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C’est notre lot à tous, fin Mai-début Juin sonne, chaque année, le grand retour des exams, du beau temps, des allergies … et du Lyon Metal Fest. Et oui, Base Production nous abreuve de décibels depuis cinq ans maintenant grâce à son festival lyonnais ciblé essentiellement sur notre scène nationale mais non dénué de quelques surprises, comme à chaque fois. Ainsi lors des précédentes éditions les organisateurs nous ont gratifié de la présence d’Annihilator, de Trivium puis de Koritni, avant de nous annoncer l’ajout de Cynic à cette édition 2010 pour le moins hétéroclite. Entre les maîtres de l’indus-fluo que sont Punish Yourself et les docteurs es-déconne d’Ultra Vomit, entre les vétérans de Loudblast et de Satan Jokers, comme à l’accoutumée, une petite place est laissée à des formations du cru comme God Damn, Blackness, The Seven Gates et Skox.

Voilà pour l’intro. Le programme étant fort chargé, les portes du Transbordeur ouvriront tôt, juste avant le début du set des mâconnais de The Seven Gates, si bien qu’une bonne partie du public manquera la première moitié de leur show. Côté scénique, l’expérience acquise ces dernières années aidant, le tout est bien carré. Musicalement, le death du groupe est de bonne facture mais ne parviendra pas à me faire changer d’opinion : il y a de très bonnes, voire d’excellentes idées, mais qui sont parfois noyées sous des passages moins inspirés. Néanmoins, avouons-le en guise de mise en bouche, le combo s’en tire très bien, on a vu bien pire.

L’intérêt du Lyon Metal Fest, pour ceux qui sont joueurs, c’est que les groupes se partagent à tour de rôle la petite et la grande scène du Transbo. Malin, mais sportif. Mais bref, passons plutôt à Blackness qui investit la grande scène. Je connais le combo depuis quelques mois seulement, mais leur dernier show m’avait tant soufflé que je me devais de remettre cela. Musicalement assez proche d’un Kreator (mais pas dans les thèmes abordés), Blackness sur scène c’est du sadomasochisme à l’état pur : baffe après baffe, les joues commencent à sérieusement faire mal, mais on se surprend à en redemander. La setlist sera logiquement partagée entre anciens morceaux (‘Angel of flesh’, ‘Saturday night killer’) et nouveautés issues du petit dernier « Stimulation For The Beast » (2010). Cerise sur le gâteau une reprise de ‘Bark at the moon’ de « vous savez-qui ? ». Et bien, non à priori une partie du jeune public venu pour Ultra Vomit ne semblait pas savoir. Rassurez-vous les d’jeunz, Ozzy Osbourne n’a pas toujours été la loque qu’il est devenu.

Retour sur la petite scène pour les locaux de Skox dont je dois avouer n’avoir jamais entendu parler … mais alors pas du tout. Découvrons donc. Quelques titres passés, je dois me rendre à l’évidence que ce n’est pas forcément ma came. Le tout parait incontestablement travaillé, mais ce mélange death-thrash-core n’arrive pas à me convaincre, en condition live tout du moins (surtout avec cette guitare quasi inaudible). Et je précise bien, car ce que nous produit le groupe en studio est bien plus convainquant (sans doute la qualité du son), et on retrouve de bons soli, une basse vrombissante, quelques passages bien trouvés : ça le fait quoi. On dira donc qu’il faut se méfier des découvertes live. A revoir donc, mais pour le coup je dois avouer que leur prestation ne m’a fait ni chaud ni froid.

Hop hop hop, petit pas de course jusqu’à la grande scène … Nan, je plaisante, avec une bière à la main, faut pas non plus prendre des risques inconsidérés. Alors qu’est ce que ça dit ? Loudblast, ah ouais quand même, attention, vétérans ! Car Loudblast fêtent cette année leur 25 ans de carrière, ni plus ni moins, et on peut les compter parmi les gros combos précurseurs du death à la française au début des 90’s. Le groupe a connu des hauts et des bas depuis, mais nous revient donc pour une petite tournée. L’occasion idéale de pouvoir juger sur scène. Une chose est sure, le combo était très attendu, la salle étant quasiment pleine à ce moment. Et bien, malgré les classiques, Stéphane Buriez et sa bande ne m’ont pas non plus déboité le coccis. Efficace donc, je ne saurai le nier, mais manquant cruellement de folie, de ce peps qui fait qu’on assiste à quelque chose d’énorme, alors que ce concert fut juste bon. Je suis un peu déçu sur ce coup là. Ca se sent, non ?

Enfin, pour faire oublier tout cela, rien ne vaut une petite dose de God Damn. God Damn, c’est la formation qui monte assurément, chaque prestation se voulant être un condensé de pure f*ckin’ rock’n’roll. Et celle-ci ne dérogera pas à la règle, qui plus est sur cette petite scène, la température montant rapidement afin de maintenir le public à ébullition. Et qui dit ‘à ébullition’ dit évidemment ‘sous pression’. On aura donc droit à des slams, des pogos et un wall of death, tout pour faire sourire nos collègues photographes. Comme toujours c’est littéralement le feu sur scène, et cette odeur de souffre, de transpiration et de vapeurs délétères sied à merveille au quintet. Le groupe est visiblement très heureux d’être là et tient à faire partager au maximum son plaisir à l’assistance, qui le lui rend bien. Cerises écrasées sur le gâteau, l’interprétation de nouveaux titres ainsi qu’une reprise des australiens d’AC/DC que j’avouerai ne pas avoir reconnue (« pourtant c’est la base, dude »). Grosse grosse performance, une fois de plus.

