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Par Bloodybarbie

 

Ouf !

Les fans parisiens ont eu chaud (pas autant que les deux groupes), car il y avait un grand risque que cette soirée d’Halloween, animée par un des groupes maîtres du metal indus, les suédois Deathstars, soit annulée…

La cause : leur bus de tournée a pris feu à cause d’un problème électrique une semaine plus tôt en Autriche alors qu’ils se dirigeaient vers l’Italie. Nos stars ont failli mourir (pour mieux porter leur nom) s’ils n’étaient pas sortis du bus au bon moment alors qu’ils dormaient tranquillement à l’intérieur !

Pompiers, policiers, infirmiers, psychologues… se sont mobilisés pour cet accident ! Sous le choc, les membres ont toujours du mal à réaliser et digérer cet événement tragique.

Heureusement, l’incident n’a fait aucun blessé, hormis leur bus !
Par ailleurs, un jour plus tôt, le groupe Decapitated a eu un deuxième et tragique accident de voiture (le plus grave était en 2007) en se rendant lors de leur tournée (ils ont sûrement été maudits à cause de leur nouvel album). Heureusement, les deux blessés s’en sont sortis indemnes quelques heures après leur hospitalisation. Bref une semaine de malédiction (de type destination finale) mais sans dommage humain.

Les Deathstars sont bien là ce soir et c’est tout ce qui compte !

Vers 17h, 3 heures avant le début du concert, il y avait déjà une queue d’une cinquantaine de personne en mode Rammstein (la population metal indus) devant l’entrée du Divan Du Monde. Même si Deathstars est moins connu que Rammstein (avec qui ils ont partagé la scène en ouvrant le bal lors de leur tournée européenne en 2012), le groupe a réussi à charmer et attirer les fans des dieux du metal industriel. D’ailleurs beaucoup des personnes présentes ce soir disent qu’ils les ont justement connus lors de cette première partie à Bercy. Et les revoilà donc en tête d’affiche d’une tournée européenne, pour la deuxième fois, avec un nouvel album sorti en mars 2014 nommé The Perfect Cult.
Deathstars a composé quatre albums de qualité en onze ans, tous sortis chez Nuclear Blast. Bien que The Perfect Cult n’est pas aussi excellent et entraînant que les deux premiers (Termination Bliss et Synthetic Generation), il ne souffre pas de faiblesse et la plupart des morceaux de leur discographie est unique et accrocheuse.

Ce n’est pas de l’indus pur mais de l’indus orchestral, avec un peu glam (parce qu’ils se maquillent comme Marylin Manson), et une voix grave similaire à celle Till Lindemann (Rammstein) mais sans rouler les “r”.

Il est 18h et la queue remonte toute la rue. Pendant cette longue demi-heure d’attente avant de découvrir la première partie, une vierge de metal accompagne son mari pour son tout premier concert.

Elle panique et exprime sa grande inquiétude non-stop pendant toute la durée de l’attente (je n’aurais vraiment pas aimé être à la place de son mari qui a eu une grande patience pour la réconforter). Elle croyait que ce soir elle finirait écrasée par des metalleux ! Cette foule composée de punks et de metalleux déguisés en mode indus semble l’effrayer ! Elle avait surtout peur que la salle ne suffise pas pour nous contenir tous (je lui ai répondu que c’est tout l’intérêt du slam : porter le surplus de personnes quand il n’y pas de place…).

Bref, cette dame m’a bien fait marrer (son mari la rassurée en lui disant que c’était le plus gentil des concerts et l’idéal pour une initiation).
Pour moi, c’est aussi mon premier concert au Divan Du Monde : j’ai hâte de découvrir cette salle !
19h30: la première partie a déjà entamé son show et nous ne sommes toujours pas rentrés !!!

L’organisation aurait pu ouvrir les portes un peu plus tôt pour que tout le monde puisse assister au début du concert…
Je découvre cette petite salle, plus petite que toutes les salles lyonnaises qui accueillent les groupes étranger, plus intimiste, mais petite quand même ! En tout cas, il y a de la place pour tous, ça c’est certain !
Je découvre enfin ce groupe compatriote des Deathstars, le jeune quatuor The Dead And Living (à ne pas confondre avec The Living And The Dead, qui est un film) tout excité d’ouvrir pour Deathstars et de jouer à Paris.

