ils nous offrent une bonne dose de mélancolie scandinave avec ce sublime et long « Beyond The Earth and Air and Sun » et un solo majestueux digne de ce nom (surtout en black métal), c’est l’extase !!!

Voilà une bonne demi-heure d’agressivité qui s’est vite terminée, nous laissant un grand vide pendant ce quart d’heure, le temps que Horna se prépare pour le combler.

Setlist Tortorum:

-Zazaz
-Aeonscourge
-Kindling the World Conflagration
-Into the Sixth Coil
-For the Ruin of All
-Grace of Hatred
-Beyond the Earth and Air and Sun

Voici un extrait de Tortorum au Glazart (n’hésitez pas à le passer en mode HD pour une meilleure qualité).

Venu du fin fond de Lappeenranta en Finlande, les Abysses de L’enfer (en un seul mot et en finnois Horna) revient pour la 3ème fois en France (au moins) (qui a également fait une bonne prestation au Black Art Ceremony III, le mini festival de Black Métal à Lyon) avec une offrande pour Satan, une setlist bien garnie avec des nouveaux morceaux du prochain album en préparation. Fidèle à leurs origines et langues, ils expriment leurs idées les plus obscures dans leur langue natale (de toute façon en français ou en finnois, on n’est pas prêt de décrypter le langage Black Métal, même le martien serait plus compréhensible).

Mon attention porta principalement sur le guitariste Shatraug qui ressemble comme deux goûtes de sang à l’oncle Fester de la famille Adams, me faisant revivre toute mon enfance. Même si le vocaliste Spellgoth, pieds nu vêtu de sa belle robe de bure était plus attrayant. Cependant, il n’a pas su bien masquer son côté coreux (écarteur, coupe de cheveux et nombreux tatouages…). Il doit sûrement avoir une double personnalité et faire partie d’un groupe de core mais je n’ai aucun moyen d’enquêter sur le sujet ! Ce ne sont que mes suppositions non vérifiées ! En tout cas, les croix inversées et les pentagrammes se font nombreux chez Horna, et leur peinture (ou maquillage) est mieux travaillée que les deux autres groupes !

Horna ne mise pas sur l’enchaînement de morceaux, mais marque une pause entre chaque titre, introduisant le suivant en levant haut son pentagramme, tel un possédé incantant des prières/rituels sataniques avec conviction (dommage qu’on n’a pas un sous-titre comme dans les opéras). Je ne doute pas de la qualité de ses textes vu qu’il y a un vocaliste dédié à ce poste au sein du groupe, mais de toute façon on ne comprend rien. On fait tout de même l’effort de deviner par ses gestes, accompagnés par ce métal ténébreux, morbide et fourbe aux riffs venus droit des flammes de l’enfer ! Ils nous font osciller entre moments calmes et mélancoliques et d’autres plus mouvementés, sans pour autant être aussi possédant ! Nous avons eu le droit à quelques nouveaux morceaux d’un prochain album, qui ne faisait pas vraiment de contraste avec les autres, un signe que Horna poursuit sa voie dans ce qu’il a toujours fait !

Le public était à fond mais chacun était concentré dans sa bulle, savourant solitairement ce bon Black Métal Made In Horna. Quelqu’un a essayé de slammer, mais n’est pas allé bien loin, car on ne slamme pas lors d’un concert de Black Métal, voyons !!!

Setlist Horna :

-Kuoleva lupaus
-Kun synkkä ikuisuus avautuu
-Sodan Roihu (nouveau morceau)
-Sanojesi äärelle
-Baphometin siunaus
-Amadriada (nouveau morceau)
-Nekromantia (nouveau morceau)
-Hiidentorni huokui usvansa
-Ars Laternarum
-Pimeys Yllä Pyhän Maan
-Örkkivuorilta

Voici un extrait de Horna au Glazart (n’hésitez pas à le passer en mode HD pour une meilleure qualité).

Je remercie Garmonbozia pour l’invitation ainsi que pour avoir permis ce concert et de nous avoir ramené de tels groupes à la capitale, nous nous sommes tous bien régalés !

 

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