Photos + Report : Aur’Hell
J’étais impatiente de passer la soirée à l’Encore de Sundbyberg (Suède) pour plusieurs raisons. D’une, c’est à domicile : j’habite littéralement à 10 minutes de la salle. Et de deux, on y passe tout type de rock et de metal. Bref, tout ce que j’aime. Et à voir la programmation riche des mois à venir, nul doute que l’Encore va rapidement devenir mon nouveau QG.
C’est donc motivée comme jamais que je déboule à 19h30 pour le concert de Warrior Soul et Cobra Cult. Le show démarre à 20h, juste le temps de faire un tour des lieux et de m’imprégner de l’ambiance.
C’est une salle assez intimiste, avec une scène idéalement placée par rapport au public. Je repère déjà les spots possibles pour shooter et je vois plein de possibilités, ce qui n’est pas le cas de toutes les salles de la capitale. Il y a encore peu de monde, mais l’ambiance est déjà chaleureuse, avec ce petit côté franchouillard que j’adore. Bref, je suis chez moi.

C’est Cobra Cult qui lance les hostilités à 20h15. C’est la deuxième fois que je les vois sur scène. La première fois, ils ouvraient pour Liv Sin à l’occasion de la Saint Valentin, en février dernier.
Avec un nom comme celui-là, on peut appréhender un peu ce qu’on va voir sur scène si on n’a pas jeté un œil à leur bio en amont. Rassurez-vous : pas de charmeurs de serpents ni de gourous en transe. Que nenni ! Le quatuor emmené par Johanna Lindhult la joue plutôt cool kids.

Mais dès les premières notes, plus de doute : on est bien dans un univers hard rock-heavy-punk. Ça pioche dans plusieurs styles, mais une chose est sûre : il y a de l’énergie à revendre dans ce groupe là.
L’enthousiasme est communicatif et les spectateurs massés devant la scène se mettent très rapidement dans l’ambiance. C’est d’ailleurs ce que j’avais déjà remarqué la première fois que je les avais vus : même lorsqu’on ne connaît pas les chansons, on se laisse embarquer. Quelques refrains plus tard, nous voilà à chanter en chœur comme si on avait révisé la setlist avant de venir. C’est dire si on entre facilement dans leur concert.
Cobra Cult est manifestement à l’aise partout : aussi bien au Sweden Rock que dans un club comme l’Encore.
Pendant près d’une heure, les titres s’enchaînent, avec notamment quelques-uns de leurs plus gros succès, comme « I Am The Law », que le public — et bibi — reprend à l’unisson. Le groupe roule sa bosse depuis 2016, alors forcément, du matériel, ils en ont.
Les spectateurs arrivés en avance pour Warrior Soul ont donc le temps de capter quelques morceaux de Cobra Cult. Nul doute que certains ont dû regretter de ne pas être venus plus tôt applaudir leurs compatriotes. La prochaine fois, ils seront là dès les premières notes. C’est sûr.
Setlist :
1. We Are Rock’N’Roll
2. Sell Your Soul
3. The Devil’s End
4. In The Zone (Again)
5. Another Time
6. Don’t Kill The Dark
7. Hey !?
8. Run For Your Life
9. Forever Faster
10. I Am The Law
11. My Win – Your Loss
12. Let Your Hair Down
Line-up :
Johanna Lindhult — guitare / chant
Thomas Jonsson — basse / chœurs
Patrick Nilsson — guitare / chœurs
Carl Johan « Sillen » Sillén — batterie (L’un des membres du noyau fondateur se remet derrière les fûts de temps en temps, pour notre plus grand plaisir.)

La salle est bien chaude. Warrior Soul n’a plus qu’à enfiler les chaussons et dérouler son hard rock explosif, avec une setlist spécialement créée pour les 35 ans de l’album « Drugs God and the New Republic » que le groupe jouera en intégralité.
Alors oui, ça fait un moment que je suis dans ma phase hard rock un peu vintage. Mais que voulez-vous ? Je suis nostalgique d’une période que je n’ai pourtant pas vraiment connue, celle où le rock n’était que pure adrénaline. Impossible de rester stoïque lorsque la musique démarre.
Et pourtant, on est en Scandinavie, là où le public est réputé pour bouger avec une certaine… retenue. Mais ce soir, tout le monde est happé dès que les premiers riffs retentissent.
Et alors, lorsque le charismatique Kory Clarke entre en scène, la salle est en transe.
Le look est improbable. Christina Cordula tournerait de l’œil si elle voyait l’imprimé panthère associé à la veste à sequins, à un pantalon ultra-moulant argenté, des petits souliers léopard et des lunettes sorties tout droit d’une autre époque. Avec ses mimiques à la Jagger, Clarke entraîne tout son petit monde avec lui pour presque deux heures de show.
L’audace et le culot, c’est ce qui caractérise ce chanteur depuis la création du groupe à la fin des années 80. On l’avait mis au défi de monter le meilleur groupe de New York en six mois. Challenge accepté. Mais surtout, challenge réussi : Warrior Soul est né et signe son premier contrat peu de temps après.
À cette époque, la scène est déjà saturée de groupes de hard rock et de glam rock. Il faut donc prendre une autre direction pour se démarquer. Warrior Soul s’oriente vers un hard rock très politique, anarchique. Clarke a même parlé d’une époque “acid punk”.
Du coup, on mélange tout ça et on obtient quelque chose de sacrément coloré.

L’énergie est dingue et, à voir le public reprendre les paroles de titres comme « Downtown », qui date de 1990, une chose est certaine : les fans de la première heure sont bien là ce soir.
C’est également Clarke qui ressuscite le groupe plus de dix ans après sa création et lui offre une deuxième vie, avec pas moins de huit albums supplémentaires, le dernier en date étant sorti en 2022.
Et même si Clarke porte clairement la performance artistique, il est sacrément bien entouré : pas moins de trois guitaristes, un bassiste et un batteur l’accompagnent sur scène.
C’est rock. C’est explosif. C’est remuant. C’est chaotique.
L’interaction avec le public est constante. Le son est épais. L’intensité ne retombe jamais.
Clarke est habité. Il incarne chaque morceau avec sa voix rauque et éraillée, comme si chaque chanson lui passait directement dans les tripes. Les pieds de micro sont renversés, ça part dans tous les sens, c’est le bordel.
Mais c’est un putain de bon bordel. Une sacré leçon de rock’n’roll !

Line-up :
Kory Clarke — chant
Rille Lundell — guitare
Adam Arling — guitare
Dennis Post — guitare
Christian Kimmet — basse
Ivan Tambac — batterie
Setlist :
Intro
1. Interzone
2. God And The New Republic
3. The Answer
4. Rocket 88
5. Jump For Joy
6. My Time
7. Hero
8. The Wasteland
9. Children Of The Winter
10. The Drug
11. Cargos
12. Punk
13. Party
14. Rotten Soul
15. Shock Um
16. Losers
17. Fuck The Pigs
18. Downtown
19. Love Destruction
Le show se termine vers 23h. Les gens s’attardent pour boire un dernier verre ou acheter au stand de merch.
Moi, je file prendre le bus qui me ramènera en dix minutes chez moi, la tête complètement retournée. Ça secoue. Impossible de dormir tout de suite tant l’énergie est encore dans le corps.
J’ai adoré cette salle. Je m’y suis sentie chez moi, et j’y reviendrai avec grand plaisir.
Merci au club Encore pour sa confiance. Bravo aux artistes pour leur générosité et leur énergie communicative.
Une soirée qui fait du bien aux oreilles, aux jambes et, accessoirement, au moral.









