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Live report : Bloodybarbie


Après la superbe prestation dont ils ont fait preuve en tournée avec les dieux de deathcore/gent Born Of Osiris en tête d’affiche, Betraying The Martyrs revient quelques mois plus tard sur scène et cette fois-ci en tête d’affiche ! Que demande le peuple ! Et ce soir, c’est à Paris, dans cette petite salle sympathique et intimiste de La Maroquinerie qu’aura lieu ce concert que j’attendais impatiemment depuis son annonce.

Comme à chaque concert de (metal/hard/death)core, je ressens ce léger malaise lié à l’âge et au look, puisque la population présente doit se situer dans la tranche de 18-25ans, et la majorité adopte le look coreux, Vans/Converse, un max de tatouages/piercing/écarteurs. Heureusement que je ne suis pas la seule hors de cette catégorie d’âge. Et même si je ne porte pas l’uniforme coreux, j’ai pu quand même rentrer au concert, le vigile a été sympa !

Betraying The Matyrs est connu, en plus de leur frontman Matt aux milles et un tatouages (même son crâne l’est, une véritable expo ambulante !), par leur genre de hardcore prenant et mélodique, grâce au fort caractère du clavier qui rajoute beaucoup de charme à ces gros riffs bourrins de hardcore. Le groupe n’a hélas pas une origine fixe, comme ses membres sont dispersés dans le monde, en Russie, en Angleterre et en France (le claviériste, Victor, est parisien). En tout cas, ils ont l’air de bien gérer leur quintette, avec seulement deux (super) albums dont le dernier, Phantom, signé chez Sumerian Records (le label par excellence du meilleur du core), ils font déjà des tournées en tête d’affiche !

Il devait également y avoir un autre grand groupe de la scène hardcore pour bien chauffer le pit. Il s’agit des américains de Texas In July (avec une disco de 5 albums indéniablement parfaite). Mais comme on n’est pas en juillet, ils ne sont pas venus et ont été remplacés par More Than A Thousand. Nous aurons tous mis du temps à digérer cette déception, en espérant que les remplaçants assurent autant !

C’est aux italiens d’Upon This Dawning que revient l’honneur de commencer avec trois albums dans les poches (le dernier We All Are Sinners sorti en 2014 chez Artiery records)

Hélas pour eux, ils ne verront pas des centaines de têtes condensées devant eux, la salle n’était même pas remplie et certains n’avaient pas l’air de connaitre le code du core, qui est de ne pas s’assoir et se mettre à l’arrière de la salle ! Comment on dit, les absents ont toujours tort, et ce soir ils auront loupé un super bon groupe, belle découverte !

Le chanteur fait une apparition épileptique sous ces jeux de lumières stroboscopiques et cette intro orchestrale pour balancer les premiers riffs de « 13 » dans le mid-tempo avec de longues notes, j’ai eu un instant de doute, s’il s’agissait vraiment d’un groupe de black metal. Quelques secondes plus tard, lorsqu’il a poussé ses premiers cris et que le rythme a pris une autre tournure, j’ai eu la confirmation que non, c’est bien du true hardcore, en tout cas « 13 » est un excellent morceau avec quelques samples de dark/gothique. Il se met sur son caisson pour prendre de la hauteur et danser tel un zombie en se tortillant dans tous les sens, la danse contemporaine du core. Il est clair que ce n’est pas la souplesse qui lui manque !

Ce groupe qui m’était inconnu avant cet instant fait sourdre en moi une certaine énergie. Des mélodies aussi sombres que du black metal avec ses guitares sous-accordées, des screams puissants et émotionnels, mais surtout un clavier qui confère aux morceaux un certain charme indescriptible. Ils poursuivent leur setlist avec « Anima », encore plus sombre et horrifiant par toutes ses orchestrations si bien choisies et growls/screams, même si le refrain est en chant clair. Sublime morceau avec une outro pianotée bien sympa !

Frustré de cette fosse bien vide, le chanteur demande aux gens de se rapprocher de la scène, ce qu’ils feront et l’ambiance commence à s’améliorer. « Embrace The Evil » regorge de breakdowns, d’orchestrations encore plus grandioses, une basse claquante qui n’a pas de mal à se faire entendre, un refrain catchy et un pont émo.

