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Cela faisait depuis fin 2014 et le monumental concert de Rorcal et Mudbath, que je n’avais pas assisté à un concert. Autant dire une éternité. Il était donc temps de remettre les pieds dans une salle. Ayant justement reçu la newsletter de Redrum et que celle-ci me semblait bien prometteuse, c’est en compagnie de Nevraska, Synopsys et Enola – que j’entame avec un sacré retard – ma saison 2015.
Pour cette rentrée, on reste toujours en intra-muros d’Avignon, mais on change d’endroit et on va au Théâtre de l’Oulle. Une salle à l’entrée peu avenante, mais à l’intérieur de grande classe, avec un vaste espace pour le public (pour le merch’ aussi, avec pas mal de stands, dont celui du surprenant Yannu et ses réinterprétations de pochettes de vinyles), un joli lustre et surtout, une belle scène.

 

Chose surprenante, les premiers à en fouler les planches ne sont que deux : une basse, une batterie. Au début, on se demande si les autres membres vont les rejoindre à un moment donné, puis on comprend que Nevraska est un duo, avant d’être obligé de constater que ça fonctionne.
Alors bien-sûr, les premières minutes, on est déconcerté. Ce type de musique n’est pas faite pour les oreilles distraites. Le truc est assez complexe, avec un côté Math-Rock – jeu torturé, construction proche du Jazz –, de plus l’absence de chant n’arrange pas les choses. Alors on regarde, on n’entre pas forcément tout de suite dans cet univers, mais on se laisse convaincre par le jeu de scène du bassiste (il est très difficile pour un batteur de nous en offrir un), en somme classique, mais efficace et affichant un réel plaisir d’inonder la salle de sa musique. Et puis, au bout d’un certain temps, tout se met en place. Pour moi, c’est arrivé au moment où le groupe a joué l’un des deux titres présent sur leur premier CD.
Car Nevraska ne cherche pas l’hermétisme à tout prix. Il offre aussi de belles montées en puissance, contrastant parfaitement avec la complexité qui les entoure. Entre les passages alambiqués, les deux compères savent aussi diluer des choses plus groovy, plus dansantes, plus directes. Les deux instruments semblent même parfois se répondre : lorsque l’un nous perd, l’autre nous tend la main et nous rattrape. Et jamais l’impression qu’il manque une guitare là-dedans ne se fait ressentir.
Décidément, une bien bonne surprise, originale qui plus est.

Après ce show, c’est un gros changement de style qui arrive, avec Synopsys. Le groupe de la région, que j’avais déjà pu voir lors de la soirée The Small Four, avec, entre autres, Godisdead (dès que je peux parler d’eux, je le fais, voyez ?). Et il est agréable de voir une salle adaptée à leur mise en scène, avec – enfin – un écran de belle taille. Parce que oui, il y a quelque chose de cinématographique dans les shows de Synopsys et leur musique vient accompagner/est accompagnée d’un film fait d’images étranges, sombres, lumineuses, urbaines, bucoliques, guerrières, dramatiques, belles, mais toujours empreintes de poésie.
Pour ce qui est de la musique, Synopsys évolue dans un Postcore bien influencé par Cult of Luna (certainement les maitres du genre aujourd’hui). C’est surtout le cas lors de certains passages clairs, où la parenté est évidente. On peut noter néanmoins des passages saturés peut-être un peu plus noirs, mais tout en restant bien ancrés dans le sillon des Suédois. Qu’importe, quand la qualité est au rendez-vous, une référence trop marquée ne saurait la gâcher. D’autant plus qu’on peut noter ici ou là quelques éléments qui viennent apporter au groupe une certaine personnalité.
Quoi qu’il en soit, l’ambiance que le quintet diffuse possède un charme sensible, aidé par un jeu de scène minimaliste – mais pas absent – et à des éclairages sombres (confirmant la fin de vie de mon objectif photo), qui laissent la place à l’écran et au film qu’il diffuse. Ainsi, la musique fait prendre vie à l’image, comme la bande originale d’un film. Un film aussi lumineux qu’oppressant.

Avec l’arrivée des Toulousains d’Enola, le changement est radical. On reste dans le Post-quelque chose, mais on verse dans un Post-Hardcore où l’atmosphérique cède sa place à la violence, sans réellement s’effacer non plus. Et tout prend le même chemin que la musique, avec des lights nettement plus présentes qu’auparavant et une prestation en accord avec le regain d’agressivité. C’est toujours du classique – pas de pirouettes ou d’escalade de décors –, mais l’efficacité emporte rapidement et la scène est investie totalement. Mentions spéciale au chanteur, mouillant le T-shirt, dans un show nerveux qui le fera descendre plusieurs fois de scène pour se mélanger à la foule. On n’aura pas ce soir la frénésie d’un Elizabeth (où le brailleur faisait de même, mais pour aller déclencher les pogos), notamment parce qu’une partie de l’audience s’en est allée après le passage du groupe local, ce qui est dommage, autant pour le groupe que pour les absents.
Car ils loupent un show à l’urgence bienvenue, où une certaine complexité ne se fait pas au détriment de la rage. On peut néanmoins regretter que plusieurs problèmes techniques viennent gâcher un brin la fête. En particulier le micro, qui lâche à plusieurs reprises et vient même briser une sacrée montée en puissance juste au moment où elle explosait. Cela ne fait pas non plus baisser l’intérêt que l’on porte à cette prestation, surtout que même sans micro, les cris se font entendre, mais c’est assez dommageable.
Ne finissons pas sur cette mauvaise note, purement matérielle et totalement indépendante du groupe, et rappelons que leur show était avant tout une belle fureur bienvenue, parfaite pour conclure l’événement.

Voilà, mon premier concert de 2015 se termine. Un joli événement, varié et cohérent, dans une jolie salle avec une ambiance sympa qui plus est. Il s’agit aussi du dernier de la saison pour l’association Redrum, sans laquelle Avignon serait bien pauvre en soirées saturées. Et bien que n’aimant pas les reports lèches c*ls, il convient quand même de les remercier.

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