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Live report : Bloodybarbie

 

 

Huitième édition de ce fameux festival de pagan/folk métal : le Cernunnos !

Je n’en ai entendu que du bien, et que ce festival a eu du succès. Ça doit être pour cela qu’il est maintenu tous les ans.

Ce fut la première fois pour moi ! Une chose est certaine, je ne le raterai plus jamais ! Ce rapport raconte l’histoire du Cernunnos Pagan Fest VIII qui a eu lieu à la Machine du Moulin Rouge en ce dimanche 22 février 2015. J’ai témoigné pour les absents !

La météo était très favorable : il a fait beau et bon, et les Dieux nous ont bénis en ce jour où on les a honorés avec du bon pagan métal… Mais hélas, nous n’avons pas eu la chance de profiter de cette belle journée puisque le festival n’a pas lieu en plein air, mais dans cette superbe salle que j’aime beaucoup, avec une capacité de 1000 personnes.

Deux files d’attente étaient présentes (à modifier sans doute) : d’un côté, une file composée de demoiselles et guerriers vikings et celtes, ainsi que des princesses et des chevaliers, tous sortis de l’Antiquité et du Moyen-Âge, cohabitant avec des métalleux des temps modernes. L’autre file était composée de vieux et de touristes venus assister à un autre spectacle. Bref, un contraste flagrant et assez drôle !

 

Lutèce :

C’est au groupe français Lutèce d’ouvrir le show et sur la grande scène ! Hélas, je n’ai pas eu la chance d’assister à leur partie (interview parallèle oblige). Tout ce que je peux dire, c’est qu’il s’agit d’un groupe de black pagan digne de ce nom et dont la scène métal française peut en être fière… Je les reverrai une autre fois. Ceux qui ne connaissaient pas ont eu une très bonne première impression. Et ceux qui connaissaient déjà se sont régalés de les avoir vus/revus en live. C’est certainement le groupe qui blastait le plus de tout le festival ! Et zut ! J’ai raté le jouissif «I Am The Sword».

Setlist Lutece:

-Let the Carnyx Sound Again

-The Last Standing Flag

-The Path Of Glory

-Moonless Night

-I Am The Sword

-Alesia

-Architects of Doom

-From Glory Towards the Void

 

Drenaï :

J’arrive à temps pour ne pas rater un groupe que j’ai découvert quelques mois plus tôt, les Rouennais de Drenaï qui s’inspirent des cycles de Drenaï écrits par l’auteur britannique David Gemmel. C’est le groupe qui a remporté la battle du Cernunnos à laquelle ont participé Fenrir, Lapalainnen, Foror, Delion… ce qui leur a donné la chance d’exposer leur musique à des adorateurs de folk métal. Hélas, ils n’ont eu le droit qu’à la petite salle (qui était pleine)  !!! Vous imaginez ! Sept musiciens confinés sur une petite scène de 2m². Parmi ces musiciens, un flûtiste à temps plein, qui a bien fait parler de lui. En effet, la flûte est présente presque non-stop dans les morceaux. C’est ce qui leur confère la moitié de leur charme (ne dénigrons pas les autres, voyons !).

Bon ça va, tant que le principe de Pauli ne les repousse pas, ils peuvent le faire ! Le groupe était proche du public avec beaucoup d’interaction, et avait même son propre fan club. En même temps, il n’y a pas tant de bons groupes de folk métal français que ça et Drenaï fait clairement partie de l’élite de cette catégorie. Si l’ambiance festive et chaleureuse était présente, le son n’était hélas pas complètement en leur faveur puisque la guitare ne s’entendait pas toujours très bien. «Edge Of The Word» est un pur régal pour les tympans. Bien qu’il ne s’agisse pas du morceau le plus sophistiqué techniquement, sa beauté réside dans sa simplicité. «Sieben» est une petite balade joyeuse et dansante à vous décrocher le sourire. Le batteur se repose la moitié du morceau pendant que la guitare et la flûte s’amusent, et progressivement le morceau se transforme et monte en agressivité. Le chant gentillet se transforme du clair en sombre et retrouve sa vraie nature !