Des refrains plus metalcore et des couplets très hardcore, c’est dans « A New Beggining » avec des samples electro. Et pour finir cette courte demi-heure, voici le titre le plus ouf et le plus agressif de toute la setlist, « Obey », tant au niveau des jeux de claviers sublimes que des riffs de grattes, sans oublier ce chant pénétrant et puissant.

Il est à noté que certains des studieux qui étaient au premier rang étaient fans du groupe et connaissaient les paroles du bout de la langue. En tout cas, c’était ma grosse découverte du jour et le son était satisfaisant, bien que le chant ne s’entende pas toujours bien.

On a un appel au saut, où le frontman nous demande de nos accroupir et de sauter à sa demande lors d’un breakdown mouvementé. C’est la première fois que je vois ça à un concert de core.

Voici un extrait pour avoir une idée :

Setlist Upon This Dawning:

-13
-Anima
-Embrace The Evil
-A New Beginning
-Obey

Quelques minutes de pause, c’est au tour des remplaçants de Texas In July, les anglais de Polar, de prendre le relais et être à la hauteur des absents, je n’imagine même pas la pression. Après enquête, il s’avère que peu de gens présents ce soir connaissaient le groupe. Il fait son entrée avec un chanteur en veste de ski (on comprend pourquoi ils s’appellent Polar) mais il aura vite compris que s’il la garde longtemps, il risque de mourir de chaleur (ok, il est juste chanteur, mais même les chanteurs transpirent).

On retombe sur du hardcore bien classique, avec des chœurs dominant une basse puissante et aussi imposante que les guitares.

Verdict: bon groupe, ni plus ni moins, rien d’original, le son n’était hélas pas terrible ! J’aurais préféré voir TIJ à la place.

Setlist Ploar:

-Bloodlines
-Create
-Destroy
-Mountain Throne
-Glasscutter
-Hell

Le niveau remonte de deux crans avec un More Than A Thousand (encore des noms bizarres et long, on ne voit ça que dans le hardcore), venu droit du Portugal. On a l’impression d’avoir Robert Flynn (Chanteur et guitariste de Machine Head) en face tellement le frontman Vasco Ramos lui ressemble ! Ça m’a trop donné envie d’écouter du Machine Head à ce moment.

Leur entrée sur scène se fait en force avec un bon morceau d’ouverture « Feed The Caskets » avec un soupçon de dubstep trompeur avec des refrains metalcore tout doux, des couplets hardcore et un long breakdown à la fin qui chauffe bien !

En tout cas, ils vous obligent presque à bouger et sauter en criant l’appel au Jump dès que nécessaire, surtout sur les passages aux gros riffs comme « Heist » ou « Fight You Demons » (on devrait instaurer ça à l’école pour pas que les élèves s’endorment, des pauses Jump sur du Hardcore qui vous revitalisent).

En effet, il ne s’agit pas de pur Hardcore, mais plutôt un mix de metalcore à cause de la présence de mélodies et chant clairs comme ça se ressent si bien avec « Cross My Heart ».
Le public a répondu présent et la température commence sérieusement à monter dans le pit (ouf, il était temps), comment résister à ces gros riffs !

Pas de mauvais sang à se faire, si « No Bad Blood » clôt gentiment la setlist, c’est pour laisser la place aux dieux de la soirée, les tants attendus Betraying The Martyrs.
Ce fut une troisième partie sympa, meilleure que Polar (surtout en terme de son), mais rien de bien folichon.

Setlist More Than A Thousand:

-Feed The Caskets
-Heist
-Fight Your Demons
-Cross My Heart
-It’s Alive (How I Made A Monster)
-No Bad Blood

Betraying The Martyrs a choisi une intro parfaite pour leur show avec ses notes pianotées fourbes d’ « Afterlife » tel un film d’épouvante horreur pendant deux bonnes minutes. Ils embrayent de suite sur du plus lourd avec « Jigsaw »après un accueil chaleureux du public. Non seulement le pit, mais la scène regagne en énergie cinétique et les âmes coreuse sont à fond sur ce morceau qui tabasse un max avec les grattes bien sous-accordées, les screams agressifs et graves de Matts, et qui est tantôt adoucis par le chant clair de Victor qui lui donne ce coté metalcore et qui donne avec son clavier cette petite touche mélodique bien agréable… L’art de mêler du doux et du plus violent. Avec cette belle sélection de setlist, le groupe nous offre « Man Made Disaster », truffé de notes pianotées et d’orchestrations, avec une grosse dose de brutalité, une basse qui crache à fond et encore une bonne dose de brutalité… Les coreux commencent leur danse de combat !