C’est maintenant au tour de la bizarrerie de la soirée de fouler les planches de la grande scène. En effet, sans revenir sur l’historique de Cynic, le groupe jouit d’un statut semi-culte basé sur un premier et (longtemps) unique album « Focus » (1994), mélangeant death-soft, éléments jazzy et sonorités futuristes, qui mènera les américains à un split de 15 ans. Récemment reformée, la formation sortira un second album « Traced In Air » (2008) définitivement progressif qui, en conservant les ingrédients du succès, recevra un accueil somme toute mitigé. Lors de leur dernier passage remontant maintenant à un an et demi, les américains nous avaient livré un set basé à une exception près sur leur nouvel album pas encore sorti en France, si bien qu’il fut très difficile d’en apprécier les morceaux. Fin près cette fois-ci, voilà que le groupe débute son set par l’énorme ‘Veil of maya’ puis quatre autres titres de son premier album (‘How could I ?’, ‘I’m but a wave to’ … ‘Textures’ il me semble aussi), prenant tout le monde à contre-pied. C’est même plus qu’un simple contre-pied, étant donné le nuage de fumigènes et les éclairages très sombres durant cette première partie de set qui empêche de discerner les musiciens. Je cautionne le ‘trip Cynic’ … mais cela à refroidi plus d’une personne dans le public et le style se voulant à la base opaque et difficile à appréhender, cela n’aide pas et l’on verra l’assistance se réduire comme peau de chagrin. De plus le mixe un peu perfectible aura tendance à noyer les guitares par des basses trop présentes.

Enfin la donne va miraculeusement changer pour la seconde partie de set introduite par un morceau que je n’ai pas reconnu (du Aeon Spoke peut être ?) et du reste composée de titres issus de « Traced In Air » (‘The space for this’, ‘Evolutionary sleeper’, ‘King of those who know’) enchainé de l’inédit ‘Wheels within wheels’ puis clôturé par un ‘Integral birth’ tout de même très attendu (en somme, le récent EP alternatif « Re-Traced » dans son intégralité). Sur cette seconde moitié de show les musiciens sortent enfin de leur nuage vaporeux, Paul Masdival se permettant même quelques petites vannes (dont il aurait peut être du s’abstenir vu le stoïcisme de l’assemblée). Pour conclure, les américains nous ont livré un set en demi-teinte (c’est le cas de le dire), qui m’aura finalement vu préférer les chansons récentes.

Retour sur la toute petite scène et, une fois de plus, changement radical des style puisque les autre vétérans français de Satan Jokers ont débuté leur set. Exit le côté intellectuel de Cynic, place au heavy-metal, dans sa plus pure (et kitch) expression. Rien de péjoratif là dedans, le heavy 100% 80’s, french touch included (et tout ce que cela implique niveau chant et postures héroïques), que nous déroule le combo nous ramenant aux cadors de l’époque. Pas de tricherie, le groupe se livre à fond et au sein du public, d’autres vétérans, fans de la première heure ne ménagent pas non plus leur peine. Alternant avec ses classiques, le groupe en profite pour nous balancer quelques titres de son nouveau skeud dont ‘Fetish X’ et son refrain répété à outrance … faut aimer. Mais sinon, au niveau de la qualité musicale, rien à redire, les guitares sont impressionnantes de dextérité. En tout cas, malgré les années les bouffons de Satan ont toujours la patate.

Retour vers le futur, ou plutôt vers la grande scène, ou les musiciens et le public se voient rajeunirent subitement d’un bon quart de siècle. Les nantais d’Ultra Vomit sont en train de peaufiner leurs balances, mais là aussi, leur image de marque reprend le dessus, ses derniers réglages s’avouant un bon préambule au show à venir. Ultra Vomit sur scène, ça tient du concept, chaque chanson se voulant un prétexte à la parodie (‘Mötörhead, Patrick Sebastien, Calojero ou Gojira sont ainsi passés en revue), ou au simple délire. Tout n’est pas toujours fin et musicalement on repassera, mais quand il s’agit de faire le show Ultra Vomit ne se font jamais priés et l’atmosphère, très légère est vraiment festive, est parfois plus proche du café-théâtre (ou les animaux, lapins comme canards (vivants) seraient conviés à la fête) que d’un concert de metal. Un bon moment, même si après une grosse demi-heure, on a vite fait le tour du sujet. Reste à savoir ce que le groupe nous réserve pour la suite.

Alors qu’Ultra Vomit termine tout juste sa prestation, la fosse va rapidement se vider, telle la cours de l’école à l’arrivée des parents. Il n’y a pas de secret une bonne partie du public avait avant tout fait le déplacement pour le vomit–de-la-mort et se sentant moins concernés par les délires bariolés de Punish Yourself, beaucoup s’en retourneront chez eux. Il faut avouer aussi, que PY passent relativement souvent sur Lyon, et que peut être n’ont-ils pas réussi à réunir leur public habituel, peu motivé par cette affiche metal. C’est donc devant un public clairsemé que les musiciens inaugurent le ring (si si) du transbo. Un show de PY, c’est avant tout du gros son, du rock’n’roll, de la sueur et de la couleur. Ajoutez à cela quelques accessoires moins conventionnels pour un concert metal (comme des scies, si si (bis)) et vous pourrez vous faire une bonne idée du trip des zicos fluos. Quoiqu’on en dise, Punish Yourself, c’est une expérience unique à voir, ne serait-ce qu’une fois.

Voila, nous arrivons à la fin de cette cinquième édition, ou une fois de plus l’éclectisme aura primé (trop peut être … Cynic n’étant décidément pas à sa place). « M’enfin », comme dirait l’autre, tout le monde aura pu y trouver son compte et le public lyonnais n’ayant pas boudé l’évènement, gageons qu’une sixième édition suivra, nous réservant elle aussi quelques surprises.

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