Puis enfin, un morceau un peu plus speed et rageux que le reste : «Gulgotir», évoquant la guerre, renforcé par les chœurs qui fait ressentir cette énergie avec un solo de flûte accompagné du clavier.

Oh non ! C’est déjà le dernier morceau ! Drenaï clôt son show avec «Keepers Of The Pride», qui débute à l’acoustique (avec toujours cette flûte incessante), avant de monter brusquement en vitesse, laissant place à un jeu de claviers aux sonorités d’accordéon… La flûte est quand même assez privilégiée ! Elle a encore le droit à son show le temps d’un pont accompagné du clavier et un brin de guitare.

Du bon folk métal, une bonne ambiance au niveau du public. Tout y était (sauf un bon son) pour faire de cette partie une réussite ! Hâte de les revoir une prochaine fois.

Setlist Drenaï:

-Intro

-Nadir’s March

-Edge Of The World

-Sieben

-The Last Stand

-Gulgothir

-Keepers Of The Pride

 

Furor Gallico:

Aaaaaaaah !!! Enfin vint le jour où mon souhait de voir ces jeunes et modestes italiens en chair et en os, peu connu du public français (exceptés des fouineurs acharnés) ! Depuis le temps que je les connais, en fouillant bien au fin fond d’internet telle une archéologue. Certes, ils ont une discographie peu fournie (deux albums seulement), mais d’excellente qualité ! Notamment un dernier sorti fraîchement la semaine de leur venue en France : «Songs From The Earth», et sous label cette fois-ci : Scarlet Records. Furor Gallico le fête avec nous en ce jour et sont très excités de jouer pour la première fois en France !

Les voila qui remplissent la grande scène à huit (on monte les enchères d’un cran) en kilt et pieds nus. Les ingrédients sont là pour faire du bon folk métal à la Furor Gallico : guitares, bouzouki, harpe celtique (qui fait la particularité de leurs compositions), violon, basse, cornemuse, batterie (et un micro bien évidemment). Rien d’artificiel chez eux, pas de triche avec des claviers ou des bandes sonores, tout est fait main et joué en live ! Du 100% bio !

Ils l’introduisent à nous avec un le morceau éponyme de leur nouveau-né «Songs From The Earth» qui commence par ces douces notes de flûte et de violon, auxquelles se joint la belle harpe avant que les blasts et les gros sons de guitares agrémentent cette douceur avec une pincée d’agressivité. Deux types de chants death alternés se partageront le micro pour nous faire vivre différentes émotions : l’un plus aigu que l’autre, mais également la présence de chœurs qui rend les compositions plus grandiloquentes. De même, «Wild Jig Beltaine» vous séduira avec cette flûte enchantée à qui revient la plus grande présence au sein des mélodies avec le violon. Les guitares et basse auront le droit à des couplets à elles seules pour faire leur show et le violon/flûte/harpe de même séparément, voilà un morceau qui ne vous ennuiera à aucun moment (les autres non plus). «Curmisagios», chanté en italien, est plutôt festif et rapide à la Korpiklaani, où le bouzouki remplace une des guitares et la flûte se repose (le flûtiste a eu le droit de headbanger). Un court morceau qui aura suffi à faire danser le public pendant deux minutes. Au tour de la cornemuse de relayer la flûte sur «Venti Di Imbolc» ou encore «Caccia Morta», mi-pur folk, mi-folk-métal.

Puis vint le moment où le frontman nous demande si l’on est prêt pour du heavy metal («Are you ready for some heavy metal ?»). Le groupe nous balance ensuite «Steam Over The Mountain», du pur heavy metal (avec un chant death mais qui ne peut être assimilé à du death pour moi). Les autres instruments folk se sont tus sauf le violon qui n’a pas supporté le silence… Il y a quand même eu un pont folk ! Excellent morceau, comme tous ceux qui nous ont été sélectionnés pour ce festival, 45 minutes de pur plaisir, des moments intenses ! Et un pic de joie apparaît sur ma courbe d’émotions. En tout cas ce groupe aura marqué ceux que j’ai questionné qui ne les connaissaient pas.

