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Ça fait plus de deux ans que je suis sur Avignon, et jusqu’à maintenant, je n’avais jamais eu l’occasion d’assister à un concert intra muros. Non pas que la scène locale soit morte, mais les salles dans lesquelles je suis allé étaient tous situées à l’écart du centre-ville. C’est tout de même dommage, surtout qu’on a énormément de théâtres qui ne sont ouverts que durant les trois semaines du festival, et qui dorment le restant de l’année. Heureusement, on m’a parlé juste à temps de ce concert organisé par PB : Booking et le Théâtre des Italiens, et réunissant Dead Side, All Dogmas We Hate ainsi que Conjonctive.

La découverte de la salle se montre assez étonnante, avec cette scène à même le sol, où seule la batterie est surélevée, et cette « fosse » qui aboutit à une légère pente. On voit le groupe finir de s’installer, blaguer, passer entre les membres du public déjà présents, ce qui instaure dès l’entrée une ambiance vraiment sympa.
Mais bon, on est là pour la musique, alors Dead Side se met en place, et commence son set. S’il n’a sorti son premier album que très récemment (février 2014, et chroniqué d’ici peu), ce groupe de la région est actif depuis 2007 et a pas mal de concerts à son actif. Et ça se voit. Leur Hardcore old school, hurlé – d’une voix bien écorchée – en Français, frappe fort et bien. Rageur tout en restant groovy, la musique possède certains passages restent encore gravés dans mon crâne, alors que je n’ai pas encore écouté l’album. Surtout que leur jeu de scène, classique, sans fioritures mais efficace et bien furieux, aide bien à nous la transmettre. Le groupe prend vraiment ses aises et on oublie bien vite qu’ils sont à la même hauteur que nous. Les ayant déjà vus en première partie de Manimal et The Arrs, cette soirée confirme tout le bien que je pensais d’eux. Dommage cependant que le gros public soit arrivé après ce premier show. Ça n’aura pas empêché le groupe de se donner à fond, – et ce dans la bonne humeur –, et les specateurs présents de commencer à se remuer.

Une petite pause et hop ! C’est au tour de All Dogmas We Hate de « monter » sur scène. Après une première minute totalement plongée dans le noir, ce qui instaurait une chouette ambiance pendant l’intro, avant qu’on ne comprenne que ce n’était qu’un bug, heureusement rapidement résolu, le set peut véritablement démarrer. Un set toujours sous le signe du Core, mais tout en se montrant radicalement différent, plus ambiancé et torturé. Un Deathcore violent, mais aussi mélodique et technique, et qui sait dévoiler quelques surprises.
Eux aussi, j’avais déjà eu l’occasion de les voir, c’était en première partie d’Hypno5e et Betraying the Martyrs, mais le groupe était tout de même réellement différent, puisque le batteur et le chanteur ont changé. À ce propos de ce dernier, si Mike possède un look qui n’aurait pas fait tache dans un style beaucoup plus Thrash Old School, son timbre de voix, puissant et rugueux, se marie très bien avec le son du groupe, et son aisance scénique n’a rien à envier aux anciens, qui savent comment tenir une scène, même quand celle-ci n’est pas surélevée. Quant à Théo (également nouveau batteur d’Hypno5e), il montre un jeu surprenant, avec une gestuelle toute en souplesse – auquel mon appareil n’a pu faire honneur –, malgré la rapidité de la musique.
La salle s’est pas mal remplie, cette fois, le public est à l’écoute et quelques pogos commencent d’un côté, tandis que de l’autre, un groupe de filles initie une étrange danse que l’on devrait démocratiser dans le genre.

Le dernier groupe de la soirée nous vient de loin, puisque c’est de Suisse qu’il est originaire. Un bien beau pays, qui nous a offert vraiment pas mal de bons groupes, qui tapent vraiment fort, malgré une population bien plus réduite que celle, au hasard, de la France.
Se terminant toujours par le suffixe -core, la musique de Conjonctive semble aller puiser encore plus loin dans la brutalité et les ambiances malsaines, puisqu’il verse dans le Blackened Deathcore. Et oui, effectivement, ça cogne, ça savate, et quand ça veut bien ralentir, les passages qui ont ma préférence ici, ça sait instaurer des atmosphères sombres et chaotiques qui renvoient aux deux panneaux (reprenant l’artwork de leur album Until the Whole World Dies…) installés aux deux bouts de la scène.
Le groupe prend un peu plus de place dans ses déplacements que leurs deux prédécesseurs, les chanteurs exécutant pas mal d’allers-retours auprès du (voire dans le) public. Ah oui, parce que Conjonctive a cette particularité d’avoir dans son line-up un chanteur et une chanteuse. Et même s’il n’y a aucune trace de voix claire ici, c’est loin de n’être qu’un détail, puisque chacun possède un timbre de voix différent. Randy (officiant aussi chez les excellents Enigmatik) montre un chant criard et puissant, tandis le grunt de Sonia, plus rauque et bas, se rapprocherait plus de Candice (ex-Eths). Dans une ambiance de plus en plus apocalyptique, les musiciens jouent bien comme il faut pour un show violent et sans temps mort, tout en laissant la prestance des deux leaders s’exprimer.
Je ne sais pas si c’est le temps qui est passé vite, ou si c’est le set qui était court, mais le dernier morceau arrive rapidement et le concert prend fin à environ minuit.

Alors on se retrouve tous un moment devant le théâtre, à parler et raconter des blagues aussi marrantes que douteuses, dans la même bonne ambiance qui a caractérisé la soirée. Un premier concert intra muros réussi, donc, avec un bon son – même si les lumières, rendant bien les atmosphères, on mis mon objectif à rude épreuve – et bonne nouvelle, on remet ça le 22 mars, toujours au Théâtre des Italiens, avec Gravity, Psygnosis et Right to the Void !

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