Ils œuvrent également dans les terres du metal indus/gothique. Hélas, le son n’était pas en leur faveur (les balances semblaient être mal réglées) avec notamment le chanteur qu’on n’entendait pas bien, du moins de là où j’étais.

Je n’ai donc pas pu les apprécier à leur juste valeur et j’étais même impatiente que cette partie se termine… Cependant, le frontman Coroner ne souffre clairement pas de timidité, et n’hésite pas à réveiller la foule, qui était d’ailleurs très réactive et chaleureuse avec nos invités suédois. En tout cas, la setlist était bien longue !
Une fois rentrée chez moi, j’ai pris le soin d’écouter proprement leurs deux albums afin de me faire une vraie idée sur ce groupe. Les deux albums Decadence (2010) et The Last Standing Men sont très plaisants et certains morceaux comme « The Sinnagogue », « Trauma and Queen Atheists » (à la Muse) sont un véritable régal !

Du metal indus/gothique spécial, avec des riffs groovy et dansants vraiment bien choisis, surtout sur le deuxième album ! Je remercie Deathstars de nous avoir fait découvrir ce groupe (sinon je pense qu’on aurait jamais entendu parler d’eux) et le recommande !

Setlist The Dead and Living:

1. Trauma Queens & Atheists
2. A Private Armageddon
3. Mayday, Mayday
4. Vive Dead Revolution
5. Vanity
6. Dance with the Dead
7. The Nomads Will
8. Angel Eyes
9. Before the Vultures Take Me
10. While You Pray
11. Suck ’em Dry

Voilà le quart d’heure le plus long avant la jouissance de la soirée : le temps de tout mettre en place pour les Deathstars.

Le maitre du tempo (le batteur) rentre en premier et s’installe pendant que le guitariste et le bassiste dreadeux rentrent sur scène à leur place respective. En tout cas, la maquilleuse a bien fait son boulot : le noir à lèvre ne dépasse pas le contour des lèvres, le blanc de teint est uniforme et couvre tout le visage, sans oublier le regard bien noir. On voit bien qu’elle était douée en coloriage noir et blanc quand elle était petite !
A trois (pas un deux trois), ils lancent « Temple Of The Insects » puis Whiplasher (le chanteur) les rejoint sur scène. Le cinquième (et sacré) élément, formé des orchestrations et des samples, est omniprésent (sur PC)…

Et là il y a un grand hic ! C’est vrai qu’en temps normal on a du mal à discerner les quatre (car ils sont tous maquillés pareil hormis le dreadeux), mais là, la différence est flagrante ! Il n’est pas maquillé comme les autres (non par une maladresse de la colorieuse) : le noir vire vers le rouge car il a été trop étalé et, du coup, dépasse le contour des lèvres… Pas besoin d’avoir un QI élevé pour conclure que Whiplasher et la maquilleuse se sont embrassés (les lèvres sont certes de zones érogènes mais bon ce n’est pas une raison).

Ceci est vrai seulement s’il y a bel et bien une maquilleuse, mais je pars du principe que la nature n’a pas doté l’homme – le vrai, avec 100% d’hormones masculines – du pouvoir de se maquiller (croyez-moi : même moi je ne sais pas faire une ligne droite avec un eye-liner sauf quand j’ai ma règle – ou mes règles -).

Après cette longue spéculation sur le paradoxe du maquillage de Whiplasher, retournons au concert. Le maquillage a intérêt d’être sueurproof vu la température sous tous ces projecteurs : un véritable enfer !
Houla, ça commence mal pour le bassiste qui essaie de headbanger avec ses dreads, sauf qu’elles n’arrêtent pas de se coincer entre les cordes de sa gratte !! (Il lui faut des cours de dreadbanging chez Johnathan Davis…)
En tout cas ils n’ont pas commencé par le meilleur des morceaux du dernier album, « Temple Of The Insects », mais c’est bien pour l’échauffement (même si ce n’est pas la chaleur qui manque). Whiplasher nous fait sa chorégraphie : une sorte de marche sur place.
C’est bon, ils se rattrapent immédiatement avec un des meilleurs titres les plus grandioses sur terre (de l’album « The Greatests Hits On Earth »), dédié aux metalleux comme son nom l’indique : « Metal ».

Tout de suite, le public est enthousiaste, et est de tout chœur avec Whiplasher : “I want to spit it out damn damn damn crush doom” !
En plus indus moins orchestral, voici maintenant « New Dead Nation », aux refrains faciles et connus des fans.