Voilà une prestation parfaite, rien à leur reprocher ! C’était comme dans mes rêves ! Hâte de les revoir encore et encore !

Setlist Furor Gallico:

-The Song of the Earth

-Wild Jig of Beltaine

-To the End

-Curmisagios

-Venti di Imbolc

-La Caccia Morta

-Steam over the Mountain

-Banshee

-La Notte dei Cento Fuochi

-Ancient Rites

 

Cerevisia:

Il y a 6 mois de cela, j’ai découvert ce groupe de folk métal français avec leur premier album «Trails Of A Walker» débordant de potentiel. À croire que même les gens du sud font du folk métal avec des thèmes du nord et une pochette glaciale (comme quoi le climat n’influe pas la musique). Du folk bien couillu, favorisant les orchestrations épiques gérées par le clavier et les chœurs, mélangeant diverses influences des grands noms de folk sans pour autant se démunir de leur propre identité.

Avec un seul album qui ne contient aucun point faible, aujourd’hui on aura le droit à la version live de cet opus. J’avais trop hâte de les voir et les voilà enfin sur scène vêtus de leurs peaux de bête et de leurs peintures de guerre. Le set débute avec une intro orchestrale que beaucoup de gens ont loupé (y compris moi, car j’étais encore en train de voir Furor Gallico)  pour enchainer de suite sur un morceau énergique qui tabasse («Ancient Gods»), ou encore «Diviciacos». Mon morceau préféré, «Sword’s Dance», grouille d’orchestration et contient (à modifier, peut-être) jeu de guitare prenant. Là, je prends mon pied (ce morceau est une merveille !).

Comme tout groupe de folk qui se respecte, un titre dansant, «Summon The Nightbringer», inspiré de Finntroll ou Korpiklaani (ou pour remonter à l’origine, qui obéit à une structure de polka finlandaise), utilise des sonorités d’accordéon jouées au clavier.

Ils ont joué la moitié de leur album, mais la meilleure moitié selon moi. Si l’on excepte « Dumnorix », plus émotionnel et relaxant que le reste, j’aurais préféré qu’il soit remplacé par «Fight Of The Crow»).

Et cette partie fut clôturée par mon deuxième titre préféré : l’épique «Heroic Charge» aux riffs et orchestrations prenantes et bien plaisantes, notamment le refrain. Ils ont convié Arnaud de Nightcreepers, présent parmi nous, pour prêter sa voix (growls) sur ce titre.

Le public n’était pas très chaud lors de cette partie. Cerevisia n’avait pas de fan club puisque les gens les ont à peine découverts. Peut-être manquait-il un peu de mise en scène de la part du groupe, comme des courtes introductions explicatives des morceaux, histoire de favoriser le dialogue et de se rapprocher du public… Affaire à suivre de près !

En attendant un futur concert d’eux dans de meilleures conditions, et un autre album aussi jouissif que celui-là, je vais voir le prochain groupe de cette journée.

Setlist Cerevisia:

-Ancient Gods

-Diviciacos

-Dumnorix

-Sword’s Dance

-Summon the Nightbringer

-Heroïc Charge

 

Aaaaaah enfin, une pause !!! De 20 minutes !!! Non pas que j’aime me reposer de la musique mais j’aime bien avoir le temps de boire et faire la vidange pour mieux continuer. Il y avait des animations comme le lancer de canards que je n’ai pas vu car j’étais ailleurs, ou alors des stands de tous genres (accessoires médiévaux, merchandising…..), des joutes et des danses avec des robes lumineuses. Mais encore de la bouffe très épicée façon moyen âge avec des délais d’attente assez long pour les plats chauds (une dizaine de minutes, de quoi rater le concert suivant). J’ai opté pour l’option je-ne-mangerai-rien car je déteste attendre pour manger.