Pour ceux qui n’ont pas vu la Reine Des Neiges, qui ne connaissent pas la fameuse chanson « Libérée, Délivrée ! », voici la meilleure et la plus belle des versions qui existent, c’est la version MEGA HARDCORE signé BTM, on peut difficilement faire mieux. Voilà ce soir ils n’auront pas manqué de la jouer, où Matts et Victor se partagent équitablement le chant : Victor avec sa douce voix (de princesse) sur les refrains et Matts sur les couplets bien graves et screamés. Tout le monde aura chanté de tout son cœur sur ce morceau devenu un classique !

On a eu le droit à un assez long solo de batterie le temps que les gratteux changent de guitares/se réaccordent (et règlent d’autres problèmes) pour envoyer du plus lourd avec un morceau qui nous rappelle à quel point la vie est précieuse, « Life Is Precious », avec ses jeux de claviers bien fourbes. Plus metalcore que hardcore, également teinté d’orchestrations et de claviers, « What’s Left For you » met davantage en valeur le chant clair de Victor au détriment de celui de Matt.

Victor prend la parole et nous parle en français en exprimant à quel point ça leur fait chaud au cœur (pendant que les autres ne comprennent rien), et à lui en particulier, de jouer ici à Paris pour leur première fois en tête d’affiche, parle de leur nouvel album Phantom sorti chez Sumerian Records l’année dernière.

Ils enchaînement ensuite avec « Liberate Me Ex Inferis », ce court morceau que j’aime beaucoup, extrait de l’album « Breath In Life » qui envoie une déflagration de gros sons pimentés avec un ajout de dub-step torturé.

Enfin, ils terminèrent le set avec un morceau extrait du dernier album, et pas n’importe lequel ! « Legends Never Dies » a été composé en hommage à Mitch Locker, chanteur de Suicide Silence. Pour la petite histoire, Mitch était un ami proche du groupe, et un jour il leur a demandé de mettre sa voix sur un des morceaux de leur nouvel album. 24h plus tard, il est mort dans un accident de moto, ce qui a bouleversé tout le groupe. Ce morceau est donc joué avec beaucoup de tristesse, je n’imagine même pas leur ressenti pendant ces 3 minutes à chaque concert. Mais bon, c’est la vie ! Ils disparaissent juste après, le temps d’être rappeler chaleureusement par le public et revenir pour un dernier titre, « Because Of You », où tout le monde se lâche une dernière fois.

Les membres du groupe se sont autant amusé que nous, Victor a lâché son clavier et son micro au milieu d’un morceau et s’est aventuré pour slammer sur une foule peu dense, ce qui a obligé les porteurs à bouger en même temps plutôt que le porter, sans trop aller loin. Il y a eu également le mini slam de Matts, sans aller trop loin pendant que le roadie peinait pour retenir le caisson sur lequel il se tenait pour prendre plus de hauteur durant tout le show.

A la fin, il se fait sa petite séance de sport d’une minute en se suspendant sur la barre située au plafond de la scène pendant une bonne minute avant de nous quitter… jusqu’à une prochaine fois.

On aura tout de même bien apprécié le set de BTM, même si la qualité de son n’était pas à la hauteur du niveau de leurs compositions pour les faire ressortir à leur juste valeur comparé à leur prestation à Lyon l’année dernière qui, même en première partie, était indéniablement propre par rapport à celle-ci. Rajouter à cela, l’âme même du concert n’était pas au top de sa forme… Et pourtant, c’est un concert de BTM   !

C’était dommage, mais on a quad même passé une excellente soirée !

Setlist Betraying The Martyrs:

-Afterlife
-Jigsaw
-Man Made Disaster
-Where the World Ends
-Love Lost
-Let It Go
Drum Solo
-Life Is Precious
-What’s Left of You
-Liberate Me Ex Inferis
-Legends Never Die
Encore:
-Because of You

Je remercie énormément Cartel Concerts pour l’invitation ainsi que pour l’organisation de ce concert (et plein d’autres comme d’habitude) mais également tous les groupes pour nous avoir fait vivre une excellente soirée bien Hard Core !

 


 

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