Le public indus est particulier dans le sens où il n’y a pas de slams, ni de circle pit, juste de la danse sur place (comme en boite) et tout le monde chante parce que ce n’est pas compliqué (surtout quand on a écouté une ou deux fois le morceau !).
Le bassiste est un agent double : en plus de sa basse il utilise ses cordes vocales pour couvrir une gamme que Whiplasher, avec sa voix bien grave, ne peut pas atteindre, c’est à dire les aigus (et les growls) : et c’est toute la beauté des compositions de Deathstars.
Il semble que notre chanteur adoré n’aime pas les micros fixes ! Le roadie lui retire même son porte-micro pour éviter qu’il ne fasse des dégâts, joue avec, l’enroule autour de son cou (j’ai eu peur qu’il s’étouffe), ou ne le balance dans tous les sens….

Ahhhh voilà mon moment de joie, mon morceau préféré de Deathstars « Tongues », mon rituel journalier au bureau accompagné de mon café pour un maximum de bonne humeur (même mon collègue le connait par cœur) ! Mais ne cherchez pas à comprendre une phrase comme “Your lipsticks between the legs of hell Mixed with speed and blood”, le mieux c’est de demander !
« Death Die Hard » (mon autre préféré) aurait pu être le morceau des funérailles des Deathstars s’ils n’avaient pas survécu à l’accident du bus, voilà l’autre titre tubesque qui ravie le public, aussi déchainé que le groupe!
Retour au dernier album avec « Explode » : Whiplasher s’assoit sur sa mini scène sur la scène, calme la foule hystérique pour laisser entendre l’intro au calme (je ne compte même pas le nombre de Chut qu’il a prononcé ce soir ! ). Certes pas explosif, dans le mid-tempo, mais un des meilleurs de cet opus, là où le clavier et la basse sont très dominants et où la gratte fait un peu la sieste.

Mode d’emploi de la bombe qui va détruire la terre :

Explore
Flip the switch
Reload
Trigger it
We will scorch the earth

Même si Whiplasher n’a pas de couettes pour chanter « Synthetic Generation » (je vous conseille de regarder le super clip d’ailleurs), il le fait quand même, même si c’est moins joli sans. Bon je n’aime pas ce morceau, au suivant !
Le titre éponyme « The Perfect Cult » (aussi culte que le groupe) qui suit, remonte largement le niveau : sans doute le meilleur du nouvel album, qui réussit même à créer des mini circle pits.
Une petite intro de la plus grande bagarre sur terre permet à notre quatuor de se reposer et de boire un coup pour ensuite redémarrer dans le mid-tempo. Whitplasher n’en peut plus, il est essoufflé, s’assoit, la tête proche de la grosse caisse et continue à chanter.
Le groupe poursuit sa super setlist jusqu’à arriver à la fin (ohh noooon) et termine en beauté en relatant l’histoire de leur bus qui a pris feu. Ensuite, ils annoncent le morceau « Fire Galore » (on dirait que c’était un album voyance) et finit avec le célèbre Cyanide et le mot international, Blitkrieg Blitkrieg, Blitkrieg Booom.

J’étais quand même impressionné que les gens connaissent par cœur les paroles de toute la setlist ! Ils étaient à fond, l’ambiance était vraiment d’enfer !
Si leur dernier album n’est pas le meilleur de leur disco, la setlist était PARFAITE et très équilibrée, même si « Syndrome » et « Opium » auraient pu remplacer certains titres faibles (mais ce n’est pas nous qui décidons…). Le groupe est énorme sur scène, et nous ont fait passé un excellent Halloween !
Je remercie chaleureusement Dream Factory qui vend du rêve en organisant des concerts de qualité avec d’excellents groupes en affiche. Je remercie également Valérie et Nuclear Blast pour l’invitation et surtout Deathstars de nous avoir fait vivre une énorme soirée bien jouissive… A refaire au plus vite !

Setlist Deathstars:

1. Temple of the Insects
2. Metal
3. New Dead Nation
4. All the Devil’s Toys
5. Tongues
6. Death Dies Hard
7. Explode
8. Synthetic Generation
9. The Perfect Cult
10. The Greatest Fight on Earth
11. Chertograd
12. Night Electric Night
13. Play God
14. Semi-Automatic
15. Blood Stains Blondes
16. Fire Galore
17. Cyanide
18. Blitzkrieg

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