 

Stille Volk:

On enchaîne avec un autre groupe made in France, originaire des Pyrénées et s’inspirant fortement de la culture de leur région et également de thèmes occultes. Voilà une musique qui nous repose les tympans et joue uniquement de la musique purement folk médiéval, dépourvue de gros sons de guitares électriques. Sont présents: une vielle à roue, une guitare folk, une mandoline, une nyckelharpa, diverses percussions, une cornemuse, et un violon.

Nous avons le droit à un set purement folklorique. Même si les gros sons de guitares électriques ne sont pas présents, ils arrivent à envoyer du lourd avec ce magma d’instruments tous gentillets et un chant puissant et imposant.

Keith Fay de Cruachan se joint au groupe pour interpréter avec son bodhràn le titre « Maudat ».

Le groupe se fait rappeler pour le célèbre morceau : «Danse de La Corne».

Je connaissais très peu Stille Volk et j’avoue qu’en live, c’est assez festif et plaisant. D’ailleurs, le public, plus connaisseur que moi, était à fond dans leur trip. Il y même eu des slammeurs alors qu’il n’y a même pas de quoi (ce n’est pas du métal), et a fait une espèce de circle pit tellement les mélodies sont entraînantes et dansantes comme « Joglar ». Stille Volk est agréable à faible dose, mais 45 minutes, c’était un peu long pour moi !

Setlist Stille Volk:

-Intro

-Le roi des animaux

-Joglar

-Forêt Gorgone

-Dementis Maudicon

-Ai Visit Lo Lop

-Maudat

-Le réveil de Pan

-Satyre Cornu

-Banquet

-Rappel: la danse de la corne

 

Ithilien:

Miséricorde ! J’ai raté Ithilien pour faute d’interview de Moonsorrow (bon c’est quand même une interview de Moonsorrow, je ne suis pas malheureuse). Bref quelques mots sur ce groupe venu droit de notre voisine, la Belgique, pour nous en mettre plein les oreilles tout en douceur, avec du Tolkien folk métal. Puisque tous leurs thèmes tournent autour du monde de Tolkien. Du bon pagan (ou plutôt death mélo si on veut être précis) qui envoie du lourd, avec des morceaux très attachants comme «Her Wolf Her Best». Certes, le groupe n’a rien innové dans le genre, mais j’étais dégoûtée d’avoir raté cette partie. On m’a rapporté que la qualité du son n’était pas terrible et le groupe n’a pas marqué les personnes que j’ai questionné.

Setlist Ithilien:

-Battle Cry

-Her Wolf Her Beast

-Rebirth

-A World Undone

-Stare into the Deep

-Solo

-Mother of the Night

-Drinkin’ Song

-Reckless Child

 

Svartsot:

Ils sont danois, ils sont charmants et ils font du très bon folk métal. En plus ils mettent une sacrée ambiance sur scène. Que de la joie et de la bonne humeur ! Un groupe que je n’ai vu en live que sur youtube et déjà ça donnait envie ! Les voilà devant moi en 3D, avec de nombreux instruments : accordéon, flûtes, mandoline, cornemuse, guitares, basse, batterie… Un chanteur torse nu sans aucun tatouage avec son vieux jogging et qui a la bougeotte au point de se jeter et slammer… Et pas qu’une fois ! Il a un don, autre que de growler, c’est celui de mettre l’ambiance et d’exciter le public !! Sans oublier son super pouvoir de diviser la foule en deux et créer le mur de la mort deux fois de suite (au moins, si j’ai bien compté).

On a le droit à une setlist variant les instruments folkloriques avec une recette de base commune à tous les morceaux: des gros riffs folks métal établis par les guitares et une voix death sur lesquelles se rajoutent divers instruments pour accentuer cet aspect folk: la flûte enchantée est reine dans « Gravollet » et « Højen På Glødende Pæle », ou encore «Havfruens Kva». La cornemuse reprend le trône sur le festif « Midsommer », « Kilden » et « Moder Hyld » (dans le mid-tempo), qui est un titre exclusif de leur nouvel album sorti le lendemain du Cernunnos. Deux excellents morceaux qui donnent envie d’écouter ce nouvel album (il y a même un solo de cornemuse). La mandoline remplace cette cornemuse, qui est alternée avec une flûte, pour interpréter «Dodedansen».

Enfin vient le moment que je déteste le plus dans de tels concerts: la fin ! L’honneur revient à la flûte d’accompagner le titre vedette de leur tout premier album, «Skønne Møer» sur lequel le groupe et le public se lâchent corps et voix une dernière fois. Et là je me dis que ce groupe est un groupe de live, 666 (nombre standard) fois mieux que sur album, certainement à cause de cette énergie positive contagieuse que nous transmet le groupe. Un pur plaisir !!!

Snif, c’était trop court !!! On n’est pas prêt de les revoir si tôt en France…

Setlist Svartsot:

-Gravøllet

-Højen På Glødende Pæle

-Midsommer

-Dodedansen

-Moder Hyld

-Havfruens Kvad

-Kilden

-Skønne Møer

 

Au suivant ! Entre temps je sèche mes larmes.

 

Les compagnons du gras Jambon:

Soyons clair, ce n’est pas une pause bouffe mais un groupe qui porte bel et bien un nom pareil. Pourquoi pas. On connaît déjà «We Butter The Bread With Butter» (on ne peut pas faire pire, je crois). C’est aux Toulousains de nous divertir, maintenant.  Vêtus de vêtements d’époque (pour ne pas dire à moitié à poil), ils déballent les vieux instruments, malgré leur jeune âge. Pas d’électricité, tout sonne naturel (bon, il y a des micros cachés). Le groupe expose divers instruments médiévaux: cornemuses, cistre, nyckelharpa, nacaire, tambour médiéval…

Le groupe communique avec le public, fait preuve d’humour et nous introduit chaque morceau avec une petite histoire. Mais aussi, il fait des requêtes au public comme choper son voisin/voisine sur une chanson d’amour : « Poc Vecem ».  Le public chante et danse le fameux « Bonsoir Maitre de Maison » (moi, je ne savais dire que Lanturelire Lanlira).

À ma grande surprise, j’entends cette reprise folk et douce des légendaires In Extremo (un autre groupe allemand de folk métal très célèbre que j’aimerais tant voir). Ils me prennent par les sentiments là, mais je reste fidèle à la version originale.

Un autre exercice à faire sur « Nau Gojatas a Castelnau »: le public masculin doit chanter au moment voulu : castello castello castello castello (sur les noires) et le public féminin seulement sur les blanches: caaastello, caastello… Pour qu’à la fin, le frontman nous avoue que c’est la première fois qu’on fait du 50-50.

Le groupe finit par son slogan : Les Compagnons du Gras Jambon, l’art (ou lard) de divertir les gens bons.

On aura tout fait : bu, ri, dansé, chanté… (sauf bouffer du jambon). Le groupe est sacrément doué pour faire de l’animation en plus de la bonne musique. Et d’ailleurs, il a déjà animé de nombreux événements historiques et médiévaux (comme les nuits de Jeanne d’Arc).

Ce fut une bonne découverte pour moi qui ne les connaissais pas avant, mais ça reste un groupe de live, qui prend forme et vie sur scène et qui peut vite mourir sur platine. Je n’irais pas jusqu’à écouter leur musique chez moi. C’est l’ambiance, le public et tous ces divertissements qui vivifient davantage leurs chansons. Et puis le son était bien pour une fois ! Je pense que dans cette salle, tant que ce n’est pas du gros son de grattes ça passe bien, comme les groupes qui jouent du pur folk.

Setlist Les Compagnons Du Gras Jambon:

-Suite Plinn

-Villemann Og Magnhild

-Bonsoir Maitre de Maison

-Poc Vecem

-Ecce Mundi Gaudium

-Nau Gojatas a Castelnau

-In Taberna

-Her Mannelig

 

Avant de passer à la partie suivante pour laquelle je m’impatientais à fond, il parait qu’il y a eu des animations de démonstration de combat. Je n’y étais pas donc je ne pourrais pas vous les raconter.

 

Cruachan:

Ah enfin, des vrais celtes, des irlandais fidèles à leurs kilts !!!! Et pas n’importe quels celtes s’il vous plait, il s’agit de piliers fondateurs du folk métal (depuis 1995) qui s’en tirent avec plusieurs démos et sept albums dont le dernier date de décembre 2014. C’est Cruachan, bordel ! C’est l’un des premiers groupes folk métal que j’ai connu mais qui ne passe pas souvent en France, uniquement dans des festivals comme le Cernunnos. Je suis plus excitée de les voir que de voir Moonsorrow (enfin presque). Il faut quand même que je garde de l’énergie pour Moonsorrow. Merci à l’orga de leur avoir consacré une heure complète (ça ne sera jamais assez mais c’est mieux que 30 ou 45 minutes). Et quelle setlist sélectionnée avec soin !!! C’était diététique, équilibré entre morceaux bourrins et d’autres plus calmes.

Ils commencent par les roulements à la caisse claire de «To Invoke The Horned God» pour que la flûte vienne ajouter cette touche folk avant qu’une tornade s’abatte et le tout se transforme en un black métal avec un orgue en fond et on recommence avec une partie folk. Ce n’est pas mon morceau préféré même s’il est amusant. Ils ne peuvent pas s’empêcher aussi tôt de nous balancer des titres de leur nouvel album sorti en décembre dernier, «Blood For The Blood God», comme  le joyeux «Born For War», alternant les divers instruments folkloriques (notamment le long passage de violon et flûte) agrémenté d’un fond de gros sons de guitares qui ne servent que de fond sauf pour la partie sombre à la black pagan. «The Sea Queen of Connaught» obéit à cette même structure, où le violon est roi, un merveilleux pont pianoté, des variations d’énergies et de rythmes, ainsi que sa diversité de riffs. Sans doute le meilleur morceau du nouvel album.

Ils nous ont joué presque tout l’album. Hélas, ce n’est pas leur meilleur opus, bien que les titres choisis s’apprécient mieux en live. Cela dit, il n’était pas nécessaire d’en jouer autant car une certaine linéarité commençait à se faire sentir notamment pour «Prophecy».

«Pagan Hate» nous arrose avec ses pulsions de blasts, laissant de côté l’aspect folk du groupe, même si le violon pointe ses cordes quelques fois pour y mettre encore plus de fourberie.

Une présence féminine inattendue apparaît sur scène pour prêter sa voix, bien qu’inutile et presque inaudible, et participera à émettre des notes pendant quelques chansons. Les yeux masqués par une bande noire peinte, peut-être pour qu’on ne la reconnaisse pas, mais bon le frontman l’avait présentée. Il s’agit de Rachel Lally qui apparaît sur le clip du sombre mais profond hymne de guerre, le titre éponyme du dernier album: «Blood For The Blood God». Voilà que cette partie se termine par «The Morrigan’s Cal/I Am Warrior», mi pur folk, mi black pagan.

Ah ces gars, ils ont la pêche, la banane, tous les fruits et légumes (sans oublier l’alcool sinon ça fait pas très irlandais) et nous ont forcé à les suivre dans leur délire, même si on était tous crevés et on voulait garder des forces pour Moonsorrow. On a quand même headbangé, sauté, dansé, créé une multitude de pits… Malgré nous! C’est fou comme le pouvoir de la musique peut captiver à ce point!

Parler de Cruachan, c’est soit trop soit pas assez!

Setlist Cruachan:

-To Invoke the Horned God / Brian Boru

-Born For War

-Pagan Hate

-The Sea Queen of Connaught

-Prophecy

-Pagan

-Marching song of Feach MacHugh

-Some Say the Devil Is Dead

-Ride On

-Blood For the Blood God

-The Morrigan’s Call / I Am Warrior

 

The Moon And The Nightspirit:

Après une heure de sport intense sous les mélodies de Cruachan, voilà notre séance sieste, relaxation et rêveries… Ça se passe dans la petite salle que l’on n’aime pas. Et c’est aux Hongrois de The Moon And The Nightspirit de nous occuper pendant une heure (on a fait presque la moitié de l’Europe cet après-midi, mais ça manque d’Allemands quand même). Ils se montrent timides et semblent planer dans un autre monde, concentrés uniquement sur leur musique, échangeant les divers instruments pour couvrir une large panoplie de mélodies: guitare folk, violon, diverses percussions, basse et un duo au chant féminin/masculin.

Je ne connaissais absolument pas ce groupe, mais ça ressemble beaucoup à StilleVolk avec une voix féminine et plus raffinée ! Déjà c’est du pur folk, le plus calme de tout le festival.  D’ailleurs, la moitié de la salle est accroupie par terre, concentrée, écoutant sagement ces douces et tendres mélodies qui nous transportent loin… Cette symbiose violon/guitare folk, en plus de la douce voix de Agnès Toth lorsqu’elle ne se sert pas de son violon, confère aux mélodies tout leur charme.

Cette musique séduit plus d’un, elle évoque la zen attitude, la paix, la beauté de la nature, le repos total du corps de l’esprit, idéal pour une séance de sophrologie. Cela dit, je ne suis pas d’accord sur le fait  de leur accorder une heure complète. C’était légèrement exagéré.

La qualité du son dans cette salle était en faveur du groupe puisqu’il s’agit de pur acoustique!

Moonsorrow:

Voilà, on est au complet, tous unis pour Moonsorrow, une des merveilles du pagan métal. Cinq musiciens, et quels musiciens, quels excellents musiciens !!! Puisqu’ils jouent dans plusieurs autres groupes dont le sublime Barren Earth (oui, j’en profite pour y glisser un message publicitaire subliminal qui leur fera plaisir et, j’en suis sûre, à vous aussi chers lecteurs). D’ailleurs lors de l’interview, Ville Sorvali (bassiste/vocaliste de Moonsorrow, et ex-membre de Barren Earth) portait fièrement un t-shirt de ce groupe.

Moonsorrow n’a pas fêté de sortie d’album. Il parait qu’ils en préparent un pour 2016, donc d’ici là on a de quoi survivre. Pour patienter, je vous recommande donc d’écouter le nouvel album de Barren Earth fraichement sorti (il est parfait).

Ai-je dit plus haut qu’on allait se défouler sur Moonsorrow ? Non, vous n’avez pas compris : dans Moonsorrow, il y a «sorrow», il s’agit de l’essence même de leur musique. L’art de savourer cette état de mélancolie, ces longs morceaux aux mélodies glaciales aux riffs folk métal mais sans la présence des instruments folks, un clavier, des guitares, une basse et un micro honorant leur langue maternelle, le finnois. Ils ont joué le plus souvent dans le mid-tempo qui vous fait tranquillement entrer dans un état second, au plus profond de vous (et ce n’est même pas du doom) comme avec le titre «1065:Aika». Les compositions de Moonsorrow sont reposantes, sombres, très mélodiques, transcendantes et épiques à la fois. L’ambiance de la salle se tasse, chacun est dans sa bulle, sauf le guitariste chauve qui n’a pas cessé d’exciter la foule.

Pour nous booster un peu plus, «Pimeä» augmente légèrement le tempo avec un aspect plus black métal et plus de variations que son prédécesseur, un véritable chef d’œuvre celui-là avec un superbe jeu de basse et clavier, sans parler du solo de guitare !

Double pédale en route, « Köyliönjärven Jäällä » ressort ce côté folk avec un clavier à la sonorité d’accordéon et ce son clair de guitare alternant avec le gros son de la rythmique. C’est l’extase !  Sans parler de l’indescriptible « Kivenkantaja » qui ne se décrit pas mais se vit, vous y décèlerez des mélodies connues, et un clavier majestueux au top de sa forme. Le ténébreux «Huuto» a été joué pendant un bon quart d’heure. Un pur plaisir résumant l’essence de Moonsorrow.

L’au-revoir, plein de chagrin, a été dit avec le somputeux «Sankaritarina», ce pont aux belles notes de flutes (joué au clavier bien sûr), renforcé par le pouvoir suprême des chœurs. Sans doute le meilleur de leur premier album «Voimasta Ja Kunniasta» (sorti en 2001, le meilleur album de leur carrière), le plus calme de toute la setlist et le plus mélancolique. Vous êtes sans voix ni mot face à une telle merveille.

Voilà une heure de Moonsorrow qui s’est vite terminée, et c’est à notre grand regret la fin de festival. J’atteins le summum de la tristesse avec des pincements au cœur. Nooooooooooooon ! C’est vraiment terminé. Je n’ai pas envie de partir. J’ai envie d’arrêter le temps et de laisser Moonsorrow continuer de jouer toute leur discographie… Mais malheureusement, je n’ai pas encore inventé une machine à arrêter le temps ou l’allonger.

Moonsorrow quitte la scène et le vigile commence à faire le ménage. Je vais donc noyer mon chagrin dans mon sommeil et en plus, j’avais un avion à prendre cinq heures après et j’étais terriblement claquée de cette journée… Une sacrée claque ce festoche, vivement l’année prochaine !

Setlist Moonsorrow:

-1065: Aika

-Pimeä

-Raunioilla

-Köyliönjärven Jäällä

-Kivenkantaja

-Huuto

-Sankaritarina

 

J’ai beaucoup apprécié le fait que les genres soient équilibrés, balayant les groupes de pur folk sous toutes ses sauces jusqu’aux plus extrêmes de pagan black métal… Le choix était excellent et a également aidé les groupes français à s’exposer à cette communauté de folk métalleux, puisque presque la moitié de l’affiche était française. Même si la petite salle du sous-sol n’a pas complètement joué en leur faveur, quand il n’y a pas le choix il faut se contenter du peu. En espérant que le prochain aura lieu à l’Élysée Montmartre quand elle aura ré-ouvert. Autrement, la grande scène de La Machine du Moulin Rouge était géniale et très agréable pour le public et les groupes.

On n’a manqué de rien, une diversité de nourriture à l’ancienne. La bière, parait-il, n’était pas terrible surtout pour son prix.

Je reproche également à la journée d’être passée trop vite, tellement vite que j’ai souffert de nostalgie toute la semaine… Mais on dit que toutes les bonnes choses ont une fin ! Je vote pour un Cernunnos de deux jours avec deux fois plus de groupes, comme ça on n’aura pas à se déplacer en Allemagne pour des festivals plus importants, on les produira chez nous.

Je félicite donc chaleureusement et remercie l’organisation de cette huitième édition du Cernunnos qui a géré du feu de Dieu et nous a fait plaisir avec ces excellents groupes. Il y en a eu pour tous les sous-goûts de folk/pagan métal. Je remercie également Sarah de Dooweet pour l’invitation.

 

Je souhaiterais commander à l’organisation pour Cernunnos IX : Eluveitie ou Ensiferum en tête d’affiche, Frosttide (qui coûterait moins cher que Wintersun pour presque le même niveau), Tanzwut qui serait une bonne découverte puisque c’est du folk/indu métal atypique (je les ai vu au Trolls & Legendes et c’est top). Comme groupes français: Nightcreepers, Nydvind, Drakwald seraient pas mal à voir. Une affiche aussi variée et équilibrée garantira sans doute un sold-out.

 

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